‹ Liber memorialisChapitre 131 sur 336 · SA · texte numérisé non relu

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tour de soi, en serviteur de la science, les variétés de l'espèce, les diverses formes de l'organisaiioQ humaine, étrangement modifiée dans la société et dans le dédale artificiel des doctrines... J'ai été à ma manière un homme de vérité, aussi avant que j*ai pu l'atteindre. — Mais cela même, que c'est peu ! Que notre regard est borné ! Qu'il s'arrête vite ! Qu'il ressemble à un pAIe (lambeau alhimé un moment an milieu d'une nuit immense ! Et comme celui qui avait le plus à cœur de connaître son objet, qui mettait le plus d'ambition à le saisir et le plus d'orgueil à le peindre, se sent impuissant et au-dessous de sa tâche, le jour où la voyant à peu près terminée, et le résultat obtenu, l'ivresse de la force s'apaise, où la défaillance finale et l'inévitable dégoût le gagnent, et où il s'aperçoit à son tour qu'il n'est qu'une illusion des plus fugitives au sein de Tlllusion infinie !(').»

Est-ce doncpour en venir à cette désespérance qu*il a livré la bataille de la vie? Est-ce là le dernier mot de M.

Sainte-Beuve ? Peut-être bien. A le prendre à la lettre, on à peine à se défendre d*un serrement de cœur. Mais faut-il le prendre à la lettre? Avec un Judicieux écrivain suisse (*), n*insistons pas trop sur ce qui donnerait à penser que cet esprit si ouvert n'a atteint à une entière liberté que par une entière indifférence, car jamais M. Sainte-BeUve n'a été moins indifférent que dans ces dernières années, a Elles lui ont valu UD regain de jeunesse, dont les Notiveaux lundis sont le précieux monument, et dans plus d'une occasion on Fa vu donner un démenti à ceux qui le jugeaient incurabl'iment versatile et incapable de s'attacher à rien. En certaines matières, M. Sainte-Beuve est toujours le même sceptique, ce qui tient, si je ne me trompe, Ji sa trop grande connaissance des hommes ; en politique, par exemple, il ne croit pas à une base sûre, mais seulement à des équilibres qui varient selon les temps, les lieux et les circonstances; la politique lui parait un terrain mouvant, dont il faut s*accomoder le mieux possible. Mais il n'étend pas JÉ tout cette facilité, et Ton se

tromperait si Ton croyait qu'il ne tiendra bon sur rien. 11 fléchira sur ce qui s'appelle principes ou doctrines, il s'arrangera selon les circonstances, il ne dira pas toujours ce qu'il pense, mais il ne dira jamais ce qu'il ne pense pas ; il y aura dans son fait du plus ou du moins, mais il ne variera pas sur les grandes questions qui se rattachent à la culture générale de l'humanité; il cherchera à diriger l'opinion non jusqu'à un certain point, mais dans un certain sens, et il y mettra, s'il le faut, de l'activité, de l'énergie, de la fermeté, de l'audace. Il a moins de système que jamais ; mais il a une tendance de plus en plus marquée. Que l'esprit aille où il voudra, pourvu qu'il aille et qu'on ne l'emprisonne pas : voilà ce qu'il désire et ce qu'il demande. Et c'est ainsi que cet homme réputé changeant a fini par défendre une cause ('), celle même de l'esprit, et que tant de souplesse a eu pour dernière conséquence des actes de courage, il est aussi serein que jadis, mais à sa sincérité s'unissent un mouvement et une chaleur de vie qui semblent croître avec l'âge; au milieu de l'Illusion infinie, il y a une chose qu'ilaimc, dont il jouit , dont il sent plus que jamais l'inestimable valeur,et cettechose, c'est encore l'esprit toujours vivant et agissant. »

Le livre de Port-Royal est le vrai centre de l'œuvre de M. Sainte-Beuve, à tous les points de vue. Ce n'est pas un simple sentiment de curiosité qui l'a porté à vivre si longtemps dans ce monde ascétique. Il devait sympathiser avec ces hommes austères, dont la vie ne passe pas sous nos yeux « sans quelques reflets de douceur, sans quelque sujet d'attendrissement» (*). Leur piété un peu rigide, le côté sombre de leur théologie n'était qu'un attrait de plus ; il voyait en eux ce qu'ils ont été en effet, moins des discuteurs subtils « que des conseillers intimes et des directeurs des âmes. » C'était un admirable thème pour la critique et l'analyse, pour cette dissection minu-

\*) Port- Royal, chapitre final.

(*) M. Rambert (Bibliothèque universelle et Revue tuitie^ nouv. période, t. XXXI,

fëv. 1868, p. 2^6).

<») V. ci-après.

(*) Discours préliminaire.

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lieuse du cœur humain qui n'a pas cessé d'être la passion de M. Sainte- Beuve. «Qui ne connaît pas Port-Royal, js*écriait un jour Royer-Coilard , ne eonnait pas Thumanlté ! » De plus, il retrouvait là comme un reflet de son âme, dans un milieu tout différent du Dôtre. « Les solitaires de Port-Royal, dit très-bien M. Bambert, ont quelque chose de son imagination méditative et tournée en dedans ; Ils ont les prémices de ces souffrances sans nom, de ces Inquiétudes vagues et profondes qui, de nos Jours, ont tourmenté tant d'hommes et auxquelles M. Sainte- Beuve n*a pas écha|>pé ; ils ont Tamour de la retraite, Tamour de l'observation et de l'analyse Dénétrante des choses Intérieures. » On peut présumer que Pori-Hoyal eût été écrit tôt ou tard, même sans le cours de Lausanne. La vocation de H* Sainte-Beuve étant de devenir le naturaliste des esprits^ rien n'était plus propre à la lui révéler que cette étude si complexe, si sévèrement attrayante, où il y avait tant à deviner dans l'ombre. Port-Royal a été comparé à un observatoire d'où il était curieux de voir se dérouler en perspective tout le XVII" siècle religieux, ecclésiastique, philosophique, moral et littéraire. En soi , d'ailleurs , Port- Royal est peut-être l'originalité la plus nettement tranchée de ce siècle de Louis XIV, placé entre deux Ages volontiers incrédules. Une haute question de philosophie de l'histoire se pose ici : « Comment celte cause catholique, qui fut si grande de doctrine et de talent au XVIi* siècle, se trouva-t-elle ai impuissante et désarmée du premier jour au début do XV1II% et tout d'abord criblée sous les flèches persanes de Montesquieu? Car ces trois siècles (du moins en France], le XVI% le XVI1« et le XViIl% se peuvent figurer à l'esprit comme une immense bataille en trois Journées... » (* ).Pendant de longues an-

nées, ce problème a été la préoccupation ajbfiidue de M. Sainte-Beuve; d'autre parr, fidèle à son penchant qui le porte à s'attacher aux individualités , les traits de famille de tous les jansénistes lui ont fait entrevoir la possibilité d'entrer par le portrait jusqu'au coeur de la grande histoire. Il s'est d'autant plus attaché k Por^-Royal, enfin, qu'il y a puisé la conscience olaire de «a mé- Ihoae. Rien n'est plus juste que ce mot de Vinet : « Vous semblés, Itonsleur, confesser les auteurs que vous critiquez; et vos conseils ont quelque chose d'intime comme ceux de la conscience, n C'est Port-Royal qui a fait de M. Sainte-Beuve un confesseur plutôt encore qu'un naturaliste.

M. Sainte-Beuve était, depuis 1840, l'un des conservateurs de la Bibliothèque Nazarine. Nommé mtVÊtre de Mcadémie française à la place de Casimir Delavigne, il y avait été reçu le 17 février 1845 par M. Victor Hugo, qui était alors directeur ou président. La révolution de février 1848 vint tout à coup déranger son existence. A un moment donné, il dut reconnaître qull y avait des gens tout disposés à lui susciter des embarras. D'autre part, l'instabilité qui semblait devoir présider pour longtemps aux destinées de la France, lui inspira la résolution de prêter Toreille à l'appel qu'on faisait d'un professeur de littérature française, pour l'Université de Liège. M. Charles Rogler, qu'il connaissait depuis trèslongtemps, le décida à ac^pter ; il arriva à Liège en octobre 1848- Les difficultés étaient grandes, plus même que ne l'avait soupçonné M. Sainte-Beuve (*). Il eut le bonheur de trouver « dans M. Rorgnet, recteur, un homme équiquable et juste, et dans le public et dans la jeunesse une disposition k l'écouter avant de le juger » ('). Il faisait trois cours par semaine, lundi, mercredi et vendredi. Le cours du lundis qui était ï

{«) Ibid.

