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un esprit sainement cultivé, des aptitudes brillantes déjà nettement accusées. Il subit de brillants examens ; Duméril et Husson constatèrent dans le procès-verbal de son admission qu'il était très-versé dans les sciences anatomiques. il fut prosecteur de Dupuytren; sa thèse de doctorat est dédiée à cet homme illustre. Elle traite de l'extraction des reins et des conséquences anatomicO'physiologiques qui en découlent (1805). Ce premier travail fit sensation; le docteur Rullier, à Tarticle reins du Dictionnaire des sciences médi cales, en paria dans les termes les plus favorables. Gomhaire revint à Liège et ne tarda pas à s'y faire une notable clientèle. Mais la pratique de la médecine ne suffisait pas à son ardente activité; dès i806, sous les auspices de Tautorité, il ouvrit avec Ansiaux, à Tamphithéâtre S'-Clément, des cours publics et gratuits de médecine et de chirurgie ( * ). Bientôt de nombreux élèves, sur les certificats de ces deux hommes éminents, furent admis à Texa • men de docteur dans les diverses écoles de Paris ; d'autres subirent Texamen d*officier de santé devant le jury départemental. L'école fondée par Ansiaux et Comhaire fut, pendant dix ans, un des centres scientifiques de la Belgique réunis à l'Empire. « Lors de la création » des Universités belges en 1816, la » réputation des professeurs de l'école » de Liège, les avantages évidents que » leur enseignement avait répandus » dans une grande partie delà Belgique, » fixèrent le choix du gouvernement, et » l'un des grands centres d'instruction » fut établi dans cette ville. Ce sont » donc les travaux d'Ansiaux et de son » digne collègue et ami Comhaire, ajoute » le docteur Habets('), qui nous ont » en quelque sorte dotés de moyens » d'instruction inappréciables... nCornhaire compléta son œuvre en fondant un cours de clinique interne à l'hôpital
de Bavière (1811). On voit que le gouvernement trouva sous la main, le moment venu, les éléments essentiels d*une bonne Faculté de médecine. Comhaire fut nommé en 1817 professeur à l'Université, avec mission d*enseigner, pendant le semestre d'hiver, Tanatomie et la physiologie, et en été, la matière médicale et la clinique interne. Plus tard , il remplaça l'enseignement de l'anatomie par celui de l'hygiène : il s'était depuis longtemps occupé d'une manière particulière de cette science, dont la haute importance n'avait pu échapper à un esprit aussi élevé et aussi clairvoyant. Il recueillait avec le plus grand zèle des observations météorologiques, et mettait autant de soin minutieux à observer les faits, que de prudence à en tirer des conclusions. Il sut acquérir le respect et la confiance de ses élèves par sa dignité personnelle, par la clarté et la solidité de son enseignement, par son dévouement et son activité infatigables. En dehors de l'Uversité, son exemple et ses travaux scientifiques exercèrent une influence féconde sur le Corps médical. Il fut un des plus zélés propagateurs de la vaccine ; il remplit les fonctions de secrétaire du Comité institué à cet effet. Comhaire fit partie, en la même qualité, de la Commission médicale provinciale; l'administration lui conféra, en outre, le titre d'inspecteur de la santé publique. Membre honoraire de la Société de médecine de Liège, correspondant de celles de Louvain et de Bruxelles, il rendit de nombreux services aux sociétés qui l'accueillirent dans leur sein. En 1811 et en 1819,11 présida le Comité des sciences de la Société d'Emulation.
Il fut l'éloquent organe de ce Comité, lorsqu'il prononça en séance publique, le 25 avril 1821, un discours sur la vie et les travaux de son ami le docteur Nysten, dans le but d'obtenir Finscription honorabk du nom de l'auteur du
( ' ) La même année, le docteur Ramoux rétablit, ài la Malernitd, le cours sur l'art des accouchements qui avait été fondé, vers la fin du siècle dernier, par Fallize, sous la surveillance de la Société d'Emulation, et supprimé pendant la tourmente révolution-
naire. V. Ul. Capitaine, Notice historique sur la Société cCBmulation (Annuaire de 1886, p. 51).
(■) Notice sur N. G, A, J. Ansiaux, LiégeiSlâ, in-S», p. 13.
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Dictionnaire de médecine dans la galerie des illastrations liégeoises, qui, comme on sait, donne à la grande salle de la Société le caractère d*une sorte de panthéon local. Le nom de Nysten y fut effectivement inscrit en lettres d'or, comme plus tard celui d^Ânsiaux. On doit à Comhaire, outre sa thèse, un assez grand nombre de travaux divers :
i"» De Anatomiày discours inaugural prononcé le 3 novembre i8i7 (Ann.
Acad. Leod. vol. 1) ; 2"" Constitution météorologico-médicale observée à Liège en i816 (Liège, 1817, in-8«); 3° Notice historique sur le docteur Nysten (Liège. 1822, in-8<>); 4° De vanitate systematum in clinice medicâ, discours prononcé le 9 octobre 1826, à Toccasion de la remise du rectorat, dignité qu'il avait revêtue le 10 octobre de Tannée précédente (Ann. Acad. Leod. vol. 9); 5° Rechercha physico-médicales sur remploi et Vaction du sulfata de quinine (1850), ouvrage dédié à M. Andral, professeur à la Faculté de médecine de Paris (Comhaire est le premier qui, en Belgique, ait employé ce médicament); 6® De nombreuses observations, consignées dans les principaux journaux de médecine de Paris. — Enfin Comhaire a laissé un précieux recueil, malheureusement inédit, d'observations météorologiques (sous forme de tableaux), commençant en 1804 et se prolongeant Josqu^à Tannée même de sa mort.
Sources : Ul. Capitaine , Notice sur la Société d^Emulation. — A. Habets, Notice sur Ansiauj;. — Piron, Algemeen Levensbeschryving.eiv, Malines, 1860, in-4». — Journaux de 1837. —
Renseignements fournis par M. N. Ansiaux.
courtou (Richard-Joseph) naquit à Verviers le 17 janvier 180G et mourut à Liège le U avril 1835. Une rue de cette dernière ville porte aujourd'hui son nom (') ; son portrait figure sur le diplôme de la Société royale d'horticulture de Liège, parmi ceux des grands botanistes qui ont illustré le pays (*) ; mais autant ces honneurs ont été légitimement conquis par lui dans le court espace d'une carrière de vingt-neuf ans, autant cette carrière elle-même a été pénible et douloureuse. La vie de Courtois peut se résumer en deux mots :
dévouement iniatigable à la science, lutte incessante contre la misère. On ne peut rappeler le souvenir de ses travaux et de ses souffrances sans partager Témotion de son biographe Ch. Morren, dont nous ne saurions mieux faire que de suivre le récit (').
Courtois père était un petit fabricant de draps, peu aisé, chargé d'une famille nombreuse et ne pouvant donner à ses treize enfants une éducation soignée.
Une circonstance toute vulgaire détermina la carrière du jeune Richard.
« Placé dans une petite école d'enfants, à quatre ans il savait lire couramment; hors des heures de classe, il allait jouer avec ses camarades aux abords si pittoresques de sa jolie ville natale. On sait que Verviers était l'habitation du Nestor de la botanique belge, le docteur Lejeune (*), qui préparait vers ces années sa Flore de Spa, ^iuhWèe
(' ) Derrière le jardin botanique, entre la rae Fuach et la rue des Anges.
