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L. TUdschrift voor staathuishaudkunde en statistiek

51o Redevoering over Adam Smitb (t. Il, 1843).

52o Een paar stalen van pseudostaathuisboudkunde (t. X, 1854).

33o ïets over de aanwending der sterfle tafels voor de kennis van den levensduur (/>.).

54o Berigten uit de Hollandsche kolonie Pella in Noord-America (t. XI, 1855).

55^ Banken van leening (t XI II , 1856).

u.Staatkundig en staathuishoudkundig Jaarboekje.

36« De statistiek (1854).

57» Trois comptes rendus : 1« de Touvragede Harting sur l'île d'Urk; 2» de Talmanacb officiel de la province de Gueldre (1854); 3« de FAlmanach pour les possessions hollandaises des Indes occidentales el de la côte de Guinée (1859).

Il existe sur Ackersdyck un assez grand nombre de notices biographiques. Les principales sonl : celle de M. J. Garnier, dans le Journal des Economistes de Paris, août 1851. — L'article détaillé de M. 0. van Rees (tils de l'honorable professeur émérite R. van Rees (v. ce nom), sur les services rendus par Ackersdyck à la science (Almanaçh des Etudiants dCÛtrecht, 1862;. — Une étude biographique par M. >V.-C. Mees (Handelingen van de Maatschapij der Nederhndsche letterkunde te Leidcn, 1862>.

— Une notice nécrologique dans TAnnuaire de V Académie royale des sciences (La Haye, 1862). — L'article de M.

Stecher et celui de M. Ul. Capitaine, cités plus haut. — V. encore la Revue hollandaise d'économie politique (citée ci-dessus, iitt. L),t. XXI, et VAlmanach populaire d'Utrecktj année 1862.

An»lanx ( NiCOLAS - GABRIEL - An-

TO1NE-J0SEPH) , né à CIney le 6 juin 1780, mourut à Liège le 26 décembre

Il flt ses premières études dans cette dernière ville, à l'école de la collégiale de Saint-Pierre, et montra de bonne heure les plus heureuses dispo-

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skions ('). Envoyé ensuite aa collège municipal (*), il y eut pour condisciples Comhaire et Destriveaux, et Iji se forma ce triumvirat d*amitié qui dura quarante ans et que la mort a seule pu détruire ('). Survinrent des temps d'épreuves : Ansiaux, père, médecin du prince de Liège, crut devoir émigrer avec son souverain en 1794, à rapproche des armées françaises {*); le jeune humaniste dut le suivre en Allemagne, avant d'avoir achevé ses classes. Nos exilés vécurent tour à tour à Dusseldorf, à Paderborn et à Munster ; Nicolas-Gabriel eut ainsi Toccasion de se familiariser avec 1» langue allemande. De retour à Liège en 4795, il aborda immédiatement Tétude de Tanatomie, sous la direction d'un médecin français , qui enseignait cette science à Thôpilal établi dans les locaux de l'ancienne abbaye du Val-des- Ecoliers. Il suivit en même temps la pratique médicale de son père,et la pratique

chirurgicale et obstétricale de Ramoox (^; enfln , sur le conseil de ses maîtres, il prit le titre de chirurgien : l'exercice de la profession était libre alors. Il avait 48 ans, le goût du travail et la conscience de l'insuffisance de ses premières études (*). Avant tout, il voulut se rendre maître des langues anciennes:

le digne Charmant ( M fut son maitre et bientôt son ami pour la vie. Quand il se crut bien préparé, il partit pour Paris, d'où il ne revint qu'en 4801.

Non seulement il y suivit les cours de l'Ecole de médecine , où Fourcroy avait pris soin de réunir tant d'hommes célèbres; mais il s'y fit remarquer par divers travaux scientifiques. La loi du 19 ventôse an XI (1805) ayant rétabli les grades académiques, il résolut de se mettre en règle, se rendit de nouveau à Paris , y subit de la manière la plus distinguée les épreuves du doctorat en chirurgie, et eut la satisfaction de voir sa thèse remarquée

( M II est permis de rappeler en passant qu'on remarqua dès lors chez lui une grande aptitude pour la musique ; il cultiva toute sa vie cet art aimable, et y fit preuve d'un talent réel. Doué d'une très-belle voix, il ne négligea point ce don inné. Plus tard, à Paris, il reçut des leçons de violoncelle d'Adrien, premier violoncelle de l'Opéra. A partir de 4809, il s'occupa longtemps, avec une intelligence musicale peu ordinaire, de l'organisation des concerts de la Société d'Emulation. Les jeunes artistes de mérite étaient fiers de trouver en lui un zélé protecteur ; c'est ainsi qu'il fut un des premiers à encourager Massart, et que le violoniste Prume, dont la réputation devint européenne, fut pour ainsi dire lancé par lui dans la carrière.

( * ) Fondé par le prince-évêque Veibruck pour remplacer l'établissement des Jésuites, après la suppression de ce corps. Le grand collège occupait les bâtiments où l'Université fut installée en 4817.

i') Notice sur N. G. A. J. Ansiaux, par le docteur £(31)618. Liège, i84î, in-8^ p. 5. Nous avons mis largement i profit celte intéressante biographie.

*) Nicolas-Antoine-Joseph Ansiaux avait vu le jour à Ciney en 4768; il mourut à Liège en avril 4836. Après avoir fait d'excellentes études à l'Université de Louvain, il y fut appelé aux fonctions de répétiteur ; mais il y renonça bientôt pour aller pratiquer son

art dans sa ville natale. Sa réputation lui valut le titre de médecin du prince (1784) ; il s'établit alors à Liège, où il ne tarda pas k passer pour une des illustrations médicales du pays. On lui doit un mémoire Sur V influence des doctrines médicale* dans la pratique (Esprit des journaux^ t. X et XI), et une traduction en vers français des Aphorismes dHipvocrate (Ibid , 4791). 11 fut longtemps médecin en chef des hospices civils de Liège et président du premier Comité de vaccine qui y fut institué ; il présida la Société libre des sciences physiques et médicales de Liège et fit partie de plusieurs autres compagnies savantes (Habets, p. 4 ; Dewalque, Biographie nationale^ tom. I, col. 339).

(") L'on des fondateurs de la Société maternelle de Liège» prédécesseur de Simon (V. ce nom) à l'hospice de la Maternité.

(*) Il avait été frappé, à l'hôpital de Bavière, de l'ignorance et de l'inexpérience des chirurgiens de Liège. Pendant quatre jours consécutifs, tous les chirurgiens de la ville, réunis autour d'un blessé, avaient reconnu que l'amputation de la cuisse était indispensable, et cependant ils ne s'étaient décidés à la pratiquer que le quatrième jour. Ils ne purent l'achever; ils laissèrent le malade périr d'héraorrhagie. En présence de ce fait, la résolution d'Ansi&ux fut bientôt prise.

( ^ ) Plus tard principal du collège de Liège.

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des savants et obtenir bientôt les honneurs d'une seconde édition. En revanche, sa supériorité lui attira des tracasseries lorsqu'il fut déflnitivement rentré dans sa ville natale. A cette époque , dans beaucoup de pays de TEurope.les chirurgiens étaient encore assimilés aux barbiers. En Belgique, où la science anatomique avait jeté un si vif éclat au 1VI« siècle , Tart chirurgical était néanmoins resté ou retombé dans Tenfance, par Feffet des troubles politiques : quelques praticiens flamands, Thomas Fyens, Henri de Heers , Jean Palfyn avaient légué leurs noms à Thistoire ; mais aucun astre nouveau ne se montrait à l'horizon. A rUniversité de Louvain, la plupart des professeurs étaient ecclésiastiques et, à ce titre, obligés de se soumettre aux prescriptions du Concile de Trente ; à Liège, point d'enseignement régulier de la chirurgie ; enfin, il était interdit aux médecins de manier le scalpel. Dans les derniers temps, il est vrai, on avait vu quelques Liégeois se rendre à Montpellier et eu revenir relativement instruits et habiles ; mais la plupart des opérateurs s'étaient contentés de suivre pendant six ans la pratique d'un maître, et de subir ensuite des examens devant le collège des médecins, chirurgiens et apothicaires de Liège, examens qui se bornaient à l'anatomie et à la clinique des humeurs, plaies, fractures et luxations.

Aussi se bornaient-ils à panser des vésicatoires, des brûlures et d'autres lésions légères : les plus graves étaient abandonnées â elles-mêmes. Ils pratiquaient la saignée, le cautère, le selon ; ils ouvraient des abcès, mais rien de plus. Les examens avaient fini par devenir illusoires; la loi même s'était faite complice d'un népotisme scandaleux. Le désordre et l'anarchie qui signalèrent les premières années de notre réunion à la France ; Tabsence absolue de contrôle, à la suite du décret de TAssemblée législative (18 août 1792) qui avait supprimé les Universités, les Facultés et les corporations savantes;

les émigrations même, tout concourut à rendre plus profonde la décadence de l'art ( * ). Ansiaux eut à soutenir des luttes sérieuses contre ses confrères, qui le trouvaient bien osé d'assumer la responsabilité d'opérations importantes et tout-à-fait étrangères à leur pratique habituelle. Loin de se laisser intimider, il compta sur son talent pour les réduire eux-mêmes au silence.

Il reçut chez lui un enfant pauvre, de Yerviers, âgé de trois ans et atteint d*un calcul vésical ; il l'opéra, réussit entièrement, et dès lors les objections tombèrent. Ce n'était pas assez; il s'agissait de travailler d'une manière efiicace et dui*ableà la réhabilitation de l'art. Ansinux s'entendit donc avec son ancien condisciple Comhaire (v.ce nom) pour fonder à Liège une école de chirurgie. Ce projet, conçu dès i804, reçut son exécution deux ans après; les magistrats municipaux finirent par se rendre aux raisons d'Ansiaux, lui accordèrent, pour lui et pour Comhaire, la jouissance d'un local (*), et autorisèrent les deux professeurs à enseigner publiquement et gratuitement l'anatomie et la physiologie. Pr^esque en même temps,Ansiaux reçut de la Commission des hospices le titre de chirurgien en chef de l'hôpital de Bavière. C'était pour lui une double bonne fortune. Il s'occupa sans retard d'améliorer le service intérieur. « Avant son arrivée, les blessés et les malades internes étaient réunis dans les deux salles qui depuis n'ont plus servi qu'à la médecine. Les deux salles de chirurgie étaient occupées par les incurables, ramassis de paresseux et de vauriens, qui venaient se faire loger et héberger à l'hôpital. Ansiaux, ayant exposé ces abus au préfet Micoud, homme d'une grande intelligence et excellent administrateur, vit bientôt ses plans adoptés. Les deux services furent séparés, et les médecins firent des visites journalières au lieu d'alterner avec les chirurgiens. Il y eut à l'hôpital un chef interne, afin que les malades ne fussent jamais sans se-

{ *) HabeU, p. iO. — £f. Broeckx, Estai sur f histoire de la médecine belge.

(') La ci-devant chapelle de Saint-Clérotnt, place S^-Pierre,

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cours et que les blessés reçussent en tout temps les soins les plus urgents, en attendant la visite des chefs de service. Le régime des malades fut aussi plus rigoureusement prescrit, et le cahier de visite, pour la prescription des médicaments et des aliments, est une amélioration trop grande pour être passée sous silence » i * ). Ansiaux ouvrit en outre à l'hôpital un cours de clinique chirurgicjile, complément indispensable de renseignement théorique donné à TEcole de Saint-Clément.Là,ses efforts etceux de Comhaire furent bientôt généralement appréciés.

L*Et'ole prospéra au-delà de toute attente. La municipalité, pour la protéger ostensiblement, accorda des prix aux élèves les plus distingués. La valeur de ces récompenses était rehaussée par Tappareil brillant qui en aiv compagnait la distribution : cette solennité coïncidait avec TÂsseroblée générale (alors annuelle) de la Société d*Emulation; les vainqueurs étaient complimentés en présence de toutes les autorités départementales et de rélite de la population liégeoise. L'Ecole de chirurgie de Liège fournit au pays un grand nombre de praticiens capables, et des chirurgiens militaires à 1 armée française et à Tarmée prussienne. Notons que deux années d*études à Liège équivalaient à une année d'études dans les Facultés de TEmpire.

On doit considérer TEcole de Saint- Clément comme le véritable berceau de la Faculté de médecine de l'Université de Liège, dont D. Sauveur, Ansiaux et Comhaire furent les premiers, et en 4817 les seuls professeurs. Ansiaux eut mission d'y enseigner la pathologie chirurgicale, la clinique externe, et.

plus tard, la médecine légale (v. ciaprès). Tous ses anciens élèves, écrivait en 1843 le docteur Habets, se souviennent de lui avec gloire et reconnaissance. « Professeur aussi distingué

(*) Habets, p. iâ.

(*) Le souvenir du dévouement des deux Goffln est resté vivant à Liège. On sait que Millevoye composa un poème à cette occasion.

C) De son mariage avec W^ Lafopiaine (i801), Ansiaux eut deux fils : Nicolas-

qu'hablle opérateur, il possédait l'art heureux de captiver complètement son auditoire. Clair, préds sans sécheresse, il disait tout ce qu'il fallait, en y adaptant toujours l'expression la plus heureuse. Ami de ses élèves, il les dirigeait par ses conseils et les soutenait par son influence. Avec eux, comme dans le commerce habituel de la vie, il agissait et parlait avec cette bonhomie iusinuante, cette simplicité affectueuse, partage trop rare des esprits supérieurs. » Lors du terrible acx:ident qui arriva en février 1812 à la houillère de Beauionc (*), Ansiaux fut appelé pour porter secours aux malheureux ouvriers qu'on retirait du gouffre. 11 se trouvait au quartier S'-Léonard, d'où il dut faire une course précipitée jusqu'à l'endroit où l'attendait une voiture. Il arriva sur le lieu du sinistre encore en pleine transpiration, resta pendant toute la journée exposé à rair,donnant ses soins aux malheureux blessés étendus dans une prairie,et rentra chezluiaccablé d'un rhumatisme qui le fit souffrir pendant longues années, sans abattre son énergie ni ralentir son activité. Huit ans avant sa mort, il fut eu outre atteint d'une affection de Toie, qu'il jugea d'abord sans gravité. 11 s'en ouvrit cependant à son fils aine ('), lorsque celui-ci eut subi ses examens de docteur ; mais dès lors le mal était devenu incurable. La mort d'Ansiaux fut un deuil pour la ville entière : on perdait en lui non seulement un savant et un professeur d'élite, mais un homme de cœur, un bienfaiteur de l'humanité, un ami éclairé des arts et des artistes; à tous égards, enfin, une gloire de la cité. Ses confrères et ses amis firent frapper une médaille en bronze à son effigie (*).

Sur la proposition de Destriveaux, le 25 janvier 1855, la Société d'Emulation décida, à l^unanimité, que le nom d'Ansiaux serait inscrit dans sa grande salle, à côté de ceux des hommes

Joseph- Victor, professeur de médecine à l'Université de Liège (v. sa notice), et Emile- Louis, avocat, écfaevln et bourgmestre de Liège, aujourd'hui retiré de la vie pubUque. (*) Elle est due au burin de M. L. Jehottc père, excellent graveur, le même qui publia aussi les portraits des Goffln.

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illnstres du pays. Ansiaux n'avait consenti à interrompre ses cours qu^au mois d'octobre 1834 ; son fils aine et Yottem furent ses suppléants. En 1821- 1822, il avait revêtu l'hermine rectorale. Fondateur (et secrétaire) de la Société libre des sciences physiques et médicales de Liège ( * ) , il était en outre affilié à un grand nombre de Sociétés savantes et possédait divers titres honorifiques. Un mémoire sur le traitement de la gonorrhéc syphilitique par le copahu lui valut le titre d'associé correspondant de l'Athénée de médecine de Paris, le 18 janvier 4815; depuis le 15 messidor an XI, il était déjà membre correspondant de la Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Toulouse, et depuis le 28 mai 1808, de la Société des sciences physiques et naturelles de Paris ; le 51 décembre 1813, il reçut du ministre de l'intérieur une médaille en argent, pour le zèle qu'il avait misa propager la vaccine en 181 1 ; le 40 décembre 1816, il fut nommé membre de la Société de minéralogie d'iéna ; le 6 octobre 1818, membre honoraire des sciences physiques et chimiques de Groningue ; le à décembre 1819, l'Université de Wurzbourg lui donna une marque particulière de déférence en lui décernant un diplôme d'honneur de docteur en médecine ; le 26 juin 1821 , il reçut le titre de membre correspondant de la Société de médecine de Louvain ; le 17 décembre suivant, il entra en la même qualité dans la Société Linnéenne de Paris ; le 8 janvier 1828, dans la Société des sciences naturelles et médicales de Bruxelles, et le 29 octobre 1829, dans la Société de médecine de la même ville ; Il fit également partie de la Société de médecine d*Amsterdam, de la Société d'Emulation de Liége,etc.— Il exerça, en cette dernière ville, les fonctions d'inspecteur de la salubrité publique ; il siégea dans la Commission médicale provinciale, etc. ; enfin, il contribua, par son influence, à rétablissement d'un Conservatoire de musique à Liège, et, comme membre de la Commission de surveillance, à la prospérité de cet établissement.

BIBLIOGRAPHIE

1« Réfleaions sur la rupture du plantaire grêle (Journal de médecine de Corvisart, t. Il, an IX).

L'auteur démontre que cette rupture n'existe pas et qu'eUe n'est autre chose que le déchirement de quelques fibres des jumeaux ou du soléaire, opinion généralement adoptée aujourd'hui. En 18S7, Ansiaux réclama la priorité de celte découverte, que deux chirurgiens de Paris s'étaient attribuée.

2*> Dissertation sur ropération césarienne et la section de la symphyse des pubis (Thèses de Paris, an Xll, n« il9).

Celte f A45f , ainsi que nous Tavons dit plus haut, a eu deux éditions. L'auteur y précise les indications des deux opérations et les cas où la première seule est applicable. Le travail d'Ansiaux est cité dans la plupart des traités d'accouchements. Il le considérait lui-même < comme les premières pages de son journal de clinique. >

3« Mémoire sur Vinftammation du canal nasal, présenté, en 1804, à la Société de médecine, etc., de Toulouse.

En 1816, Ansiaux reprit ce sujet et proposa, pour la fistule lacrymale, un procédé opératoire qu'il avait déjà employé en 4806. < Cette méthode, dit ie docteur Habets, difi'êre peu, quant au mode opératoire, de celle que Dupuytren adopta plus tard ; la seule différence consistait en ce que ce chirurgien célèbre, après avoir opéré, ne s'occupait plus du malade, tandis qu'Ansiaux, appréciant tous les avantages d'un traitement suivi, soignait les parties lésées, pour obtenir une cure radicale. La priorité de l'invention appartient donc à notre compatriote, aussi bien que les améliorations citées, bien que M. Blandin les ait données comme siennes dans un m<1moire publié en 1828. Ce plagiat a été l'objet d'une réclamation de la part d'Ansiaux, dans la 2« édition de sa clinique. »

V Deux mémoires présentés à l'Athénée de médecine de Paris sur remploi de la potion balsamique à fortes doses dans les premiers temps de la blennorhagie (Bibliothèque médicale, t. XXXIX, 1812).

On lit dans le rapport du docteur Fiseau : « Le médicament dont il s'agit n'est pas nouveau, et tous les praticiens en connaissent depuis longtemps les propriétés ; mais on n'avait pas osé jusqu'ici l'employer dans les

(*) Cette Société tint sa première séance le 6 juillet 1807.{V. ci-après, Bibl. , n» 12.

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bleoDorhagies aiguës, el dès le cominencement, il a fallu qu'un heureux hasard ait fourni à M. Ansiaux l'occasion de s'assurer qu'on pourrait le faire sans inconvénient, et qu'il est aussi efficace au début qu'à la fln des gonorrhées. Cette nouvelle méthode de traitement nous paraît préférable à celles qu'on emploie communément, etc. > Le rapporteur déclare ensuite avoir employé le copahu d'après les indications d'Ansiaux et avec le même bonheur que lui. Le docteur CuUerier (oncle) en fit aussi l'éloge. V. le Traité de thérapeutique de Trousseau el Pidoux.

