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LXVIII INTRODUCTION

c*esl surtout grâce à elle que les efforts des débutants ne restent pas isolés ni méconnus. Elle réagit en outre indirectement, par ses travaux et par sa vigilance, sur les Ecoles elles-mêmes, et en plus d'une circonstance son influence y a. provoqué d'utiles améliorations.

De tels résultats seraient difficilement atteints dans les Facultés universitaires proprement dites.

D*abord les étudiants y travaillent chacun pour soi, à domicile, tandis que le régime intérieur auquel les Ecoles sont soumises met incessamment les élèves-ingénieurs en contact les uns avec les autres. Ensuite , ils n*ont guère Toccasion d'être interrogés pendant Tannée, ce qui les laisse plus ou moins dans Tincertilude, jusqu'au jour de l'examen, sur leurs chances de réussite. Tout au plus se réunissent-ils par petits groupes , pour revoir ensemble les matières du programme. Cet isolement n'est pas un mal en ce sens, qu'jl développe le sentiment de la responsabilité personnelle; il répugne

ouverts et ont donné de brillants résultats. Ont été couronnés les Mémoires suivants : 1" En 1B61 : Jos. Franquoy, Fabrication des combustibles agglomérés dans le district de Charleroi (Ànn. des trai\ publics et Annuaire de tAssoc.^ t. V^ ; 2^ £n i862 : M. Cahen, Métallurgie du plomb Revue univ., t. XIIF; Ann. l. VIj; 3« En ^863 : J. Fayn, Mém. sur la vie et les travaux d'André Dumont (/{. univ,, i. XV et XVI; Ann., t. VI) ; 4» En 1864 : P. Marlin» Examen comparatif de la fabrication des produits chimiques en Belgique et en Angleterre (/?. i/w/r., t. XVII ; Ann.^ t. VU; ; 8o et ô*» En 1866 : a. E. Harzé, De faérage des travaux préparatoires dans les mines à grisou [R. univ.^ t. XX; Anu., t. VU) ; 1^ E. trbin, Gmde pratique pour le puddlage du fer et de lacier {Ibid,, ibid.); 7<* et S*' En 1867 :

a. Spineux, Sur les distributions de la vapeur (sous presse chez J. Baudry, éditeur; ;

b, Léon Jacques, Sur le gisement des houilles grasses du bassin de Liège {R, univ.^ t. XXII; Ann.f [. IX) ; 9° En 1868 : F. Franquoy, Sur le gisement des minerais de fer de la province do Liège [R. uuiv., t. XXV et XVI; Ann.^ l. X). — L'Association se composait, en 1868, de 1 19 membres {L'Annuaire mentionne en outre, à cette époque, deux membres décédés] ; au commencement de 1869, ce nombre s'élevait à 454. — Le Conseil d'administration était composé comme suit en 1851 : Présidents honoraires, MM. Ad. De Vaux et D. Arnould ; membres honoraires^ MM. Lesoinne, André Dumont et Chandelon ; membres effectifs : MM. Trasenslcr. pr^.«/(/cnt ; Gilon, i'/c(;-/irés/(/enr; Dupont, secrétaire; Letoret, L. Renard, L. Goret, C. Dumont, administrateurs ; Stouls, trésorier. Le Conseil de discipline était formé de MM. Letoret, Trasenster, Gendebien, Gilon et Sroits. — En 1869, les membres honoraires sont : MM. Chandelon, de Cuyper, de Koninck, Gernaert, Rucloux et Jocharos; les membres effectifs du Conseil d'administration sont : MM. Trasenster, président; Ch. Lambert, vice-président ; R. Malherbe, trésorier; P. Paquot, L. Taskin, Jules Ziane, Ed. Despret, J. Lclorel, Ad. Lrban et Halbrccq, administrateurs ; Oscar Rongé, secrétaire et directeur du Bulletin. Le Conseil de discipline se compose de MM. G. Dumont, Trasenster, Letoret, Jos. Descamps et Ad. de Vaux. — Les Comités scientifiques sont au nombre de quatre, à Liège, à Charleroi, à Mons et à Bruxelles. Ils ont pour présidents respectifs, MM. R. Paquot, Ch. Lambert, H de Simony et ffancart-Orlmans.