{ *) Cet hommage a été rendu k sa mémoire sor la proposition de Ch. Morren.
( * ) Notice sur A. Courrou, dans V Annuaire de tAcad, roy, de Belgique , année 1838, p. 105-139, et année 1839, p. 91-93.— Une autre notice plus courte a paru dans le Messager des arts, etc. de Gand (nouv. série, S* livr., p. 345}; elle renferme quelques inexactitudes. — Le travail de Ch. Morren a été réimprimé dans la Biographie liégeoise de Becdelièvre, t. Il, p. 73i-75i.
{*) Lejeune (Alexandre-Louis-Simon), né k Verviers le S3 décembre 1179, y mourut le 38 décembre 1858.
Nous aurons l'occasion, ci-après, de dire un mot de quelques-uns de ses travaux , entrepris en collaboration avec Courtois. Le professeur Kickx, de Gand, lui a consacré une notice intéressante dans le tome XI de la Belgique horticole (Repr. dans VAnnuaire de l'Acad, royale de Belgique). — Voir aussi le Nécrologe liégeois de H. Ulysse Capitaine, 1858, p. 69-79 et 1860. p. 85.
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en 181 1 ( * ). Dans ses visites médicales, il descendait souvent de cheval pour herboriser et recueillir les nombreuses espèces de plantes que produit un aussi beau pays, tout entrecoupé de montagnes, de vallons, de ruisseaux et de rivières. Le Jeune Richard, tout enfant qu'il était, avait remarqué ce manège ; sa curiosité fut vivement piquée ; son intelligence naissante mais si précoce, se demandait ce qu'on pouvait voir de si attrayant dans les fleurs. Rencontrant souvent M. Lejeune, il quitte ses compagnons de jeu, longe les berges des chemins et se hasarde enfln à demander un jour à notre botanographe la permission de tenir la bride de son cheval. Son but n'était que de voir de plus près pourquoi et comment les fleurs occupaient tant M. Lejeune. Il comprit alors que leur diversité, leurs formes si gracieuses se multipliaient en quelque sorte par leur dissection; la curiosité, si naturelle aux enfants, si utile à l'homme fait, fournit dès lors à Courtois d'intarissables jouissances dans la contemplation de tant de beautés. Il n'osait pourtant souffler mot; mais M. Sister.
l'instituteur, avait remarqué le goût qu'il portait désormais aux fleurs et la constance qu'il mettait à suivre, de loin, le botaniste qui devait bientôt devenir son protecteur; il en parla à M. Lejeune ; celui-ci interrogea le petit Richard et le prit en affection. Richard avait alors six ans; M. Lejeune le fit entrer au collège, et un an après, son protégé remportait le prix dit du drapeau (*) o. Stimulé par un premier succès, l'enfant
continua de se distinguer dans ses études; l'excellent docteur l'envoya au collège de Liège pour y terminer ses humanités ; Richard en sortit à 14 ans, chargé de couronnes, mais inquiet de l'avenir. L'abbé Roland, qui avait dirigé ses études, à Verviers, le destinait k l'état ecclésiastique. Or l'enfant ne se sentait aucune inclination pour la théologie; son désir eût été d'aborder à l'Université de Liège les études médicales : mais ses parents ne pouvaient s'imposer un pareil sacrifice. Le docteur Lejeune fut encore sa providence ; il s'entendit avec un autre homme généreux, M. Génin, marchand de laines , le même à qui le célèbre violoniste Vieuxtemps doit aussi en partie son avancement ('), et tout fut dit. A l'Université, Denzinger (v. ce nom) remarqua bientôt sur les bancs un tout jeune élève qui se distin^ait entre tous ; il le fit venir chez lui , le traita comme son propre enfant et le poussa plus avant dans Tétude du latin. Richard, apprit à manier cette langue avecaisance et élégance; il se mit k rédiger en latin des thèses pour ses condisciples, et trouva ainsi le moyen de faire quelques économies (*), Reçu candidat en médecine, il fut nommé chef de la clinique interne à l'hôpital de Bavière. Il y resta deux ans , mais s'occupa de botanique plus volontiers que de médecine ; cependant il subit son dernier examen avec la plus grande distinction, le 20 juin 1825. Nous venons dédire que Tétude des plantes était restée sa passion ; il finit par s'y consacrer entièrement Pendant son séjour à l'hô-
(« ) Liège, S vol. in-8«, 1811-1813.— En 18S4 parut une ff«vii« de cet ouvrage, contenant des additions et des modiflcalions : le nom de Courtois figure parmi ceux des personnes dont l'auteur avait reçu des commu nications. Dès l'année suivante, Courtois était devenu le collaborateur inséparable du docteur Lejeune.
(') Morren, p. 108-109. — Le prix du drapeau dtait un prix d'excellence ; on conduisait le lauréat chez lui, en cortège, drapeau en tète.
(') Ch. Morren l'appelle M. Gémie; c'est une faute d'impression fv. dans VAnnuaire de la Société d'Emulation de Liège, année
1867, la notice de M. J. Renier, de Verviers, sur Yenfance de Vieuxtempe, p. S05-218).
(*)«Pius tard, dit Ch. Morren , lorsque le malheur vint assiéger son foyer domestique, le papier de ces thèses lui servait de feuilles d'herbier; j'ai trouvé sur les marges de ces publications des notes fort intéressantes pour la flore du pays. Pouvait-il imaginer, le jeune Courtois, qu'alors qu'il serait devenu professeur, il serait à court d'argent pour acheter du papier, et que les mêmes pages qu'il vendait à des élèves incapables deviendraient le dernier véhicule de sa pensée ? > (p. 109} .
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pilai, il avait remporté (7 octobre 182S) la médaille d*or au concours ouvert par lUniversité de Gand sur la question suivaote: On demande une exposilion succincte de nos connaissances actuelles sur foriginef la situation, la structure et la fonction des organes servant à la propagation chez les plantes phanérogames. Ce n'était qu*un travail d*élève, mais remarquable déjà par une logique serrée, par une disposition claire et méthodique, par un style concis et par une saine érudition ; on y sentait 1 influence de Tesprit germanique, l'influence de Denzinger et de Gaëde (v. ces noms). Ce début fut remarqué, et une liaison de plus en plus intime avec le docteur Lejeune rendit Courtois de plus en plus indifférent à Tart d'Uippocrate. Malgré la différence d'âge, Lejeune, qui avait conçu l'idée de publier une flore du pays en plantes sèches, un herbier mis en fascicules , choisit Courtois comme collaborateur. C'était en i825; Richard était sur le point de se faire recevoir docteur en médecine ; néanmoins, il accepta avec enthousiasme la proposition de son protecteur et se mit à parcourir, en herborisant, toutes les localités de la contrée. Ces courses lui offrant l'occasion de recueillir des renseignements de toute espèce , Lejeune lui donna lldée de recueillir, chemin faisant, les matériaux d'une statistique provinciale. Ainsi s'explique, pour le dire en passant, le choix du sujet de la thèse de Courtois : Topographie physicomédicale de la province de Liège. Position géographique, constitution géologique et minéralogique, marais, cours d'eau, eaux minérales (liste très-complète) , flore et faune, météorologie , constitution physique et morale des habitants, hygiène, maladies et épidémies, hospices, etc.. Courtois nota, observa tout: on regrette que cette dissertation, fourmillant de faits curieux et peu connus, soit devenue rare au bout de peu de temps, et surtout qu'elle n'ait point été traduite en français. Quant au Choix des plantes de la Belgique, il en a paru, de 1825 k 1850, 20 livraisons de
50 plantes chacune, soit 1,000 plantes parfaitement classées et élégantées , quelquefois décrites par les deux auteurs.— La Statistique de la province vit le jour en 1828 (2 vol. in-8o). Courtois s'attachait surtout à la topographie, à la géographie et à l'histoire naturelle. Son cadre n'embrasse ni la criminalité, ni l'instruction publique, ni rien de ce qui tient à la vie sociale ; mais comme description du pays et de ses ressources naturelles, l'ouvrage est aussi complet, aussi exact qu'on peut le désirer, et aujourd'hui encore il soutiendrait le parallèle avec les meilleurs du genre.