5*^ Nouvelle méthode pour traiter la syphilis au moyen du deutoxide de mercure en frictions (1818).

Ce traitement fut adopté parles praticiens à partir de i8i6, à la suite de comptes rendus des succès obtenus par Ansiaux.

6** Nouvelle méthode de traitement pour la tumeiir de la fistule lacrymale (V. le n» 3).

Lorsque le fils aîné d'Ansiaux, Nicolas- Joseph-Victor (V. sa notice) eut obtenu, à Liège, le diplôme de docteur en médecine, etc., après avoir soutenu une thèse Sur la fistule lacrymale j il se rendit à Paris pour y acquérir des connaissances plus vastes. Désirant obtenir une carte d'entrée pour rH6tel-Dieu, il présenta son diplôme à Dupuytren. Le célèbre professeur de Paris lui demanda à trois reprises son nom, son lieu de naissance indiqués dans le diplôme, et exigea sa dissertation, dont le titre était aussi transcrit dans ce document. Dupuytren était probablement curieux de savoir de quelle manière M. Ansiaux fils avait traité un sujet dont Ansiaux père s'était aussi occupé Mpécialement (Becdelièvre , Biogr, liégeoise^ t. H, p. 554).

7» Cliniquechirurgicale.L\é^e,iS\^, in-8°. — Deuxième édition, i829,in-8«, — Il existe de cet ouvrage une traduction allemande.

Ouvrage remarquable, écrit avec une concision et une élégance rares ; l'auteur exprime sa pensée avec la simplicité et la précision qu'il mettait dans ses leçons. Partout il raconte avec une bonne foi parfaite ; partout on reconnaît le praticien consommé à ce coup d'œil sûr, à ce tact si rare qui constituent seuls le vrai chirurgien. — La pensée d'Ansiaux 86 trouve toute entière dans la phrase suivante : « Je me suis abstenu d'y joindre » aucune réflexion qui ne dérivât pas néces- » sairement du sujet , convaincu que le » temps renverse les hypothèses les plus

» brillantes et qu'un seul fait suffit pour » détruire les combinaisons les plus subtiles

> de l'imagination. Les systèmes s'écroulent;

> la nature reste constamment la même » (Habets, p. 47). — La clinique chirurgicale d'Ansiaux renferme, outre les mémoires cités plus haut, plusieurs rapports judiciaires trj»s-bien faits. LJauteur fiit aussi chargé, en diverses circonstances, de réviser les rapports adressés aux tribunaux par d'autres médecins.

8* De chirurgiœ studio ejusquedignitate et gravitate (Ann. Âcad.Leod. vol. I« in 4«).

Discours inaugural prononcé à l'Université de Liège, le 4 novembre 4817.

9» Systema chirurgiœ hodiemœ Uenrici CalliseUf editio quinta innumeris correcta mendis notisque aucta. Liège, 1824, in-8o, 1. 1.

Les occupations d'Ansiaux ne lui ont pas permis de publier le second volume de cet excellent ouvrage.

10° Questionde médecine légale.Précis des mémoires du docteur Pfeffer^ écrits pour la défense de deux itidividus accusés d'avoir commis un homicide volontaire par étranglement et suspension; suivi d'un plan de cours de médecine légale, par P. /. Destriveaux el N, Anmux, Liège, Haleng, 1821, ia-8^

Au siècle dernier, dans le système pénal en vigueur à Liège, le suicide était puni par la loi. « La peine s'exerçait sur le cadavre, » et frappait la mémoire. Si le suicide avait » eu lieu dans une habitation, le cadavre

> était entraîné par un trou fait sous la » porte; on le suspendait ensuite à une » fourche ; il restait privé de la sépulture » religieuse. L'aliénation mentale pouvait

> servir d'excuse ; mais elle n'était jamais » présumée. » Vers le mois de mars 4766, il arriva que la femme de l'ouvrier Debor, rentrant au logis vers 44 heures du matin, trouva son mari, qu'elle avait laissé au lit soufflrant d'un rhumatisme, suspendu sans vie à une port« de la pièce où il couchait. Ses clameurs attirèrent quelques voisins ; l'idée d'un suicide frappa les esprits ; mais on résolut de jeter un voile sur la nature de cette mort, à laquelle, comme nous l'avons dit, était attachée l'infamie de l'opinion et de la loi. Le hasard amena le docteur Pfeffer sur le lieu ou se passait cette scène de désolation : il examina le cadavre et acquit la conviction que Debor s'était donné la mort. La femme était en présence d'une

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terrible alteroative : ou laisser entacher de dëshonoeur le Dom du chef de la famille, et par suite la famille (car les vieux pr<!jugés régnaient dans toute leur force), ou s'exposer elle-même, en cherchant à éloigner les indices de la vraie catastrophe. Un instant elle eut la pensée d'invoquer l'état mental de son mari, qui a\'ait eu, disaitelle, <^e mauvaiseê folies; mM le docteur lui ayant fait observer qu'il ne pouvait témoigner en ce sens, elle se décida pour le dernier parti. Ses tergiversations, ses réticences la compromirent aux yeux des magistrats ; elle fut arrêtée avec son gendre, le iS avril , et deux fois on lui fit subir les horreurs de la torture ! Le docteur Pfeffer fit d'inutiles efforts pour être entendu comme expert ou comme témoin : de guerre lasse, il résolut de s'adresser au chef de l'Etat, pour le prier d'ordonner aux juges de suspendre leur décision jusqu'à ce qu'il eût eu le temps de rédiger un mémoire justificatif ; il est à craindre, dit-il dans cette première lettre, qu'on ne voie retivre parmi nous thittoire de Calas, Lo mémoire fut bientôt achevé : il solUcita vainement l'autorisation de le communiquer au public : en ce tempslà, tout* était secret dans la procédure. Le tribunal, d'autre part , ne parut pas convaincu : Pfeffer supplia le Prince de permettre que son mémoire fût soumis k l'examen des docteurs de quelques Universités. Bientôt il en rédigea un second : que les juges me fassent comparaître, y disait-il : je m'engage à lever tous leurs doutes l II en âait k sa troisième supplique lorsque le gendre fut élargi, le 96 juin 4767. L'affaire entrait dans une phrase nouvelle : Pfeffer se sentit animé d'un nouveau courage. Il était sans fortune, il sacrifiait son avenir; que lui importait? Sa conviction était inébranlable ; son témoignage, appuyé sur des raisons scientifiques péremptoires, devait infailliblement, s'il était écoulé, empêcher Teffusion du sang innocent. Il mit de la véhémence dans ses réclamations; mais pou> vait-il rester calme ? 11 eut le tort de faire intervenir trop directement le Prince dans un débat qu'il appartenait aux juges seuls de

résoudre : mais qu'on veuille remarquer, encore une fois, que la procédure était secrète. Il triompha enfin, après une lutte opiniâtre de vingt mois : la femme Mathieu Debor fut acquittée le i6 janvier 4768. Cependant l'éclat de cette cause et les intérêts qui s'y trouvèrent compromis rendirent le séjour de Liège pénible au généreux défenseur; il trouva un asile à Louvain chez le professeur Jacquelart, dont il n'avait pas en vain consulté les lumières (*). — En publiant les détails de cette lamentable histoire, en saisissant surtout l'occasion d'y rattacher des observations du plus haut intérêt, au point de vue de la procédure criminelle en général, et spécialement de l'utilité de la médecine légale. Ans taux et Destriveaux s'acquirent de nouveaux titres k la reconnaissance publique. « C'est par une » foule de faits de même nature, écrivaient- > ils, que la jurisprudence et la médecine » ont été conduites à réunir leura lumières » pour éclairer la justice. » Leur publication contribua puissamment k fixer l'attention sur les erreurs dont les médecins peuvent préserver les juges ; :goutons qu'ils crurent devoir y ajouter, comme appendice, le plan du cours de médecine légale dont ils étaient chargés k l'Univereité.en conformité des art. 45 et 37 du règlement de 4846. Ce programme n'a plus qu'une valeur historique ; mais on doit savoir gré k ses auteura de leur zèle à recommander un enseignement dont l'existence est à elle seule un bienfait, et de la modestie avec laquelle ils provoquèrent, en soumettant leurs idées au public, les critiques et les conseils des hommes compétents ( * ).

i\^ Oraiio de medkinœ forensis historia ejttsque dignittUe (Ann. Acad.

Léod. 4821-4X22 vol. V).

Discours prononcé à l'occasion de la remise du rectorat. — A la demande de plusieurs docteurs et de beaucoup d'élèves, Ansiaux relut cet essai historique, en français, k l'ouverture de son cours de médecine légale, en 48S4. Il y fit, à cette occasion, des changements et des additions assez considérables

( M II mourut chez Jacquelart quatre ans après, le S7 septembre 4779, à la suite d'une méprise qui lui fit administrer de l'arsenic au lieu d'un purgatif. Simon-lavier Pfeffer, oé à Hoy le 8 février 4739, éUit licencié de TUoiveraité de Louvain ; il se fixa k Liège, oh il se dévoua particulièrement à la classe indigente, et ce fut ce qui le conduisit à prendre la défense de la femme Debor. Par une différence singulière do des tiflées, celle-ci mourut octogénaire ; elle a

vécu k Liège «jusqu'en 4844 , estropiée > des épaules et des doigts par l'effet des » tortures, incapable d'aucun travail , et • devant une grande partie de son existence » à la considération publique. »

( * ) Klève de Mahon, Ansiaux avait pris goût, comme on voit, aux leçons de son maître. Il rassembla plus tard les éléments d'un traité complet de médecine légale; mais sa mauvaise santé ne lui permit pas de réaliser son projet.

BAR

(IHicours sur la médecine légale, Liège, Haleng, 4894, in-S).

120 Rapports et articles divers dans les Annales de la Société des sciences physiques et médicales At Liège, et dans les Procès-verbaux de la Société d'Emulation , . dont la première de ces associations devint un comité.

lluron (AuGUSTE-ÂLEXIS-FlORÉAl)

naquit à Paris le i mai 1794, fut naturalisé belge le 25 mai 1858 et mourut à Anset-GIain, lez-Liége, le 24 mars 18G2 (*). Son père, rece\eur des contributions de l'un des arrondissements de la grande ville, lui fit donner une éducation solide. Les heureuses dispositions du jeune Auguste ne tardèrent pas à se révéler et furent habilement cultivées par ses maîtres du Lycée Napoléon ; il se sentit dès lors irrésistiblement poussé vers ces grandes études de l'antiquité qui furent la passion de toute sa vie (M. Il quitta le Lycée pour l'Ecole normale à l'âge de seize ans ; en 1814, il eut l'honneur d*être nommé répétiteur de grec o dans ce séminaire laïque qui a produit tant d'illustrations. » 11 était âpre au travail, attaché à ses devoirs, et la vivacité de son esprit ne l'empêchait ni d'être en tout méthodique, ni de s'attacher avec une rare ténacité aux recherches de pure érudition. De cette époque datent ses premiers essais en philologie,

entrepris pour la collection Lemaire.

Pendant le séjour de Napoléon à l'île d'Elbe, il déposa un instant la plume pour servir dans les volontaires royaux. Pas plus qu'Horace, il n'était né soldat; il en convenait lui-même ; la croix du Lys ne lui en fut pas moins décernée le 20 mai 1816, à titre de récompense de son dévouement à la bonne cause, L'Ecole normale le perdit en 1818; il s'engagea vers cette époque dans une entreprise de librairie qui ne réussit pas, puis alla se fixer à Londres, où il acquit une connaissance approfondie de la langue et de la littérature anglaises. C'est de là qu il fut appelé à Bruxelles, en 1812, comme directeur principal de la Gazette officielle ('). Ce début dans le journalisme, dit M. Slecher, ne lui fit rien perdre de sa ferveur pour des travaux plus spécialement littéraires. Le culte de la forme avait été trop longtemps négligé en Belgique; les qualités sérieuses des Belges manquaient de relief et d'expression ; ons'en apercevait surtout depuis le rétablissement de l'Académie royale de Bruxelles et la création des Universités de Gand, de Liège et de Louvain. La jeunesse des écoles était avide d'instruction, mais elle sentait aussi que son intérêt le plus pressant était d'apprendre à s'exprimer dans un langage correct, élégant et facile. A Bruxelles, on avait sous les yeux l'exemple de nombreux Français d'un talent distingué, rejetés

( * ) Pour éviter toute confusion, dit M. l). Capitaine , qui nous a fourni pour cette notice de nombreux renseignerocnls, nous croyons utile de rappeler ici qu'il existe plusieurs écrivains portant les mômes nom et prénom, notamment: Àugmte Baron^ libraire à Lyon, auteur d'une Histoire de Lyon pendant les journées de septembre 1831 ; — Ang. Baron auteur deV Album du Jardin des plantes de Paris, édile en 1837 ; — l'abbé Aug. Baron ^ aumônier de l'hôpital militaire du Gros-Caillou, auteur de Uvres moraux à l'usage des soldats ; — enfin Aug. Baron , écrivain dramatique , auteur d'un vaudeville intitulé : Le chevalier Coquet (1853). — yécrologe liégeois pour 1862, p. 18, note,

( ' ) Nous paisons ces détails et d'autres qui vont suivre dans le discours prononces

aux funérailles de Baron par son collègue et successeur M. J. Stecher {Annales des Universités de Belgique^ 2« série, t. II, annexe). M. Eug. Van Ûemmel a reproduit cette page dans la Revue trimestrielle (t. XXXVIIÏ, avril 1863 , en y ajoutant diverses particularités peu connues, que nous avons égale* ment mises à profil.

') Ce journal, créé par arrêté royal du 2 juin 1815, a cessé de paraître le 17 sep> tembre 1830, après avoir successivement porté les titres de : Gazette générale des Pays-Bas (1845-1818), Journal général des Pays-Bas {i%i%'i%^0),Joumal de Bruxelles (1820-1897) ai Gazette des Pays-Bas (1857- 1830). 11 paraît que Baron n'y a jamais publié que des articles de critique littéraire (note de M. U. Capitaine).

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de leur patrie à la saite des révolutions. Baron entretenait avec eux des relations suivies ; bientôt il comprit qu'arrivant en Belgique avec Tintention de s'y fixer, il avait, plus que tout autre étranger, à prendre position comme homme de lettres, et qu'il se trouvait dans les meilleures conditions pour rendre un service efficace à son pays adopiif, en acquérant de Tascendant sur une génération qui ne demandait qu'ft être stimulée. L'occasion ne tarda pas à s'offrir. La ville de Bruxelles avait été dépossédée, en 4817, de ses établissements d instruction supérieure, consistant dans une Faculté des lettres, une Faculté des sciences et une Faculté de droit. Elle fut dédommagée de cette perte au mois de janvier 1827, par rinstitution de cours gratuits de sciences et de belles-lettres au Musée (' )• L'enseignement de la littérature échut à Baron, qui fut chargé, le 3 mars, de prononcer le discours d'ouverture. (( La science est un sûr instrument d'amélioration sociale » ; telle fut la Ibèse choisie par l'orateur. Il sut la développer dans un style agréable et limpide, dont la vigueur un peu contenue produisit un grand effet et contribua beaucoup à populariser la nouvelle institution. De 1827 k 1852, Baron parcourut, devant un public légitimement enthousiaste, le vaste domaine de la littérature comparée. « On peut dire, sans crainte d'exagération (ainsi s'exprime M. Stecber), que cet enseignement, tout nouveau dans notre pays, a eu une grande influence. 11 était salutaire de montrer, par les plus beaux

exemples empruntés aux littératures les plus diverses, Tintime solidarité du bon sens, du bon goût et du bon droit. Baron avait enfin trouvé sa sphère, et et on le voyait à la verve qu'il déployait dans cet enseignement civilisateur. Il aimait, comme M"*« de Staël, à rappeler la mission libératrice des lettres, et avec sa riche mémoire et sa grande lecture, il ne lui était pas difficile, de trouver des preuves qui achevaient la conviction de l'auditoire. — On assure pourtant que, malgré l'importance du fond, c'était surtout la forme qui captivait les esprits. Avec un scrupule tout à fait classique, avec un soin jaloux de la justesse des nuances, l'éloquent professeur rédigeait et corrigeait patiemment les moindres détails de sa leçon.

C'était donc par des lectures plutôt que par des improvisations qu'il arrivait si souvent et si profondément jusqu'à l'âme de ses auditeurs. Il y mettait, au reste, tant d'art et tout ensemble tant de naturel, qu'il faisait aisément illusion. »

On peut dire que ces années furent les plus belles et les mieux remplies de la vie de Baron; il y reportait volontiers sa pensée, et ses amis d'alors gardèrent toujours la première place dans son cœur("). Les ouvrages qui ont consacré sa réputation ne virent le jour que plus tard ; mais c'est au Musée qu'il apprit et qu'on apprit à connaître la mesure de ses forces ; r.*est là que son talent s'épanouit : il n'eut plus, ensiuite, qu'à rester digne de lui-même. Il avait abandonné la direction de la Gazette officielle au commencement de

( * ) Ces cours, fondés en application de l'art. 3 da règlement universitaire du 25 septenbre 1816, comprenaient l'histoire nationale (Dewez), rhi^toire géodralc (Lesbronssart), la littérature ancienne et moderne (Baron), l'histoire de la philosophie (M. Van de Weyer), la botanique (Kickx), l'histoire naturelle (Vanderlindeo) , la physique et l'astronomie (H. Quetelet), la chimie ( Drapiez), rhisiolfe de l'architecture Roget) et la littérature hollandaise (Lauts). V. le Rapport de M. Nothomb sur l'enseignement êmpériemren Belgique, Bruxelles, ^844, in-8<>, t. I, p. Lxxvni. — Le gouvernement s'était proposé, selon les termes mêmes de l'arrêté

d'institution, de favoriser « ces habitudes » sérieuses qui conviennent aux citoyens

> qui ont le bonheur de vivre sous un gou-

> vernement représentatif, et de répandre

> avec l'instruction les germes et les moyens » de développement de cet esprit public qui, » dans les pays libres, imprime fortement » dans toutes les classes éclairées l'amour du

> prince et de la patrie. » (V. le discours de M. Spring sur Baron, ap. Van Bemmel, p. S6).

