V. encore le Mémoire no
1 5« Propriétés projectivesdes courbes du second degré, t. III, p. 9, 1827.
16^ Sur quelques applications de la théorie des polaires, t. III, p. 277.
17* Note sur les vaisseaux insubmersibles, Und,^ p. 311.
18° Sur une difficulté mécanique relative aux professions exercées sur un plan, t. IV, p. 241, 1828.
V. 19*. Leçons 9ur la mécanique et les machiner A. I. Liège, Dessain, 1827, un vol. de 471 p. in-S*», avec pi.
DeClo»»ot(LÉON-DnUDONNÉ-MARIE •
Stànislas*Kostka de) naquit à Liège le 18 novembre 1827, et y mourut dans la fleur de Tâge, d'une attaque foudroyante de choléra , le 31 aoOt 1866.
Il At d'excellentes études au Collège de St-Servais, en sortit déjà helléniste plus qu'ordinaire, et justifia sur les bancs de rUniversité de Liège, avant de s'y distinguer dans une chaire, toutes les espérances qu'il avait fait concevoir dès son adolescence. Il s'appliqua aux langues orientales comme aux langues classiques, aux sciences historiques comme aux sciences philosophiques. Son Essai sur Vhistoriographie romaine avant le siècle d'Auguste, couronné en 1848 par le jury du concours universitaire, donna une haute idée de son érudition, de son jugement et de la précision de ses idées, bien que l'inexpérience du jeune auteur s'y trahît çji et là. Avec une brève dissertation sur la Germanie de Tacite, r£««atconstituetout l'héritage littéraire
de Léon de Closset ; mais les papiers qu'il a laissés attestent que s'il eût vécu, il aurait enrichi la littérature philologique de plusieurs ouvrages de mérite.
Aussi bien les circonstances ne lui permirent guère de disposer librement de son temps. Dès le 19 août 1847, à peine docteur en philosophie et lettres, il se vit chargé, â titre d'agrégé, des cours d'antiquités grecqueset romaines.
Il fit sa première leçon au mois d'octobre, et sa méthode sûre, réiégance df sa diction, la solidité de ses connaissances lui acquirent dès le début l'estime de ses élèves. Mais il allait, sans l'avoir prévu, se trouver tout d'un coup investi d'une auguste confiance.
Lors de la visite de Léopold I à Liège, en juin 1849, les étudiants de l'Université avaient voulu manifester hautement l'enthousiasme qu'inspirait à la jeunesse, comme à la nation tout entière, la sagesse et le dévouement d'un prince k qui la Belgique devait d'être restée calme au milieu des orages qui venaient de bouleverserl'Europe. Interprète de leurs sentiments, de Closset sut parler le langage du cœur. En 1851,1e roi se souvint du jeune orateur et prouva une fois de plus qu'il se connaissait en hommes : Léon de Closset eut l'insigne honneur d'être appelé à devenir le guide intellectuel des princes belges. Pendant six ans, il se consacra tout entier à l'accomplissement de cette haute et délicate mission, qui lui valut plus tard le titre de chevalier de l'ordre de Léopold, et de la part de Tiropératrice Charlotte, la croix d'officier de l'ordre de la Guadelupe. Quelques semaines avant la catastrophe qui nous enleva notre collègue, le roi Léopold II, recevant le corps académique de Liège, rendit à de Closset un magnifique hommage, et daigna ajouter, avec une grâce parfaite, qu'il se rangeait lui-même parmi les élèves de notre Université , puisqu'il avait reçu les leçons de l'un de ses professeurs. De Closset avait repris des fonctions à Liège depuis 1856 : il y était rentré comme professeur extraordinaire, chargé du grec au doctorat en philosophie, et de renseignement des principes de la littérature à l'Ecole normale des humanités. Le 12 janvier
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1862, le roi le nomma professeur ordinaire; le 14 janvier 1864, il échangea son cours de TEcole normale contre celui de grec ; le 14 février, il fut chargé des cours de latin (candidature et doctorat) délaissés par M. le professeur Bormans. Il allait enfin pouvoir vivre dans la plus étroite familiarité avec ses chers auteurs grecs et latins ; il allait déployer à Taise , dans le champ qu*il aimait le mieux de parcourir, ses brillantes qualités de philologue etd*homme de goût; il allait se montrer pleinement digne du maître qui Tavait formé. Dieu ne Ta point voulu. — La famille royale prit part ù la douleur de sa veuve; la nouvelle de sa mort inopinée affligea profondément tous ceux qui Tavaient connu, et qui savaient ses vertus privées à la hauteur de son talent.