A l'époque où il le publia, Courtois était depuis trois ans attaché à l'Université de Liège, en qualité de sousdirecteur du jardin botanique ( * ) ; il relevait du professeur Gaêde. Son horizon commençait à s'étendre : il pouvait se livrer à loisir à ses études chéries et ses relations scientifiques devenaient de plus en plus nombreuses. 11 travaillait toujours avec Lejeune. Ils donnèrent au public, dès 1827, le premier volume du Compendium florœ Belgicœ, recueil où les résultats des investigations de tous les botanistes belges étaient réunies pour la première fois en un faisceau, et enrichis des propres recherches des deux auteurs. L'ouvrage forme trois volumes : le second parut en 1831, le troisième en 1836 seulement, après la mort de Courtois; 1791 espèces y sont décrites, les cryptogames cellulaires comprises. « La description des espèces, dit Ch. Morren, y est souvent originale; les localités y sont indiquées avec soin, les synonymies revues aux sources mêmes ; après tout, cet ouvrage mérite encore la préférence sur tous ceux que nous possédions déjà (*) ».
Res angusta <iemi, c'était le revers de la médaille. Avec son modique traitement, qui le mettait presqu'au niveau du jardinier en chef. Courtois ne parvenait pas à nouer les deux bouts de l'année. Etudiant , il avait su vivre de privations ; mais la situation n'était plus la même; en 1828, il s'était marié à Veniers, sans calculer, ne consultant
(') Sa nominalioQ date da l** décembre
{•)?.iiA.
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que son cœur. Il se rappela donc qu*U était médecin, et pour se faire connaître comme tel, publia deux traductions d'ouvrages allemands, dûs à des professeurs de rUniversité de Wûrzbourg.
Les efforts quHl dut faire pour chercher à se procurer une position indépendante, tout en conservant ses fonctions et en poursuivant ses travaux scientifiques, développèrent en lui le germe fatal de la phthisie pulmonaire qui Tenleva avant Tâge. Ajoutons qu'il ne parvint Jamais à s'affranchir des préoccupations du lendemain; son logement plus que modeste, au Jardin botanique, était en rapport avec son train de vie. Les angoisses de la misère finirent par l'aigrir et par lui faire commettre une grave imprudence. Nous ne qualifierons pas autrement la démarche qu'il fit auprès du ministre pour obtenir la chaire de Gaéde, son professeur : l'arrêté du 16 décembre 4830, en apportant de grands changements dans le personnel enseignant de l'Université de Liège, n'avait point pourvu, par une circonstance inexplicable, à la nomination d'un professeur des sciences naturelles, ou au maintien de l'ancien titulaire : Courtois crut pouvoir en conclure que Gaëde avait par cela même reçu sa démission, comme d'autres étrangers, il se trompait: au bout de quelques jours, Gaëde fut réintégré dans ses droits, et naturellement il n'y eut plus dès lors que des rapports légaux entre le directeur du Jardin botanique et son subor donné. Gaéde mourut le 2 janvier i854 ; la demande de Courtois devenait alors légitime; mais le gouvernement avait pris la résolution de ne point nommer
de nouveaux professeurs avant la promulgation d'une loi organique de l'enseignement supérieur. Sur l'avis du Collège des assesseurs, l'héritage de Gaëde fut divisé : Courtois obtint provisoirement le cours de botanique ; Carlier ( * ), remplacé plus tard par Schmerling , celui de géologie ; Fohmann , l'anatomie comparée ; enfin Davreux ( '), la minéralogie. Il ne fut pas donné au malheureux Richard de former de nombreuses générations d'élèves : le mal qui le rongeait prit graduellement des proportions graves ; il y succomba quelques mois avant la réorganisation universitaire. Ses derniersjours même ne furent pas tranquilles ; soupçonné à tort d'avoir prêté la main à certaines menées politiques, il fut un instant sur le point de perdre son emploi. Il lutta jusqu'au bout contre la mauvaise fortune, travaillant toujours avec une ardeur qui devait accélérer les progrès de sa maladie, ne parvenant pointa recueillir les fruits de ses peines ; « aimant les autres, dit son biographe, et n'en étant point aimé. » Aussi bien sa manière d'être ne prévenait pas en sa faveur ; pour l'apprécier, il fallait le pratiquer de très-près. Il connaissait peu les ménagements : sa rude franchise lui fit souvent du tort. « Il était sec, comme une. phrase spécifique de Linné, mais aussi, comme elle, précis et juste, frappant d'aplomb et allant au cœur de la vertu s'il avait à la louer, du vice s'il avait k le combattre Ce genre de précision dans l'esprit, exprimée par une parole quelquefois un peu âpre, ne devait pas lui concilier l'amitié de tout le monde ; mais si le botaniste de Vervierfi n'eut pas ce bonheur, souvent peu
( * ) Préparateur à l'Université.
(*) Davreux (G.-J.), pharmacien à Liège, professeur à l'Ecole industrielle de celte ville, n'a fait qu'une apparition à l'Université. Il a fourni, depuis, une carrière des plus honorables et a rendu de véritables services à la science. On lui doit non seulement un Cours de chimie et de minéralogie (in-8<>), fort estimé en son temps, mais encore un Essai sur la constitution géognostique de la province de Liège, mémoire couronné par l'Académie de Bruxelles (t. IX.de la coll., i^ partie, p. 137). Davreux fut longtemps secrétaire de la Commission n édicale de la
province et président de la Commission administrative des hospices civils de Liège. Il prit une part très>active aux travaux de l'Académie royale de médecine, où il entra en 1854 en qualité de membre titulaire. Les services qu'il rendit en 1849, lors de l'invasion du choléra, lui valurent la croix de Léopold. Dans ses loisirs, il s'occupait avec succès d'histoire et d'archéologie liégeoises. Né à Liège en 1806, il y mourut presque sexagénaire, universellement regretté pour les qualités de son cœur non moins que pour son mérite scientifique.