(*) Nous citerons surtout M. Sylvain Van de Weyer et H. De Bonne, ancien membre de la Chambre des représentants. C'est à ce dernier qu'il dédia sa Rhétorique,

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1829; mécontent de la conduite du roi Guillaume, il s'était ostensiblement enrôlé dans les rangs de Topposition. Il gardait encore sa qualité d'étranger ; mais l'ardeur avec laquelle il s'associa, en 1830, aux promoteurs de la révolution le fit dès lors considérer comme Belge, et il l'était de fait depuis longtemps, avant de le devenir en vertu d'une loi. Dans cette situation, néanmoins, ilne pouvait ambitionner aucune position politique ; en revanche, dès le 30 septembre 1830, M. Van de W'eyer le fit nommer par le Gouvernement provisoire membre de la Commission de l'instruction publique et, le 23 octobre suivant, professeur de rhétorique et préfet des études à l'Atbénée de Bruxelles. Il ne se contenta pas de poursuivre, sur ce théâtre relativement modeste, la tâche qu'il s'était imposée de contribuer à réveiller, dans notre pays, le goût des études littéraires ; un moment vint où l'idée de créer à Bruxelles une Université complète se fit Jour, et Baron fut un des premiers à s'en faire l'apôtre. La situation était grave en 1834 ; le gouvernement ne semblait pas empressé de présenter aux Chambres un projet définitif de réorganisation de l'enseignement supérieur, et le clergé venait de fonder à Malines un grand établissement libre qui fut transporté l'année suivante à Louvain et prit le nom d'Université catholique. Baron, ses amis des loges maçonniques et en général les libéraux avancés de Bruxelles jugèrent qu'il n'y avait pas de temps à perdre, et qu'il était indispensable de profiter des ressources de la capitale pour opposer un contrepoids â l'influence des évêques. Le 2i juin 1834, une proposition formelle fut soumise par Yerhaegen , président de la loge des Amis-Philanthropes de Bruxelles, à un grand nombre de francs-maçons accourus de toutes les provinces pour célébrer la fête du

solstice d'été.Les prétentionscléricales, selon l'orateur, étaient inconciliables avec l'esprit des temps modernes ; il fallait s'associer pour y répondre par un acte éclatant. Des listes de souscription furent envoyées à toutes les loges de province et se couvrirent rapidement de signatures ; on dut bientôt songer â nommer une administration provisoire : au mois de septembre, une administration définitive était constituée (*). Le 20 novembre, quinze jours après l'installation de l'Université de Malines, l'inauguration solennelle de l'Université libre de Bruxelles eut lieu dans la grande salle gothique de l'hôtel-de-ville. Le discours du bourgmestre Bouppe ne fut qu'un témoignage de reconnaissance adressé aux fondateurs d'un établissement avantageux à la capitale ; celui de Baron, nommé secrétaire de l'Université, eut une toute autre portée et défraya longtemps la polémique de la presse, surtout après l'incident Gibon (v. ce nom), arrivé à l'Université de Liège (*). On comprend que ces événements aient eu pour premier résultat de hâter l'organisation légale de l'enseignement supérieur donné aux frais de l'Etat ; le gouvernement ouvrit les yeux : il était impossible de livrer la jeunesse à la merci des partis extrêmes ; mais tout en instituant un enseignement supérieur, étranger aux idées de propagande, l'Ëtat devait respecter la liberté d'enseigner et se mettre en garde contre l'accusation de monopole. De là surgirent des difficultés nouvelles et imprévues, surtout lorsqu'il s'agit de résoudre la question des jurys d'examen. Cependant la lutte fut généralement courtoise entre les Universités rivales, et ici encore se révélèrent le sens pratique et l'esprit de saine tolérance qui caractérisent les Belges.

Dans le cours des années suivantes.

Baron se multiplia : tout ensemble

( * ) PoplimODl, ta Belgique depuù i830, p. K99 et saiv. — ThoDisseD, la Belgique sottê Uopold ;, â« éd., t. Il, p. SSâ et suiv.

(') M. D. Capitaine nous apprend qu'après avoir pris connaissance du discours d'instal-

lation de l'Université libre, les Amis-Philanthropes, sur la proposition de M. Verhaegen, décidèrent, le 25 novembre 4834, que, par une faveur extraordinaire^ tous les grades mac,%, y compris le dernier du rit français, seraient conférés à l'orateur.

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professeur de rhétorique et préfet des études de TAthénée de Bruxelles, et professeur de littérature française et étrangère à TUnlversité, il trouva le temps d'écrire son traité de Rhétorique et de publier une foule d'autres ouvrages où se retrouve, sous des formes diverses, sa pensée dominante, la réhabilitation des fortes études classiques. Cette pensée est aussi formulée de la manière la plus explicite dans les discours qu'il prononça aux distributions des prix derÂthénée,et,en 1848, à la distribution des prix du concours général. II s'intéressait vivement, dans le même but, aux questions de réorganisation de renseignement ; c'est ainsi qu'au mois de septembre de cette même année 1848, il accepta la présidence du Congrès professoral fondé par M. Âlph. Le Roy (v. ce nom) pour solliciter du gouvernement la promulgation prochaine d'une loi organique de l'instruction moyenne. Mais le Congrès ayant demandé, dans une adresse dont Baron fut le premier signataire, la transformation des établissements communaux en institutions de l'Etat, le bourgmestre de Bruxelles, qui tenait à conserver la haute main sur son Athénée, cessa de se^ montrer favorable aux démarches des professeurs ; Baron et plusieurs de ses collègues crurent alors devoir s'abstenir ( ' ), et le professeur Moke, de Gand, fut élu président en remplacement de son confrère de la capitale. Sur ces entrefaites, la chaire de littérature française, délaissée par Ph. Lesbroussart (v. ce nom), devint vacante à l'Université de Liège. Il fut d'abord question d'y appeler M. Désiré Nisard, puis M. Sainte-Beuve (v. ce nom) qui l'avait acceptée en 183f.

mais qui était revenu sur sa décision, M. Sainte-Beuve monta en chaire au mois d*oclobre i848 et fit le cours

nuunmo applamu^ pendant une année académique ; résolu alors de rentrer à Paris, il appela lui-même l'attention du gouvernement sur Baron, quifutnommé professeur ordinaire le 22 octobre i 849. a On espérait généralement que l'éminent professeur, dit M. Stecher, susciterait quelque chose d'analogue à ce mouvement littéraire et studieux provoqué par les cours du Musée. Cette attente ne fut pas entièrement trompée.

Baron, par la notoriété de son talent, par cette bonhomie spirituelle qui était comme le fond de son humeur, enfin par ce don de communication sympathique qui fut l'honneur de sa chaire, parvint à étendre son auditoire au delà du cercle obligé des étudiants. D'ailleurs, il n'agissait pas seulement par l'enseignement ex cathedra ; il faisait aussi de la propagande littéraire dans les causeries intimes et dans ces consultations auxquelles il ne se dérobait jamais. Même en lisant à ses amis ses propres vers, par exemple sa belle traduction de VÀrt poétique d'Horace, il trouvait occasion de recommencer de nouveau son apogée des lettres anciennes, n

Baron fut donc bien accueilli à Liège, où il retrouva d'ailleurs beaucoup d'anciens amis ; plusieurs étaient ses collègues à l'Académie, où M. Quetelet avait contribué à le faire entrer le 8 janvier 1847 (*). Sa verve se ranima ; il tailla de nouveau sa plume ; il se sentait rajeunir. En 1854, il aurait volontiers accepté la direction de l'Ecole normale des humanités, où il faisait un cours de littérature, tout en continuant son enseignement à l'Université (*) : les démarches faites en sa faveur n'aboutirent point; on choisit un directeur étranger à la Faculté des lettres (*). Il se consola, se remit de plus belle à écrire et à donner desconfé-

( ' ) V. la brochure intitulée : Congrès pro/eâMoral de Belgique. Bruxelles, DeU tombe, 4848 (Exlr. du Moniteur), m 8« de 47 p. avec les annexes» contenant la correspondance échangée entre le gouvernement H M. Alph. Le Roy, à l'occasion de la démission de Baron.

( * ) Dans la section des beaux-arts, non dan» celle des lettres.

(■) Et ài TEcole des mines, où il était chargé d'un cours de style et de rédaction.

(*) Nous renvoyons le lecteur à une lettre familière de Baron, très-piquante, insérée par M. Van Bemmel dans sa notice, p. H7 et suiv.

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rences, soit à Liège, soit à Bruxelles. En 1855, appelé à Londres pour y juger un concours littéraire, il y revit son ami M Van de Weyer, qui le mit en rapport avec quelques hommes éminents; il revint de ce voyage heureux et gai, sémillant pour ainsi dire. Tout d'un coup des questions d'intérêt privé reportèrent ses pensées vers Bruxelles. Elles finirent par créer en lui une inquiétude, une sorte d'indécision et de défaillance morale qui Féloignèrent, à partir de 1859, de sa chaire universitaire. Un an plus tard, il n'était plus que Tombrede lui-même : les ténèbres s'étaient faites dans sa belle intelligence...

Baron procède de Voltaire, dont ses vers et sa prose rappellent la tournure d*esprit. Il n'admirait pas seulement récrivain, mais le penseur et Tardent polémiste.Prudent et réservé en chaire, il se dédommageait à l'occasion, dans les épanchements de l'amitié. « En dépit de son rire sardonique, disait-il, Arouet était un grand et habile homme, meilleur et qui a fait plus de bien que tous les farceurs qui le dénigrent. »

Cette apologie familière aurait fait place à une étude sérieuse et explicite, si Baron eût assez vécu pour achever son Hûtoire de In littérature française, qui malheureusement s'arrête au XV1« siècle. Ceux qui n'ont pas été ses élèves peuvent cependant se faire, à cet égard, une idée assez exacte de ses tendances et, comme s'exprime 11. Van Bemmel, de sa physionomie intellectuelle, en lisant dans la Revue trimestrielle (t. XIV) ou dans le t. V des OEuvres complètes) y un morceau sur Voltaire , rédigé primitivement pour une conférence. Il affectionnait également Horace ; de là ses relations, pendant son séjour à Liège, avec M. Jules Janin, admirateur passionné du poète de Venouse et hôte assidu de Spa.

Il soumit au grand critique sa belle traduction de ÏEpUre aux PisonSj et

Dieu sait comme ils en épluchèrent chaque vers ! Philologue et artiste, esprit net et vif, avec une pointe de fine et douce ironie, Baron était ce qu'on pourrait appeler un gourmet littérairis.

Il avait plus de finesse que de passion , mais infiniment d'esprit, et une répugnance profonde pour les vulgarités et les banalités de tout genre. Sa vigueur était calculée plutôt que native ; mais il avait tant d'habileté et de patience à ciseler sa phrase , qu'il arrivait de sang-froid à produire, quand il le voulait bien, les effets de l'inspiration. Sa conversation était élincelante ; mais il travaillait difficilement et lentement; il remaniait sans cesse ses écrits : le manuscrit de la Rhétorique fut recopié dix-huit fois. Il avait une immense lecture et l'habitude de prendre des notes; avec cela, un rare talent d'assimilation (*) et un sentiment exquis des nuances. L'érudition, sous sa plume, acquérait le don de plaire ; en somme, il ne brillait pas par l'invention, mais par une certaine façon séduisante d'appliquer le vieil adage : Non nova^ sed novè. Ses écrits, sous ce rapport, sont des modèles précieux à étudier.

Nous avons dit que Baron était chevalier de Tordre du Lys. Le 29 avril i838, il reçut la croix de la légion d'honneur (le diplôme lui donne le titre de fondateur de l'Université de Bruxelles) ; dix ans plus lard, celle de Tordre de la branche Ernestine de Saxe. Chevalier de l'ordre de Léopold le 28 décembre 4843, il fut promu en 1858 au grade d'officier. Il était membre de l'Académie royale de Belgique (v.

ci-dessus), de la Société des sciences, des lettres et des arts du Hainaut et de l'Institut archéologique liégeois. A partir de 1858, il fit partie du bureau administratif de l'Athénée royal de Liège. 11 a publié (■):

io Dans la Collection ternaire (Didot), le Cornélius Nepos (1820) et le Quinte" Curce (1822-1824, 5 vol.).

( * ) C'est ainsi que plas d'une de ses leçons universitaires témoigne qu'il s'était pénétré de La Harpe, pour lequel cependant il ne professa pas toujours en public une haute estime (U. Capitaine, p. i i).

( *) Nous résumons la bibliographie trèsexacte et très-complète de Baron, recueiUie et publiée pour la première fois par M. U. Capitaine.

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U Cornélius contient (p. 377-886) un article intitulé : Comelii Nepotis cam Piularcho eomparatio, opus ineditum fsigné A. A. B***). — La préface du Quwte-Curce^ signé N. E. L., paraît être le Baron.

2o Une édition de Napoléon en exil ou PEcho de Sainte-Hélène (par Barcy E.

O'Meara), avec un avis au lecteur et une préface. Bruxelles, i82i, 5 vol.

in-8o.

3° Lettres et entretiens sur la danse ancienne^ moderne, religieuse, civile et théâtrale. Paris, Dandey-Dupré, 1824, \n-%^ (avecune litbogr. (Chorégraphique).

Dédicace à J. L. Milon, maître des ballets de rOpera. Des exemplaires de ce livre curieux, signés A. B. ou A. Baron, ont été mis en vente sons le titre de : lettres à Sophie sur la danse, etc.

4<> Une édition des OEuvres de Casimir Delavigne, Bruxelles, Hayez, 5 vol.

in-lS» (avec une notice).

5» C. Julius Ccesar, ad ullimas adilûmes recensituSy cum commentario tutegro Oberlini, curante A, Baron. Paris, 1827,2 vol. in-8<».-- Bruxelles, Mellne, 1845, id.

6* Discours prononcé à Vinstallation du Musée des sciences et des lettres de Bruxelles, le 3 mars 1827. Brux., 1827, in-S». — Ibid. 2« édition, môme année, et OEuvres complètes, t. V.

7® Discours prononcé par M. Baron à Vourerture de son cours de littérature générale, Ibid. 1827, in-8».

8^ Scriptorum classicorum collectio (anonyme). Bruxelles, L. Tencé, 1829 et ann. suiv., in-12°.

La collection devait former de 50 k 60 volumes. Le tome XVII (Phèdre) est le dernier que nous ayons rencontré. Les notes sont de Baron, qui a en outre revu les textes avec un grand soin.

9^ Les Messéniennes de C, Delavigne (ouvrage adopté par rUniversité). Paris, l83l,in-8o.

En tète du volume se trouvent deux Essais de Baron, Sur l'ancienne élégie grecque et Sur la vie et les ouvrages de Callinus et de

Tprtée, (reproduit dans l'ouvrage n» 16, et dans le t. III des Œuvres complètes),

1 Qo Discours sur renseignement moyen , prononcé à la distribution des prix de FAthénée de Bruxelles, le 18 août 1832. Bruxelles, 1832, in-8« (et t. Y des OEuv, compl.). — Deux autres discours, id. (1842 et 1848).

{{^ Cours de littérature ancienne et moderne, Bruxelles, Lejeune, 1838, in-8<> (deux livraisons).

Discours d'ouverture ; leçon sur Euripide (CEuv, compl,, t. ni).

12<' La 19«, la 21« et la 24« édit. des Leçons françaises de littérature et de morale par Noël et de la Place, augm.

d*un grand nombre de morceaux choisis, d^une liste biographique des auteurs cités et d'un Résumé de Vhistoire de la littérature française, Bruxelles. 1855, 1840 et 1857, gr. in-8».

Le Résumé et la Liste biographique ont paru séparément en 1833 , à BruxeUes, in-ia*. — Il en existe une édition française (Paris, Delalain, 183K, in 8V, et une nouvelle édition beige (Bruxelles , Hauman , 1840, in-8<»).

13« Grammaire des grammaires de Girault-Duvivier, avec un discours préliminaire par A. Baron. Brux. Hauman (*), 1834,2 vol. in-Ho.

14° Manuel de Vhistoire ancienne, par Ileeren. Traduction entièrement refondue et augmentée d'une Introduction sur Vétude de l'histoire ancienne, par A. Baron. Ibid , 1834, 2 vol. in-8«.

L'introduction do Baron a été traduite en itaUen par Crivelli et publiée en tète du Manuale de storia antica (de Heeren). Venise, Plet, 1836, 3 vol. petit in*8o.

15° Discours prononcé à Vinstallation de VUniversité libre de Belgique, le 20 novembre 1834. Ibid., 1834, in-B*.

Reproduit dans les Œuv. compL, t. V, et dans [^Université pendant vingt-cinq ans. Bruxelles, 1860, in-19«, p. 33-64.

16« Poésies militaires de Vantiquité ou CallinuH et Tyrtée : texte grec, traduction polyglotte, prolégomènes et comr

(M Baron soigna la correction de la plu- teur Hauman, dont il était rarat intime (Note part des livres importants publiés par Tédi- de M. Capitaine).

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mentaires par A. Baron (ouvrage dédié au Roi). Bruxelles, Meline, 1835, in-S^" de 338 p.

BaroQ soumit le manaserit de cet ouvrage au jugement de TAcad. royale de Belgique, qui eu fit l'objet d'uo rapport élogieux (séance du 9 février 1B33). — V. le n« 9 et les Œuvres complètes).

{> Le premier livre dis classes lon Unes Anonyme). Bruxelles, Berthot, in-!2«.

Petit livre classique écrit en latin.

18« Dans les Scènes de la vie des peintres de Vécole flamande et hollandaise, par Madou (Brux., Société des beaux-arts, 1843, grand aigle in-fol., ilg.), y 2Xi\c\e Rembrandt,

19* Du juste milieu^ par Ancillon.

Trad. de TAllemand par M»« de S. (de Stassart) et A. Baron. Brux. Hauman, i837, 2 vol. in-i8o.

L'avant- propos est de Baron. Un extrait de cet ouvrage (Sur la poésie espagnole pendant tes cinquante dernières années) a été reproduit dans les Annales littéraires et philosophiques do Liège (1837).

2(H> Histoire de V architecture ^ par Th. Hope, trad. de l'anglais par A. Baron Bruxelles, Meline, 1839, 2 vol.

in-8«, dont un de planches. — Deux autres éditions (du texte), 1852 et 1856 (Paris et Liège, Noblet).

21 0 Mosaïque belge, mélanges historiques et littéraires. Bruxelles, Hauman, 1837, in-i2o.

Trois chroniques : Gil Lion de Trazegnies (XII" siècle), Baudouin de Constantinople (XIII* siècle), et la prise de Mons (XV1« siècle); plus quatre fragments fCotifeiRporanéités) se rapportant aux année:» 18i5, i830, 1831 et i832. € Dans l'un de ces articles, qui restera une page d'histoire. Baron fait connaître les principaux exilés français qu'il a rencontrés k Bruxelles avant 4830. La Mosaïque belge a été réimprimée dans les t. IV et V des Œuvres complètes, k l'exception de la préface, datée de 4836. Cette omission est d'autant plus regrettable que l'auteur y trace en quelques pages, sous la forme d'un dialogue avec son éditeur « un piquant tableau de la littérature et de la vie littéraire de la Belgique à cette époque » (U. Capitaine).

22« Collection d'opuscules phUosophiquesy etc., par S. Van de Weyer,

avec préface et notes par A. Baron.

Bruxelles, Wahlen, 4840,2 v. in-48'».

23» Histoire abrégée de la littérature française depuis son origine jusqu'au XVÏW siècle (Dédicace à M. S. Van de Weyer, ambassadeur à Londres). Bruxelles, Jamar, 4844, 2 vol. in-B». — 2* éd. Brux., Rosez , in-8<> de 584 p.

Baron étudie la littérature dans ses rapports avec la civilisation ; on doit regretter qu'il soit resté en chemin. V Histoire de la littérature française, entreprise en vue du cours donné à l'Université de Bruxelles, ne s'étend que jusqu'à la fin du XVI* siècle. A Liège, l'auteur s'occupa nécessairement de la continuer ; mais il se heurta contre toutes sortes d'obstacles, et d'abord il ne sut se borner. Quand un sujet lui plaisait, il le caressait k loisir, oubliant qu*tl n'écrivait ni des monographies ni des notices bibliographiques. Un des amis de Baron, dit M. Van Bemmel, a eu entre les mains plusieurs de ces fragments achevés, trop achevés peulèlre ; car, à voir le soin, la minutie avec laquelle l'auteur traitait de certains ouvrages presque oubliés, l'ensemble du travail eût dû recevoir des proportions énormes. — V. le compte rendu publié par Ph. Lebroussart dans la Revue Belge, t. XX, 484S, p. 376, et t. XXII, p. 365.

24*^ Préface de la Biographie universelle (par une Société de gens de lettres éditée à Bruxelles (Ode), 4842-4847, 24 vol. gr. in-8<>à2col.

25<» Coup dosU sur Vétat actuel des arts, des sciences et de la littérature en Belgique, û la fin du t. Il de la Belgique monumentale (Bruxelles, Jamar et Hen, 2 vol. gr. in-8«).

Avec quinze portraits. Le dernier [en médaillon) est celui de Baron.

26^ Les articles Charle^-Quint, Laurent Delvaux et Philippe de Commues, dans les Belges illustres (Ibid. 4844- 4848, 3 vol. in-8o).

27«> L'article Froissart, dans V Album biographique des Belges célèbres (Brux., Chabannes, 1845-4848, 2 vol.

gr. in-8o).

28« H a rêvé. Opéra comique en trois actes, paroles de A. Baron, musique d*A. Samuel (4845).