Sources : Derniers honneurs rendus à M. Léon de Closset (Discours de M. Troisfontaines, etc.).Liége,i866,in-8 .
— Notice biographique dans la Gazette de Liège, — Journal historique du i novembre 1866, etc.
ne F<»os (Jean-Henri-Nicolàs), naquità Liège, le'lO Juillet 1804, et mourut k sa campagne dUaccourt (*) le 20 novembre 1865. Il appartenait à Tune des plus anciennes familles de la Hesbaye : un de Fooz se distingua aux Croisades; à la bataille de Steppes (i5 octobre 1215), quinze chevaliers seulement, sur plus de cinq cents, restèrent fidëlesà rétendard de St-Lambert : parmi eux était un sire de Fooz ; le 4 août 1 512, dans cette funeste journée surnommée la Mal St'Martin, Marie de Fooz, dame opulente, sauva de la mort, par sa présence d*esprit, 150 nobles réfugiés dans sa maison, et dont le peuple demandait la vie (* ). Mais pour le but qu'on se propose ici, redisons-le avec le biographe à qui nous empruntons ces détails généalogiques ('), Tessentlel n'est point
( M A S 1/2 lieues N. de Liège.
(') Polaio, Récits hiMtoriquet du pays de Liège,
(*) La notice qui nous a principalement servi de guide occape les pages I-XVI du
d'évoquer ces souvenirs; il suffit de rappeler que notre de Fooz, et avant lui son père, placés dans des conditions toutautres que leurs belliqueuxancêtres, avaient conservé pures et vives les traditionsd'honneurque ceux-ci leuravaient léguées. Le père du professeur était un chimiste distingué, connu en outre par la part qu'il prit ù la réorganisation du bureau de bienfaisance de Liège et à la formation de la Société d'Émulation (1 779). Il envoya son fils au séminaire de Liège pour y étudier les humanités.
Jean-Henri-Nicolas se distingua entre tous ses condisciples et se mit au travail avec une ardeur qui, vu sa constitution délicate, mit un instant ses jours en danger. Les mathèmaliiiues n'étaient pour lui qu'une récréation ; tout jeune encore, il écrivait et parlait le latin avec une facilité peu commune ; le latin lui était si familier, qu'il prenait noie en cette langue des explicalions des professeurs, même dans les cours qui se donnaient en langue française. En 1822, dans une classe de 100 élèves, il remporta le premier prix de philosophie.
Ses supérieurs cherchèrent à se l'aliacber et lui confièrent la chaire de rhétorique : il avait alors dix-huit ans. A une grande aptitude pour l'enseignement, il unissait déjà une habileté toute exceptionnelle pour l'administration.
Mgr Barrett, alors vicaire capitulairede Liège (*), son parent, son ami et son guide, jeta bientôt les yeux surlui pour occuper une place importante dans l'administration du diocèse. Mais cette perspective n'éblouit pas de Fooz, qui ne se sentait point appelé à la carrière ecclésiastique; il n'occupa qu'un an sa chaire de rhétorique, et prit ses Inscriptions à l'Université de Liège en 1825. Le 20 juilletl825Jlfutreçucandidaten droit; le 6 juin 1827, docteur, avec la mention summis cum laudilms sur ses deux diplômes. Sa thèse inaugurale (De possessione) fut soutenue cum summâ doctrinœ prœstantià, le 8 mai 1828.