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désirabte en lui-même, du moins il fut honoré de Testime de tous ceux qui le connurent. Sa vie est peut-être semée de quelques traits sur Tappréciation desquels on n'est pas précisément d*accord; mais je dois à la vérité, continue Ch. Morren (*), de déclarer ici que Courtois mettait Famour filial au-dessus de tous les devoirs. Des banqueroutes et la révolution avaient détruit Tindustrie de son père, qui expédiait ses draps en Hollande ; cette nombreuse famille souffrait d'une gène continuelle. Richard seul venait \ son secours, et à peine avait-il recueilli quelque récompense de ses travaux, que, sans s'inquiéter du lendemain pour lui-même, il allait de gailé de coeur donner à ses parents ce qu'il avait reçu. Les dernières années de sa vie sont remplies d'actions touchantes et qui devraient à jamais fermer la bouche à ses détracteurs. Ce n'est pas sans doute le dehors qui doit nous donner l'estime de nos concitoyens, et si quelque chose est tout l'homme, ce ne doit être que le cœur, que l'âme, que la conscience enfin, dont la moralité est celle des actions elles-mêmes. »
Courtois était correspondantde l'Académie royale des sciences et belleslettres de Bruxelles, membre de l'Académie impériale Leopoldino- Caroline des Curieux de la Nature (sous le nom de Dodonée H), de la Société royale de botanique et d'agriculture de Gand, de la Société d'horticulture d'Anvers, delà F/ore de Bruxelles, enfin secrétaire de la Société d'horticulture de Liège. Il justifia le préndm que lui av;nt décerné I Académie Leopoldino-Caroline, selon l'usage traditionnel, par une élégante dissertation in Remberti Dodonœi pemjh tades (1855), a dans laquelle il établit une synonymie complète entre les noms que portaientles plantes au XVI' siècle, tels qu'on les trouve dans les ouvrages de Dodonée, etceux que la nomenclature actuelle leur attribue. A ce mémoire est jointe Ténumération des espèces Indigènesetexotiques cultivées au jardin de 1 infirmerie de la célèbre abbaye de Diilighem, en 1653, d'après l'herbier
du frère Bernard Wynhouts (•). Ce travail est fort curieux pour Thistoire du commerce et de l'horticulture ancienne de notre pays; c^r il démontre, comme son auteur le fait remarquer, que la Belgique voyait cultiver à cette époque une foule de plantes très-rares, surtout de Curaçao, des Moluques, du Brésil, etc. )) Le titre de membre correspondant de l'Académie de Bruxelles fut obtenu par Courtois à la suite de l'envoi d'un mémoire (6 décembre 1854) sur les tilleuls d'Europe^ le dernier de ses ouvrages. « A la même époque, je dirais au même jour (nous laissons encore parler Ch. Morren), M. Edouard Spach remit à Paris, aux directeurs des Annales des sciences naturelles, un travail sur la même matière ; l'histoire de ce bel arbre, si abondamment cultivé dans les sites pittoresques de la province de Liège, n'en deviendra que plus difficile. L'un et l'autre de ces botanistes ont, comme on le pense bien, créé des espèces nouvelles. M. Hosl, premier médecin de l'empereur d'Autriche, décédé en avril 1854, avait déjà précédé les auteurs dans la détermination des espèces confondues par Linné sous le nom de Tilleul d'Europe. Cet arbre méritait une attention particulière. Courtois le regardait, d'après M. de Candolle , comme celui qui, en Eurot)e, pouvait atteindre les plus grandes dimensions.
On cite cependant des Pins sylvestres et des Frênes (Fraxinus excc'lsior) de 150 pieds de hauteur, tandis que la plus longue branche du Tilleul de Neusladt dans le Wurtemberg, dont on estime l'âge â 700 ou 800 ans, ne mesure que iOO pieds de longueur. Il est très-remarquable que les espèces nouvelles citées par Courtois ont toutes été trouvées dans la même avenue d'une petite ferme des environs de Verviers. »
Courtois exerça une grande influence sur l'horticulture et l'industrie des jardins, dans la province de Liège.
Son nom reste inséparable de celui de Jacob-Makoy , cet homme d'une volonté et d'une persévérance indomptables, qui, abandonnant tout d'un coup
( * ) P. 12S. notice, cet herbier appartenait au professeur
V* j A l'époque où Ch Morren écrivit sa Kickx (p. ii9).
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le pic du bouilleur pour la bêche du jardinier, sans savoir un mot de latin, mais doué d'one mémoire sûre et plein de confiance dans sa bonne étoile, sMnitia en peu de temps à la connaissance des plantes et de leur culture, fonda les premières serres modèles que Liège ait construites, devint le premier jardinier du continent et répandit ses produits dans les deux hémisphères.
Jacob-Makoy fut, avec Courtois, le fondateur de la Société d'horticulture de Liège, dont Gaêde occupa le premier le fauteuil présidentiel. Courtois était son secrétaire. Lors du premier voyage de Léopold 1*' à Liège, le roi visita les serres de Jacob-Makoy, et grâce à sa libéralité, Richard put visiter les serres de Claremont et d'autres établissements horticoles de TAngleterre, d*où il rapporta un grand nombre de plantes rares. Les observations du jeune voyageur furent recueillies dans le Magann d^ horticulture^ et les conseils qu'il donna aux Anglais sur la taille des poiriers et des pommiers, traduits dans leur langue, profitèrent aux jardiniers de la Grande-Bretagne et des Etals- Unis d'Amérique ( * ). Un jardinier anglais, dont il n'avait pas loué les méthodes, crut cependant devoir protester dans un article assez vif, publié â Londres et à Paris ; Courtois lui répondit en deux pages , où il fit l'apologie des cultures du jardin Botanique de Liège, injustement critiquées par l'écrivain étranger. — Voici , d'après Ch. Morren, la liste des ouvrages de notre infortuné botaniste.
1® Richardi Courtois, Ververiensis, Responsio ad quaestionem botanicam ab ordine matheseos et philosophi»
naturalis in academiâ Gandavensi , anno 4821 propositam : Quceritur concinna expositio eorum , quœ de organorum propagationi inserventium phanerogamicorum ortu^ «t/u, fabricâ et fonctione innotuerunt, Ann. Acad. Gandavensis, 1821-4822, 113 p. in-K
2^ Conspectus topographie physico-
medicœ provlnci» Leodiensis. Liège, 1825, in-4<» (Thèse inaugurale).
y Yerslag van een plant en landbouwkundig reisje , gedaan in julij 182G , langs de oevers der Maas , van Luik naar Dinant, in de Ardennes en het groot hertogdom LuJiemburg {Bijdragen tôt de naturk. wetenschapen ^ de Van Kall, Vroiik et Mulder (t. Il, p. 450-479, 1827, in-8«).
Relation d'un voyage entrepris tvec Rronn (v. ce nom;. Instractive pour les fleoristes.
4« Aanteekeningen over enige planten der Zuidenlandsche Flora , en voornamlijk der Flora van de omstreeken van Spa (Ib, p. 292-299).
Le doctear Lejeune a travaillé à celle notice.
5** Verhandeling over de Renunculaceœ der Nederlandsche Flora (Ibid.
Même observation.
6* Beschrijving van twee plantaardige miswassen {Ibid, p. 226-227).
C'est l'histoire d'une prolification de VErysimum Cheiramhoidei et celle d'une semblable anomalie dn Veronica monstruota {média).
7» Overzigt van de minérale wateren en warme bronnen van het Nederland en een gedeelte van Pruisseu (Ihid. t.
IV, p. 19-55).
Statistique très-complète des eaux minérales et thermales de la Belgique.
8<* Compendium florx Belgicae , cozyunctis studiis ediderunt A. L. S.
Lejeune et R. Courtois. T. T. Liège, 1827, 264 pages, petit in-8o. — T. Il, 1834 , 520 p.; T. III, 1856 (publié à Verviers après la mort de Courtois).