(*) On peut s'en faire one idée en ouvrant U Revue de Belgique du mois de septembre 1848. On y lira un facium dont I« malveillance a été à peine égalée par la èoi-disant biographie de M. Eugène de Mirecourt. —

Cet article a été aussi tiré à part (Iimssiblb ! ! ou M. Sainte-Beuve et i^néveraité de Uêge, Bruxelles, D. Raes, 1848, in-18).

( ' ) Ce sont ses propres expressions, que nous trouvons dans une lettrf pariicuUère.

7il

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U fois pour les élèves ei pour le public, et qui se tenait dans la grande salle académique, roulait sur Chateaubriand et son époque. Le cours du mercredi et du vendredi , destiné aux seuls élèves, embrassait l'ensemble de la littérature française. Vers le temps de Pâques et pendant les derniers mois, M. Sainte-Beuve eut encore à faire des conférences de rhétorique et de style, pour les sept ou buit élèves qui se préparaient à Tenseigneme^it. « Les souvenirs de cette année d'étude et d'Uni-

versité lui sont demeurés précieux» (' ). Il a voulu, plus tard, payer à la Belgique un tribut de reconnaissance :

nous faisons allusion aux deux volumes intitulés : Chateaubriand et son groupe littéraire sous VEmpire, qui virent le Jour â Paris en 1861.

Dans la préface de cet ouvrage (*), Fauteur s'est complu â faire un retour sur sa vie de Liège et d'indiquer les travaux qu'il prépara pendant son séjour en Belgique (').

M. Sainte-Beuve C4)nsidère lui-même

( *) U s'agit de la pr^l^ de i849.

( ' ) « Je a'ai pas à expliquer au public, ni ■lème k mes amis, dit-il, pourquoi, sans y être en rien oblige, j*ai cm devoir chercher aiUeurs oon pas fortune, mais étude et variété de vie. Ce sont de ces motifs tout particuliers, qui D*oot nul rapport au sens commun, mais qui HaoBeol à la fibre secrète. Si l'on vooiaii abaoÉUBent des faiàoBa,je n'en dirais qu'une, et U voici :

• L'aaaée 1848 a été une année folle et taiale. Puisque le monde était eo démence, j'ai saisi ce moment aussi de faire mes folies ; el mes foUes k moi, c'a été d'aller dans un pays ami vivre toute une année avec les illustres et aimables awits, Vlllehardouin, Joinvitte, Frofssart, Communes, Montaigne, loas m foule et b la fbis. Jusqu'à Buflbn et CbaUaubiiand ; de les aoeueilUr ea moi, de les anteadre , de les interpréter , de ne Bêler plus intimeaient que jamais à eux, et d'oublier, s'il se pouvait, dans leur commerce, les sottises et lea miaères du préseoL

» Ce <tue j'avais résolu, je l'ai fait. Lediseoars d'ouverture qui résume mon plan de cette année, dira à quel travail je me suis

• Le cours de littérature française, com- BeDçaal avant Villehardeain et allant jusqu'av XTIU* siècle, a été professé dans toute son étendue pour les étudiants de TUniverslté de Liège. Je n'en ai gardé que des notes el d'utiles souvenirs.

* Le second cours, tout public, et qui entame rétad< littéraire approfondie des cinqoaote premièras années du siècle, est celui qv'oo va lire, et que je livre ici à très peu près dans la même forme ou il a été donné : je dis à tris peu prés, car je ne Usais pas, je

( * } Anjoonrjot inembra «Ir U (llinmbre rfc* Ra-

préimntmùU.

(*») PrafMaarikrbÊ rofmï dt Liég«, mort «n

fitariaihifitiNçai^e «rAtliénéa .»*«. ... .^o«t "^x — > iSS\. Apcéâ «*<)tr« hit uoii> bAitra Até Uictenti de U Jl«vti« W/m fNtr «lu.* po<"«iei •C Het jye—tto tTan «eotiiBeBt •lelh^at, Henri Col^oo f«t|« daM la rèdadipa da /••mal W« LUfe* où il

parlais; le Discours d'ouverlare a été la seule partie écrite et lue.

> La btigue que j'ai ressentie de ce double travail m*a averti que je ne pouvais le prolonger impunément, et j'ai dû, après cette première année , renoncer è une hospitalité bienveillante, dont j'avais d'abord compté jouir pour un temps plus long.

> CeUe année, pour moi si remplie, m'aura laissé de profitables eoseignements.

» J'ai va un pays sage et paisible, laborieui et Ubre, un peaple sensé qui apprécie ce qu'il possède, et qui n'attend pas qu'U l'ait perdu pour le sentir.

» J'ai vu une Vnivereité savante et non pédantesqoe, sans entre-mangeriei professorales, comme dit Bayle, et sans aucune tracasserie. Je voudrais pouvoir espérer, dans aM>a court passage, y avoir laissé quelque chose de restime et des sautimeats qae j'emporte avec moL

> J'ai vu un beau pays, nae riche nature, et dans cette vallée de Liège où je pouvais me croire loin de la ville comme dans un ver^ aer, j'ai joui, pour la première fois peut-être, de la naissance d'avril et des premières fleurs du printemps. La tristesse qui s'attachait au souvenir de noire malheureux pays et des amis dont j'avais besoin, se gravait mieox dans cette vie calme, et chaipie seatimeat était dans son ordre.

> Ma nomination n'avait pas été sans exciter un petit ou même un gres orage, bieniêt dissipé. Je ne veux me souvenir que de ceux qui m'ont généreusement appuyé sans me connaître M. Clément Muller, rédacteur du journal de M. Desoer ( * ) , M. Henri Golson( ** ) et M. de Jonghe (***) me permettront de leur témoigner ici ma reconnaissance.

» Ne pas nommer M. le professeur Lacor-

rat rhai^M tie In rritiqaa Utti^rair<t at thMtrala. Où lai doit encore le ramaii da tÊmmhtrt^ qùt «I loin d*«ti^ Mn« mérita /V. la IfétroL lié§—iê, aoo. 1S»4 at i8.-Sft).

( *** I l/aiic^eu CorresfonHtuit Jn nmté: du lommal dé Liégt.

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Chateaubriand et son groupe littéraire comme une introduction naturelle aux Causeries du lundi, lesquelles ne seraient, ^ ce titre, littéralement pariant, que la continuation du cours publierait à Liège. Cependant, si introduction il y a, hâtons-nous d'igouterque l'architecture du portail n*est pas exactement celle du vaisseau de rédiflce. « Le cours que je reproduis en ce volume, dit M.

Sainte-Beuve, ne paraîtra pas rentrer dans ma manière habituelle, qui jusqu'ici était plutôt dépeindre que déjuger. Cette fois je n'ai voulu faire que de la crilique judicieuse : cela a l'air d'un pléonasme, c'est pourtant une nouveauté. » Il n'y a là-dessous rien de moins qu'une menaoe. M. Sainte-Beuve avoue que, pendant bien longtemps, il ne s'est pas cru libre de dire tout ce qu'il pensait sur Chateaubriand. « Les amis qui m'ont introduit pour la première fois auprès de M'"«Récamier savent bien que c'était là ma crainte, et que le critique en moi résistait ; mais un si doux charme attirait d'ailleurs vers cette femme gracieuse qui s'était consacrée à René vieillissant, qu'il fallut bien céder en définitive et faire comme tous ceux qu'elle a vaincus. » Maintenant, aucune convenance n'impose plus de ces ménagements. Chateaubriand est à la barre de la postérité. « 11 est temps que pour lui la véritable critique commence, à moins qu'on ne veuille faire de sa renommée, comme de celle de Bossuetet de Racine, une de ces religious frauçaises ( < ) auxquelles on ne peut trouver mot à dire sous peine d'être excommunié. La dévotion et la critique ne vont guère ensemble... »

Tout le monde n'a pas accepté sans réserve les explications de M Sainte- Beuve, qui plus tard, dans les Causeries, renchérit encore sur la sévérité dont il avait désaccoutumé ses lecteurs. On s'est écrié: a II brise comme à plaisir les idoles de sa jeunesse ! » Le fait est

que Chateaubriand n'avait jamais été pris ainsi à partie; cependant, si cette grande personnalité toute remplie d'ellemême est plus d'une fois, dans \eCours, descendue de son piédestal, si l'auteur des Mémoires d'outre-tombe surtout n'y est pas ménagé,justicey est pleinement rendue au poète, et le critique proteste à l'avance contre le reproche de défection : « Ce premier type, ce père de qui nous émanons, je tiens non-seulement à ce qu'on l'admire, mais à ce qu'on l'aime toujours » (').