4* volume du traité de Droit administratif de de Fooz. Elle est accompagnée d'un beau portrait.
(*) Mort évëque de Namur en 1838.
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L*étude du droit ne Tavait pas absorbé au point de le détourner de la philosophie, pour laquelle il éprouvait un irrésistible aurait. En 4826 et 4827, il prit part au concours et fut deux fois couronné. Ses mémoires sont respectivement intitulés: Commentatio litkraria definiiioncm pulchrià Clar.Hetnsterhuûi dalam cum reliquorum philosophoj'um definitionum comparans atque dijudicans.
— Commentatio litteraria quà respondetur ad qucstioiiem : Quemnam fmctum è studio philosophicn moralis, in studio doctrinarum politicarum smcipere posmmus ?
Son mérite attira Tattention du gouvernement hollandais, qui lui fit offrir la place de secrétaire de la ville de Liège. Il n*accepta point ; on peut croire que ce fut par scrupule de conscience. De Fooz, très-religieux et grand partisan des libertés revendiquées de plus en plus énergiquement par Topposiiion belge, ne tenait pas à devenir Tobligé d*un pouvoir dont il n*approuvait pas les actes. Aussi, dès qu'on apprit h Liège que Bruxelles avait secoué le joug, fut-il Tun des premiers l\ embrasser la cause nationale. Sorti de sa demeure sans savoir que la révolution venait d'éclater, il y rapporta le soir (27 août 4830) un brevet de capitaine de la garde urbaine,que lui avaient offert la Régence de Liège et la Commission de sûreté publique. 11 fit preuve, dans r>es circonstances difficiles, de beaucoup d'énergie et d'activité. Les ressources de la garde urbaine étaient insuffisantes ; plus d'une fois il paya de ses propres deniers la solde des hommes de sa compagnie. Il avait transformé sa maison en un véritable corps de garde, chauffé et éclairé à ses frais; il faisait en outre distribuer des vivres aux plus nécessiteux(*). Les électeurs liégeois l'envoyèrent siéger à la Régence le 22 novembre 4850 ; le 20 décembre suivant, ilfut nommé échevin par 44i suffrages sur 429 votants.
Lors de l'institution de la garde civique (54 décembre), ilfut maintenu dans son grade de capitaine ; peu de temps après, il obtint par élection celui de major, quMl conserva jusqu'à son entrée ckins
la magistrature. Comme échevin, il était délégué à la police, mission difficile à c^tte époque, à Liège surtout, où la populace, surexcitée, était toujours prête à piller les maisons des citoyens suspects A'orangisme, L'évêque de Liège, Mgr Van Bommel, hollandais de naissance, nommé par Guillaume I, fut désigné comme favorable au gouvernement déchu : n'avait-il pas dû, lors de sa prise de possession , recommander 1 obéissance k l'autorité constituée? Il n en fallait pas plus : la foule se précipita sur le palais épisc^pal. Sans le courage de de Fooz, qui s'y jeta aussitôt avec sa troupe; sans le calme du prélat qui, voyant l'acharnement du peuple, empêcha toute défense et se présenta hardiment aux émeutiers, un désastre eût été inévitable. En maintes circonstances analogues, de Fooz paya de sa personne et contribua puiss^imment, par ses exhortations et par sa présence d'esprit, à calmer reffervcscence populaire.
De Fooz resta éihevin de Liège jusqu'au 50 décembre 1855, époque où il crut devoir se roliror de la vie publique à la suite d*un conflit mémorable qui s'éleva au sein du Conseil de Régence, au sujet de la publicité de ses séances. Le conseiller Auguste Dclfosse avait demandé, le 45 octobre, que l'on rendit obligatoire, pour les procès-verbaux communiqués à la presse, la mention des votes' affirmatifs ou négatifs de chaque conseiller dans toutes les affaires qui seraient délibérées en Conseil. La majorité accueillit favorablement cette proposition, ce qui enhardit trois membres de l'assemblée à pousser les choses plus loin ; ils réclamèrent la publicité pure et simple des séances. La question de la compétence du Conseil fut soulevée et résolue affirmativement; quatre membres s'abstinrent, entr'autres de Fooz, qui donna sa démission dans la séance suivante. Le conflit continua et prit des proportions considérables.Nous n'avons pas à nous en occuper autrement ici :
le lecteur curieux de connaître les détails de cet épisode, sans contredit l'un des plus curieux de l'histoire de notre réorganisation politique , consultera
( ' ) Nous suivons fidèlement la notice prdci- tée, dont l'autour a puisé à très-bonne source.