INTRODUCnON. LXIX

d'ailleurs à l'essence des études libérales que ceux qui s'y livrent soient enrégimentés d'une manière quelconque, et la régularité des interrogations n'est guère de mise, au degré supérieur de l'enseignement, que dans le domaine des sciences tout à fait positives. Cependant il est permis de recommander un terme moyen. Quelques professeurs ont obtenu d'excellents résultats en ouvrant de temps en temps des conférences, où les élèves traitent tour h tour soit des sujets de leur choix, sur les matières do cours, soit des questions qui leur ont été posées d'avance et sur lesquelles s'engage, au besoin, une discussion générale. C'est là une excellente mesure, mais une simple affaire de méthode, sans influence sur les rapports des étudiants entre eux.

Il serait à coup sûr très-avantageux de resserrer leurs liens et de les rapprocher de leurs professeurs ; seulement, il faut se garder de peser sur eux, ou même d'avoir l'air de le faire. Il n'est pas moins dangereux de les abandonner tout à fait à leurs enthousiasmes irréfléchis. Leur nature généreuse et expansive leur fait un besoin de se voir et de s'entendre : les plus entreprenants proposent la création d'une société dont le but sera littéraire et scientifique ; on s'assemble, on réglemente, tout marche admirablement pendant quelques mois; puis la discorde s'introduit au camp d'Agramant; les orages des débats font oublier la fin qu'on s'était proposée ; la société devient un club où l'on va s'exalter et voter la régénération de l'espèce humaine, ou perdre tout bonnement son temps, sous prétexte de se reposer de fatigues qu'on n'a point subies. Enfin tout s'évanouit : les esprits sérieux se remettent au travail, les autres vont s'amuser ailleurs ; tous quittent finalement l'Université et se perdent de vue ; à peine reste-il un souvenir des bruyantes soirées où l'on renouvelait vingt fois des serments de fraternité.

Dans toutes les Universités de l'Europe ces choses se sont passées : il faut être indulgent pour ces associations éphémères, et peut-être faut-il voir un avertissement dans leur renaissance périodique. Peutêtre, à côté de ces réunions libres et dans lesquelles on doit bien se garder de s'immiscer, serait-il éminemment avantageux d'instituer, dans nos Universités de l'Etat, quelque chose d'analogue à la Société littéraire de l'Université de Louvain, à laquelle restent afiiliés les anciens élèves. Il existe aussi, sous une autre forme et dans d'autres conditions, une solidarité entre les professeurs et les anciens élèves

LXX INTRODt'CTlOS.

de Bruxelles. Des séances consacrées à des lectures, des concours, des discussions scientifiques, il ne serait pas au-dessous de la dignité proressorale d'organiser tout cela et d*y imprimer un caractère sérieux. On publierait régulièrement un Aumuàre ou des Mémoires; on resterait en rapport avec l'Université après avoir quitté ses bancs; on y reviendrait de temps en temps, aux assemblées générales, pour retremper les vieilles amitiés et en former de nouvelles ; en attendant, on aurait vécu dans une atmosphère studieuse, et bien des jeunes gens qui ne travaillent aujourd'hui que pour les examens acquerraient, d'abord parce que leur amour-propre serait stimulé, ensuite parce qu'il suffît le plus souvent d'essayer ses forces pour devenir désireux de les déployer tout entières, le goût du travail pour la science, qui est le plus doux de tous les fruits malgré l'amertume de son écorce.

Une institution semblable nous animerait d'une vigueur nouvelle et remplacerait avec avantage le Concours universitaire, qui, dans les conditions oii il est établi, n'a obtenu qu'une assez mince popularité parmi les étudiants (').