Le premier volume de l'ouvrage comprend seize leçons, toutes consacrées à Chateaubriand; dans le second, outre cinq leçons sur le même sujet, on trouve une étude étendue sur Chênedollé (*) et une autre sur Gueneau deMussy, écrites

Î plutôt dans la manière des Portraits illéraires. Des Cliateaubriand^ recueil de notes diverses, et des extraits de Mémoires inédits viennent enfin, en forme de supplément.

Non marié, mais ayant sa mère plus qu'octogénaire, M. Sainte-Beuve revint à Paris en septembre 1849, sous la pré sidence du prince Louis-Napoléon. Le docteur Véron lui proposa immédiatement de commencer, dans le journal le Constitutionnel, qu'il dirigeait, une série d'articles littéraires, paraissant tous les lundis. Le succèsde cesarticles fut ce qu'il devait être, immense. Ils donnèrent le signal d'une reprise de la littérature. M. Sainte-Beuve les continua trois ans au Constitutionnel, puis dans le Moniteur, devenu Journal de r Empire. A partir de 1851, ils reparurent réunis en volumes, sous le titre de Causeries du lundi: cette collection se continua pendant les années suivantes, au point de former en définitive quinze volumes in-18^

Le mot Causeries fait comprendre que le ton de l'auteur est celui qui est en usage dans ce qu'où est convenu aujourd hui d'appeler Conférences (' ) ,

daire, ce sérail paraître trop oublier les soios de l'amitié la plus attentive, qui a présidé à mon arrivée et m'a entouré pendant tout mon séjour» p. 1i-16).

( * ) Expression du comte Joseph de Maistre {Note de M, Sainte-Beuve),

{ ') Chateaubriand et son groupe littéraire^ t. Il, p. 433.

( ' ) M. Sainte-Beuve parait avoir ignoré l'existence, en Belgique, d'un fils de l'auteur du Génie de l'homme iv. Kart. ChêKCDOLLè).

(*) M. Sainte-Beuve s'est expliqué lai-

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sinon celui qui est de mise dans des entretiens familiers. Les détails curieux et piquants y sont bien venus ; Tanecdote y troute sa place ; les extraits y abondent et donnent lieu à des réflexions, JÉ des rapprochements, b des commentaires Ingénieux et délicats. Il n'y a d'ailleurs rien de frivole dans les Causeries de M. Sainte-Beuve : il en résulte presque toujours un enseignement, en dépit du scepticisme de Fauteur, qui, plus souvent qu'il n*en confient, a ses jours de grand sérieus.

Seulement, cet enseignement est toujours caché sous des fleurs, et il arrive même que Técrivain nous y conduit sans pour ainsi dire s'être douté luimême du résultat de ses recherches. La mobilité de ce rare esprit le détourne sans cesse de la poursuite d'un but et l'empêche trop souvent de mettre à profit les découvertes qu'il fait en se jouant. Mais il est incontestablement de bonne foi, et si, pour avoir trop vécu, il ne voit plus dans le monde que des illusions qui sVnlre-détruisent, il s'attache néanmoins tour à tour à chacune d'elles comme s'il y croyait: chacune d'elles est pour lui, k son moment, la vérité qu'il cherche avec une entière sincérité et avec une persévérance passionnée. Le style des Causeries accuse en M. Sainte- BeuTe une nouvelle transformation :

Il est plus vif, plus alerte, surtout plus précis, et en même temps plus finement ciselé que celui des Portraiis. Spirituel, sagace, brillant, chatoyant, consommé, souple, malin, rusé, madré,narquols, atttque, élégant, délicat, varié, prestigieux, irrésistible, M. de Pontmartin a pu lui prodiguer toutes ces épithètes ; avec tout cela, il ne lui plaît pas de voir en M. Sainte-Beuve un critique sérieux. M. Cuvillier-Fleury trouve au contraire les Causeries aussi sérieuses que charmantes, mais maintient que l'illustre critique a perdu en élé- Tation ce qu'il a gagné en surface ('). Il y a un peu de vrai dans ces jugements; mais Ils sont évidemment trop absolus.

M. Sainte-Beuve aime les menus détails, les recherches de pinceau, les subtilités d'analyse; mais on ne saurait dire qu'il s'y perde jamais. Il reste de chaque article une impression d'ensemble, un portrait tracé en caractères indélébiles. Seulement, pouren démêler les grandes lignes et le caractère essentiel, il faut faire un retour sur soimême après avoir lu. L'enchanteur vous a si complètement ébloui tout d'abord, il vous a si irrésistiblement entraîné k partager sa curiosité minutieuse, qu'j^ force de regarder mille tableaux divers, comme au sortir d'un grand Musée, vous ne savez plus où vous en êtes, sinon que vous venez de passer quelques heures délicieuses.

Mais retournez à ce Musée, vous en apprécierez de plus en plus la richesse, et vous attachant tour à tour, à loisir, à chaque toile , vous apprendrez à reconnaître le cachet des maîtres , et toute confusion sera désormais impossible. M.

Sainte-Beuve peint la vie dans ses incidents multiples et fugitifs ; mais c'est en cela que réside précisément son sérieux comme critique, car l'âme ne se révèle pas autrement : le comble de l'art du biographe, la philosophie même de la critique consiste, non pas k nous présenter des types fixés par la convention, des lignes sculpturales et immobiles, mais k faire entrevoir l'élément constant des caractères k travers l'élément variable des passions et des faiblesses humaines. M. Sainte-Beuve , frappé de la complication infinie des phénomènes de la vie, cherche k tenir compte de l'action de toutes les causes concomitantes avant de rien induire des symptômes que lui présente le cas spécial observé : ainsi font les médecins observateurs, que nous réputons plus sérieux que les médecins dogmatlstes. Aussi le public ne s'y est pas trompé : demandez k toutes les personnes que touchent véritablement les choses de l'esprit qui a, de nos jours, en France, le plus exactement pesé dans la balance les réputations littéraires : nul doute qu'elles ne pro-

mème snr les Lectures publiques ou Conférences dans les Causeries du lundi, t. 1, S* édition, p. SiO et soiv.

( * ) V. l'art. Causeries du lundi dans le Grand Dictionnaire universel du XIX* siècle (de P. LaroDSse).

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Doncent sans hésiter le nom de M.

Sainte-Beave. Nul n'est plus pénétrant; par cela même, nui n'est plus profond ; joutons : nul n*est plus patiemment érudit, ce qui ne gâte rien. I^ critique du Grand dictkmnaire n*est que juste en disant que, malgré les défaillances, les inégalités d*aperçus, les changement* de température qu'on y peut signaler, les Camerien du lundi resteront m au premier rang parmi les œuvres littéraires destinées à Illustrer le XiV siècle (')».

L'activité prodigieuse déployée par 11. Sainte-Beuve an OmstUatiaimei et au MimUmr{nue caiu»erie par semaine !) ne suffisait pas à l'absorber tout entier. En 4854, il fut nommé professeur de poésie latine au Collège de France, en remplacement de 11. Tissot. Il prononça son discours inaugural le 9 mars ISSSi. Celle leçon 4'ouYeriure, qui fut suivie dune seconde, fut troublée par des manifestations tenant à la politique, ei le cours en resta là. M. Sainte-Beuve lit ce qu'il crut devoir faire : il serait d'au-* tant plus bors de propos de revenir sur ce chapitre délicat, que l'injustice dont il se vit un moment l'objet a été amplement réparée depuis, par des témoignages publics de sympathie et d'indulgence.

Il tint à honneur, toutefoîs,de publier la première {nartie du cours ^u'il devait professer. De là le volume intitulé :

Etude mr Virgi!e{\^l,ïià-i9i^).Lenom de M. Sainte-Beuve a conliiMié de ligurer sur les affiches du Collège de France, accompagné de la qualité de professeur titulaire ; mais il a depuis longtemps renoncé à toiw ses droits.

f^ommé ultérieurement (par M.. Houland, ministre de l'instruction publique) maître de conférences à TRcole normale supérieure, M. Sainte-Beuve a rempli ces fonctions très*«xacteuient pendant trois ou quatre aas (1858-1861). C'est alors que s^ plume de critique et de journaliste fui réclamée de nouveau par 1^ Constitutionnel ; il y reprii ses articJes littéraires du htndi, k dater du 16 septembre 1861. Il remplit de nouveau toute une carrière : la série de ces études, recueillies, à partir de 1863,

sous le titre de Nouveaux lundis^ ne forme pas aujourd'hui (1869) moins de dix volumes, qui auront même une suite. Ce que nous avons dit des Causeries s'applique à plus forte raison aux Nouveaux lundis. Il semble même qu'on plus grand jour se fait dans la pensée de M. Saittte-Beuvcà mesure qu'il avance dans la carrière. «Ma tâche, dit- il,estdeeomprendre et de décrire le plusde groupes possibles, en vue d'une science plus générale« quil appartiendra à d'autres d'organiser. » Est-ce là le langaged'on simple dilettante^ ou la profession de foi d'un pur philosophe ? Et ce philosophe, est-il bien vrai qu'il faille le rangerdans la catégorie des sceptiques?