9^ Recherches sur la statistique physique, agricole et médicale de la province de Liège. Verviers, 1828, 2vol.in-8<».
Au S* vol., après la page 281, s'ajoutent 14 tableaux non numérotés el un supplément de S3 p. avec une pagination particulière. — L'Université de Liège possède l'exemplaire
( * ) De l'influence de la Belgique sar l'industrie horticole des Etats-Unis, par Ch.
Morren. Liège, 1837, in-S».
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de l'auteur avec une foule d'annotations et de corrections, surtout au premier volume, des tiné i une seconde édition.
lO"" Mémoire sur la population des villes de la province de Liège, i839, i8 p. in-8», et 7 tableaux.
Publié chez Vandermaelen. [Recueil de documents statistiques de Belgique).
il*» Mémoire sur la dyssenterie, par le prof. Frederick de Wurzbourg, trad. de Fallem. sur la 2« édition.
Liège, i 828. in-8o.
\^ Mémoire sur Tauscultation appliquée à la grossesse, par G.-S.
Haus, D. M. à Wurzbourg, trad. de Tallemand, Liège, 1828, in-8*.
45** Catalogues et Procès-verbaux de la Société d*Horticulture de Liège, i850àl854.
U« Magasin d'horticulture. Liège, CoUardin, 4852-1853, un vol. ou 42 livraisons în-8^.
La première livraison du second volume (4-3) a paru en 4834.
4:;o Commentarius in Remberti Dodonaei peroptades, 80 p. in-4° (Ann.
Acad. Cœs. Leop. Car. nat. curios..
vol. XVil, 4855).
Le second commentaire occupe les o. 65
46* Lettre au directeur du Journal d^Horticulture de Paris {Journal de VAcad. d'Hortic, de Paris, t. II, nov.
Réponse intéressante pour Tbistoire de lliorliculture en Reigique, à une attaque fort injuste d'un jardinier de Londres.
47* Mémoire sur les tilleuls d'Europe. Bruxelles, Hayez, 4855, 48 p.
in-4*>, et 5 pi. (Mém de VAcad. royale de Bruxelles, l. X).
Maniscrits. — 4» Bibliotheca bolanica. Circiter fasciculi, LX.
Courtois travailla plus de dix ans à cette Bibliographie générale de la botanique, conservée par M. Fiess, bibliothécaire en chef de l'Université de Liège. Les littératures belge et hollandaise, trop négligées par
les étrangers, y sont admirablement traitées. L'auteur a mis à profit les meilleurs recueils publiés en Allemagne et en Angleterre. 11 est très-regrettable que cet ouvrage n'ait pas été publié : continué sur le même plan jusqu'à nos jours, il intéresserait l'Europe entière.
2® Tableaux d'organograpbie végétale, in-fol. piano.
Ch. Morren nous apprend que plusieurs articles ou mémoires de Courtois ont été reproduits en Amérique, où ce jeune savant avait plus de notoriété que dans sa patrie. C'est ici l'occasion de dire, ajoute notre biographe, que son Mémoire sur la Géographie botanique est connu dans tous les pays ou le goût des cultures savantes a pénétré.
I»an<lelln (GkRMINAL-PiKRRB) , Uè
au Bourgetprès Paris, le 42 avril 4794, mourut à Ixelles lez-Bruxelles le 45 février 4847. C'est à M. Quetelet que nous demandons Tbistoire de sa vie ('), à M. Quetelet, son ami d'enfance, le confident et souvent le promoteur de ses travaux, et comme il le disait luimême, son frère d'adoption. Le père de Dandelin était Bourguignon ; sa mère, née aux Ecaussines, le rattachait k notre pays. Il était encore enfant lorsque ses parents vinrent s'établir en Belgique (*). Il entra au Lycée de Gand en 4807, lors de la création de cet établissement ; dès la première année, il y reçut les galons de sergentm:gor, a grade le plus élevé dans cette petite colonie semi-militaire, n Ses études furent troublées par l'attaque de l'Angleterre contre l'île de Walcheren.
Il s enrôla comme volontaire dans la première compagnie des gardes nationales de l'Escaut, obtint le grade de sergent, resta sous les armes jusqu'au départ de l'armée d'invasion, décimée par la fièvre des polders, puis revint se mettre sur les bancs du collège, d'où il sortit en 4845 avec le premier prix de mathématiques spéciales. Admis au mois de novembre à l'Ecole polytechnique, il fut rappelé sous les drapeaux par le décret de mobilisation qui parut
{*) Wotice sur C.-P. Dandelin [Annuaire de VAcadémie royale de Bruxelles, année 4848, p. 195-466;.
(*) Son père fut attaché à la préfecture du département de l'Escaut par Faipoult, plus tard ministre des finances en Espagne.
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vers la fin de cette même aimée. Le 50 mars 1814, il fut blessé d'un coup de lance au combat livré sous les murs de Paris ; pendant les Cent-jours, il mérita par sa belle conduite la croix de la Légion-d'Honneur, qui lui fut envoyée avec une lettre très-flatteuse du célèbre géomètre Carnot, alors ministre de rintérieur. Il ne reparut que peu de temps à TEcole, Carnot ayant voulu rattacher à sa personne. La bataille de Waterloo força le ministre de s'expatrier; Dandelin rentra en Belgique où il avait toute sa famille, mais refusa de prendre du service aux Pays-Bas, dont le régime ne lui plaisait pas, à raison de ses préventions napoléoniennes. Un instant il eut ridée d'émigrer aux Etats-Unis, où il entrevoyait une carrière ; enfin il resta parmi nous, et c'est surtout i partir de cette époque qu'il devint l'inséparable de M. Quetetet, son ancien condisciple du Lycée. Ils passaient leurs journées ensemble, cultivant à la fois les mathématiques et la poésie.