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utileaent le Néerologe Liégeois pour 1858 (arU Oelfosse) et VHistoire du règne de Léopold I par M. Thonissen.
Les circonstances seules avaient amené De Fooz à prendre activement part aux affaires publiques. La politique n'était pas son fait : il aimait le silence de son cabinet d'étude et la vie de famille. Les insistances le trouvèrent inflexible ; plus tard, il refusa même de se laisser porter à la Cbambre des représentants. On lui proposa coup sur coup les fonctions de secrétaire-général dans deux départements ministériels ; le biographe que nous suivons rapporte qu'il aurait pu devenir bourgmestre , même gouverneur de Liège. Il n'accepta que les fondions de Commissaire (par intérim) du district de Liège et celles de membre du Cdnseildemilicede l'arrondissement, en 1831 et f852; il était dévoué à son pays, mais nullement ambitieux. Ce fut même pour ainsi dire malgré lui qu'il entra dans la magistrature. Il commença par refuser la charge de substitut du procureur du Roi à Liège ; le gouvernemefit dut multiplier ses instances pour le décider à se rendre en la même qualité à Namur (29 juin 4854). Le 5 avril 4835, il fut nommé juge au tribuBal de première instance de Tongres. Enfin, le 5 décembre suivant. Il entra de plein pied dans une carrière phis conforme ^ ses goûts : le gouvernemefit lui confia la chaire de droit administratif à rUniversîté de Liège, avec le titre de professeur ordinaire ( ' ).
11 eut à créer son enseignement , et pour ainsi dire la synthèse de la science qull avait à exposer. Le mérite d'un professeur a contribué plus d'une fois, en Belgique aussi bien qu'ailleurs, à éclairer le gouvernement sur Timportaoce intrinsèque d'un cours : on peut dire que l'utilité de l'institution d'un nouvel examen roulant principalement sur le droit administratif de la Belgique (*) a été surtout mis en relief
par la réputation méritée des leçons de de Fooz. Un cours spécial de Législih' (ion des minea^ d'autre part, fut annexé à l'Ecole des mines et confié au même professeur, qui le publia in extenso avant même d'avoir achevé son grand ouvrage (v. ci-après). De Fooz enseigna aussi, pendant quatre ans, le droit naturel, et, selon sa coutume, il rédigea ses leçons ; malheureusement on n'a pu retrouver son manuscrit.
En 1861, frappé d'une première attaque d'apoplexie, il dut cesser de se rendre à l'Université; M. F. Macors, son futur successeur, eut mission de le suppléer. De Fooz ne voulut pas que cet état de choses se prolongeât outre mesure : il sollicita l'éméritat, qui lui fut accordé par arrêté royal du i<^^ juillet 186â. Il vécut dès lors dans une retraite studieuse, partageant son temps entre des lectures sérieuses et des exercices pieux, et donnant les derniers soins au travail de longue haleine qui perpétuera sa mémoire. Il |)assait l'été ù Haccourt, répandant des bienfaits autour de lui et se faisant volontiers arbitre et conciliateur dans les contestations qui s'élevaient entre ses voisins, k Liège, il avait conservé quelques fonctions administratives ; il était notamment président de deux Conseils de fabrique et de la Commission des sépultures. Comme membre du Comité administratif des fabriques d'église do dloi^èse ('), il eut k traiter les questions les plus ardues ; il a laissé les minutes de plus de 8,000 consultations.