S'il s'est tour ù tour ideniiié avec les illusious, les préjugés» les engoaemetts, les prétentions et les vanités des hommes pour arriver à s'en aflfranchir,dans son for Intérieur, et à sourire doucemeiit aa voyant beaucoup de bruit pour ries, cette liberté d'esprit à laquelle il s'est élevé n'est pas celle du froid stoïcien qui*assiste imperlorbableàla ruiee de l'univers. On a beau dire : derrière les mirages décevants que poursuivent les acteurs des luttes humaines, il entrevoit une vérité supérieure , imprescriptible, ineffable, dont nous avons l'instinct vague et qui se traduit pour kd dans te droit des consdenœs. Il entrevoit une humanité éclairée, et le seul lait qu'il la dé^re telle, prouve qu'il y a au fond de son coeur une affection^tune noble croyance. Quand, dans un moment de crise morale, il jette au regard sur nos destinées et se fiiailiarise avec la |)ensée du Nirwàna, il est sincère, mais il ne dit pas tout : si l'éternelle nuit était à ses yeux la fin de toutes choses, aucune cause ne vaudrait la peine d'être défendue. La sérénité de II. Sainte-Beuve n'est pas ataraxie, puisqu'il y a une cause qui mérite à ses yeux qu'on s'y attache, ùinuit lait place à l'aurore , et les grandes espérances données aux sincères ne sont point absolument vaines. Non. qui épouse les grands intérêts de rhivmanlté n'est pas un sceptique : désabusé, oui, Il T^st certes, a l'égard de tout ce qu'il a passé

(*) tbid.

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au creuset : mais au-delà?... Relisez IkNuit du nowel an de Jean-Paul, vous comprendrez cette situation morale.

Comme talent, nous le répétons volontiers, M. Sainte-Deuve ne s*est jamais élevé aussi haul que dans les Causeries et (nous allions ajouter : surtout) que dans les Nouveaux lundis. Plus que jamais il sait premire tous les tous , plus que jamais son esprit ondoyant s*épanouit dans toutes ses grâces,son pinceau délicat se joue de toutes les nuances et les fond merveilleusement Tune dans Tautre. Mais il y a plus de verve franche dans son allure, plus de relief et de force dans ses traits, plus de netteté dans ses contours. Les portraits contemporains sont hors ligne ; tOBs sont d'un maftre consommé, sûr de lui-même et en possession de tous ses moyens. Le procédé est toujours Tanalyse; mais on dirait qu'un nouveau souflEJe de vie pénètre tout rensemhie pour en faire ressortir Tbarmonie. N. Sainte- Beuve a été longtemps avant d'atteindre cette pleine et glorieuse maturité ; mais on peut dire de lui qu1i a toujours progressé ; sa carrière littéraire, à cet égard, est un phénomène presque unique en son genre.

L^empereur Napoléon lil ajugé à propos de conférer à &|. Sainte-Beuve, en avril 1859» la dignité de sénateur. Depois le il août tS50, il est en outre commandeur de la Légion-d'Honnear Il a pris une part peu active aux discussions du Sénat, jusqu'au moment où des circonstances qui intéressaient vivement ses convictions personnelles l'y ont en quelque sorte obligé. Il déclare volontiers lui-même que le r6le

qu'il y a pris et qui a fait de lui comme le défenseur déclaré de la libre pensée, a été moins le résultat d'une volonté réfléchie que d'un mouvement irrésistible (*).

Cette attitude, M. Sainte-Beuve l'a depuis résolument conservée. Le Moniteur universel ayant cessé d'être le journal officiel de l'Empire, au commencement de la présente année 1869, on aurait pu croire que M. Sainte-Beuve y serait resté d'autant plus volontiers attaché, que la rédaction en devenait Indépendante. Le contraire est précisément arrivé : le Moniteur a trouvé un peu vif un article de M. Sainte-Beuve et n'a pas cru pouvoir l'insérer ; M.

Sainte-Beuve, dès le lendemain, a rompu a\'ec le Moniteur (*}pour se ranger immédiatement sous là bannière du Temps.

« Le maître renommé de la critique française, dit ce journal, M. Sainte- Beuve, vient à nous, et c'est désormais dans le Temps que paraîtront ces improvisations qui sont des monuments ; ces articles , synthèse merveilleuse d'esprit, de science et de goût, harmonie toujours égale d'une jeunesse Inaltérable et d'une maturité consommée ; ces Causeries, enfin , qui sont, depuis vingt-ans, un sujet incessamment renotivelé d'admiration pour tous les esprits cultivés. 11 vient à nous, varee qu'il est assuré de trouver ici la liberté qu'il lui faut et qui est son droit, mais qm M a été contestée ailleur$..,.. Nous nous imputons à grand et singulier honneur d'avoir été choisis par un tel esprit, pour un tel wu4if. Cette accession spontanée est la meilleure récompense de nos efforts, et la preuve de la force de

( * } Nous raisons aUusioo aux séances orageuses do S avril 1867, où H. Sainte-Beuve prit parti pour M. E. Renan, et du 95 janv. solvant , oii il demanda Tordre do joor sor oae pétitioB d'Iiabitants de Saint* Etienne, qui se plaignateot de l'introduction de certains ouvrages dans deux bibliothèques popotaires.

(*) Voici les explications du Mvniuur k ce siget : « H n*est pas tout à fait exact que l'article qui a été roccasion de la retraite de M. Sainte-Beuve ait M refusé comme « trop indépébdant à l'égard de Tépiscopat et du Saiol-Siéfe. » La v<^ité cift qu'on pas-

sage de cet article pouvait être accosé d'une tendance aox personnalités peo conformes à des traditions modérées, qoe noàs n'entendons nullement répudier et qoi, au contraire, rentrent formellement dans notre nouveau programme. Noua n'avons donc pas cm devoir, dès les débuts dujoomal transformé, laisser la question de l'enseignement s'engager dans la voie fâcheuse des querelles de personne. Nous avons demandée M. Sainte- Beuve d'atténoercn cette occasion les spiritoelles vivacités de sa pkime ; il n'a pas cru pouvoir y consentir. » (Paul Dalloz).

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resprit libéral tel que bous Tentendoos, en dehors de toute étroite préoccupation départi, de secte et de coterie. La liberté n'est pas seulement une doctrine que nous prêctious : elie est notre principe et notre vie ; nous la mettons en œuvre, et nous osons croire que nous lui avons donné un milieu digne d'elle, un terrain large et élevé, puisque les Louis Blanc et les Sainte-Beuve peuvent s'y rencontrer sans compromis, sans inconséquence et sans atteinte k Tunité du journal. C'est là notre originalité, et une originalité que nous pouvons dire heureuse et féconde, puisque les faits sont là pour le démontrer. » — L'article refusé par le Moniteur a été publié le i janvier dans le Temps : c'est une étude sur la Poésie, écrite à propos de l'enseignemeut secondaire destiné aux filles. Le 15 du même mois a paru un Essai sur Talleyrand qui a été très-remarque, et où Ton retrouve toutes les qualités du maître. Quant aux vivacités qui ont porté ombrage au Monileur, nous n'avons pas à nous prononcer ici ; qu'il nous suflise d'ajouter que de tous les journaux français, le Temps est celui dont la profession de foi répond incontestablement le mieux aux déclarations faites par M. Sainte-Beuve au Sénat.

Bibliographie (d'après la France littéraire, t. VU 1,1a Littérature française contemporaine, t. VI, etc.).

l"* Articles de critique littéraire , historique, etc., dans le Globe (de 4824 à 1850); articles divers dans le National, après la révolution de juillet.

2*» Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre française au XVI* siècle, et OEuvres choisie de Ronsari, avec une notice (biographique et littéraire), notes et commentaires. Paris, 1828, 2 vol. in-8^ — 2« édition (du Tableau) revue et trèsaugmentée , suivie de portraits particuliers des principaux poètes. Paris, 1845, in-12.

3** Yie^ Poésies et Pensées de Joseph Delormc. Paris, Delangle, 1829, gr.

in-16. — Nouv. éd., Paris, E. Renduel, 1850, in-8».

11 en existe uoe coalrefaçon belge (dans la coUeclion Laurent, in-'l 8).

i® Les Consolations, poésies. Paris, Canel, mars 1850, ln-48^ — 2* éd., Paris, Renduel, 1854, in>8<'.