L'idée leur vint de composer pour le théâtre : l'opéra de Jean Second fut représenté deux fois sur le théâtre deGand avec un certain succès que Dandelin n'attribua qu'à la bienveillance du parterre, bien que réellement sa musique fût agréable et le tour de ses vers parfois plein de charme (*). Les deux amis en revinrent donc aux sciences. Dandelin, appartenant â une famille nombreuse, dut songer à l'avenir ; le général-duc Bernard de Saxe-Weimar , qui avait remarqué son talent, lui fit obtenir des lettres de grande naturalisation (4 avril 1816) et le brevet de sous-lieutenant du génie (46 avril 1847). On l'envoya â Namur, où il fut employé à la construction de deux lunettes voisines de
la citadelle, dont l'une a conservé son nom ('). C'est à Namur, ajoute M.Quetelet, que Dandelin écrivit la plupart de ses ouvrages mathématiques les plus remarquables. En mai 1815, il avait fait insérer dans le t. III de la Correspondance sur VEcole polytechnique la solution de deux problèmes de géométrie : c'était le seul signe de vie qu*il eût donné au public savant; un mémoire sur quelques parties de la géométrie , présenté au mois de mars 1817 à l'Académie de Bruxelles , avait obtenu peu de succès et était resté manuscrit. Il en serait probablement resté là sans M. Quetelet. Celui-ci publia, en 1819, pour être promu au doctorat en sciences, une dissertation sur la focale\ courbe nouvelle jouissant de différentes propriétés. L'une se rapportait aux foyers des sections coniques ; Fauteur montrait que, sur le cône droit, la distance des deux foyers est égale à la différence des deux rayons vecteurs^ menés du sommet du cône aux deux extrémités du grand axe de la courbe, quand c*est une ellipse ; et à la somme^ quand c'est une parabole. Dandelin reçut naturellement un exemplaire du travail de son ami et s'empressa de l'examiner à fond. (( J'ai justement sous la main les œuvres de Pascal , écrivait-il à M. Quetelet ; le rapport qui existe entre vos idées et les siennes me fournira un point dedépart pour mes observations. »
Une correspondance active s'engagea :
Dandelin découvrit deux générations nouvelles de la focale et résolut une foule de problèmes intéressants. Les deux savants poursuivirent parallèlement leurs études : « pour la première et la seule fois de sa vie, Dandelin songea à mériter quelque réputation par
( * ) Ce succès faillit être compromis, à la première représentation, par un incident tout à fait inattendu. « Le père de Dandelin, qui ne se souciait que médiocrement de nous voir suivre la carrière dramatique, dit M. Quetelet, avait promis d'ameuter tous ses amis contre nous et de faire siffler notre pièce chérie. Toutefois, au moment du danger, sa tendresse paternelle se réveilla et, pendant la représentation même, il voulut rassurer son fils. Mais, en le cherchant aux •bords du théâtre, il se trompa de route, et
fit subitement une entrée de scène, à la grande surprise des acteurs et des spectateurs, qui furent pris de l'hilarité la plus bruyante » (p. 43t). Trois opéras avaient été commencés en même temps : Jean Second, let Troubadours et le Railleur, Péchés de jeunesse très- pardonnables ; Carnot lui> même avait donné l'exemple à Dandelin en composant des poésies légères, voire la chanson de Madame Gertrude, {*) Quetelet, p. ISS.
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ses travaux mathématiques. » Un plan d*étodes suivi fut adopté; M. Quetelet, c|ui avait déjà communiqué à TAcadémie, en i820, un Mémoire sur une nouvelle théorie des sections coniques considérées dans le solide (*), reprit ses recherches avec plus d*ardeur, et Dandelhi présenta son mémoire sur la focale parabolique, soigneusement revu , à la même Compagnie, en 1822 ("). Ce travail trèsdistingué lui valut sans retard un fauteuil d*académicien ('). Il y donnait une démonstration simple et élégante de la propriété que M. Quetelet avait reconnue aux sections coniques.
Voici renoncé du théorème : « Si Von fait mouvoir dans un cône droit une sphère, et que, dans une position quelconque de cette dernière, supposée tangente au cône, on lui mène un plan tangent, Vintersection de ce plan et du cône aura pour foyer le point de contact de la sphère et du plan. On voit en effet, immédiatement, que le triangle qui a pour base le grand axe de la section conique, et, pour sommet, le sommet du cône, a ses rôles touchés par la sphère, de manière que les points de contact sont, deux à deux, à égale distance du sommet de ce triangle. On voit, dès lors, que la différence des deux segments du grand axe de Tellipse égale In différence des deux autres côtés du triangle, cVst-à-dire des deux rayons vecteurs menés du sommet du cône aux extrémités du grand axe de la courbe, quand c'est une ellipse, et à la somme, quand c*est une parabole ». Le théorème des foyers trouva bientôt place dans les ouvrages élémentaires : M. Hachette, le premier, en fit usage dans la seconde édition de son traité de géométrie descriptive (4828); quinze ans plus tard (4847), M. Théodore Olivier, qui s'était vivement intéressé, dès 483i, aux résultats des études de M. Quetelet et de Dandelin, basait sur leur mode de démonstration, qu'il appelait les Théo-
rèmes belges , toutes les recherches touchant les propriétés géométriques des sections coniques et des surfaces du second ordre (*). Les travaux des deux académiciens de Bruxelles, écrivait-il, ((sont comme un reflet de la géométrie antique». L'écrit de Dandelin sur la focale parabolique, dit M. Quetelet, (( renferme un théorème bien curieux, à cause de la singulière ressemblance de son énoncé avec celui de l'hexagone mystique de Pasc^il. L'auteur le fait servir fort ingénieusement à démontrer que les focales, courbes du 5^ degré, ne sont que des transformations des sections coniques, avec lesquelles elles ont un grand nombre de propriétés communes. Ces analogies sont démontrées avec la plus grande élégance, au moyen de la théorie des projections stéréographiques, que notre confrère employait avec un rare bonheur, il en a fait encore un usage remarquable dans son mémoire sur les intersections de la sphère et d'un cône du 2« degré, qu'il nous communiqua au mois de juin 4825 (^), presque en même temps que son beau travail sur remploi des projections sténographique ou géométrie (•). C'est dans ce dernier ouvrage que Dandelin, répondant aux sollicitations qui lui étaient adressées, fait connaître sa manière de procéder en géométrie, pour résoudre les problèmes ou pour arriver 2i des théorèmes nouveaux; on y trouve le cachet de son génie mathématique, en même temps qu'on admire les ressources et la variété de sa belle intelligence. L'auteur montre (ju'un grand nombre de figures, et spécialement les polygones inscrits et circonscrits, peuvent être ramenés h des figures régulières, dont elles conservent les propriétés dans leurs déformations. 11 y revient encore sur la théorie des sections coniques et donne une élégante solution du problème du plus court crépuscule.»
M. Quetelet considère le mémoire
( * ) Métn. de FAcad. de Brux., t. II.
( • ) Ibid.
(*) Il fat éla à ruDaniraitt^.
l*) Additioru au cours de géométrie descriptive, Paris, CariUiaû*Gœury,i847, ia-4<* (avec atlas).
(") T. IV des Mém. de VAead., 4827.
« On y voit que les projections stiîréographiqnes de l'interscclion d'une sphère et d'un cône du 3« degré sont des lemniscaiet, formées par les pieds des perpendiculaires abaissées d'un point fixe sur les tangentes d'une conique » (Note de 3/. Quetelet), [•) Ibid.
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sur rhyperbolotde de révolution et sur les hesagones de Pascal et de Brianchon, publié par rAcadémîe en 1826, comme le plus remarquable des ouvrages de Dandelîn. L*8uteur y généralise le théorème des foyers, et l'étend aux sections coniques considérées dans Thyperboloïde de révolution, au lieu du cône droit. C'est un chef-d'œuvre d'élégance géométrique ; en le reproduisant dans ses Annales f M. Gergonne ne tarit pas d'éloges. Or Dandelin n'écrivait que pour répondre aux instances de son ami : que n'aurait-il pas produit, si l'ambition et le désir de briller eussent eu quelque prise sur lui ! Il était, disaitil lui-même, paresseux avec délices^ comme Figaro, et quand M. Queteletle talonnait, l'excitait à travailler, il se vengeait par des plaisanteries et allait raconter à qui voulait l'entendre qu'on le faisait venir à Bruxelles pour l'enfermer et lui mettre la plume à la main. Il dédaignait les savants par amour propre, et, comme Pascal, il ne tenait guère les géomètres que pour d'habiles artisans.
N'oublions pas de mentionner un travail d'analyse, entrepris moins dans la vue de rechercher des méthodes nouvelles pour la solution des équations, que de simplifler, de généraliser les méthodes ordinaires, «et d'en rendre Tusage plus commode. » Le mémoire de Dandelin sur la résolution des équations numériques, communiqué à l'Académie dès iS25 et inséré dans le t. 111 des Mémoires, attira l'attention du vénérable commandeur de Nieuport (de rinstitut de France), qui consulta son jeune confrère sur une équation qui l'avait arrêté , et à laquelle il avait été conduit par l'examen d'un problème sur le calcul des probabilités. Dandelin le tira d'embarras, et les deux écrits parurent ensemble dans les Mémoires de r Académie (*).