Cette pièce ne Ait ni publiée ni représentée. « BÎaron se contenta d'en offrir à son ami, M. de Bonne, un exemplaire manus-

BAR

crit, véritable trésor d'art, à figurer dans un musée bibliographique. On s'en fera une idée par rinscription suivante, qui se lit à la première page .' c L'ouvrage est écrit d'un bout

• à l'autre de la main de l'auteur , Auguste

• Baron, préfet des études et professeur de

> rhétorique & TAthénée royal, membre du

> Conseil d'administration et professeur de

• littérature à l'Université de Bruxelles, etc., » etc. — Les titres, frontispices, ornements B et culs de-lampe sont des dessins origi-

• naux et uniques des peintres et dessina- » teurs suivants : C. de Leuire^ H, Jleny» driekx^ Louis Huarty P. Lauiers et Alfred » Steerns. — Le faux titre est écrit par le

> calligraphe Magnée, — L'air final est

> copié de la main de l'auteur de la musique, » Adolphe Samuel. — Ce manuscrit est » offert par A. Baron, comme témoignage » du plus sincère et du plus profond atta- » chement, à son ami, Julien de Bonne^ » membre de la Chambre des représentants, » et du conseil d'administration des hospices » et secours de la ville de Bruxelles, le i*** » janvier 1846 > (Van Bemmel, p. 4S).

20» Discours prononcé le 26 septembre 1848, à la distribution des prix du Concours universitaire, etc. Bruxelles, \ 848, in-8«.

Réimprimé dans V Annuaire de l'enseigne' ment moyen^ V* année (1849), et, ainsi que le précédent, dans le t. V des OEuvres complètes.

30® Chacun son métier^ poème-proverbe scholastico-héroï-coroique. Bruxelles, Marchai, 1848, in-B».

Il s'agit de Scaliger dansant la pyrrhique devant l'empereur Maximilien. Cette nouveUe, publiée par \e Journal des Arts du 16 novembre 1848 , avait été lue le là du même mois à la séance solennelle de la Société des gens lettres belges.

51® Dans V Annuaire agathopédique et saucial (*);a. un poème latin en vers macaroniquesi*): EloglumCochonis in responsionem ad unam de qucestionibus pro])osUis per societatem Aya- Oorrai&uv : ex /t^rû Uabonis (' ); ^.Cominentaire sur la chanson : Au clair de

la lune, par Séhaste Sorab, boutade ingénieuse, reproduite dans le Journal de Vamateur de livres de P. Jannei, t. IIK p. 180 etsuiv,; nouvelle édition entièrement remaniée, dans le Journal de Liège du 16 juillet 1850, sous le titre de JSoctes Pevillianœ (* ) Première nuit : commentaire philosophico-critique sur la chanson, etc. La Seconde nuit devait avoir pour sujet un commentaire sur Marlborough s'en va-t-en guerre; il n« paraît pas (|ue ce morceau ait été achevé.

32o De la Rhétorique, ou de la composition oratoire et littéraire.BruxeWes, Jamar, 1849, in-8® de Xll et 528 p.

— 2® édition (augm. d'une préface).

Bruxelles, Decq, 1853, in-12® de 408 pages (t. I des OEuvres complètes).

Excellent traité, instructif pour les gens du monde comme pour la jeunesse des écoles, exempt de pédantisme, agréablement écrit, sortant de l'ornière traditionnelle et néanmoins sévèrement méthodique. H fut adopté comme livre classique par le Conseil de perfectionnement de l'enseignement moyen, et l'auteur obtint le prix quinquennal de littérature française institué par le Gouvernement. Aux éloges unanimes de la presse belge se joignirent ceux des journaux fran • çais ; nous citerons notamment un remarquable article de M. Talbot, dans la Revue de l'instruction publique de Paris.

53* Discours prononcé à la séance publique de la classe des beaux-arts de VAcndémie royale de Belgique, le 23 septembre 1850 Bruxelles, Ilayez, 1850, in-8«.

Extr. des fiti/Zf/in» de l'Académie, t. XVIII. 11 n'est pas sans intérêt, fait observer M. Capitaine, de rapprocher les premières pages de ce discours, prononcé par Baron, comme directeur de la classe des beaux-arts, de certains passages de la préface du recueil intitulé Mosaïque belge {u9 SI).

540 Histoire de Fart dramatique. Bruxelles, Jamar 1853-1855, 3 tomes for-

( * ) Recueil de facéties que le baron de Reiffenberg appelait une débauche d'intelligence trop prolongée {Bull, du Bibliophile beige, t. YIII, p. 14). Sur la Société des Agathopèdes et son Annulaire , v. Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, t. IV, art. Babonis.

(*} V. Delcpierre, De la littérature macarotiique. Londres, 1855, in-8<^.

( ' ) En voici le premier vers :

F1«tora« cantciit rege« : ego cauto Cocliooem.

(«) Du nom du hameau de PévUle (Grivegnée),où Baron occupa, pendant plusieurs années, une maison de campagne.

BAR

msrnt un vol. in-48o, avec portraits (Encyclopédie populaire).

Bien qae le titre ne porte que le nom de Baron, les dernières parties de cet ouvrage, à part quelques relouches, notamment en ce qui concerne Lagrange-Ghancel , sont exclusivement dues à M. Ang. Morel, d'E> lampes, réfugié politique à Liège, oii il a laissé les plus honorables souvenirs (U. Capilaine).

5ï(" OEttvres complètes de A. Baron.

Bruxelles, Decq, 1853-4860, 5 vol.

in-18.

Les œuvres complètes de Baron devaient former douze volumes ; il n'en a paru que cinq, dont voici les sommaires : T. L De la Khétorique (4853^ ; T. II. EpUre aux Pisons, traduction en vers, avec introduction et commentaires (i857). Dédicace à Ms' le comte de Flandre (M ; t. III. CaUinus et Tyrtée ; Etudes sur Euripide et Aristophane ; t. IV et V. Mélanges en prose et en vers : épUres, traductions, discours, variétés bistoriques et littéraires, actualités, etc., c le tout parfois sérieux, plus souvent bouffon », dit le prospectus (1860). Le t. V devait comprendre la critique cl l'histoire des beauxarts ; les t. Vil à XIII étaient réservés à l'Histoire de la littérature française. L'auteur annonçait les quatre derniers volumes comme entièrement inédits ; il n'est pas probable qu'ils voient jamais le jour.

36« Epitre d^Horace aux Pisotis, traduction en vers français. Bruxelles, Hayez, 1854, in-8«.

Celte traduction, plusieurs fois remaniée, surtout dans la première partie du poème, est sans contredit, au point de vue de l'élégance et de la concision, une des meilleures que nous possédions de l'œuvre didactique d'Horace. Elle a paru dans les Bulletins de l'Acad. roy. de Belgique, t. XXI -S, p. 787- 806 (voir le n» 35).

37<» Concours de poésie française et flamande, Bruxelles, Dellombe, 1855, in-8o.

Rapport sur les pièces françaises envoyées au concours de poésie institué à à l'occasion du XXV" anniversaire des jour* nées de septembre 1830. (Exlr. du Moniteur),

38" Le marquis de Sy et M. Poupar, Lettres de A. Baron et de M. Sylvain Van de Weyer. Londres, 1857, in-^».

Lettres extraites des mélanges de la Société des Bibliophiles de Londres, tirées k pan il 80 exemplaires. Il y est question d'une traduction en vers de YArt poétique d'Horace, successivement attribua» au marquis de Sy et & Poupar.

39« C^fi type bruxellois (anonyme).

Bruxelles, Polack, 1857, in-32..

Notice intéressante par A. J. Mattau, inventeur du Mattauphone et « mystificateur émérlte. »

40o Collaboration à des recueils périodiques, à la Gazette officielle (1822- 1829), à VVnion belge, qui précéda le Moniteur (octobre 1830— -mars 1851), à V Indépendant (1830-1831), au Courrier belge (1832-1859); plus tard, à ^Observateur , à VIndépendance , an Journal de Liège, eic,\ à la Revue Belge : V Etude sur Aristophane, 1830, t. I ; à la Revue de Paris (Les exilés à Bruxelles, 1831 ; deu-x articles sur \^ poésie militaire, 1851 et 1832 ; Euripide esprit fort, 1833); au Recueil encyclopédique belge (De Véloquence politique, t. 111, 1833; Aperçu historique de Fart dramatique, U IV, 1834); à la Belgique littéraire et industrielle (Demi-voix, romance, 1837); au Bulletin du bibliophile belge (Correction typographique, à propos d*une édition de Bossuet, t. Il, 1845; Labbé Cotin — Lettre sur la ménagerie, à M. A. Scheler, t. XIU, 1843); à VAthenantm français (Comptes rendus du Dictionnaire étymologique wallon de M. Gh. Grandgagnage,f£f., de rétudede M. Sylvain Van de Weyer sur d*Hèle; Notice sur In clef du cabinet, journal du XVI 11* siècle, art. également résumé dans le Bulletin du Bibliophile, t. XII); aux Annales de V Académie d'archéologie d'Anvers (sur Touvrage de M. de Coeckelberghe-Dutzeele : Théorie complète de la prononciation française.

Vienne, 1850, in-S», t. VIII); à la Revue trimestrielle de M. Van Bemmel ("Ancien Théâtre français, par M, Viollet-Leduc, 1. 111; les Oiseaux d'Aristophane, éiuàe ' poHtique, t. IV : c*est le complément de Tarticle publié en 1830 dans la Revue belge; Vers écrit sur l'album de ¥•"• Marie r'*"% t. IV; Voltaire, t. XIV;

(') V. une anecdote au siiget de cette dédicacedans Van Bemmel, p. 36.

BEK

Vers sur Valbum de Jf"^ A. Renée, t.

XX}; enfin, aux Mémoires de la Société libre d'Emulation de Liège (Rapport sur un concours de poésie^ t. 1 , 1860). — « Baron doit avoirégalement publié des articles littéraires dans le Globe de Paris (1827-1828), dans les Annales du Musée de Rruxelles, dans la Revue universelle (sers 1852), àsin&V Artiste (y ers 1833) et dans le Moniteur de renseignement ^en 1855. Bien que son nom figure sur la liste des collaborateurs de la Revue belge (1835-1843), de la Revue de Belgique (1846-1850) et de la Belgique communale (1847), nous croyons qull n*a pris aucune part à la rédaction de ces recueils » (Û. Capitaine).

il» Dans les Bulletins de rAcadémie royale de Belgique : T. XI et t. XIY, trois fragments du traité de la Rhétorique (V. la Revue de Liège de 1S47) ; Rapport sur les cantates envoyées au concours de composition musicale de 1847 (t. XIV-l); Rapport (négatiO sur le mémoire envoyé en réponse à cette question : Quelles sont les limites de la science^ d'un côté, et de l'art, de l'autre, dans la reproduction des formes extérieures? (t. XlV-2); Id. sur le Mémoire de M. Bock: LÊglise des Apôtres à Constantinople (t. XV-2) ; sur les cantates présentées au concours de 1851 (t. XVIIM); le Discours mentionné ci-dessus, n» 33 [Ibid.]; Rapport sur le mémoire de M. Griffith : Le temple de Yesta à Tivoli (t. XVIII-2) ; Y Art poétique û'Horsice, fragments de traduction (t. XIX-1 et XIX-2) ; Sur le Médecin malgré lui de Molière, à propos d'une trouvaille concernant cette pièce (t.

XIX-2); le n« 36 (v. ci-dessus), t. XXI-2; E^raphes pour le palais épiscopal et pour Féglise S^Jacques à Liège (t.

XXI V-2); Rapport sur les pièces françaises du concours de poésie institué à Voccasion du ^S^ anniversaire de Tinauguratlon des chemins de fer (t. Vil, DOUY* série, 1859).

Les BuUetim mentionoent eocoro deux propositions émaoées de Baron, Tune ayant poorbot d'attirer l'attention de M. le Ministre de rintérieor sur la décadence de l'art dramatique en Belgique (t. XIV 3 et XV-1); raufre« faite de concert avec M. Danssoigne- Uéfaul, demandant que le concours de can-

tates soit supprimé et remplacé par un certain nombre de sujets à traiter (t. XXlV-9).

Baron possédait une très-riche bibliothèque littéraire, qui a été malheureusement dispersée après sa mort. Les traits de l'éminent professeur-académicien ont été plus d'une fois reproduits; on cite notamment un bon portrait (par Vieillevoye, directeur de TÂcadémie des beaux-arts de Liège, mort en 1855) et deux bustes, Tun par M. C. A. Fraikin (1846), Tautre, commandé à M. A.

Cattier par le Gouvernement, pour être placé dans la salle des séances publiques de rAcadémie.

uekker (George-Joseph) naquit ft Waldurn (Grand-Duché de Bade) le 22 septembre 1792, et mourut à Liège le 27 avril 1837. Frappés de ses heureuses dispositions, ses parents rassemblèrent leurs modiques ressources pour l'envoyer aux meilleures écoles, et, comme il y fit de rapides progrès, s'imposèrent des privations afin de le placer à TUniversité de Ileidelberg. Là, le jeune Bekker apprit à se passionner pour Tantiquité classique : il suivit avec avidité les leçons des maîtres les plus célèbres ; mais, voué lui-même ù renseignement, il s'adonna spécialement ù la philologie et se pénétra des méthodes de Jahn et de Creuzer. a II n s'était fait en quelque sorte citoyen » d'Athènes et de Rome, » dit le baron de Reiffenberg, dont nous résumons la notice ; « malgré la générosité de » son âme, il prit peu de part aux pro- » jets de ses camarades, qui voulaient, » en chantant les hymnes de Kôrner et » d'Arnim, reconstruire l'antique Ger- » manie. Il ne connaissait bien, à vrai n dire, que la Germanie de Tacite. » Le baron de Geer, qui fut chargé en 1817, par le gouvernement des Pays-Bas, de recruter des professeurs pour les Universités que l'on proposait de fonder en Belgique, avait étudié et voyagé en Allemagne. La manière d enseigner de ce pays était, selon lui, préférable à toutes les autres. Il se rendit dans le Grand-Duché de Bade et en ramena entr'autres Bekker, qui fut nommé d'emblée professeur de littérature an-

BEK

cienne à TUniversité de Louvain (M.

Bekker avait le don des langues ; il s'exprimait eu latin avec une merveilleuse facilité ; il n'était pas moins habile comme helléniste (*), et dans rinterprétation des textes les plus obscurs, c'était un véritable (^dipe. 11 était surtout Tennemi des à peu près ; il habituait ses élèves à n'être contents d'eux-mêmes qu*après avoir pénétré jusque dans les moindres détails d'une question. Les RuhnlLenius, les Hemsterhuis et les Wyttenbach étaient ses modèles : école savante, un peu trop trop formaliste peut-être, mais trèscapable de discipliner les esprits et de former le goût, amoureuse qu'elle était de la pureté et de la correction du style. Bekker avait trop de sérénité dans l'âme et des habitudes intellectuelles d'un ordre trop élevé pour tomber dans le pédantisme ; mais il savait étaler à l'occasion une gravité magistrale, ce qui ne contribua pas médiocrement à le faire réussir en Hollande, « pays où n le sérieux est déjà du mérite. » Pa-

tient et persévérant. Il avait tenu, dès son arrivée dans les Pays-Bas, k se faire pardonner sa qualité d'étranger.

« Un an ne s'était pas écoulé qu'il par- » lait le français et le flamand ; et » bientôt , non seulement il sut les » langues en grammairien, mais il en » posséda tous les dialectes et les idio- » tismes populaires, incompris souvent » par les indigènes. » Député à Leyde, à l'époque du jubilé de l'Université de cette ville, il s'exprima en hollandais en termes si choisis et en même temps si naturels, qu'on le prit pour un Batave pur sang. L'austérité de sa méthode d'enseignement ne l'empêchait pas de se dérider à l'occasion. Ce fut par l'arme de la plaisanterie, maniée d'ailleurs avec réserve et discrétion, qu'il combattit les idées de Jacotot qui faisait alors flores à Louvain. Tandis que Dumbeek tonnait dans sa chaire contre renseignement universel^ Bekker se contentait de copier Vémancipateur en comédien consommé (*) Ces sorties innocentes ne l'empêchaient pas d'être

( * ) Nous croyons devoir rAproduire ici, dans Fintérèt de la justice, les remarques très-sensées auxquelles se livre le biographe de Bekker, à propos de la sensation fâcheuse que produisit d'abord, dans notre pays, l'apparition de tous ces étrangers, dont la réputation n'était pas encore faite, et qui ignoraient nos usages et notre langue. « Quelques-uns, il faut en convenir, justi-

> fiaient jusqu'à un certain point ces pré-

> venlions. Hais le plus grand nombre ob- » tinrent rapidement des titres à notre recon- » naissance. Eclairés par l'expérience, nous » sentons aujourd'hui qu'il n'est pas si aisé » de rem placer ces hommes utiles qu'on l'a-

> vait cru d'abord , et que les Bekker , les » Birnbaum, les Dumbeek laisseront encore

> longtemps un vide difficile à remplir « (N'oublions pas que ceci a été écrit en 1838). « A leur arrivée en Belgique, une réforme » dans l'enseignement était urgente. Les » lycées avaient été surtout destinés à for- » mer des artilleurs et des soldats. La phi- » losophie et la littérature y étaient aussi » nulles que dans les Académies, succur- » sales de la grande et despoiiquo Univer-

> site de France, organisée militairement, » comme le reste de l'Empire , avec ses gé- » néraux, ses officiers, ses fantassins et ses » gougats. — Ces Allemands que les jour- * naux avaient pris pour leur point de mire,

« en nous accoutumant aux études graves, > profondes, nous apportèrent les trésors • que la science avait accumulés dans leur « patrie. Leur plus bel éloge est dans leurs » élèves. Que les hommes les plus distin- » gués de l'époque actuelle se lèvent et » qu'ils disent s'ils ne doivent pas à leurs » maîtres la meilleure part de leur succès. > [Annuaire de l'Académie royale de Bruxelles, 1838, p. 69 et 70).

(*) « Je me souviens, dit M. de ReifTenberg, que le ministre Falck (qui faisait grand cas de Bekker) , assistant, à Louvain, à un dîner rectoral, H. Van Hulthem, l'un des curateurs de l'Univereité, prit la parole, se fit apporter une bouteille do vin national, celui-là même que H. Andoor montra au salon de l'industrie à Gand, en offrit majestueusement quelques précieuses gouttes à toute l'assemblée, et invita Bekker à en faire l'éloge en gr«c. L'invitation fut acceptée aussitôt : le docte professeur porta, en l'honneur de ce que M. Falck appelait le poison de Wesemael, un toast dans la langue qu'on parlait au banquet de Platon et à celui d'Athénée. • (') Bekker était un mime parfait; c'était an coin du feu qu'il fallait le voir. Quelques heures avant d'expirer, il s'amusa encore à contrefaire le ton d'importance de Xartiate qui lui appliquait des sangs\;c8.

habituellement d^one limidité extrême, défaut qu'il devait sans doute à Tisolement où il avait passé son enfance, au sein d*une famille obscure, enfoui pour ainsi dire au fond d*un village perdu. A Louvain même, il vivait plutôt en écolier qu'en professeur, dans une petite chambre, au milieu de ses livres Les services qu'il rendait en cachette à des élèves indigents, les frais de ses voyages en France, en Allemagne, en Italie, pour visiter les savants et les collections , en un mot pour se distraire en s'instruisant ; ses achats d'ouvrages nouveaux, enfin, constituaient ses seules dépenses somptuaires. Il contracta dans son pays natal un mariage des plus modestes ; il concentra sur son fils unique tous ses soins et toute sa tendresse, et le perdit malheureusement en 4854, après dix ans d'espérances. Cet événement, dit le baron de Reiffenberg, étroitement lié à cette époque avec Bekker, le frappa dans les sources de sa vie.