La première ëditioû est anonyme.

50 Volupté, Paris, Renduel. 1834, 2 vol. in-8»

Ce roman a en cinq éditions suecessives (4840, 4845, ete.^; ctiacune des quatre dernières en un seul vol. in.42o. — li a été réimprimé à Bruxelles.

6* Pensées d'août, poésies. Paris, Renduel; 1857, in-48\

7° Critiques et portraits littéraires.

Paris, Renduel, 4852-4859, 5 vol. in- 8*. - 2« édit., 4844, 5 vol. in-8«.

Recueil d'articles publiés d'abord dans la Revue dea deux mondes et dans la Revue de Paris. — On y trouve également la notice sur Farcy, imprimée en 4831 en tète du volume intitulé : J.-G. Farcy reliquiœ, dont M. Sainte-Beuve a été Téditcur ; l'article sur M. do Sdnancour, rédigé pour servir de préface à la 2« éd. éîOI>ermann, due aussi à l'auteur des Portraits ; Tart. sur les Soirées littéraires, inséré dans le t. II do Livre des Cent et un; Tintrod. aux lettres inédites de M^* Roland, publiées en 4835 par le libraire Renduel, etc. — La galerie de portraits comprend la plupart des grands classiques du siècle de Louis XIV, quelques écrivains du XVllI* siècle^ entr'aulres Diderot (art. très-remarquable), l'abbé Prévost, etc.; André Chénier, M«« de Suêl, M»* de Récamier, etc., enfin un grand nombre de contemporains, principalement les chefs de l'école romantique.

8'' Portraits littéraires, édition revue. Paris, Didier 4844, 2 vol. in-12.

9* Portraits de femmes, éd. revue et augmentée. Ibid., 484G, in-12.

40^ Portraits contemporains» Ihid., 484G, 2 vol, in-42«.

440 Port-Royal, Paris, Renduel, 4840-4860, 5 vol. in-8°. — 2* éd., 48G4. — 5<^ éd. (seulement pour les premiers vol.), 1867, 6 vol. in-12^

Voir ci-dessus. — Parmi les nombreux comptes rendus de cet important ouvrage, nous citerons, pour la première édition , on article de M. Lerminier {Revue des deux mondes, i^^ juin 4840) et nn autre de M. de Sacy {Journal des Ùébats, 43 décembre 4843); pour la 3«, l'art, de M. Rambert intitulé : Le doyen des critiques français {Ribl. univ. et revue suisse, Lausanne, 4^' février 4868), et une analyse publiée cette

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année môme dans la Revue critique, — A la (in du lome I de la nouvelle édition, M. Sainte-Beuve a cru devoir répondre vertement à certaines critiques de Balzac, tt notamment à des insinuations relatives aux relations de l'auteur de Port-Royal avec Vinet. La première édition est dédiée aux auditeurs du cours de Lausanne; cette dédicace est simplement rappelée dans la troisième.

1i« Institut royal de France : Discours prononcés dans la séance publique tenue par r Académie française, pour la réception de M. Sainte-Beuve. Paris, IW5, in-4°.

Contient le discours de M. Sainte-Beuve et la réponse de M. Victor Hugo.

13^ Chateaubriand et son groupe littéraire sous PEmpire, cours professé à Liège en i848-1849. Paris, Gamier frères, 1861, 2 vol. in-8^

14® Causeries du lundi- Paris, Garnier frères, 1851*1862, i5vol.in-12.

Articles du Constitutionnel et du Moniteur. La Galeries des femmes célèbres (Paris , 1858,în-1Sl est extraite des Causeries {* ), Le tome Xi du recueil est accompagné d'une bonne table analytique des matières contenues dans les onze premiers volumes, et d'une table clironologiqMe des articles. Nous reproduisons cette dernière, bien que les ouvrages de M. Sainte-Beuve soient trèsrépandus, pour appeler l'attention sur la fécondité vraiment prodigieuse du grand critique.

Antiquité et moyen à(je : Pline l'ancien (t. Il); Firdousi (Ij; Saint-Anselme (VI); Villebafdouin (IX); le roman de Renart iVlII); Joinville (Vlll); Dante (XI); Froissart (IX); Jeanne d'Arc (II); Commynes (I).

Seizième siècle, Rabelais (111); Marguerite,sœur de François I (Vil ; Montluc (XI) ; Marie Stuart (IV) ; Amyot :IV); Etienne Pasquierdll;; Montaigne (IV; ; Etienne de la Boétie (IX); Charron (XI); Henri IV (XI); Cabrielled'Estrées (YIIIj; Marguerite,femme de Henri IV (VI) ; Sully (VIII) ; d'Aubigné (X) ; le préaident Jeannin (X' ; Saint François de Sales (VII).

Dix-septième siècle. — Malherbe et son école (VIII) ; le cardinal de Richelieu (VII) ; Mëzeray (VIII ; le cardinal Mazarin (II); le cardioaide Retz(V); le surintendant Fouquet (V); Pascal (V); Patru (V); Saint- Evremonl (IV) ; Bussy-Rabutin (III); Gour-

ville (V) ; Gui Patin <VIII) ; M"« de Motteville (VJ ; la Grande Mademoiselle (III) ; mademoiselle de Scudéry (IV) ; Chapelle et Bachaumont (XI, ; Louis XIV (V) ; Madame Henriette, duchesse d'Orléans (VI) ; Madame de la Vallière (Illl ; madame de Sévigné (I) ; Dangeau (XI) ; Daniel de Cosnac (VI ] ; Huet, évèquc d'Avranchcs (II} ; Boileau Despréaux (VI); La Fontaine (VIH ; le chanoine Maocroix (X) ; Bossuet (X) ; Bourdaloue (IX) ; Fénelon H etX); Massillon (IX); M"»» de Maintcnon (VIII et XI) ; M*"» do Caylus (III j ; la duchesse de Bourgogne (11); la princesse des l'rsins (V); Madame, mère du Régent (IX) ; l'abbé do Choisy (111) ; Charles Perrault (V) ; le duc de Saint Simon (III) ; le duc d'Antln(V); Hamilton (I); Chaulieu (I); La Fare (X); Regnard (VII); le marquis de Lassay (IX) ; le comte pacha de Bonneval (V) ; M-ne Dacier (IX).

Dix-huitième siècle. — Fontenelle (III); Dagaesseau(III); Hollin (YI) ; la duchesse du Maine (III) ; M»« de Lambert (IV; ; Lesage (II) ; l'abbé Prévost (IX) ; Adrienne Le Couvreur (I); Marivaux (IX); Dudos (IX); Montesquieu (VII) ; le président Henaalt (XI) ; M<"« du DefTand (I); Voltaire (II et VII); Mn« du Chàtelet (II) ; M"« de Graffigny (II) ; Vauvenargues (III) ; le cardinal de Bernis (VIII) ; M""» de* Pompadour (II) ; M«« Geofn*in (II) ; Bum>a (IV et X); le président de Brosses (VIIj ; Jean Jacques Rousseau (II et III); M»«« de La Tour Franqueville (H); M<n« d'Epinay (II) ; Grimm (Vil) ; Diderot

(III) ; l'abbé Galiani (II) ; M"« de Lespinasse (II); Marmontel (IV); La Harpe (V).

Etrangers. — Lord Chesterileld (II) ; Fré* déric le Grand (III et VII) ; Franklin (VII) ; Gibbon (VIII) ; le prince de Ligne (VIII) ; Goethe (II et XI).

Règne de Louis XVI. — Marie- Antoinette

(IV) ; Malesherbes (II); Necker (VU) ; M»* Necker (IV); M>"« de Genlis (III;; Rulbière (IV); Cbamfort (IV); Rivarol (Vj; Beaumarchais (VI); l'abbé Maury(IV); la Sophie de Mirabeau (IV); Florian (III);rabbé Barthélémy (VI ; Bernardin de St-Pierre (VI); Saint-Martin, le philosophe inconnu (X); Sénacde Meilban (X); Vicq-d'Azyr (X); le duc de Lauzun (IV ; Condorcet (III); Bailly (X); Volney (VU,; Ramond (X); Ducis(VI).

De la Poésie de la nature, de la Poésie du foyer et de la famille (Saint-Lambert, Roucher) (XI) ; William Cowper ou de la Poésie domestique (XI;.

Révolution. — Mirabeau JVj ; Sieyès (V) ; Bamave(ir; Camille Desmoulins (III); Saint-

(') 1}m Nouvelle galerie des femmes ce- 18B4. lèbres a été publiée par M. Sainte-Beuve en

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JttM(V); André Cbënier (IV); UBrnn-Pindare (V); Millet dn Pao (IV).

