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LVIII INTRODUCTION

renseignement supérieur, préparée par la loi. Le jury combiné, qui remplace le jury central depuis 1849 (M« n*a fait qu'aggraver le mal auquel on a voulu porter remède en modifiant la loi de 1835. Aujourd'hui rélève est interrogé directement par son professeur, sous le contrôle du professeur d*une Université rivale, chargé du même cours. La combinaison est telle, que les deux Universités de TEta't ne se rencontrent jamais au jury, non plus que les deux Universités libres : on a voulu sans doute, pour ces dernières, éviter les froisse* ments. Qu'on se figure Krause appelé à contrôler Tongiorgi, les idées de M. Âltmeyer aux prises, en plein jury, avec celles de M. de Gerlache! On a donc pris la précaution, pour conduire les récipiendaires au port, de ne jamais laisser le loup avec la chèvre, ni la chèvre .... Les Universités de l'Etat, considérées comme neutres, sont tour à tour en présence de Bruxelles et de Louvain. La position n'est fausse, en définitive, que pour elles ; mais elle est peu digne pour tout le monde. On est placé dans cette alternative : collision ou collusion. Avec le temps, il est vrai, on s'habitue à ce mariage forcé; mais le niveau des examens baisse, parce que chaque professeur est en droit de dire à son confrère : ceci n*a pas été enseigné. Que faire alors? Il suffit qu'un élève sache bien son cahier pour être admis : aussi, que de fruits secs parmi les distincHonsl Dans les quatre Universités, aux Chambres, partout, on est convaincu de l'influence délétère du système : on n'a trouvé, après mûre réflexion, d'autre moyen de relever les études, que de simplifier les examens; au lieu de relever des éludes, on les a matérialisées en considérant officiellement comme accessoires toutes les sciences dont l'utilité professionnelle n'est pas immédiate, toutes celles qui élèvent l'esprit, qui lui ouvrent un vaste champ, celles mêmes qui contribuent le plus directement à l'éducation du citoyen. Le temps est venu de brûler la vieille idole : il est urgent de rayer une fois pour toutes de notre Credo ce malheureux article : Le jury est le gouvernement de {enseignement supérieur,

La science ne peut être gouvernée : c'est à elle de gouverner les esprits, sous peine de mort pour la civilisation. Mais elle ne peut gouverner si elle n'est libre, et elle ne sera libre en Belgique que quand le jury usurpateur aura disparu.

(*) V. ci- après, dernière partie, p. xLiv,

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