Hàtons-nous d'ajouter que le zèle individuel, au service de talents supérieurs, a plus ou moins compensé l'absence d'une institution que nous ne cesserons jamais de considérer comme un important desideratum. Un Dumont se rencontre-t-il, son influence familière prend les proportions d'une royauté scientifique : comme la nuée du désert, sa trace lumineuse guide la foule des chercheurs vers la terre promise. Un Dupret ne forme pas seulement des avocats, mais des jurisconsultes. Des herborisations de Ch. Morren, on revenait passionné pour la botanique. Tandel, avec sa gravité modeste, a fait vibrer dans bien des âmes des cordes jusque là muettes ; le nom de Brasseur vivra non seulement dans la science, mais dans les annales de l'enseignement, parce que son enseignement était comme une révélation. Nous nous arrêtons, de peur de parler des vivants... Mais, avec de telles ressources, à quels progrès ne pourrait-on pas prétendre si, grâce à la mise en commun et en lumière de tous les efforts, on en venait à se connaître de plus près et à s'organiser véritablement, nous tenons à ce mot, en corps scientifique ! On s'élèverait graduellement aux hauteurs de la science comparée, la seule qui, dans un

( i) V. ci-après, dernière partie, p. xx et suiv. — £o gomme, la dicentralinuion da concours constituerait déjà par elle-même un grand progrès.

UXTRODICTION. LXXI

avenir dont on entrevoit déjà Taube, méritera définitivement le nom de science. Malgré tous les obstacles, malgré les jurys, malgré les systèmes de tâtonnements, nous pourrions enfin remplir notre rôle d'Université, universitas scientiarum.

Il règne dans le public, en ce temps d'utilitarisme, des idées assez fausses sur la nature des Universités. Elles ne sont ni de simples écoles, ni des Compagnies savantes au sens des Académies. Elles participent de la nature des premières, puisqu'elles enseignent; de la nature des secondes, en ce qu'elles doivent cultiver et honorer la science pour elle-même, et non pas seulement à cause des avantages matériels qu'elle procure. A la différence des écoles dites spéciales, elles ne se contentent pas de Trayer la voie aux jeunes gens qui se proposent d'aborder telle ou telle carrière ; leur enseignement doit avoir une portée philosophique et sociale; elles sont tenues d'apprendre à leurs élèves à penser et à travailler pour leur propre satisfaction et en vue du perfectionnement de leurs semblables; enfin, elles ont mission de former de bons citoyens : sous tous ces rapports, elles ont à remplir une tâche éducative. Sur le terrain de la science pure, d'autre part, elles se proposent une (in analogue h celle des Académies; mais leur faconde procéder est toute différente. Que sont les Académies ? Des réunions de savants et de gens de lettres, groupés dans le but de se communiquer réciproquement leurs découvertes, de juger des concours ouverts sur des sujets imposés, d'encourager les travaux isolés de quelques néophytes. Elles ont des couronnes pour le talent ; elles ont un champ clos pour les luttes courtoises que se livrent, au profit de tout le monde, les chercheurs de la vérité. Cependant, par la force des choses, l'arène est assez peu fréquentée ; le sanctuaire de l'érudition est réservé aux seuls initiés ; la publicité des Mémoires est plus officielle que réelle; le choix des questions à traiter tient ordinairement aux prédilections de quelque spécialiste; l'universalité des recherches, l'esprit de suite, sont pour ainsi dire impossibles. L'utilité, l'importance des A<^adémies ne sauraient être révoquées en doute ; il faudrait les créer si elles n'existaient pas; les objections de leurs détracteurs nous touchent peu. Mais les Universités sont appelées à coopérer d'une manière plus efficace ou du moins plus directe au développement intellectuel des populations. Elles n'ont pas seulement pour mandat de dogmatiser et d'exiger de leurs élèves qu'ils satisfassent à un programme : elles manqueraient

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