Dix-neuvième »iicte. — Portalis (V); Roederer (VIII); Fiëvée (V); Napoléon (I); le maréchal MarmoDt (VI) ; M. de Fezeosac (I); Ghateaabriand (I, II et X); Joseph de Maistre (IV); De Bonald (IV) ; FeleU, GeoflOroy, Hoffmann, Dusaolt (I); M. Joubert (1^ P8ri8ct(I}; Raynoaard (V); Etienne (VI); Arnault (VII); Michaud (VU) ; M»» Sophie Gay (VI) ; Droz (111); Daro, Picard, Alexandre Daval, Andrieux (IX); H. Walckenaer (VI); Paul-Louis Courier (VI); Béranger < H); Théodore Leclerq (III); M. de LamarUne (I et IV) ; MM. Villemain et Cousin (I et VI); M. Guizot 'l); François Arago :X); H. Thiers (I); M. Mignet (VIII); Armand Carre! (Vi;; M. de Broglie (II); H. de Rémiisat (VI) ; M. de Stendhal (Henri Beyte (IX); M. Prosper Mérimée (Vil); M. Saint-Marc Girardin J); M. Alfired dé Musset (l); W^ fimite de Girardin (III); H. de Balzac (II); M. iules Janin (Il et V); l'abbé Gerbat (VI): M. de MonUlembert (I) ; le Pèra Lacordaire (I);M"'* la daehessed'AngoulèmA (V); M"M Bécamier (I); George Sand (1); De Latoucbe (111) ; Bazin (11) ; Léopold Robert (X); Hégésippe Morean(lV); Jasmin (IV); Topffer (Vlil); Pierre Dupont (IV); M. Denne- Baroa (X;; M. Gratet-Daplessis (IX).

Qu*e9t'te qu*Mn etanique ? (III) ; Lecturet publiqiiet du nir (I) ; De la h>éne et det Poètei en 1B5t (V ; êm Regrets (VI ; De la queition de» Théâtres (I); Rapporté de la O>fiimtMf0it des primes à décerner aux ou^ vraget dramatiqites (IX et X); Inttrnction générale but l'exécution du plan d'étudei^ de M. FortonI (XI).

Ai^ourdlmi, en y comprenant les iVoirveaux lundtê, on pourrait plus que donbler cette liste !

15» Étude sur Virgile. Paris 1857,

Première partie du cours de poésie latine qui devait être professé au Collège de France.

16*" Nouveaux lundis. Paris, i86ilgG9, iO vol. In-ii».

iV Discimn p'mumeés au Sénat.

Paris, Gamier, 1867, in-ii».

48' Collaboration au Journal Le Temps, à partir du mois de janvier i869,

M. Sainte-Beave, dit M. Bourquelol (La litt. française contemporaine^ t. VI, p. 293t , est l'auteur des notices biographiques et littéraires qui précèdent les ouvrages suivants: J,*G. Farcy, Reliquiœ (4881 , gr. in-18i ; Œuvres de Molière (1835-4 84S, gr. in-S^et S vol. gr. in-8«); Paul et Virginie^ par Béfnardin de Saint-Pierre (4836, gr. in-S») ;

Œuvres de FonUnes (4889, 9 vol. in-8*) ; Histoire de Manon Lescaut et du ckewaÛer des Grieux, par l'abbé Prévost (4839 , 4844, in-48) ; Conr^de Ch. Nodier (4840, in-4f); Œuvres de M«"« de Souza (1840, in-48) ; Œuvres choisies de Joachim dtr Bellay (4841 , gr. in-8«); Poésies, par M<m Desbordes> Valmore (4849,in-49»); Gaspmddela nuit, par Louis Bertrand (484), in-8^ ; Galerie morale, par H. le comte de Ségur (4843, in-49^); Études littéraires i par Charles Labitte (4846, S vol. in-8*) ; Rasa et Gertrude, par Rodolphe Topffer (4846. in-4^); Lettres de Mil* Aissé à M"«CalaAdrtni(4846,ia-48«). — Il a fait précéder de Lettres : Maladie et guérison , retour d*un enfant du siècle au catholicisme, par J.-L. Tremblai (4840, in-8<»); Essais en prose et poésie, par Marie- Uare {W^ Groaaffd)(4644, in-49o); — et de préfaces : Valérie , par M"« de Krodner (4840, 4846,in-49o); Corimre.oit ritalie^ par M»« de SU61 (484S, in-4»») ; Delphine, jfw la même (484S, in-4SB).— On lui doit un Jugement littéraire sur Arthur, mr Eugène Sue, 4840, S vol. anglais); un Eloge de Casimir Delavigne, en tète de ses oeuvres complètes ( 4843 , 6 vol. in-8o) ; des Pragmenu sur Manon Lescaut, ioinis k la «uife de f histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, par MM. Jules Janin ei Arsène Houssaye (t847, ia-46).— Outre set articles de critique, reproduits pour la plupart dans les recueils précités, M. Sainte-Beuve a publié dans la Revue des deux mandes quelques nouvelles CM»* de Pontivg, 4837; Christel, 4839), des poésies, etc.— 11 a travaillé è T/fraf/e» au Keepsake français^ an Dictionnaire de la conversation et de la lecture, à V A thenœum français^ etc.

n existe un grand nombre de notiees biographiques outittérairessurM. Sainte-Beuve.

Les plus récentes ne sont pas les meilleures. Nous n*en citerons que deux, qui remontent à plusieurs années de date : celle de M. Louis de Loménie, dans la Galerie des contemporains par un homme de rien, et un article de Gustave Planche, inséré dans le premier volume de ses Portraits littéraires.

Thlmus (FraN^S-GuIUACME-Jo-

seph), né k Dolbaln-Limbourg le 8 oovembre 4808, fit de brillantes étadesan Collège (magnà tmm laude, 4 3 août 4 828) et à lUnlversité de Liège (candidat en droit le 40 Juillet 4830, snmmâ cum laude; docteur le 4i Jaillet 4832, avec disHnction). ris^établitàVe^ierscoaime avocat; en 4855, Tidée lui vint d*ouvrir gratuitement m cours dé droit eemmer" dal k TEcole indastrielle de cette ville.

.nti

VAN

A peine eut-il le temps de le terminer : un arrêté royal du 4 avril 1856 lui conféra le litre d*agrégé à la Faculté de droit de rUniversité de Liège, et lui confia le cours de droit public. L'année suivante, M. le professeur Lambert Ernst (v. ce nom) ayant été autorisé à renoncer aucoursde^froiliui/iird, M.Tbimus fut désigné (arrêté ministériel du i2 juillet 1857) pour remplacer le démissionnaire, tout en conservant d*ailleurs ses premières attributions. Il flt partie de lancien Jury centralen I842eteni845, à titre de membre suppléant. Toutd*un coup, soit convenances personnelles, soit lassitude de renseignement, il détourna ses regards des perspectives qui s'ouvraient devant lui , sans abjurer d'ailleurs le culte de la science, comme le témoignent les publications qu'il a faites depuis lors. Désirant entrer dans l'ordre judiciaire, il fut déchargé, sur sa demande, par arrêté ministériel du H décembre 1845, du cours de droit naturel et du cours de droit public. Le 2 mai i845, un arrêté royal le nomma juge de paix du canton de Hervé ; il occupe encore aujourd'hui ces fonctions.

11 est membre du Conseil communal de Battice depuis le 22 août t848; élu membre de la Commission administrative des hospices civils de Hervé le 22 décembre 4860, lia résilié en 1866 ces dernières fonctions. M. Thimus a publié :

i* ConêidéraiiansiurrorigineetrhiS' /Ofre(fii;tfry (Revue belge, t. ¥11,1857).

2^ Mamtel de droit naturel ou de pkiîoiophie du droit, Liège, Dessain, 1859, un vol. grand in-8^.

5* Traité de droit publie, ou Exposition méthodique des principes du droit public de la Belgique ; suivi d'un appendice contenant le texte des principales lois de droit public. Liège, Dessain, 1844, 1846 et 1848, 5 vol. grand in-8^

C'est le premier traité complet qoi ait para en Belgique sur cette matière. En tète do tome I se trouve an précis de notre histoire eonstitotionoelle ; vient ensuite une étude sur le droit public philosophique ; enfin le corps de l'ouvrage est intitulé : Droit publie

potitif. L*atttenr s'attache moins à commenter la Coostitotion qu*à exposer un corps de doctrine.

4® Du contentieux administratif (Be^ vue de l'administration et du droit administratif de la Belgique, t. II! ; Liège, Dessain).