En 1830, il avait songé à résilier ses fonctions ; il ne les conserva que sur les instances de l'ami que nous venons de citer. Quand l'Université de Louvain fut supprimée, l'un et l'autre vinrent à Liège. Bekker fut nommé recteur pour Tannée académique 1835-1836 ; « et » par sa douceur, par son caractère de » conciliation, il sut applanir les diffi- B cultes qui naissaient d'un ordre de B choses que tout le monde n'avait pas B désiré et qui froissait bien des inté- B rets.» Bekker était foncièrement bon; mais son indulgence était clairvoyante et sa bienveillance active. 11 se faisait remarquer par une rare politesse et par un sentiment délicat des conveoances. Dans l'intimité, lorsqu'il n'était pas consterné par les regards de la foule» la vivacité de son esprit se révélait, et sa conversation étincelait de verve et d'aimable malice. Il n'était pas beau : si le portrait qu'on a publié de lui (*) est fidèle, il avait quelques traits de la race tartare. Mais l'expression de finesse et dlntelligence répan-

due sur ses traits, surtout celle de la bonté, rendait singulièrement avenante cette figure anguleuse.

« Des palpitations de cœur chaque » Jour plus violentes et un affaiblisse- » ment rapide de la vue furent les » signesprécurseursdesafin. Fohmann » (v. ce nom), qui devait bientôt le » suivre dans la tombe, venait le con- » soler et réveiller son aimable causti- » cité. Des chagrins domestiques plus » vifs lui causèrent une secousse fa- » taie. » Le baron de Reiffenberg fut présent à ses derniers moments et reçut de lui les plus touchants témoignages d'affection. Le moribond se parlait tout haut à lui-même ; tout d'un coup il entonna, d'une voix creuse, le chant d'adieu des étudiants allemands quand ils quittent l'Université. « Ce monde, en effet, n'avait été pour lui que sa classe ; une heure plus tard, il l'avait quitté pour un monde meilleur. » Ceux qui l'avaient mal jugé lui rendirent justice quand il ne fut plus à côté d'eux. Sa mémoire resta particulièrement chère à ses élèves. Et. Henaux, entr'autres, se fit l'éloquent interprète de leurs regrets dans un morceau de poésie qui fut très-remarque (').

Bekker écrivait lentement et visait à une perfection minutieuse ; en outre, ses études s'adressaient surtout à ses disciples ; ainsi s'explique le peu d'étendue de la liste de ses ouvrages. En revanche, les soins infinis qu'il consacrait à revoir les travaux des jeunes gens qui lui étaient confiés permettent de compter parmi ses titres à l'estime les dissertations très -remarquables de plusieurs d'entre eux, dissertations recherchées par les savants, même de premier ordre. Telles sont celles de MM. Baguet, sur Chrysippe et sur Dion Chrysostome; VanderTon, sur le traité de Senectute; Kaieman, sur les Ephètes ; Bernard, sur les Archontes : Roukz, sur Carnéade ; Schmitz d'Aix-la-Chapelle, sur le Panalhémùque d'Isocrate ; Tkiry d'Ath, sur Diosène deBabylone, et Deiwert de Louvain, sur Héraclide

( ' ) Dans {Iconographie des Universitit , lithographiée par Lemonnier.

(*) Reproduit dans le Mal du pay$, Liège, 1843, ia-8o, p. 35-40,

BEK

de Pont. Voici IVnumération de ses propres travaux (d*aprës le baron de Reiffenberg) :

io Spécimen variarum kctianum et observatimum in PhUostrati vitœ Apollonii librum primum, edidit et scholiastara grœcum Mscr, ad septem libros priores adjecit G.J. Bekker^Walldura- Badefisis^ philos. D^^ seminarti philolo^ gici Heidelbergœnuper sodalis; accedunt Friderici Creuzeri annotationes.Heïdeiberg, A. Oswald, 1818. in-8^

Bekker projetait ane édition complète de Philostrals. Ses notes et ses collations ont été remises après sa mort à M. C. L. Kayser, de Heidelberg, qui en a tiré parti dans son volume des Vies det Sophistet {^\^o\jio\j ^tXo9tpdkou /3ioi 90«piTt(ov), publié en 1838 à Heidelberg, chez Mohr , in-8o.

2« Oratio de leclUme auctorum grœcorum eîoquentiœ politicœ et forensis duce et magistra^ Lovanii, 1823, in-4^

Discours rectoral, inséré dans les Annales de t Université de Louvain.

5<* Rudimenta lingvœ hebraicœ ad usum alumnomm CoUegii philosophici.

Lovanii. 1826, in-8o.

Cette grammaire est suivie de Loci è vetere Testamento telecti , avec un Index vocabulorum.

4<^ Isocratis oratio admanitoria ad Demonicum, Accessit index verborum grœco-latinum. Lovan. 1827, in-8(».

5<» Odyssea Homerica, notis et indicibus illustrata. Lovanii 1829, in-S».

Ouvrage classique, parfaitement approprié aux besoins de l'enseignement, et connu sous le nom de petite Odyssée, < Quand il » vit le jour, un homme qui se croyait l'égal » de Bekker parce qu'il était son collègue, » et qui rédigeait un mauvais journal en B mauvais hollandais, osa imprimer que te » petit Bekker y au moyen de la petite Odys- » sée^ avait gagné grande somme de de- » niera. Un autre journaliste lui reprocha de » sucer le plus pur de la substance de la » jeunesse belge ! » (de Reiffenberg).

6» Traduction allemande des Yitœ Sophistarum et des Epistolœ de Philostraie, pour la collection des prosateurs grecs publiée par Tafel, Osiander et Schwal.

7» Bemardi Bauhusii Proteus PartheniuSf cum disputatictiibus Erycii Pu-

team, ex edit. Anttf. a. 1617. Accedunt Jacobi Facciolati vita et acia Beatœ MariœVirgittiSfes edit. Palav. a. 1764, et Oratio dominica 24 modis condnnata Lovanii 1835, in-52.

Bekker n'a .été que l'éditeur de ce petit volume.

8» Dans les UeidelbergerJahrbûcherf cinq articles de critique littéraire : sur la vie de Daniel Wyttenbach par L.

Mahne (1824, n»* 68 et 69}; sur les opuscules de Ruhnkenius (Id. n^ 67 et 68) ; sur la Prosopographia Platonica de Groen van Prinsterer (1825, n*»* 63, 64 et 65); sur les Anecdota Hemsterhusiana (1826, n» 26); enfin sur les Initia philoHophiœ pUttonicœ de Vînit Heusde (1830, 2« partie, no* 983-1004).

9o Dans les Bulletins de rAcadémie royale de Bruxelles :

a. Observations sur une prétendue médaille juive en Fhonneur de Louis le Débonnaire, décrite par M. Carmoly (t. 11, 1835, p 43).

M. Cbalon a refuté l'opinion de M. Carmoly dans la Revue de la Numismatique française (de MH. Cartier et de la Saussaye).

b. Examen d'un mémoire de M- Roulez, intitulé : Sur le Mythe de Dédale considéré par rapport à rorigine de Fart grec (Ibid., p. 208).

c. Sur une notice relative à la Guerre phocéenne, attribuée aux historiens Céphisodore, Ephore et Anaxtmène de Lampsaque, et conservée par le conservateur de TEthique d*Aristote [Ibid.

cf. Rapport sur Touvrage de M. Ph.

Dernard intitulé : Commentatio in Lysiœ orationem funebrem (t. III, 1856, p 125).

lO» De nombreuses noies (restées manuscrites) sur Térence , Cicéron , Hérodote, Homère, Xénopbon, Platon, Démosthène, sur Thistoire de la philologie et sur rhistoire littéraire des Grecs et des Romains.

Bekker était membre de Tlnstitut des Pays-Bas et correspondant de TAcadémie royale de Bruxelles (7 mai 1834). -~ 11 possédait une bibliothèque trèsremarquable (vendue en 1838) , dont le catalogue , rédigé avec un grand

BRÂ

soin par le professeur Tandcl . v. ce nom) , ami du défunt, a été publié en 1857 à Liège, chez Dessain, en un vol. in-S» de ISI pages , intitulé : Bibliotheca Bekkeriana.

Brasseur (JeAN-BaPTISTE) , Ué à

Esch-sur-1'Alzette le 5 messidor an X (24 juin 1802), mourut ik Liège le 13 mai 1868. Sa jeunesse fut austère, laborieuse, préoccupée ; il dut songer à venir en aide le plus tôt possible à ses parents et à frayer la route à une famille nombreuse dont il était Tainé (*). U y réussit à force de volonté ; mais il eut d'autant plus de peine à faire des études régulières, qu'à Tépoque de la chute de Napoléon 1, les établissements dMnsIruction publique se trouvèrent momentanément fermés. Les difficultés qu'il avait dû surmonter donnèrent une trempe particulière à son caractère ; il s'habitua à voir les choses en philosophe, ù se concentrer en lui-même, à vivre en stoïcien. Ne pouvant se procurer aisément des livres , il mit en pratique l'excellente maxime : Non multa sed mvltûm, « Il restreignit ses lectures à quelques ouvrages profonds, dont il méditait l'esprit au point de se les assimiler complètement. La rudesse de son éducation première lui ôta toute idée de Inxe, et le rendit même insensible au bien-être matériel que procure une installation r4)nfortable (*). « On jugera par un seul trait de la simplicité des mœurs qu'il avait conservée, même étant arrivé à une belle position de iortune : jamais de sa vie Brasseur ne s^assit dans un fauteuil »( ').

Sa première éducation achevée, tant sous la direction d'un instituteur particulier, qu'au moyen de Tautodidaxie, Brasseur entra à l'athénée de Luxembourg avec toute une légion de jeunes gens comme lui passionnés pour l'é-

tude : nous citerons feu, le grammairien Heiderscheide, M. Altmeyer, le savant historien. M. le général Weiler, M. Stehres , directeur du progymnase de Diekirch et auteur de livres classiques justement estimés. Sa philosophie achevée, il vint à Liège en 1824, suivit à l'Université le cours de métaphysique de Denzinger , les cours de M. Yan Rees, de Vanderheyden, de Delvaux, de Dandelin, etc., dans la Faculté des sciences , et se fit recevoir en 1829, docteur en sciences physiques et mathématiques. Il passa l'année suivante à Paris, fréquentant les leçons de Binet au collège de France , à la Sorbonne celles de Cauchy, Thénard, Gay-Lussac, Biot, Pouillet, Dulong et Hachette (professeur de géométrie descriptive) , allant s'initier, à l'école (lu soir , à la coupe des pierres et à la charpente, et s'y trouvant sans le savoir, aux leçons de Douliot, condisciple de M. Catalan (V. ce nom), son futur collègue à l'Université de Liège et à l'Académie royale de Belgique. Il rencontra dans les rues de Paris son compatriote Meyer, dont la condition était des plus précaires : sa conduite à l'égard d'un ami dans le malheur fut au-dessus de tout éloge. Quand il repassa la frontière, en 1830. la révolution était un fait accompli. Brasseur s'établit à Liège comme professeur privé ; à la suite de l'arrêté du 16 décembre, il essaya une première fois de se faire attacher à l'Université ; mais ses démarches restèrent sans résultat. Il attendit et paya sa dette au pays en acceptant les fonctions de capitaine commandant de l'artillerie de la garde civique liégeoise. Cependant, le gouvernement ne se montrant pas empressé de réorganiser les Universités de l'Etat, un moment vint où Brasseur ne se contenta plus de vivre d'espérances : il se fit nommer, en 1851, conducteur de 3« classe des

( * ) Celte notice , rédigée avaot la mort de Brasseur, a été complétée, depuis lors, par de précieux renseigoements empruntés k réloge du défunt, que M. le major Liagre a fait paraître dans VAnnuaire de V Académie royale de ifelgiquepour 1869.

(') Liagre, p. 1S8,

( ' ) Ibid, Ce trait Garaclérisii4|ue a été rapporté à M. Liagre par un des fils de notre collègue, M. le lieutenant Brasseur,, aujourd'hui inspecteur des études à TEcole militaire.

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ponts et chaussées , et en cette qualité fut désigné pour surveiller les constructions navales qu*on se proposait d*exécuter à Boom. Ces travaux étant restés à Tétat de projet, on lui assigna la résidence de Louvain. La Faculté des sciences de TUniversité de cette ville venait d'être supprimée ; une Faculté libre en tenait momentanément lieu; Brasseur y enseigna les mathématiques élémentaires jusqu*en 1852, époque où le désir qu'il nourrissait depuis longtemps trouva enfin sa réalisation ; il fut nommé lecteur à FUniversité de Liège Chargé des cours de géométrie des criptive et de haute analyse appliquée à la géométrie, il prit pour base de ses leçons les doctrines de Monge, si fécondes en applications, et les exposa avec une précision et une netteté qui lui valurent la confiance et la considération de la jeunesse. La réorganisation de 4835 lui enleva le cours d'analyse pour lui attribuer en échange celui de mécanique appliquée ; il conserva le cours de géométrie descriptive (avec applications à la coupe des pierres, à la charpente, à la perspective et aux ombres) ; en un mot, il devint titulaire de la chaire quMl occupa jusqu'à sa mort. Il fit en outre, pour les élèves des différentes candidatures, conformé ment à la loi de 1855, un cours de mathématiques élémentaires, qu'il partagea plus tard avec son collègue Noël (v. ce nom), et qui fut supprimé lors de la mise en vigueur de la loi de 1849. La promotion de Brasseur à l'extraordinariat date de 1857 ; il fut nommé ordinaire en 1844. En 1858-1859, il avait rempli les fonctions de secrétaire académique. Le 17 décembre 1847, TÂcadémie royale de Belgique le porta sur la liste de ses membres correspondants; le 14 décembre 1855, il fut élu membre titulaire de cette compagnie savante (section des sciences mathématiques et physiques). Il existait à Liège, depuis longtemps, une Société des sciences dont Pagani (v. ce nom) avait été l'âme, mais dont l'activité s'était singulièrement ralentie après

le départ de ce mathématicien distingué. Brasseur s'entendit avec quelquesuns de ses collègues, MM. Spring, Lacordaire, etc. , pour fonder une nouvelle association, qui est devenue la Sociélé royale des sciences de Liége,ssins contredit la plus importante de la Belgique après la classe des sciences de l'Académie royale de Bruxelles. Brasseur y remplit les fonctions de secrétairegénéral pendant plusieurs années ; lorsqu'il lui plut d'y renoncer, elles passèrent à M. Lacordaire, qui les occupe encore aujourd'hui. Brasseur était membre de la Société des sciences naturelles du grand-duché de Luxembourg depuis le 15 juin 1864. Le roi Léopold I avait reconnu ses services en lui décernant, le 26 octobre 18G0, la croix de chevalier de son ordre ; le roi dès Pays-Bas, grand duc de Luxembourg, le nomma officier de l'ordre de la Couronne de chêne, le 19 février 1868. Brasseur fut d'autant plus sensible à ces marques de distinction, qu'il était sincèrement modeste et qu'il n'avait jamais cherché à se faire valoir. Il mettait peu d'empressement à publier lui-même ses travaux, ce qui l'a peutêtre frustré de l'honneur de la priorité qu il aurait pu revendiquer dans la découverte de maint théorème de géométrie supérieure. C'est ainsi qu'il avait démontré, sept ans avant la publication du premier ouvrage de Steiner (de Berlin), un grand nombre des propriétés nouvelles qui y sont exposées. En 1840, il avait montré, avant tout le monde, que les projections cotées peuvent servir de moyen de démonstra tion, et en avait fait l'application, avec beaucoup d'élégance, aux surfaces gauches ( * ). Ses programmes de géométrie descriptive et de mécanique appliqua, le premier surtout, sont des chefsd'œuvre de méthode et de concision lumineuse; mais son ouvrage capital est le Mémoire sur une nouvelle méthode d^application de la géométrie descriptive à la recherche des propriétés de rétendue , qu'il fit paraître dans le t. XXIX des Mém. de VAcadém, royale

( * ) Discours prononcé par M. Spring. au nom de l'Académie, aux funéraiUes de Bras-

seur (Journal de lAége^ 18 mai 1868 .

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de Beigique. La méthode dont il s'agit, aussi simple qu'originale , repose tout entière sur la proposition suivante, à laquelle fauteur donnait, très-justement, le nom de Théorème fondamental : n Si Ton trace, sur une surface al- » gébrique, une ligne arbitraire , et » qu'on la projette orthogonalement 9 sur deux plans, les points où les n deux projections de cette ligne se » rencontrent (sur l'épure) appartien- » nent à un lieu géométrique de même » degré que celui de la surface. » Au moyen de ce lemme évident, dit M. Catalan ( * ) , Brasseur démontre , sans calcul, la plupart des propositions dont l'ensemble constitue la nouvelle géométrie créée par Newton, Pascal, Brianchon, Bobillier, Poncelet, Steiner et Chastes ; il n'a besoin, ni des faisceaux projectifs ou homographiqucs, ni des rapports anharmaniques de ces deux illustres géomètres; les démonstrations dont il fait usage sont si simples que, la plupart du temps, on les peut supprimer et se contenter de lire les énoncés des théorèmes : Tordre dans lequel ils sont placés est tellement naturel, que ces théorèmes sont, comme on le dit quelquefois, intuitifs ('). Le savant dont nous reproduisons le jugement n'hésite pas à déclarer que, « si Brasseur avait vécu à Berlin ou à Paris, son nom brillerait à côté de Steiner et de Chasies, » et il lui décerne, sans craindre que la postérité ne ratifie pas cet hommage, le titre de Monge de Belgique. Brasseur a moins innové en mécanique qu'en géométrie descriptive, bien qu'il fût doué d'une aptitude incontestable pour les sciences d'application. Il s'y montrait d'une extrême prudence, s'attachant aux principes acquis, se préoccupant surtout de développer dans son cours les théories propres à éclairer et à diriger

les travaux de l'ingénieur { M- Comme professeur, son talent fut à la hauteur de son savoir, et ce n'est pas peu dire, il ne se fit pas seulement estimer, mais chérir de ses élèves, qui appréciaient son zèle infatigable, sa patience et son dévouement. Ils le savaient foncièrement bon et bienveillant, mais avant tout droit et intègre, étranger à toute intrigue, presque |)Uritain dans sa vie, et ces qualités austères exerçaient sur eux un véritable prestige. Brasseur n'était pas homme ik se contenter de connaissances superficielles ni de vérités convenues. Il se renfermait dans le domaine de ses études spéciales ; mais là il régnait en maitre, par l'influence morale de sa sincérité sans prétention. N'avait-il pas été bien compris, il s'en attribuait la fauté, reprenait son idée, la retournait de mille manières et ne se tenait point satisfait qu'il ne l'eût mise dans une complète évidence, à la portée de tous. On lui doit la première idée de l'atelier de construction qui subsiste à côté de l'Ecole des mines, et l'indication des moyens de le réaliser : il était alors professeur extraordinaire. Un supplément de traitement lui ^ut accordé jusqu*à sa promotion à Vordinariat, pour la surveillance de l'atelier et des élèves. En dehors de l'Université, il remplit diverses fonctions particulières. Pendant les premières années qui suivirent la révolution, il fit à la Halle des drapiers des cours de géométrie analytique ( * ) et de géométrie descriptive, destinés à compléter l'in- ' struction des lieutenants d'artillerie nommés en 1850, et à les mettre ainsi en mesure de parvenir au grade de capitaine. Il fit partie depuis l'origine, et pendant plusieurs années, des jurys d'examen de l'école militaire; il fut, pour l'avant-dernière période, membre

( *) Discours prononcé au nom de la Faculté des sciences, le 18 mai 1868 [Ibid),

(') Malgré sa grande modestie , ajoute M. Catalan, Brasseur n'ignorait pas la valeur de cet admirable mémoire ; il dit même expressément ' « Si l'on ne connaissait » d'autres applications de la géométrie de- > scriptîve, on pourrait croire que la mé-

» thode des projections, combinée avec les » propriétés des plans bissecteurs, a été • imiginée exprès pour établir, par voie » descriptive, la théorie des faisceaux pro- > jeclifs ou homographiques. >

(') Discours de M. Cuyper, recteur de l'Université, ibid.

( *) Ce cours a été autographié.

