INTRODUCTION. LXIII
Aussitôt après la promulgation de la loi du 27 septembre 1835, le gouvernement se préoccupa de pourvoir aux chaires vacantes. On n*était plus sous l'empire des préjugés de 1817 et de 1830; personne ne trouva mauvais que le ministre fit appel à des savants étrangers. L'affaire Gibon (v. ci-après, col. 337 et suiv.) faillit cependant mettre encore une fois le feu aux poudres. La nomination de l'excellent
la jasUce, etc., qu'il regardait comme des collègues ; en effet, le Comiêé central du gouvernement provisoire prenait des arrêtés sur la proposition de Tadministrateur général de Tinstroction publique, et chargeait ce fonctionnaire de leur exécution.
» L'arrêté du 46 décembre sur les Universités est le premier acte dans lequel l'intervention du Comité de l'intérieur est constatée; encore y est-il dit dans le préambule: • Sur la propotition du Comité de l'intérieur et de C administration générale de l'instruction publique >, et à l'art. Si : c le Comité de l'intérieur et l'administrateur-général sont chargés de l'exécution du présent arrêté >.
> La situaUon fut enfin nettement décidée par un arrêté du 34 décembre, qui porte : « L'administrateur-général de l'instruction publique est attaché au Comité de l'intérieur ». — Mais ce même arrêté disait plus bas : « Le gouvernement se réserve de demander des rapports et avis directs à l'adminislrateur-général de l'instruction publique >.
» Les affîaires concernant l'instruction publique formèrent donc à elles seules une administration générale ayant, au moins en apparence, son existence spéciale, bien que dépendante du ministère de l'intérieur. Tous les chefs de ce département devaient, s'ils voulaient prendre au sérieux la responsabilité constitutionnelle, s'efforcer d'annuler l'action de l'administration de l'instruction publique, dont les actes devaient leur être imputés. — Ce service ne fut donc bientôt plus, de fait, qu'une division, dont le chef conservait un titre tout à fait illusoire.
> Le 48 novembre 4833, une Commission fut nommée par le Roi, sur la proposition du ministre de Tintérieur (H. Cb. Rogier), à l'effet de préparer un projet de loi sur l'instruction publique. Non seulement on ne jugea pan k propos de placer l'administrateur-général dans cette Commission où siégèrent plusieurs de ses subordonnés, mais on fit à ce fonctionnaire une position tout k fait subalterne, en insérant dans l'art. 3 de l'arrêté la disposition suivante : « La Commission est autorisée k requérir, toutes les fois qu'elle le jugera convenable, la présence de l'administrateur-gdnéral de l'instruction publique ». — Heureusement que les membres de la Commission comprirent que les convenances ne leur permettaient pas de faire usage de cette faculté : jamais l'administrateur ne fut mandé par ellt ; il est permis d'ailleurs à ceux qui connaissent le caractère loyal et indépendant de M. Lesbroussart, de douter qu'il bût accepté une pareille situation.
* Au mois d'avril 483 i, le personnel des employés de l'administraleur-général de riostruction publique, soustrait jusque là au contrôle du secrétaire général, fut soumis au règlement du ministère de l'intérieur.
> Il y avait donc déjà longtemps que l'importance et l'influence de Tadministrateur-général de l'instruction publique étaient annulées, lorsque le ministre de rintérleur(M.deTbeux), par lettre do S4 août 4834, décida que désormais toute la correspondance de l'administration de l'instruction publique serait soumise, en minute, à l'approbation du mi listre, et expédiée par le bureau général d'expédition du ministère. — C'est l'administration ainsi réduite que M. Lesbroussart échangea, le 5 décembre 4835, contre une chaire à l'Université de Liège.
» Le secrétaire de l'administrateur, M. L. Alvin, nommé aussi en 4830, continua à traiter les affaires de la division jusqu'au 26 mai 4836, époque à laquelle l'instruction publique devint on bureau d'une division co:;{1ée à M. le baron Dellafaille, qui, avec le titre de direc-