Van Hee» (RICHARD), ]^,né ft Ni-

mègue le 24 mai 1797, flt ses études k Utrecbt, où sa mère était venue résider en 1864, après la mort du chef de la famille. Il y fréquenta successivement les écoles dites françaises et les classes du gymnase ; en 1815, il prit ses inscriptions à l'Université, comme étudiant en médecine. 11 y a des voca* tions irrésistibles. Sans être infidèle k Esculape, le Jeune étudiant se sentait plus particulièrement attiré vers la science d'Archimède, et il consacrait toutes ses heures de loisir k faire des mathématiques. Il sut mener de front les deux coursiers de son char : en 1819 , il subit l'examen de docteur en sciences, et il éuit sur le point de franchir la dernière barrière qui le séparait du doctorat en médecine, lorsqu*en 1821, le gouvernement des Pays- Bas, appréciant son aptitude pour les sciences exactes, le nomma professeur extraordinaire à la Faculté des sciences de l'Université de Liège. M. Van Rees accepta cette marque de confiance avec d'autant plus de joie, qu'elle lui donnait la liberté de poursuivre désormais exclusivement ses études favorites. Le Conseil académique de l'Université d'Utrecht, à cette occasion, lui décerna le diplôme de docteur en médecine, honoris causa. — De 1821 k 1830, M. Van Rees enseigna, à l'Université de Liège, les mathématiques élémentaires, les mathématiques transcendantes et la mécanique analytique. En 1825, il fut promu au rang de professeur ordinaire.

Il revêtit les insignes du rectorat pendant l'année académique 1826-1827 (*).

— Rentré en Hollande à la fin de 1830, sous le coup de l'arrêté du 16 décembre, il fut adjoint, dès l'année suivante, à la Faculté des sciences de l'Université

( ' ) V. l'art. Ernst (J.-G.-J.).

WLR

d*Utrecbt ; les souvenirs qull ayaît laissés en cette ville, la réputation qu'il s'était faite à Liège, tout devait lui donner Tespoir d'une prociiaine nomination déilnitive, et cet espoir se réalisa. Jusqu en 1858, il fut titulaire du cours de mathématiques élémentaires.

La mort de son ancien professeur G.

Mok ayant alors laissé vacante la chaire de physique, renseignement de cette science lui fiit confié, avec le titre de professeur ordinaire. 11 y consacra tout son zèle Jusqu'à la fin de Tannée académique 1866-1867, c'est-à-dire jusqu'à ce que, parvenu à l'âge de 70 ans, il fut déclaré professeur émérite , conformément aux règlements universitaires. M.

Yan Rees est venu revoir ses vieux amis de Liège quelque temps avant la célébration du 50* anniversaire de l'Université; il n'a pu malheureusement entreprendre un second voyage pour assister à la fête jubilaire, à laquelle le corps professoral avait s|)écialement convié ce vénérable vétéran. Le roi des Beiges a voulu donner à M. Van Rees, dans cette circonstance, un témoignage de sa haute bienveillance, en lui décernant, par arrêté royal du 5 novembre (le jour même de l'auniversaire), la croix de chevalier de Tordre de Léopold. — M. Van Rees a publié t

1® Disquisitio de decompositionc acidi carbonici in vcgetatione^ prxmio ornata (Ann, Acad. Rheno-Traj., 1817-1818).

2<^ Tentamma malhamitica de cubaturâ segmenii ellipmdu^ auctoribus R.

K. van TuyII van Serooskerke et R. Van Rees. Traj. ad Rbenum, 1819.

5*" Dissertatio physico-mat/ienmtica inauguralû de celeritate ioni per fiuida clmiica propagati. Traj. ad Rbenum,

4» De veterum recentwrumque in Iractnndâ mathcsi ratione et laudibns (Ann. Acad, Lforf., vol. V, 1821-1822;.

Discours inaugural, prononcd le 4 octobre 18:21.

5" De rerum incertanim probabilitatCy quatenUs matliematicoiiim calculis subjicilur. (Ibid., 1829).

Discoor» prononcé le 8 octobre 18ST, lorsque M. Van Rees transmit à J.-O.-J. Ernsi Taulorilé rectorale.

O'^ Mémoire sur les focales (Corresp, malhém. etphys, publiée parCarnieret Quetelet, t. Y, p. 561).

7° Sur la convergence, des séries et des produits continus (Ib,^ t. VI, p.

8*^ Sur l'analyse des fonctions angulaires (Ib., t. VI, p. 277).

9* Sur les marées le long des côtes de la Néerlande (Nieuwe Verhandel. der 1^ KlnsHe van hei Kon. Ned, InstUuut, t. Vif, p. 27).

10* Deux chutes d'aérolilhes en Hollande (Ann. de Poggcndorjf, t. LIX, p.

11^ Sur la distribution du magnétisme dans les aimants et les éleclro-aimants (Ib., t. LXX, p. 1, et t. LXXÏV, p. 215).

12<» Sur les propriétés électriques des pointes et des flammes (Ib.^ t. LXXllI, p. 41 ; t. LXXIV, p. 529).

15° Sur les forces électro-motrices des piles galvaniques k un métal etdeax liquides (Tijitckrift van het Kon, N^d.

Imtiluut, t. IV, p. 270).

ii'* Sur la théorie des lignes de fon« magnétique de Faraday (Ann. de Poggendoi% t. XC, p. 415).

15"* Sur la décharge latérale de Téleciriciîé (Verslagen der Kon. AkademU der Wetemclmppen^ t. ÏX, p. 126).

16^ Sur l'analogie des théories de Tinduction électrostatique, du courant galvanique et de la propagation de la chaleur f/^., t. XV, p. 428).

17** Sur la tension électrique et le potentiel (Ib,, 2« série, t. I, p. 494).

%vai>iii (Jean-François-Xavier) est né à Luxembourg le 19 mai 1800. il appartient il une famille ancienne et justement honorée ; par sa mère, il se rattache au célèbre Henri Vander Noot^ que la révolution brabançonne porta uo instant, A Bruxelles, au faite du pouvoir (*). Ses études moyennes furent brll-

(') Ces détails et une partie de ceux qui suivent sont empruntés à une notice sur

WUR

lantes et se trouvèrent terminées , en 18i7, juste au moofienl où TUniversité de Liège ouvrit pour la première fois ses portes à la jeunesse. Il s*y fit inscrire sans retard et suivit assidûment, pendant cinq années consécutives , les cours de la Faculté des lettres, ceux de la Faculté des sciences et c^ux de la Faculté de droit. 11 prit part au concours de philosophie en 1819-i820; son mémoire fut non seulement couronné, mais signalé à Tattention publique dans la Reviœ encyclopédique de Paris. C'était une rt^ponse à la question : Quo jure rerum philosophicarum scriptore9 à Socrate novam historiœ philosophiœ periodum inchoandam putant ?

(Ann. Ac. Leod. I8i9-1820,27 pages).

Il fut reçu docteur en philosophie et lettres en i821, après avoir publié et défendu une dissertation sur les poèmes d'Homère (Quœdam de Ifomericarum poemalum origine , composilione , et ad formandum Grœcorum animum moment ta); une autre dissertation sur rhvdoire des instilulions judiciaires dans lantiquité et au moyen-àge : De judiciurià in graviorihus deliciis apud diversas gentes potestate, lui valut en 1827 le dipiômcde docteur en droit. II débuta au barreau de Liège et ne tarda pas à être nommé juge suppléant près le tribunal de première instance de celte ville. Mais il irétait entré dans cette carrière que pour obéir A un père vénéré : il se sentait né pour le professorat ; il n*eut de repos qu'après avoir arrêté la résolution de consacrer désormais tout ce qu'il avait d'intelligence et d'énergie à la propagation incessante d'une méthode dont il s'était ardemment épris , et hors de laquelle il ne voyait point de salul pour les études. Nous voulons parler des procédés de Jacotot, le ccir'bre apôtre de y Emancipation intellectuelle. Les intelligences sont égales ; tout est dans fout; apprenez bien une seule chose et rapporlez-y toutle reste : tel fut le Credo de M.Wûrlh, aussi décidément que celui de son maître et ami; tel il est encore. Littéralement dévoré du besoin de propagande, il ouvrit ù Liège des cours

publics de langue et de littérature, où il battit en brèche, avec un zèle infatigable et le dévouement le plus désintéressé, renseignement traditionnel des Collèges. Il fut l'un des membres de la Faculté libre de philosophie, établie à Liège dans la période de transition qui suivit immédiatement les événements de 1850 (v. Part. Fassin). Nommé professeur extraordinaire d'histoire ancienne et de littérature flamande k l'Université de Liège, en 1855, par M. le comte de Theux, il remplit fidèlement ses devoirs officiels; mais tout le temps qu'il y pouvait dérober était employé à des leçons libres de omni re scibili^ toujours d'après la méthode Jacotot.