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du Jury chargé de décerner le prix quinquennal des sciences physiques et mathématiques ; enfin, pendant plus de trente ans, il rendit des services à la ville de Liège, comme membre de la Commission de surveillance de l'Ecole industrielle. Il prit k cœur le succ^^s de cet établissement et se rendit particulièrement utile k Tadministration communale, en Téclairant sur le choix du personnel enseignant (*). Rien ne faisait prévoir sa fin prochaine; au mois d'avril 1868, il était encore en pleine santé et s'oe^nipait comme d'ordinaire de ses cours et de ses publications. Il voulut assister à la distribution des prix de TEcole industrielle ; Il y avait toujours été assidu. En rentrant chez lui, il se plaignit d'un refroidissement. Le mal s'aggrava, donna un instant de sérieuses inquiétudes, puis parut se dissiper. Au moment même où l'on annonçait la convalescence de Brasseur et où sans doute il y croyait lui-même, il tomba frappé de mort subite. Ce fut un coup de foudre non seulement pour sa famille, mais pour runiversité entière, où tous, professeurs et élèves, savaient apprécier les éminentes qualités du savant et de Thomme. Les larmes qu'on versa sur sa tombe ne furent pas des larmes de commande.

Les publications de Brasseur sont importantes au double point de vue de renseignement et de la science. Nous en donnons la liste complète :

1® De resolubilitate funcUonum algebricarum integrarum in factures primi velsecundigradus. Liège, 1829, in-4".

Thèse de doctorat. V. Quetelel, Hist. des sciences phys, et mathém, chez tes Belges. Bruxelles, 1864, iD-S», p. 368.

20 Programme du cours de géométrie descriptive donné par J, B, Brasseur.

Liège, Dessain, 1837,in-4^ — 2'édit., 1850. — 3* éd., 1860. — 4« et dernière édition, Liège, Sazonoff, 1867, in-4<».

Ce programme, rédigé à l'usage des élèves, contient toutes les indications nécessaires pour la construction des épures. Le professeur réservait pour son cours les explica-

tions détaillées. — « L*esprit de Brasseur, essentieUement philosophique, dit M. Liagre, classait immédiatement et comme d'instinct les principes d'une science, ses grandes divisions et les différents procédés qu'elle peut suivre. C'est ainsi qu'il analyse toutes les circonstances qui se lisent sur l'épura même, et toutes celles qu'on ne peut y découvrir sans constructions auxiliaires ; qu'il ramène toutes les constructions graphiques à deux, savoir : rencontre d'une droite et d'un plan, longueur d'une portion de droite ; qu'il résout successivement tous les problèmes sur la droite et sur le plan par quatre méthodes distinctes, que l'on n'employait avant lui que comme de simples artifices propras à faciliter les solutions : la méthode des projections sur deux plans coordonnés, celle des rattachements, celles des changements de plans de projection et celle des projections cotées. Cette analyse Ta conduit à des découvertes brillantes. Dans sa théorie des surfaces, il a donné des démonstrations toutes nouvelles. > Ça et là, cependant, il n'a pu se dépouiller de l'influence de quelques idées qu'il avait reçues dans sa jeunesse : c'est ainsi qu'il prend les traces d'un plan pour représenter sa position, ce qui manque de généralité et rejailhl sur la solution qu'il donne de l'important problème de l'intersection de plans. < Son programme n'en restera pas moins un modèle, qu'on ne pourra surpasser qu'en le suivant pour ainsi dira pas à pas. » (Liagra, p. 136).

3« Applications des projections cotées à diverses recherches sur retendue, Liège, 1841, in-4«, avec une pi.

Brasseur fonde simplement la double génération des surfaces gauches du second degré sur la proportionnalité qui existe entre les divisions de droites représentées par leurs projections cotées. Il traite de la même manière, et sans emprunter le secours d'aucune propriété analytique, les principaux problèmes relatifs à ces surfaces. Ce travail renferme également la première mention de l'idée féconde développée dans le Mémoire n^l : ici toutefois l'auteur fait usage d'une propriété qu'il suppose donnée par l'analyse, concernant le degré d'intersection d'une surface avec un plan. [Ilfid.).

4^ Lignes de courtmre de quelques surfaces exprimées par des équations différentielles partielleSy et note sur une propriété de Ihyperboloide à une nappe^ et du paraboloîde hyperbolique (Mém.

(') Discours de M. Julien D'Andrimont, bourgmestre de Liège, /M.

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de la Soc. royale des sciences de Liège, 1843, t. I, p. 265), in-S^".

« La manière dont Mongo reprdscnlait par l'analyse toale une famille de surfaces amena Brasseur à rechercher s'il ne pourrait pas exprimer de même les lignes de coarbore de toute une famille, et il y réussi! pour le cas oit leur équation se décompose en deux facteurs rationnels, ce qui a lieu pour les cylindres, les cônes, les surfaces de révolution et les surfaces dévelop pables. » (Liagre, p. iS7).

5« S»r la double génération des surfaces du second degré par le numvement d'un cercle, Liège, 1843, in-S», avec une pi. (Extr. du même recueil, 1. 1, p. 157).

Essai d'une démonstration purement synthétique de toutes les propriétés des surfaces du second degré. « L'auteur arrive à ooe double génération au moyen de la circonférence ; il la démontre par une propriété simple et nouvelle de deux cordes anti-parallèles se coupant dans une section conique, propriété qui a pour conséquence immédiate que les deux séries de circonférences, ayant pour diamètres et pour projections deux systèmes de cordes anti-parallèles, constituent une même surface. > De Ml une classification des surface^ du second degré, fondée sur quelques principes fort simples des projections (Ibid,),

6^ Note sur un nouvel énoncé des conditions d'équilibre d'un système de forces. Liège, 1846, în-8».

Même recueil, t. Il, p. 359. — Ces conditions sont que, pour un système de forces agissant dans un même plan, la somme de leurs moments soit nulle autour de trois points non en ligne droite ; pour un système de forces dans l'espace, la somme des moments de leurs projections sur les trois plans coordonnés doit être nuUe autour de l'origine, et autour d'un autre point quelconque de chaque plan, pourvu que ces trois derniers points ne soient pas les projections d'un même point de l'espace. Cette forme oonveile se prête surtout à la détermination des efforts qui sont exercés sur les différentes parties d'un assemblage.

7<» Mémoire sur divers lieux géométriques du second degré, déterminés par la géométrie descriptive (Mém. couronnés de TAcad. royale de Belgique, t. XXV, 1847, în-4«).

8® Transformation du principe des moments en celui des vitesses virtuelles.

et note sur une construction géométrique de la surface d'élasticité. Liège, 1849, in-8o.

Mém. de la Soc. roy. des se. de Liège, t. IV, p. 379.

9° Note sur une construction graphique du centre de gravité d'un polygone quelconque, en supposant connue la construction du centre de gravité dû triangle. Liège, i849, 'm-^\

(bid., p. 449. — Le centre de gravité du polygone doit se trouver sur la droite qui unit ceux de deux ligures arbitraires, dans lesquelles on peut le décomposer.

10<* Notice sur quelques propriétés des surfaces gauches du second degré (Bull, de TAcad. t. XVill, 1851, in-8''),

Après avoir démontré synthétiqueroent que les projections de toutes les génératrices d'un hyperboloïde à une nappe sont tangentes à une même courbe du second degré, l'auteur fait remarquer que la réciproque peut conduire à déterminer un lieu du second degré comme l'enveloppe d'un système de droites.

11» Mémoire sur une nouvelle méthode d'application de la géométrie descriptive à la recherche des propriétés de l'étendue. Bruxelles, 1855, m-i^.

Mém. de l'Académie, t. XXIX. — Monge avait indiqué, il est vrai, la voie où s'est engagé Brasseur; mais il était réservé à celui-ci de découvrir d'immenses richesses dans un domaine à peu près inexploré jusqu'à lui. Comme M. Catalan, M. Liagre met Brasseur au rang des géomètres les plus distingués de l'école moderne. Il reproche à sa méthode de partir do propriétés dans l'espace pour arriver k des propriétés dans le plan ; il no fait pas aussi bon marché que Ini du rapport anharmoniqae ; cependant il n'hésite pas à reconnaître que tous les théorèmes de l'auteur découlent sans effort de quelques principes. « La conception de Brasseur, dit-il , rentre dans cette méthode géométrique que Chasles appelle méthode de transmutation des figures. Desargues et Pascal en avaient déjà donné des exemples en se servant de la perspective ; Poncelet, dans SCS propriétét projectives, par la théorie des polaires réciproques et de l'homologie ; Dandelin et Quetelet, par les projections stéréographiques. Envisagée 4'une manière générale, cette méthode consiste à tranformer, au moyen de certaines conventions, une figure en une autre, et à déduire des propriétés connues de l'une les propriétés

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inconnues de Taulre. il faut actueltemenl pour cela que l'on donne d'abord une définition géomëlrique des figures. Brasseur se sert à cette fin de plusieurs systèmes de lignes qui, soit par leur enveloppe, soit par leur intersection, donnent le lieu proposé. Ces systèmes de lignes constituent au fond, comme il le dit, des systèmes de coordonnées beaucoup plus riches que ceux dont la géométrie analytique fait ordinairement usage. Les lieux qu'il transforme sont des lieux de l'espace dont les propriétés sont données, et son seul principe de transformation consiste dans l'emploi de plans bissecteurs, qui lui permettent de réduire ces propriétés dans l'espace à des propriétés dans le plan. Il se sert quelquefois aussi de la perspective, pour donner de l'extension à certains théorèmes (p. 430)... Brasseur fait voir que des systèmes de parallèles, de polaires, de circonférences, représentent, sous certaines conditions, des plans, des surfaces réglées ou des surfaces de révolution : ses théorèmes sur les plans bissecteurs lui donnent tout aussitôt toute une chaîne de propriétés de ces systèmes de lignes, les unes entièrement nouvelles, d'autres dont les analogues ont été trouvées par Poncelet, Ghasles, Steiner, et ne sont parfois que des cas particuliers (le celles de Brasseur. On est étonné qu'il ait pu voir dans ces propriétés si instructives, si restreintes, si particulières même des plans bissecteurs, le germe d'une méthode si transcendante, si féconde et si générale. Les mêmes principes le conduisent à des procédés généraux de réformation des courbes (p. 431). » — Aux relatibns purement descriptives, il joint ensuite une relation métrique, la proportion , et cette simple relation, combinée avec les propriétés de l'hyperboloîde à une nappe, acquiert entre ses mains la même puissance que le rapport anharmonique appliqué aux faisceaux projectifs ou homographiqucs de Steiner et de Chasles (Ib., p. 132). — Brasseur annonçait un second mémoire où il comptait défendre le principe qui le dispensait d'avoir recours à i'involution : il est à craindre qu'il ne l'ait pas écrit et qu'il n'ait même laissé aucune note de géométrie supérieure. Il éprouvait une difficulté matérielle à tenir la plume, à cause du tremblement nerveux de sa main; peut-être celle infirmité avait-elle contribué à lui faire prendre l'habitude de se confier absolument ài sa mémoire On dira qu'il aurait pu compter sur ses élèves : il leur était eflTectivement tout dévoué ; il leur confiait ses découvertes et n'était jamais plus heureux que quand il voyait ses idées revivre dans des têtes plus jeunes ; il eût voulu être devancé. « Mais pour l'aider dans la publication de son second mémoire , il

avait surtout compté sur son fils Léopold, jeune homme plein d'avenir , docteur en sciences physiques et mathématiques, et répétiteur de géométrie descriptive à l'école des mines. La mort de ce fils lui causa un chagrin profond; il ne lui survécut pas longtemps > (Liagre, p. 133).

12o DsLnsïesBulletinsderAcadémie:

a. Quelques propriétés des surfaces gauches du second degré démontrées par la géométrie (t. XVII, 3o, igsf, p 4f) ; ^. Extrait d*un mémoire sur un nouveau moyen de démontrer les lieux géométriques par la géométrie descriptive (t. XVli. io, 1851, p. 372) ; c. Rapport sur une note de M. Meyer concernant le théorème de Bernouilli(t. XXIII, io, pp. 97, 549, 734) : d. Rapport sur un mém. de M. Dagoreau, intitulé :

Essais atMlytiques : les lignes du 3* ordre (2« série, t II, 1857, p. 7, et t. IV, p. 80) ; e. Rapport^sur un mém. de M. Lamarck, intitulé : Exposé géométrique du calcul différentiel et intégral (l. XIV, 1862, p 453) ; f. Rapp.

sur deux mémoires de M. Folie, concernant une théorie nouvelle du mouvement d*un corps libre et sur le mouvement dTun corps gêné (t. XXIV, 1867, p. 284).

13» Précis du cours de foécanique appliquée , ouvrage posthume terminé d'après les manuscrits de Tauteur, par F. Folie. Liège, 1868, in-4^

Brasseur donnait le cours simultanément à des élèves de deux catégories, les uns connaissant le calcul différentiel, les autres y étant complètement étrangers, ce qui rendait la tâche du professeur particulièrement difficile. « Il est réellement remarquable, dit M. Liagre, de voir avec quelle aisance Brasseur sait rendre élémentaires les formules pour lesquelles on recourt ordinairement à l'analyse infinitésimale. » Nous croyons devoir rappeler, pour répondre à une observation du même biographe sur le plan de l'ouvrage, que l'enseignement de la mécanique a été conçu jusqu'ici, à l'Université de Liège, de manière à attirer l'attention des élèves sur les généralités qui concernent toutes les machines, et non sur les détails de certaines machines,

14° Exposition nouvelle des principes du calcul différentiel et intégral, édités après la mort de Fauteur, par F. Folie. Liège, 1868, in-8\

Mém. de la Soc. roy. des sciences de

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Liège, t. III (S* série) » 4868, in-S.» — Brasseur gardait en portefeuille ce travail, rédigé dès 1829 ; il se réservait de le développer à loisir. Il ne prit aucune part aux longs débats qui s'élevèrent il y a quelques années, sur t infini en mathématiques , entre M. Lamarle, de Gand, et la plupart des hommes spéciaux du pays. A la fin, cependant, il communiqua son mémoire « à celui de ses élèves qu'il considérait entre tous comme donnant les plus belles promesses d'avenir » ( M* M. Folie, chargé ainsi de l'exécution de son testament scientifique, s'est acquitté pieusement et dignement de cette t&che, en i^outant au texte de son maître quelques notes qui prouvent qu'il s'est parfaitement assimilé la pensée de Brasseur. Le but de l'ouvrage est de faire disparaître du calcul différentiel et intégral tonte notion métaphysique. L'auteur n'emploie que l'analyse Hnie, aussi commode dans les applications et aussi rigoureuse que celle des limites ou des fluxions. Nous appelons l'attention sur l'avant- propos, oîi M. Folie décrit avec une grande lucidité les anciennes méthodes, et fait ress'>rtir le mérite et l'utilité pratique de la conception de Brasseur.

iS'* Communications diverses à la Revue nniverselle de M. de Cuyper.

Rronn (Valentik), né à Ziegelhausen (près Ifeidelberp;), le 7 mars 1796, mourut dans ce même village le 20 mars 1854. Son grand-père avait occupé la charge de forestier dans le

Palatlnat; son père était grand forestier (Oberfùrster) au service de Bade ; luimême fut élevé en vue de cette carrière. Il perdit de bonne heure ses frères et ses sœurs ; il ne lui resta finalement qu'une sœur plus âgée que lui et un frère plus jeune, qui se fit une brillante réputation comme naturaliste ('). L'instituteur et le pasteur de Ziegelhausen furent ses premiers maîtres ; il entra ensuite au gymnase de Heidelberg (1808), d'où il passa en 1812 au Lycée de Mannheim, de création récente. Ce fut là qu'il prit goût aux sciences naturelles, sous la direction du pharmacien Bader, et qu'il y fit de rapides progrès en visitant assidûment le ciibinet de la ville, confié à la garde de ce professeur. Son zèle fut récompensé par des succès scolaires. Il revint habiter la maison paternelle en 1818 ; mais chaque jour il se rendait à Heidelberg, acquérant k l'Université les connaissances théoriques dont il avait besoin pour sa vocation de forestier, tandis qu'il s'initiait à la pratique en résidant k la campagne. La chaire des sciences forestières était alors occupée par le comte de Sponeck ; celle de zoologie n'avait point de titulaire ; mais le jeune Valentin, déjii habitué à l'autodidaxie, ne se laissa point rebuter ; il devint notamment très-fort en ornithologie. Il commença dès cette époque h former

(*) Discours de M. Spring. Il s'agit do M. Folie, docteur en sciences physiques et mathématiques, ancien répétiteur à TEcole des mines, actuellement professeur à l'Ecole industrielle de Liège. M. Folie s'était déjà fait connaître par plusieurs pubhcations importantes, entr'auires par une traduction de l'ouvrage allemand de Claudius sur la théorie de la chaleur considérée comme équivalent du mouvement. M. Folie a fait à la Salle académique, en 1867, un coors public sur cet intéressant sujet.

(*) Henri Ceorge Bronn, né le 3 mars 1800, mort le 5 juillet 1863, professeur à l'Université de Heidelberg. On a quelquefois confondu les deux frères. Henri-Georges fit ses premières leçons sur les sciences forestières dès 1821, fut nommé en 1828 professeur extraordinaire, et en 1835 professeur ordinaire d'histoire naturelle. Outre le cours prémentionné, il enseigna la zooYogic et fil

des leçons très- remarquées sur la conchyologie et les pétrifications. Ses publications sur ces derniers objets n'ont pas peu contribué k faire avancer la science. Nous citerons les suivantes : System der urweltlichen Conehylien (1824); System der urweltlichen Pflanzenihiere(i9Z0) ; Gaea Heidelbergensis (même année), description geognostique de son pays natal ; Lethœa geognostica (3* éd., 6 vol. et atlas, 1852-56), son principal ouvrage ^rédigé avec Rœrocr) ; ses Morphologische Studien (Leipzig 1858) ; enfin, ses Untersuehungen ûtir die Entwickelungsgesetze der organischen Welt wàhrend der Bildungszeit unserer Erdoberflàche (Stuttg. 1858), ouvrage couronné par l'Académie des sciences de Paris. Il a dirigé f avec Leonhard), depuis 1830 jusqu'à sa mort, le Jahrbuch fur Minéralogie, Geognosie, Géologie und Petrefactenkunde , recueil des plus estimé;».

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une collection de mammifères et d'oiseaux, collection qui, enrictiie plus tard d'animaux de l'Europe méridionale et de quelques échantillons provenant du Brésil, devint, grâce à la munificence de son propriétaire, le premier fonds du cabinet annexé à Fécole forestière de Carlsruhe. La lecture des voyages de Levaillant faillit un instant détourner fironn de ses premiers projets : il rêva d'entreprendre un grand voyage d'exploration ; mais les circonsstancesne s'y prêtèrent point. £n 1817, le grand>maître des forêts Jaetgerschmidt étant venu à Heidelberg, avait eu l'occasion de constater le zèle et l'habileté que le forestier Bronn déployait dans l'accomplissement de ses fonctions. 11 le promut au grade de grand-forestier, et lui déclara en même temps qu'il jugeait nécessaire de dépayser Valentin pour permettre à celui-ci de compléter ses études pratiques ; il lui offrit même de mettre personnellement le jeune homme au courant des affaires qu'il traitait sur une grande échelle, étant non-seulement grand-mailre des forêts, mais encore directeur du flottage de la Forêt-Noire. Une année s'écoula ainsi ; tout d'un coup le grand-forestier reçut l'invitation (très-voisine d'un ordre) de rappeler ses fils ; l'administration avait jugé à propos de confier autant que possible aux employés deseaux, moyennant un modique salaire, le soin de veiller à l'économie forestière ; quant aux hautes fonctions, elle avait pris le parti de les réserver entièrement à la noblesse. Ce fut pour le jeune Bronn une nouvelle et amère déception. Il employa toute l'année suivante à aider son père, dont le ressort s'était agrandi par l'annexion du district de Schônau, voisin du sien. Après avoir subi de brillants examens, Valentin passa l'été de 1819 à circuler dans les Pays-Bas, en France et en Suisse, pays desquels il rapporta de nouveaux trésors pour ses collections. Il s'agissait cependant pour lui d'obtenir une nomination ; mais les candidats plus anciens que lui étaient nombreux, et en ce temps là (ce qui heureusement ne dura pas) les préférés étaient moins souvent les plus instruits, que ceux qui se recomman-

daient par une constitution vigoureuse et des talents de chasseur. Bronn père vint à mourir le 2 janvier 1820 ; à deux reprises différentes, son fils fut chai]gé de l'intérim des fonctions qu'il délaissait, et eut en outre à s'occuper de petites affaires de taxes et d'arpentage. Mais ses loisirs comptaient plus dans sa vie que ses occupations: il les utilisa en étudiant le français, l'anglais et ritalien, et en retournant chaque jour, comme autrefois, à Heidelberg, où il suivit les cours de chimie, de zootomie, de physiologie, etc. 11 se livra aussi à des observations barométriques, et à des expériences chimiques sur la quantité de tannin de différentes écorces.