Dandelin avait dû quitter Namur à la fin de 4821, pour prendre part à la construction des forteresses entre la Lys et l'Escaut. Sa résidence à Gand le
{*) T. ni. Nous ne faisons ici que reproduire ou résumer la notice de M. Quetelet. (') C'est le résumé d'un cours donné à
rapprochait de sa famille ; cependant cette circonstance ne le réconcilia pas avec le service militaire, pour lequel il finit par éprouver un dégoût insurmontable, lorsqu'il se vit relégué, en 1824, dans la petite ville de Venlo. Ni bibliothèque à sa disposition, ni relations intellectuelles d'aucun genre : il étouffait. 11 fut promu au grade de lieutenant en premier; peu lui importait. M. Quetelet conçut alors la pensée de le lancer dans la carrière de l'enseignement, qui semblait devoir lui convenir à tous égards. Le commandeur de Nieuport accueillit favorablement c«tte idée, et grâce à l'entremise de l'inspecteur des études Walter (v. ce nom), Dandelin fut nommé, le 15 mai 1825, professeur extraordinaire à l'Université de Liège, chargé du cours d'exploitation des mines. Ce n'était pas précisément le fait de notre mathématicien; il eut fort à faire pour se mettre au courant de ses nouvelles fonctions. Mais ces obstacles ne l'efi'rayèrent pas; il descendit courageusement dans tous les détails des sciences métallurgiques et de la pratique des ateliers; il s'engagea même dans le labyrinthe des affaires, le gouvernement lui ayant confié quelques missions administratives. Ses préoccupations ne l'empêchèrent pas de tailler sa plume ; dès 1827 il publia chez Dessain, à Liège, le premier volume d'un ouvrage élémentaire : Leçons sur la mécanique et lesmachines(*), II s'occupa également d'un traité conçu d'après le plan de l'astronomie populaire de M.
Quetelet, et destiné aux ouvriers et aux militaires ; nous n'avons pas trouvé de trace de cet écrit, qui devait paraître à Verviers. Le fait est que Dandelin fut pris subitement d'une profonde répugnance pour la publicité; il est probable que le dernier travail cité fut compris dans l'Auto-da-fé qu'il fit lui-même de presque tous ses papiers. Dandelin était très-mobile de c^iractère, très-facile à influencer et tout entier à l'impression du moment. C'étaitun charmantcauseur, un peu enclin au paradoxe, mais sans
l'Ecole gratuite des arts et métiers de Liégt. Nous ne croyons pas que cet ouvrage ait été terminé.
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entêtement et toujours plein de générosité : son laisser-aller, ses distractions et ses excentricités ne laissèrent pas que de l'exposer plus d*une fois à des désagréments ou tout au moins à des interprétations fâcheuses (*); mais en général, comme il n*affichait aucune espèce de prétentions, on lui pardonna beaucoup, d'autant plus qu'il se faisait toujours un vrai plaisir de mettre les autres en relief. Ceux de ses anciens élèves avec qui nous avons euToccasion de parler de lui sont unanimes à louer sa modestie sincère en même temps qu'ils reconnaissent que toute sa manière d'être leur Inspirait confiance et sympathie.
Dandelin, avons-nous dit, fut chargé de différentes missions par le Gouvernement. En 1825, Il se rendità La Haye en qualité de membre de la Commission chargée d'organiser les écoles des services publics. La même année, il alla visiter en Allemagne les établissements scientifiques et les mines, pour les comparer avec les nôtres. En 4827, il s'acquitta d'une semblable mission en Angleterre, où il eut pour compagnon de voyage M. Quetelet, qui allait y commander des instruments pour l'Observaloirede Bruxelles. Lebateauà vapeur qu'ils montaient échoua sur un banc de sable, à l'entrée de la Tamise ; ils s'at-
tendaient à périr, lorsqu'ils furent heureusement dégagés par la marée montante. Arrivés à bon port. Ils se séparèrent, et deux mois se passèrent sans qu'on eût de nouvelles de Dandelin.
Tout-à-coup il reparut à Liège, et le rapport détaillé qu'il adressa au Gouvernement sur sa mission servit amplement d'excuse à son silence. En 4829 le syndicat ayant pris la résolution de mettre en exploitation les mines de fer et les autres ressources des forêts de Hertogenwald et de Grunbaut, il fut désigné pour intervenir dans cette opération; mais la révolution de 4 830 éclata et changea encore une fois le cours de ses Idées. Pour la troisième fois, il quitta la plume pour l'épée. Ses connaissances spéciales, son esprit supérieur lui assignaient un rang distingué:
il fut nommé commandant de la légion d'artillerie de la garde urbaine (45 septembre 4850), qui ne tarda pas à lui décerner un sabre d'honneur. Mais , ajoute M. Quetelet, la roclie Tarpéienne est près du CapUole ; une accusation de trahison fut lancée contre lui ; il eut beaucoup de peine à s'y soustraire. Il fallut que l'autorité détrompât le public, en déclarant hautement l'imputation calomnieuse. Nommé major du génie le I â octobre suivant, Dandelin partit pour
(') Uo jour, dit M. Quetelet, je trouvai radmiDistraleur- générai de l'instruction fort indisposé contre lui, pour une petite scène qui, si elle avait eu réellement lieu, eût été de nature, en effet, k compromettre étrangenaent la dignité académique. Dandelin, disait-on, k la suite dune excursion géologique, était rentré dans Liège en jouant du violon et accompagné de ses élèves qui dansalent autour de lui. Je me hasardai k. lui parler de l'accusation : Dandelin en fut indigné. « Voilà, dit-il, comme on dénature les 9 meilleures actions. Dans une promenade
• géologique que je As avec mes élèves, nous » rencontrâmes un pauvre ménétrier aveugle;
• j'en eus pitié, et lui donnai quelque argent. » Je voulus eosuito essayer son violon, et je 9 jouai quelques airs qui mirent mes élèves » eo gaieté ; ce que la liberté de la campagne m autorisait en quelque sorte» et me fit faci-
• lement excuser : voilà le canevas sur » lequel on a brodé tou^ cette histoire. » Cette histoire, en effet, avait en un certain retentissement, que la médiocrité envieuse
avait exploité à son bénéfice (p. 445). — La notice de M. Quetelet fourmille de traits d'insouciance et de bizarrerie remontant à la jeunesse de Dandelin. Nous n'en rappelleroQS qu'un seul. Non seulement, quoiqu'il ne fût pas riche, il ne coonaisait pas la valeur de l'argent : « il lui est arrivé de le jeter, littéralement, par les fenêtres. C'était à Namur; il venait de toucher son traitement, et rentré chez lui, il avait placé l'argent sur une table, en priant son hôtesse de vouloir bien le mettre en lieu de sûreté. Comme cette personne tardait à obtempérer à ses désirs, Dandelin insista en disait que cet argent le gênait. L'on ne lit que rire de son impatience; et, la fenêtre étant ouverte, Dandelin en DU tour de main débarrassa la table, à la grande satisfaction de plusieurs petits malheureux qui passaient en ce moment et qui prélevèrent une notable partie sur le traitement, dont les personnes de la maisoA s'empressèrent d'aller recueillir les restes. • (p. 440).