Insensible aux honneurs académiques, M. Wùrth eût voulu avoir à diriger le plus modeste Collège , si une latitude suffisante lui eût été accordée pour l'organiser d'après ses vues. 11 réunissait chez lui les étudiants pour les préparer gratuitement aux examens ou les initier, par des lectures cursives, aux chefs-d'œuvre littéraires de toutes les langues de TEurope occidentale; il faisait même venir des enfants des écoles primaires, lisait et relisait avec eux Té- Icmaque, et trouvait le moyen d'y rattacher tout l'ensemble de leurs études. Il distribuait à ses élèves de petits livres composés exprès pour eux, ou des feuilles auto^Taphiées où il se donnait la peine de copier texte et commentaires linguistiques ; il créait des journaux jacotistes et des Sociétés d'enseignement libre.

Kugène de Pradel, le |)Oête improvisateur, séjourna quelque temps à Liège vers 1841 ; ainsi que M. Alexandre Dumas, il se déclarait partisan de la méthode Jacotot : M. Wùrth s'attacha résolument à lui, et après son départ, fut l'un des fondateurs et des membres les plus actifs delà Société pradéli^nne^ où l'on s'exerçait tour A tour à l'improvisation, dans la salle académique, sur des sujets désignés par le sort.

Quelque jugement qu'on porte sur le jacotisme, il faut reconnaître que l'influence de M. Wùrth, pendant toute cette période, ne fut point stérile en

Wûrth publiée k Paris dans le Panthéon biographique universel, cl réimprimée en 1851

à la Rû de VHuttoire abrégée des Liégeoit^ 3« édition (voir ci dessous).

WUR

bons résultats. Cependant ses idées sur la réforme des études classiques devinrent de plus en plus radicales.

Un philologue français , fabbé Auguste Latouche, grand zélateur de la linguistique comparée (*), avait, dés i859, ouvert à Liège un cours de langue hébraïque, où il montrait qu'en ne tenant nul compte des points-voyelles, invention des Massorètes, et en prenant pour point de départ quelques lois très-simples auxquelles se ramène toute grammaire, il était facile, en quelques semaines, d'acquérir la connaissance de rhébreu. Les mêmes idées avaient déjà frappé M. AVûrth, qui, d'autre part, considérant l'hébreu comme la langue primitive et la plus naturelle de toutes, avait songé à en introduire l'étude jusque dans les écoles élémentaires. Les deux novateurs fraternisèrent et M Wûrlh agrandit de plus en plus la sphère de ses études linguistiques, qu'il dirigea du reste presque exclusivement vers les recherches étymologiques, ne s'occupant de la grammaire que pour en réduire les règles à leur plus simple expression. Ses Petits /»vres d*or (Chrysobiblia) n'ont pas eu le privilège d'être pris au sérieux par tout le monde; cependant il s'y trouve plus d'une remarque ingénieuse. M.

Svûrth a eu, dans tous les cas, l'honneur d'inspirer à un grand nombre de personnes de l'Intérêt pour un ordre d'études dont M. Chavée, en s'attachant de préférence aux langues aryennes, a depuis fait apprécier la haute importance k Bruxelles et à Paris. Mais M.

Chavée s'adresse aux savants, tandis que M. W'ûrth avait à cœur les études des commençants. Ce zèle infatigable ne se ralentit point et chen ha finalement de nouvelles issues. Sous l'influence de la révolution de 4848, M. Wiirth publia les deux premiers volumes d'un Cmtrs d'histoire universelle, où il ne manqua pas d'exposer ses opinions sur toutes sortes de questions, notamment

sur la réforme générale des études.

Quelque temps après, vers la fin de 1849, le gouvernement le déchargea du cours d'histoire politique de Tanliquité, pour confier cet enseignement, modifié conformément à l'esprit de la nouvelle loi, à M. Troisfonlaines (v. ce nom). M. Wûrth resta titulaire du cours de littérature flamande jusqu'au 51 juillet 4856, date de l'arrêté royal qui lui confère le titre de professeur émérite.

Nous n'oserions prendre sur nous de dresser un catalogue complet des publications de M. Wûrth , d'autant plus qu'elles n'ont pas toutes été mises dans le commerce. Voici les indications que nous avons pu recueillir.

Cours préparatoire à l'étude de la langue hollandaise, Liège, Collardin, 4820, un vol. in-8*^. — Leçona hollnndaises de littérature et de morale, 2 vol. in-S"* (V. l'art. Kinker).— Cours de langue latine, contenant Cornélius Nepos, accompagné d'une traduction interlinéaire et d'une traduction en bon français, les Odes d'Horace expliquées et le Robinson de Campe traduit en latin, un vol. d'environ 500 p. — Cours préparatoire à Tétude de la langue grecque. —Les œuvres d^ Horace, inù.

littéralement en français, en flamand et en allemand. — Epitome historiée sacrœ^ en quatre langues. — Art poétique (THor<7ce , expliqué grammaticalement et littéralement. — S^-Lambert, patron des Liégeois, légende historique du VII' siècle. — S^'Servais, légende du IV»

siècle. — Leçons d'histoire universelle d'un maître de pension à ses élèves. — Histoire abrégée des Liégeois et de la civilisatinn dans le pays des Eburons et des TongroiSy suivie d'un petit Guide de Vétranger à Liège et d'un tableau sommaire des éléments de moralité, de puissance intellectuelle et de bien-être que possède la ville de Liège à l'époque actuelle. Liège, Collardin, 4853, in-12 (â* édition, corrigée et augmentée ; Liège, Carmanne, 4851, in-42). —

(*) Auteur d'une Chrentomathie biblique, d'une Grammaire hébraïque, de VAdattt étymologique (classification par idée» de toute la langue hdbralquc\ d'un Vocabulaire étymologique latin ; Paris, V» Dondey-Dupré),

etc — M. Latouche passa de Liège à ^Uvers et de \k en Espagne, où il essaya d'appliquer SCS idées en fondant un Collège modèle [à Madrid).

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Psaumes de David, traduction fidèle diaprés le texte hébreu universellement admis, par A. L. (Auguste Latouche), publiée de concert avec le traducteur.

Liège, 1841, in-12. — Programme d'un cours populaire d'histoire universelle. — Petite logique. — Résumé des antiquités romaities, — Leçons élémentaires sur les InstUutes et rhistoire du droit romain,

— Précis de rhistoire sainte (1859). — Lecture simplifiée et première étude des langues (première chrestomathie biblique). Liège, 1859, in-12. — Les Omnibus de Parithmétique et de Valgèbre,

— Vision d'un croyant sur Liège et la Belgique. — Langue mère et liitéi'ature sacrée, ou morceaux choisis de la Bible, texte hébreu et traduction fidèle (Chrysobiblia, \^ livraison). Liège, 1842, In- 12. — La vie de Jésus-Christ et des

.Apôtres, dans les termes mêmes de TEvangile et des actes des Apôtres (Chrysobiblia, 2* livraison) : Epitome pour Tétude des langues grecque et latine.

— La tragédie de Guillaume Tell, suivie de plusieurs légendes^ ballades et du poème de la Cloche, traduction fidèle de Tallemand de Schiller (Chrysobiblia, 5* livraison) : Epitome pour Tétude de là langue allemande. — Moniteur des fa-

iiii//4»etderinstruction publique, quatre années à 12 livraisons par an (1844- 1847). — Le Remorqueur pour Vétwde des langues /}eu grammatical et étymologique, réunissant, dans un ordre simple et facile, la variété, qui n>st qu'apparente, du Dictionnaire et de la Grammaire de toutes les langues, en un seul corps de science d'une évidence et d^une rigueur presque mathématiques, avec lequel on s'habituera, en y consacrant pendant une année une heure par jour, à entendre et à analyser complètement six langues : Vhébreu, le grec, le latin. Vallemand, Vanglais et le français (27 caries in-24"). — Collaboration au Courrier des campagnes* — Bonhomme Richard, — Devoir des chrétiens au XIX* siècle. — Cours d^histoire universelle- Liège. 1849, 2 vol. in-i2«. — Esquisse d'un cours complet de philosophie. — Esquisse d'un cours de philosophie morale. — Un grand nombre d'opuscules (sur la méthode Jacotot et ses applications) que nous n'avons pu nous procurer. — Quinze leçons d'initiation à I^hèbreu, à l'arabe, au grec, au latin, à l'allemand et à l'anglais (feuilles aulographiées).

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