Enfin, déterminé à changer de carrière, il prit le grade de docteur et ouvrit, à côté de son maître, un cours sur les sciences forestières. L'essai réussit ; en 1825, le gouvernement des Pays- Bas le nomma professeur extraordinaire d'économie rurale et forestière k l'Université de Liège, aux appointetements de 1600 florins. Peu de temps après, il reçut le titre de secrétaire stipendié de la Commission provinciale d'agriculture installée dans la même ville. Bronn vit un instant s'ouvrir devant lui de brillantes perspectives. Il était appelé à introduire dans notre pays un nouvel enseignement, à y donner pour la première fois un caractère scientifique à des études dont l'importance avait été jusque là méconnue au point de vue théorique. Mais il arriva que, presque au moment même où le ministre des cultes appelait à l'Université liégeoise un professeur de sciences forestières et d'économie rurale, le ministre des finances prit et exécuta la résolution d'aliéner la plupart des forêts nationales de la Belgique.

D'un autre côté, le nouveau cours étant facultatif et les jeunes gens n'en comprenant guère l'utilité, à cause de sa nouveauté même, Bronn ne put réunir qu'un petit nombre d'auditeurs assidus.

Il ne perdit cependant pas courage ; le gouvernement lui accorda un subside pour parcourir la Hollande et la Belgique, et il profita de ses nombreux voyages pour étendre en dehors de l'Université la sphère de son influence.

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Il étudia spécialement les parties incultes de TArdenne et les bruyères de la Campine. Tant par des instances verbales que par des exhortations écrites, il stimula le zèle des propriétaires, en appelant leur attention sur les avantages qu'ils pourraient retirer de plantations forestières, le prix du bois étant fort élevé. 11 entreprit luimême des plantations d'arbres indigènes , surtout d'arbres aciculaires ; il se livra à toutes sortes d'essais et d'observations intéressantes surPacclimation de diverses essences étrangères, et ses prévisions s'étant pratiquement réalisées , il se vit enfin apprécié à sa juste valeur. I^a glace était rompue : le public afDua à ses leçons sur la physiologie végétale. Malgré la satisfaction qu'il en éprouva, il songea pourtant à quitter l'Université de Liège pour celle de Gand, cette dernière ville lui paraissant offrir plus de ressources au point de vue des sciences dont il s'occupait. La révolution belge réduisit ses espérances en fumée. Il ne crut pas compatible avec son honneur de renier le Gouvernement qui l'avait appelé. 11 continua d'occuper sa chaire de Liège tant que Hssue des événements fut incertaine ; mais il ne voulut, ni solliciter du Gouvernement belge la confirmation de sa nomination première, ni poursuivre ses négociations à Gand, lorsque cette ville se fut décidément séparée de la Hollande. Il s'établit tout simplement dans un faubourg de Liège ( * ) comme pépiniériste, vivant du produit de ses plantations et de ses cultures, complètement séparé du monde, avec sa femme et une petite fille de trois ans. Les événements de 4850 lui avaient porté un coup fatal. Une violente oppression de poitrine le tourmentait, et l'agitation de son cœur, au physique aussi bien qu'au moral , dit son biographe allemand, était rarement calmée. Un voyage en Allemagne, entrepris par les conseils de son médecin, lui procura peu de soulagement.

Cependant des offres avantageuses lui ayant été faites dans son pays, il ne se

jugea pas assez malade pour les refuser. Là aussi , l'administration avait été changée; là aussi^ les anciens errements avaient été abandonnés. Une Ecole forestière devait être annexée à l'institut polytechnique projeté à Carlsruhe ; la Commission supérieure des forêts lui en offrit la direction. 11 y retrouva comme collègue son ancien maître et ami Jœgerschmidt. Bronn employa l'été de 1832 à se préparer aux devoirs de sa nouvelle charge ; l'Ecole fut inaugurée le 5 novembre, et il ou- \Tii immédiatement son premier cours.

Ses fonctions l'absorbèrent tout entier; il vécut plus retiré que jamais, ne quittant sa chaire ou son cabinet que pour aller visiter les plantations de la Faisanderie, composée d'une grande variété d'arbres tant étrangers qu'indigènes, et placée sous sa direction.

Sa santé, un instant raffermie, devint tout à fait mauvaise à partir de la mort de sa mère, qu'il aimait tendrement.

Les crises devinrent de plus en plus fréquentes ; on craignait pour lui la moindre émotion. D'autre part, il était accablé de besogne administrative, et ses fonctions de directeur étaient d'autant plus ingrates et difficiles, qu'il avait affaire à des élèves de condition, d'éducation et d'âge très-différents, depuis le seigneur fier de son blason jusqu'à l'humble garde-chasse. Il exerçait une discipline ponctuelle, dont il savait du reste tempérer la rigueur, en réduisant à leur plus simple expression les prescriptions réglementaires. Il se préoccupait de tout le monde , mais laissait à chacun, autant que possible, sa pleine liberté d'action ; il travaillait à polir les plus rustiques, semait à propos les encouragements, recevait à sa table et dans son intimité ceux qui lui paraissaient dignes d'un intérêt particulier. Son administration générale, sa comptabilité étaient des modèles d'ordre ; esclave de son devoir, passionné pour la justice, ennemi de rintrigue, il tenait à l'honneur plus qu'à la vie. Le Gouvernement lui témoigna sa pleine satisfaction dès le 2 avril 1853, en le nommant conseiller

(') Rue Grand -Jonckeu.

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des forêts. On lui offrit la même année, à Marbourg, une chaire d'économie financière et plus spécialement d'économie forestière; ii refusa. Aux vacances de Pâques 1854, il fut pris du désir d'aller passer quelques jours dans la maison où il était né, et qui lui était tombée en partage. La famille se mit en route, comme pour une partie de plaisir ; cependant Bronn songeait en même temps à profiter de son passage à Heidelberg pour y consulter un médecin spécialiste renommé, son docteur de Carlsruhe ne s'étant occupé jusque là que de calmer ses maux,au lieu d'en entreprendre directement la guérison.

Sans rien laisser deviner k sa jeune famille, il ne pouvait écarter le vague pressentiment d'une catastrophe prochaine peut-être. On arriva ii Ziegelhausen, où deuxjours s'écoulèrent dans les joies intimes du foyer ; le professeur Bronn de Heidelberg était venu retrouver son frère aine ; toute la famille était présente. On célébra les fêtes de la Semaine sainte, la sérénité dans l'âme, se reportant aux années insouciantes de l'enfance. Le troisième jour, on se rendit en ville; le quatrième devait être consacré ù une excursion dans les forêts jadis administrées par le père du défunt et par Valentin lui-même. A Heidelberg, celui-ci rencontra un grand nombre d'anciennes connaissances ; on devisa du temps passé, on rentra au logis content et heureux. Ces belles journées devaient avoirun triste lendemain. Le âG mars au matin, au moment même où le frère puîné entrait dans la salle du déjeuner pour venir prendre Valentin, celui-ci tomba sans vie à ses pieds. Un anévrisme de l'aorte venait de se rompre. Qu'on juge de la scène qui suivit ce coup de foudre. — Bronn avait souvent souhaité de mourir au village natal : son désir était accompli.

Voici la nomenclature de ses écrits :

i** Oratù), quà sylvarum et reisalluariœprœcipua quœdammomenta historica exposuit V. Bronn. Leodii 1825 (Annales de l'Université de Liège, 1828).

2o Over de noodzaakelykheid, om by liet openbaar onderwys het onderrigd in Landhuishoudkunde te voe{jen , en de

middelen am hier toe degeraken, Liège, 1829). 11 existe aussi une édition française de cet opuscule, sous le titre suivant : Quelques mots sur la nécessité et les moyens de faire entrer dans /'tnstructiou publique renseignement de l'agricullure. Liège, 1850).

5® Mémoire sur Vutilisation des terrains incultes de VArdenne. Liège, 4829, in-8«.

4° Veber die yothwendigkeit der wissenschaplicher Ambildung des Forstmannes. Carlsruhe, i852, in-8«.

5* Divers articles ou courtes dissertations dans le Journal d'Agriculture des Pays Bas et dans le recueil de Soulange Bodin : Annales de V Institut royal horticole de Fromont.

G® Bronn avait entrepris la rédaction de plusieurs ouvrages étendus sur l'économie forestière; il s'était notamment occupé de recueillir et de coordonner ses observations sur les soins que réclament les arbres étrangers dont on peut essayer l'acxïlimatation dans nos contrées; sa mort prématurée ne lui permit pas d'y mettre la dernière main. — Il était affilié aux sociétés d'économie agricole ou d'histoire naturelle de Bade, de Liège, de Bruxelles et de Jassy.

N. B. La notice qui précède est en grande partie traduite d'une biographie de Bronn publiée en Allemagne, et mise obligeamment k notre disposition par M. Ed. Morren.

Drouwer (PiERRE vau Limbourg\ né à Dordrecht le 20 septembre 1795, mourut à Groningue le 21 juin i8i7.

Son goût pour ranliquilé se révéla dès son adolescence et attira l'attention d'un Mécène éclairé, M. R. P. van Wesele Scholten, conseiller à la haute Cour de La Haye. Envoyé à Leyde par ce généreux protecteur, Brouwer y devint l'un des auditeurs les plus zélés de Wyttenbach, à qui il avait été spécialement recommandé. Mis en demeure de se choisir une carrière, il opta pour la médecine et se fit recevoir docteur en 1810, à la suite d'une dissertation De seneclute. Il pratiqua l'art de guérir k

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Tiel, près de Rotterdam; mais ses premiers succès n*enrent pas le pouvoir de le détourner des études auxquelles il avait secrètement résolu de consacrer sa vie. Il soumît à TUniversité de Leyde un volume intitulé : Comment, de ratione quû Sophocles veterumdeadr minxBtratione et justifia divinà notiotti- Ims v^us est , ad voluptatem tragicam augendam, en présenta publiquement la défense et fut proclamé docteur en philosophie et ès>lettres le 21 juin 1820. Deux mois plus tard, le gymnase d'AIkmaar raccueillait en qualité de vice-recteur ; Tannée suivante, il alla remplir les mêmes fonctions à Rotterdam. La tragédie grer^iue eut d'abord le privilège de le passionner presque exclusivement; mais peu à peu son horizon s'élargit : il voulut connaître le génie hellénique sous toutes ses faces, et ses études littéraires, esthétiques, archéologiques se complétèrent par des recherches approfondies sur Thistoire des doctrines philosophiques de Tancienne Grèce. La Société des sciences et des beaux-arts, de Leyde, couronna, en 1822, un travail de Brouwer Sur le théâtre national, spécialement au point de vue de la tragédie; en 1 823, les curateurs du legs de J. Stolp décernèrent une médaille à son traité en réponse à la question : An et quatenUs philosophi qui antè Socratemet Platonem fuerunt, atque illi if^i et qui ex eorum scholis posteà prodierunt, in commemorandis vel exponendis principiis moralUms divinœ existentis naturœ et providentiœ notionem suhindèadhibuerint, et virtutis constanter ac sincero pectore colendœ incitamenta,prœsidia atque alimenta indè deduxerint. Ces opuscules, justement remarqués, lui valurent en 1825 le titre de professeur extraordinaire à TUniversifé de Liège. Son discours inaugura I (De veterumGrœcorum traditionwus ad antiquitatis cognitionem prudenter adhibendis), prononcé le 21 novembre, donna une haute idée de Térudition et de la sagacité critique du jeune maitre. Brouwer enseigna à Liège Thisteire ancienne et les littératures classiques ; il dirigea, en outre, les exercices philologiques de TEcole propédentique annexée à la Faculté des lettres. Travail-

leur opiniâtre, maître de son style dans les langues vivantes comme dans les langues mortes, il trouva le loisir, sans négliger Taccom plissement de ses nombreux devoirs, d'enrichir la littérature hollandaise de différentes productions estimables, tantôt sérieuses, tantôt légères et même humoristiques, sur tous les objets de ses études chéries ; en même temps, il rassemblait les matériaux du grand ouvrage qui fera vivre son nom. De cette époque datent ses dissertations sur la beauté morale de la poésie d'Homère, sur Pindare, sur Eschyle, sur la morale des Egyptiens^ sur les travaux de M. ChampoUion- Figeac. Les événements le ramenèrent en 1851 dans son pays natal : il reprit à Groningue les cours de langue, de littérature et d'antiquités grecques, délaissés par le professeur Ten Brinlc.

Nommé en outre conservateur de la bibliothèque de l'Université en remplacement de Van Eerde, il publia en 18i1 la deuxième partie du catalogue de ce dépôt. Sa fécondité littéraire sembla s'accroître à mesure qu'il devenait plus mûr : coup sur coup on le voit mettre au jour des études sur Sophocle et sur Euripide ; une sorte de roman grec, Chariclès et Euphorion ; une traduction hollandaise des Fiancés de Manzoni; Diophanes (2 vol.):

une étude sur l'apologie de Socrate; des Dialogues des morts ; la biographie de Benvenuto Cellini, traduite de l'italien ; une Histoire de César ; une notice sur son beau-père S. Iperuszoon Wiselius, auteur dramatique ; des opuscules théologiques, des lettres sur la philosophie moderne, etc., etc. Son ouvrage le plus considérable est VHistoire des progrès de la civilisation morale et religieuse des Grecs, éCTite en langue française (Groningue , 1853- 1842, 8 vol. in-8<»). Les deux premiers volumes sont consacrés aux siècles héroïques ; les six derniers embrassent la période comprise entre le retour des Héraclides et la domination romaine.

On sait à quels résultats remarquables la critique moderne est parvenue dans cet ordre de recherches; le livre de Brouwer n'en a pas moins conservé une importance réelle : plus d'une fois

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les derniers historiens de la Grèce antique ont ratifié les Jugements du professeur hollandais et mis à profit sa science des faits. Ce qu*on peut reprocher à notre écrivain, c'est de ne point s*être assez attaché à condenser sa pensée : il n'a pas pris le temps d'être court.

Brouter portait la décoration de rOrdre du Lion néerlandais. Il était membre d'un grand nombre de Sociétés savantes, tant étrangères que hollandaises. Le 6 février 1846, l'Académie royale de Belgique le porta sur la liste de ses associés, M. Quetelet lui a consacré une notice dans ÏAnnuaire de cette compagnie (i848); une autre a paru dans le Gedenkboek de l'Université de Groningue, p. 145.

BIBLIOORÀPHIE.

1 Redevoering behelzende eene beschouwing van de voomaamste denkbeelden , in het grieksche treurspcl heerschende,met betrekking tôt deszelfs doelmatige werking op hetmenschelijk hail (Mncmosyne, t. VU).

2° Commentatio de ratUme quâ Sophocles.eic, (v. ci-dessus). Leyde, 1820.

5o Verhandeling over de vraag :

Bezitten de Nederlanders een nationaal tonneel, met betrekking tôt het Treurspel ? Zoo jtty welk is deszelfs karakter ? Zoo neen, welke zijn de beste middelen om het te doen ontstaan ? Is het in het laaste geval noodzakeîijk eene reeds bestaande school te volgen^ en welke redenen zouden eene keus hietin moeten bepalen? Leyde, 1823.

Dissertation couronnée par la Hollandsche Maatichappij van fraaye kuruten en wetenschappen et insérée dans les Mémoires de cette Société, t. VI.

4« Over het onderscheid tusschen den Xenophontischen en Platonischen Socratesp/o^^azi/nt/oor Wetenschappen, Kunsten en Letteren^ t. I, stuk 5).

5» Over de Kikvorschen van Aristophanes (même recueil).

G® Disputatio quâ responditur ad quœstionem : An et quatenUs philosophi, etc. (v. ci-dessus). Leyde , 1824. in-4^

1^ Oratio de veterum Graecorum traditionibus ad antiquitatis cognitionem prudenler adhibendis, habita d. XXI novembr. anni 1825, ad extraord. philos, theor. et lit. hum. professionem in Acad. Leodiensi auspicandam. Liège, 1825, in-4o.

Dans les Annales Acad, Leodiensis,

8* Proeve over de zedelijke schoonheid der poêzij van Homerus. Leyde, 1825, in-8o.

Nous lisons dans l'Annuaire de l'Université de Liège pour 4830 : « Une traduction française de cet ouvrage a été publiée à Liège en 4829 ; on y a joint fa traduction d'une réfutation, par M. Limburg-Brouwer, des opinions de M. Benjamin-Constant sur TIliad*} et l'Odyssée. L'original de ce dernier ouvrage paraîtra bientôt dans on recueil hollandais. » La traduction française est intitulée :

9<» Essai sur la beauté morale de la poésie d'Homère, suivi de remarques sur les opinions de M. Benjamin-Constant, concernant l'Iliade et l'Odyssée, développées dans son ouvrage par la religion. Liège, 1829, in-8«.

10» Proeve over de zedelijke schoonheid der poêzij van Pindarus. Amsterdam, 1826, in-8o.

11* Gedachtenover hetverband tusschen de godsdienstige en zedelijke beschaving der Ëgyptenaren.Amsterdam, 1828, in-8o.

12* Proeve over de zedelijke schoonheid der poêzij van Eschylus. Amsterdam, 1829, in-8«.

io^ Hulde aan de nagedachtenis van Benjamin Petrus van Wesele Scholten, door eenen zijner leerlingen, in een Brief aan eenen vriend. 1829, in-8''.

14** lets over de nasporingen van Champollion den jungeren, ten opzigte van de Egyptische Godenleer. Amsterdam, 1830, in-8<».

15** Charicles en Euphormion. Een verhaal van Clearchus den Cypriér.

Groningue, 1831, in-8<».

16« Proeve over de zedelijke schoonheid der poêzij van Sophocles. Ibid.

1832, in-8».

17« Proeve over de zedelijke schoon-

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beid der poêzij van Euripsides. Ibid.

1833, in-8.

18* Etat de la civUlsation morale et religieuse des Grecs, dans les temps héroïques. Ibid. 1853, 2 vol. in-8o.

19* Histoire de la civilisation morale et reli^peuse des Grecs, depuis le retour des Heraclides jusqu'à la domination des Romains. Ibid. 1 837-42, 6 vol. in-8o.

20* Verhandelingen en losse geschriften. Ibid. 1836, in-8 .

21*Apologia Socratis contra Meliti redivivi calumniam, sive judicium de P. G. Forchhammer libro inscripto :

Die Athener und SoeraUs, dieGfsetzliehen und der Revolutionnàr. Ibid. 1838,

22* Diophanes. Ibid. 1838 , 2 vol.

in-8*.

23* Proeve eener recensie door een niet recenserend Schryver. Ibid. 1839, in-8».

Aussi sotts le titre suivant : Al weder iet» oier het Griektche traurtpet.

24* Handboek der Grieksche mythologie, ten dienste der Latijnsche scholen en Gymnasien. Ibid. 1842, in-8*.

25^ Het leven van Benvenuto Cellini, Florentinischen goudsmid en beeldhouwer. Ibid. 1843, 2 vol. in-8<', avec pi.