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Ypres, puis pour Gand^où il commauda la brigade du génie à Tannée des deux Flandres, jusqu'en juillet 4851. 11 comptait néanmoins encore rentrer dans renseignement : le brevet de lieutenantcolonel, signé par le Régent ^24 juin), le détermina déllnitivement à opter pour son ancienne carrière.
Il avait rimagination ardente, la tête vive ; la part qu1l prit aux discussions des clubs les plus exaltés faillit l'amener devant un Conseil de guerre. Ce fut encore M . Quetelet qui détourna Torage : on envoya Dandelin à Namur (7 septembre 1851). Il y passa dix années, mais sans pour ainsi dire se remettre aux études. L'homme éminent qui avait encouragé et partagé ses premiers travaux, lui dédia la 'è'^ édition des Positions de physique et finit par le décider à reprendre ses recherches. Des instruments furent empruntés pour lui au Musée de Bruxelles (i 855); on le nomma professeur de physique à FÂtbénée de Namur (9 novembre 1855), sans l'enlever au ser\ice actif de l'armée. Il rentra en relation avec l'Académie , s'occupa de la théorie de la décomposition de la lumière, étudia les formes des racines imaginaires des équations et prépara en un mot divers travaux qu'il ne termina point, si ce n'est un mémoire sur la détermination géométrique des orbites cométaires , qui fut communiqué à la classe des sciences en mars 1 840. L'année suivante, comme il avait témoigné le désir de se fixer dans la capitale, le général Buzen, alors ministre de la guerre, lui conféra le commandement du génie dans les places de Bruxelles , Louvain et Yilvorde.
Dandelin était heureux de ce changement; il allait se mettre en route, lorsqu'il reçut tout d'un coup l'ordre de se rendre à Liège, pour prendre la direction des fortifications de la 5* division territoriale (25 octobre 1841) En vain ses amis intervinrent ; il fallut se résigner. Le 15 décembre, Dandelin reçut
la Croix de Tordre de Léopold. 11 n*avait jamais témoigné qu'il fût sensible aux honneurs (*); mais la bienveillance royale le toucna et le stimula. L'Académie reçut de lui, au mois de décembre 1842, un mémoire sur quelques points de métaphysique géométrique, étude dont un travail de Legendre (') lui avait suggéré l'idée. Il en revenait aux méditations de sa jeunesse et il s'en étonnait lui-même, quoique l'exemple de d'Alembert, de Lagrange, de Carnot et de Legendre eût dû lui faire reconnaître qu'il ne faisait que subir une loi de l'Intelligence humaine. « C'est ordinairement après avoir usé des théories mathématiques, dit très-bien M. Quetelet, que les savants se préoccupent le plus de la nécessité d'en consolider les bases. »
Dandelin fit partie chaque année, à partir de 1850, des jurys d'examen de l'Ecole militaire ou des jurys pour les aspirants du corps des ponts et chaussées. En 1845, il dut faire un nouveau voyage en Angleterre, comme membre de la Commission chargée de rechercher les causes qui avaient pu amener l'écroulement du tunnel de Cumptich, près Tirlemont. En 1846, il fit partie de la Commission instituée pour « examiner les documents géodésiques de la triangulation du royaume, exécutée antérieurement k 1850, et arrêter les bases principales et le mode d'exécution du travail complémentaire de celui auquel ces documents appartiennent. » 11 prit ces nouvelles occupations à cœur, tant que sa santé le lui permit. Sa position s'était sensiblement améliorée ; il avait été nommé colonel du génie le 1^ août 1845; il résidait à Bruxelles, bien que le siège de la direction des fortifications delà 2« division territoriale, qui lui était confiée, fût à Anvers. Tout semblait lui sourire, et néanmoins son caractère revêtait peu à peu une teinte de mélancolie. Il fut vivement affecté de la mort de son père ; il ne cessait d'évoquer le
( * ) Il possédait, relativement à son mérite et à sa réputation, peu de litres honorrfiqueâ. Eo i835, l'Université de Gaad lui avait décerné un diplôme de docteur honoraire i il faisait panie de la Société minéra-
logique dléna et des trois Sociétés des sciences de Liège.
(*) Mém, de l'Acad. des sciences de Paris ^ t. XII, 4833.
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souvenir de ses jeunes années. Quand rAcadémie fut réorganisée, ses confrères rélurent directeur annuel de la classe des sciences : il se montra trèssensible à kur suffrage et continua jusqu'à sa mort à prendre part aux travaux de la Compagnie, sinon par des mémoires de Tordre de ceux « qui fixeront à jamais son nom dans Thistoirc des sciences » (*), du moins par de nombreux et savants rapports. 11 tomba sérieusement malade au commencement de 1847; ses derniers jours furent marqués par une résignation douce et religieuse. Il chercha même des yeux, au moment suprême, ses frères et trois camarades d*études qui avaient voulu recueillir ses derniers adieux ; puis il perdit counaissance...
Dandelin inaugura TEcole des mines de Liège, en même temps que Bronn (y. ce nom) ouvrait à TUniversité un cours d'économie forestière. Mais les circonstances ne favorisèrent pas ce dernier enseignement, tandis que Texploitation des mines, répondant à des besoins déterminés par la consliuuion mêmedu sol liégeois, fut bientôt étudiée avec un zèle en rapport avec les intentions du gouvernement. Ce n'est pas que Dandelin ait jamais eu de nombreux élèves ; mais TEcole naissante se développa constamment, et il en sortit des ingénieurs capables, qui contribuèrent efficacement à Tessor vigoureux que prit l'industrie nationale à partir de cette époque. La première organisation de l'Ecole des mines date du 3 août i 825 ( ' ) ; les cours furent ouverts au mois d'octobre suivant. Le programme embrassait deux années d'études, comprenant chacune cinq cours. Les certificats de capacité étaient délivrés par lu Faculté des sciences (V. l'art. Lesoikne).
BIBLIOGRAPHIE
I. 1« Solution de deux problèmes, dans la Correspondance sur rEcole po^ lytechnique, t. 111, i8i6.
IL Mémoires de V Académie royale de Bruxelles :
^ Mémoire sur quelques propriétés remarquables de la ior^le parabolique (Séance du i" avril 1822;, t. IL
5o Recherches sur la résolution des équations numériques (Séance du 5 mai 1823), t. m.
4<* Blémoire sur l'hyperboloïde de révolution et sur les hexagones de Pascal et de M. Brianchou (Séatice du ^février 1824), t. III.
5^ Note additionnelle au mémoire de M. de Nieuport, sur une question relative au calcul des probabilités ("Séance du 8 mai 1824), 1. 111.
6° Sur les intersections de la sphère et d'un cône du second degré (Séance dtt4;»tn1825), LIY.
7^ Mémoire sur l'emploi des projections stéréométriques en géométrie (Séance du 25 avril 1825), t. IV.
8^ Sur la détermination géométrique des orbites comélaires (Séance du 7 mars 1840), t. WU (Bulletin deCAcad,, t. VII, V* partie).
9^ Mémoire sur quelques points de métaphysique géométrique (Séance du 3 décembre 1842), t. XVII, v. le BulL, t. IX, 2« p., et t. X, 1" p.).