Traduction de Tautobiographio du célèbre artiste.

26o Gesprek van een geheimen zendeling van de orde der Jesuiten met zijnen leerling, over dezeven wijzen van Nederl. Ibid. 1843, in-8»

27« Overzigtvan de geschiedenis der allegorische uitlegging van de Grieksche mythologie. Amsterdam 1844, in-8*.

Mémoire lu k la 3« classe de rinstitut royal oëerlaodais, les 10 octobre 1843 et 30 janvier 1843.

28» César en zijne tijdgenolen. Groningen 1814-1846, 4 parties in-8".

29<» Schoonheden uit de Grieksche treurspeidichten. Ibid. 1845, in-8«.

30» Het leven van M' Samuel Iperusz. Wiselius, beschreven door zijnen behuvirdzoon. /frid 1846, in-8*'.

31* Het leesgezelschap te Diepenbeek. Ibid. 1847, in-8«.

32<' Mémoire sur Texplication allégorique de la mythologie grecque. Ibid.

1847, in-8^

Olidiiedolté (JOS.-LOUIS-ChàRLES-

Ai'GusTE-LioiLT de), né à Hambourg le 26 novembre 1797, pendant réraigration, mourut à Bruxelles le 11 février 1862 (•). Ses parents se séparèrent peu de temps apr{*s sa naissance ; le père alla vivre quelque temps en Suisse , dans Torblte de M"** de Staël, puis rentra en France, où il se

(*) M. U. Capitaine, qui a laborieusement recueilli sur de ChènedoUd des renseignements tout à fait inédits, nous apprend que le professeur liégeois était pelit-fils de Charles LiouU de Saint-Martindon, membre de la chambre des comptes de Normand ie« et fils de Charles-Julien Lioult de Chènedollé (le célèbre auteur du Génie de C homme) , professeur de belles-lettres à l'Université de Caen, puis inspecteur général de TUniversilé de France, né à Vire (Calvados) le 4 novembre 1769, mort au château de Coi sel le 2 décembre 1833. Chènedollé est, paratt-il, le nom dTun étang où le futur poète allait promener ses rèses d'enfant « Des doutes s'élant élevés, ajoute le consciencieux biographe, sur le lieu et l'époque précise de la naissance de Ch. de Chènedollé fils, nous reprodoisons, d'après les archives de l'église catholique de Hambourg, Textrait baptislaire que notre honorable ami M. le D' P. L. BofT-

mann a bien voulu nous communiquer : Anno 1797, die 38 decembrin, baptizaïus eut puer Joieph-Loui8-Charle»'Augu9teynatut die 26 prœcedentin memis novembris^ex légitima thoro patris D"* Caroli Chènedollé^ oriiindi ex urbe Caen (?) in Normanniû et matris Tictoriœ Bourguignon, oriundœ ex urbe Liège, conjugum. M. Sainte-Beuve, qui a consacré une charmante étude littéraire à de Chènedollé père et nous a initiés aux détails de sa vie intime, passe sous silence ses relations avec W]^ Bourguignon cl ne fait aucune mention 'de son fils. La Biographie univer- 9Hle de Michaud (t YII, 1841) et X^Nom^elU Biographie générale de Didot (t. IX, 1854) écrivent par erreur Pioult pour Lioult. U France littéraire contemporaine confond le père avec le fils et attribue au premier les publications du second » [Nécrologe liégeoii pour 1863).

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distingua dans les lettres et dans renseignement (') ; en i798, la mère vint s'établir à Liège , sa ville natale, où elle retrouva une sœur, qui se consacra comme elle à Féducation du jeune Charles. Celui-ci était un enfant précoce : au lycée de Liège, il mérita Tattention particulière du professeur Charmant (v. Tart. N.-G.-A.-J. Ansiaux), qui le prit en affection et dirigea ses aptitudes vers renseignement. 11 venait d'être reçu licencié en lettres lorsque le commissaire-général de Tinstruction publique, Repelaer van Driel, le nomma régent de 5* latine au collège de Liège, en remplacementdeWillems(').

En 1822, il passa en 4«; en 1828, il devint professeur de grec ; ilavait subi, peu de temps après sa première promotion, Texamen de docteur en philosophie et lettres. Immédiatement après la révolution, il se fit naturaliser belge; en 483 i, il obtint au collège de Liège la chaire de rhétorique française qu'il occupa pendant treize ans, tout en faisant des cours d'histoire, de géographie, d'économie politique et de statistique. C'est dans la première partie de cette période qu'il rendit des services à l'Université de Liège en contribuant à fonder, avec Rouillé, Fuss, Gall et MM. Fassin et Wûrth (v. ces noms) une Faculté libre de philosophie. Il prit pour sa part le cours d'histoire générale et siégea, jusqu'en i855, dans la Commission autorisée à délivrer des diplômes de candidat, conformément k l'arrêté royal du 2 octobre 1851.

De Chênedollè possédait une érudition très-variée, une grande mémoire et un goOt littéraire vraiment délicat ; c'était un vrai professeur de rhétorique, s'exprimant avec élégance et facilité, sachant prendre tous les tons et rendre ses leçons aussi intéressantes qu'instructives. 11 avait tout un arsenal d'anecdotes et de citations et il y puisait volontiers ; il recherchait les étymologies, se plaisait aux analyses subtiles et aux rapprochements curieux,

mais ne s'attachait aux mots que pour remonter aux pensées, selon le précepte de Platon. En économie politique, en histoire, il n'était point profond ; mais il savait éveiller la curiosité des élèves, et c'est déjà beaucoup. De Chênedollè jouissait à Liège de l'estime publique et vivait heureux au milieu de ses livres, lorsqu'en 1844 sa fortune, qu'il n'avait jamais su gérer, se trouva compromise. Il se vit dans la douloureuse nécessité de vendre sa riche bibliothèque, qu'il avait mis vingt-cinq ans â former avec le zèle et le talent d'un bibliophile consommé ; il se crut même obligé d'abandonner ses fonctions et de quitter Liège pour Bruxelles, où son activité littéraire, mal dirigée, lui procura d'assez minces ressources , malgré la protection du gouvernement.

De Chênedollè manquait de persévérance et il n'entendait rien aux choses de la vie ; il formait cent projets qu'il abandonnait tour à tour ; il a laissé une foule de travaux à peine ébauchés, et en somme presque rien de durable.

On ignore ce que peut contenir un paquet scellé en cire rouge, déposé à la bibliothèque de Liège par les soins de MM. Polain et U. Capitaine, conformément à ses dernières volontés, pour être ouvert quarante ans après sa mort. Â Liège, il s'était mis de bonne heure à écrire; dès 1819, il, prit part aux travaux de la Société d'Émulation (') ; vers la même époque, il commença à envoyer des articles aux journaux , notamment à VObservateur de la Belgique et au Mercure belge. Quelques dissertations et notices, des réimpressions d'ouvrages étrangers, deux ou trois pièces de vers, tel était son bagage de publiciste lorsqu'il partit pour la capitale. Correcteur en chef de l'imprimerie Devroye, il fut agréé par la Commission royale des anciennes lois et ordonnances pour la surveillance de ses impressions. — « En 1850 , il succéda au baron de Reiffenberg (v. ce nom) dans la direction du Bulletin du biblio-

( * } 11 ne revit que deux fois son fils dans l'espace de plus de trente années.

(') Père de M. Florent Willems, notre célèbre peintre de genre.

(') U en fut bibliothécaire cette même année, et exerça les fonctions de secrétairegénéral de 1823 à 1827.

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phik belge. Il entreprit également différents travaux qu'il n'acheva point, notamment une Table analytique de la deuxième série des comptes rendus de la Commission royale d'histoire (*), et une Histoire de VOrdre de Léopold^ avec pièces justificatives. Il s'occupa longtemps de ce dernier ouvrage, pour la rédaction duquel il obtint non seulement l'accès des archives du ministère des affaires étrangères, mais encore des subventions du gouvernement et de la liste civile » ('). A Bruxelles, malgré la pénurie de ses ressources, il était parvenu à se refaire une nouvelle bibliothèque, « plus importante, il est vrai, par le nombre de volumes que par la qualité des ouvrages. » Ceux qui, à cette époque, ont connu de Chênedollé, ajoute le biographe que nous prenons pour guide , se souviennent sans nul doute de sa petite maison de la rue Notre-Dame-aux- Meiges, encombrée de la cave au grenier, et dont l'escalier était devenu, sinon impraticable, du moins dangereux pour les visiteurs. Cette seconde bibliothèque a été dispersée le 50 mai. i862. L'auteur du catalogue nous apprend qu'indépendamment des 1,991 numéros inventoriés, on avait vendu préalablement vingt mille volumes dépareillés ou sans valeur ('). M. Capitaine s'est donné la peine de dresser la bibliographie complète et détaillée des ceuvres de Ch. de Chênedollé ; nous nous contenterons d'y renvoyer les curieux et d'en donner ici un court aperçu.

I* Dans les Frocès-verbaux des séances publiques de la Société libre ^Emulation de Liège, de Chênedollé a publié, en 1859 , un essai de traduction en vers du début du poème de la Seconde guerre punique y de Silius Italicus; en 1825, un Rapport sur les travaux de la Société depuis le 25 décembre 1822. — Le Registre aux procès-verbaux du Co-

mité de littérature de la même compagnie contient (1824) une intéressante notice, communiquée plus tard à l'Académie de Belgique (v. Bull. t. X, l'« partie, p. 287) sur l'ancien ministre Faick, présenté à la Société comme membre honoraire.

2<» Dans VAlmanach de la province de Liège, année i820, on trouve une notice signée C.C. sur rUniversité deLiége et sur VEcole d'enseignement mutuel. De Chênedollé y annonçait l'intention de publier chaque année un résumé des travaux de l'Université ; mais il ne donna pas suite à ce projet.

3» Notices nécrologiques sur G. J. E.

Ramoux, associé résidant, et H. iV. Baron de Villenfagne, membre honoraire de la Société d'Emulation. Liège, 182G, în-8o.

Extr. du Journal de la province de Liège (29 janvier, i, 2 et 3 février 1826). L'art, consacre à. de Villenfagne a éié repro> duit dans la Riograpfne universelle de Michaud , dans X Annuaire nécrologique de Mahul (1826, p. 441), dans la Biographie liégeoise de Becdelièvre , el , avec des corrections, dans V Annuaire de C Académie royale de Bruxelles (i837).

4" Eléments de prosodie à Vusage des élèves du collège de Liège. Liège, in-12 (vers i827), anonyme.

5« Dissertation sur les Concordats par le comte de Lanjuinais, pair de France, etc., suivie du texte officiel de toutes les pièces formant les Concordats de 1801 et de 1827, et d'un Examen critique de la dernière convention.

Liège, 1827, in-8«.

&* Contrefaçon du Globe, célèbre recueil français (philosophique, politique et littéraire). Du 5 juillet 1827 au 51 décembre 1828, petit in-fol. (Cette publication cessa faute d'abonnés).

V OEuvres complètes de Walter Scott, trad. de Defauconpret. Liège Lemarié, 1827, 1829, 94 vol. in-12.

(') Travail refait et publié depuis par M. Ernest Van Bruyssel, secrétaire du bureau paléographiqne.

(•) Vi. CSi^iiSimt, Nécrotoge liégeoi»pour

[i) Id., Ibid, Le catalogue de la première bibliothèque vendue à Liège ne comprenait pas moins de 9,930 numéros.

CUÊ

Cette édition contient des rectifications et des notes dues à MM. F. Capitaine, Ch. de ChènedoUé et A. Lemarié.

8« Notice historique sur les évéques, leur origine, leurs prérogatives, etc., suivie du tableau complet, en latin et en français, des cérémonies usitées à leur sacre et à leur dégradation, et d*une liste chronologique des évéques et des suffragants du s ége de Liège.

Liège, Desocr, 18Î9, in-S*.

Brochure publiée à l'occasion du sacre de MP Van Bommel, évèque de Liège.

9^ Gulielmo primo Regium Leodiense gymnasium invisenti, etc. Liège, 1829, feuille in-plano (Pièce de vers hexamètres).

lO» Mesures proposées dans Vintérét des lettres, de la librairie et des bibliothèques de rEtat en Belgique, Liège, 18i0, in-8o.

Tiré k part de la Revue beige. De Chênedollé demande qu'aucun ouvrage ne puisse Atre annoncé par la presse s'il n'a été préalablement inscrit au Journal de la librairie, et que trois exemplaires des publications nouvelles soient déposés, avant la mise en vente, an secrétariat communal du domicile des auteurs.

Il<» Observations sur Vart. H du projet de loi relatif à la propriété littéraire en France, Ibid, i840, in-8*.

Complément du No précédent. « L'exemplaire destiné à la Bibliothèque royale devrait être présenté relié, lorsque Touvrage compte plus de 150 pages, et en demi-reliure, s'il est moins étendu. »

i2<> De la Belgique au 17 mars 184i, par un électeur. Liège 4841, in-8''.

L'auteur demande la dissolution des deux Chambres.

15** Supplément aux Promenades historiques du D' Bovy. Liège 1841,in-8o, avec portrait.

Ce volume, comprenant des extraits de la Bévue belge et des articles relatifs à Bovy, forme le t. II I des Promenades historiques (v. la Revue belge, t. XX, p. 109).

14o Lettre au Journal de Liège sur le prétendu 6* exemplaire de la première bible de Mayence retrouvé à S'-Trond (25 oct. 1842).

15* John Cockerill et le pont de Se-

raing (poème de 40 vers, avec notes).

Liège, 1843, in-8«.

16° Lettre inédite de Reynier. Liège, 1843, in-8o. — De Cbénedolié annonce qu'il prépare une nouvelle édition des Loisirs de trois amis (v. Fart. Destriveaux), et qu'il recueille les éléments d'un Essai de biographie liégeoise. Encore de beaux projets avortés.

17® Note biographique sur un passage de la notice que M, Ch. Morren a consacrée àP,de Candolle (Bull, de l'Acad.

de Bruxelles, t. X, 1" p., p. 241), 1843. — Dans le même Bulletin, t.

XIX, correction proposée pour le vers 43 de VÉpitre aux Pisons. Au lieu de :

Ut j^m nunc dicat jàm nunc debentia dici,

de Cbénedolié voudrait :

Ut jftm nunc dicat jiim nunc dicenda,diuque.

M. Bormans a consacré à cette correction un rapport de 20 p., et Ta déclarée inadmissible — Note pour servir à Vhistoire des sciences en Belgique pendant le XVIII* siècle (sur les travaux scientifiques de Neuray, curé de Slavelot). — Sur une découverte de monnaies gauloises faite à Fisenne (Luxembourg) en 1832; sur «ne inscription en vers latins du musée d'Aix (1841) ; sur un Ms. de la bibliothèque de Bourgogne (1843); deux pièces de vers inédites adressées au baron de Stassart et à Ph, Lesbroussart (1855).

1 8« Un grand nombre d'articles bibliographiques dans le Bulletin du Bibliophile belge, réunis en un vol. sous le titre de Mélanges littéraires, Bruxelles, Devroye, 1853, în-8«).— De Cbénedolié dirigea ce recueil de 1850 à 1852. Il y publia, entre autres, de Nouveaux mélanges inédits du baron de Yillenfagne.

19® Bibliographie générale des Belles morts ou vivants. Bruxelles. Leipzig, Muquardt, 1849, in-8«.

L'auteur principal de cet ouvrage est M. P. Roger, de Marseille, ancien sous-préfet et fondateur de VEurope monarchique (Bruxelles) ; de Cbénedolié y a travaillé avec MM. A. Pinchart et A. de Reume.

2^ Dans le Messager des sciences, etc., de Gand ; a. Le pont de la Meuse à Maestricht (note biographique sur Frère

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Romain, architecte), 185i ; b. Cause secrète de la perte de la bataille de Ramllies. (Détails curieux infirmant l*opinioQ de VoJtaire et de la plupart des historiens, et empruntés à la Vie de Charles VI publiée par le génovéfain OudîD, en 1780, dans VEsprit des journaux,

%i^ Simples conseils aux ouvriers, par un de leurs véritables amis. Bruxelles, Devroye, 185?. in-12.

Peiite brochure populaire, destinée à rappeler à l'ouvrier les bienfaits de l'ordre, du travail et de la tempérance. Elle a eu trois tirages. L'auteur nous a assuré, dit M. Capitaine, qu'il en avait été vendu 9000 ex. La Société générale pour favoriser F industrie nationale a souscrit, à elle seule.poar 500 exemplaires. — Il en a paru, en 1853, une traduction flamande (S tirages de \ ,000 ex. chacun).

2â<* Mémoires et souvenirs sur la Cour de Bruxelles et sur la Société belge depuis Tépoque de Marie-Thérèse jusqu'à nos jours, Bruxelles (Lessines), 1856, un vol. in-S^".

En collaboration avec M. P. Roger. Les portraits politiques de MM. Ch. et H. de Brouckere, le prince Joseph de Chimay, Ad. Decbamps, de Decker, B. Dumortier, Devaux , Frère Orban , Gendebien, Lebeau, le prince de Ligne, le comte F. de Mérode, J.-B. Mothomb, Ch. Rogier, le baron de Surlet, de Theux, Van de Weyer et J. Van Praet, qui terminent le volume, seraient plus particulièrement dfts k de Chènedollé.

25* Lettre à \sl Revue de la Numisma tique belge (1859): faut -il dire Numismate ou Numismatiste ?— De Chènedollé se prononce pour Numismate.

24" A la mémoire d^Edouard Wacken, par un de ses anciens professeurs, confident de ses premiers essais poétiques. Liège 1861, feuille in-8 (extr, de la Meuse du 15 avril). — C'est, paraît-il , la dernière production de Ch. de Chènedollé.

2&> Collaboration à ^Observateur de la Belgique^ au Mercure belge, à la Gazette de Liège de M. Latour, (1819- 1824); communications au Journal de

Liège, (avant 1844), k la Meuse et k YEtoUe belge ; art. dans la Biographie universelle de Michaud ; articles de critique littéraire dans la Revue belge , notices diverses, entre autres sur S. P. Q. R. (t. XXI, p. 86), traduction en vers 6'épigrammes de Martial (t. XXIII, p. 280 et 572, t. XXIV, p. 61 et 163), discours de distribution de prix, etc.

Le succès de la brochure citée n* 21 inspira au Gouvernement, en 1854, ridée de charger de Chènedollé de la rédaction d*un petit Traité de morale à l'usage des prisons ; mais ce projet n'eut pas de suite. Notre publiciste, d'autre part, conçut, comme nous Tavons dit, toutes sortes de plans qull n'exécuta jamais : nous renvoyons le lecteur au Nécrologe liégeois.

De Chènedollé avait été membre de la Commission administrative et Tun des fondateurs de la Société d'encouragement pour Vinstruction élémentaire (v. Tart. Arnould), et membre de la Commission directrice de IxRevue belge 1859-1845) ; l'Institut historique de France, la Société des Antiquaires de Normandie et la Société des Bibliophiles de Mons le comptaient parmi leurs associés.

Comlialre (JbAN-NiCOLAS) , né k

Liège le 30 janvier 1778, mort à Flémalle-Haute le 22 octobre 1857.

Son frère aîné, Mathieu-Nicolas, se fit un nom comme poète pastoral {*); r«lui-ci, avec des goûts littéraires non moins prononcés, se sentit cependant plus porté à sonder les secrets de la nature qu'à en célébrer les beautés.

Le professeur Charmant lui avait appris à aimer les anciens ; le professeur Christian sut l'enthousiasmer pour l'étude de la chimie et des sciences naturelles, et cette dernière influence fut décisive. Ses maîtres le prirent en affection; il en résulta qu à l'époque où il partit pour Paris, avec l'intention d'y commencer ses éludes médicales, on remarqua en lui une maturité précoce.

(M Cne intéressante étude sur M. N. H. Kuborn, a paru en iS57 dans t'ilnnuaire Comhaire^ due à la plume de M. le docteur de la Société d'Emulation de Liège.

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