Son avis sur ces matières a été maintes fois invoqué non-seulement en Belgique, mais même en Hollande, en Allemagne et en France.
En novembre 1863, il se rendit à Haccourt, bien qu'il fit déji très-froid, pour assister aux sermons et aux cérémonies d'une mission des PP. Rédemptoristes. fl dut bientôt reconnaître que le moment était venu pour lui de se
( * } Il ne consentit pas à se charger du coars de droii public interne , qui lui (ut offert. Deslriveaux (v. ce nom) y tenait ; son son ancien élève ne pouvait le déposséder. De là des rapports d'intimité entre ces deux hommes d'opinions si diirérent4;s, mais d'une
égale élévation de caractère.
(' ) Le doctorat en sciences politiques et administratives, créé par la loi de i849 sur l'enseignement supérieur (art. 36 et 50).
(') Il exerça ces fonctions pendant près de 30 ans.
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préparer à un plus grand voyage. Le SO novembre, il rendit son âme à Dieu.
De Fooz était chevalier de la Croix de fer (2 avril 4855) ; de Tordre royal de la Conception de Viiia-Vicosa de Portugal (9 janvier 1855), et de Tordre de Léopoid 1 de Belgique (24 septembre 1855). Son traité de droit administratif lui valut en outre, avec une charmante lettre autographe du Grand-duc Frédéric de Bade, le diplôme de commandeur de Tordre du Lion de Zaehringen (23 Janvier 18G2). L*Académie impériale de législation de Toulouse TInscrIvit, le 11 Juillet 1860, au nombre de ses membres correspondants.
Il fut secrétaire académique en 1842- 1843. Il déclina le rectoral.
Comme professeur, de Fooz se distinguait par une grande clarté, par une logique serrée, par un esprit méthodique dont son traité peut donner Tidée , et surtout par un rare talent de réduire les questions les plus complexes à leur plus simple expression. Sa parole avait Tcxaciltude et la concision du Code, et le terme juridique ne lui faisait Jamais défaut. Sa mémoire était prodigieuse :
il citait souvent les lois, les arrêtés et jusqu^aux jugements des tribunaux et des justices de paix, sans avoir besoin de recourir aux recueils. Il tenait à être complet, mais il se gardait soigneusement de surcharger la mémoire des élèves. Il se plaisait ù répéter que la mission du professeur n*est pas de faire des savants, mais de fournir à ses disciples les moyens de le devenir. Il avait le travail facile et une persévérance qui ne se laissait jamais rebuter. Son activité était incessante : lorsque la mort vint le surprendre, il préparait deux grands ouvrages : Tun sur les Fabriques d'église (il en a laissé le plan); Taulre, un Répertoire complet des lois administratives, dans le genre du recueil de Dalioz : cette vaste compilation devait servir de développement à son Traité.
Comme homme, de Fooz donna
l'exemple de toutes les vertus privées : sa probité, sa droiture, son attachement, sans bornes à tous les devoirs, son désintéressement et son extrême délicatesse, aussi bien que son affabilité et son caractère bienfaisant lui attirèrent Testime et Taffection générales (*). Il avait pour ses élèves Tattachement d*un père; il s'occupait de leurs études et de leur conduite, et ne les perdait pas de vue même après leur sortie de TUniversilé: tous pouvaient recourir librement à ses lumières et à son crédit. Comme citoyen, nous avons dit quel fut son patriotisme et quel fut son courage. Il resta jusqu'il sa mort du parti de VUnion de 1850, et se distingua toujours par une fermeté inébranlable dans ses principes. 11 était sincèrement, on peut dire naïvement religieux : jamais il ne connut le respect humain.
Son grand ouvrage est intitulé : Le Droit administratif belge, l\ comprend cinq gros volumes in-8^ ; le quatrième n'a paru qu'après sa mort. Le premier traite de Vorganisation et de la compé" tence des autorités administratives {Tourna} , Casterman , 1859 , IV et 486 p. ); le second est Intitulé : De la fortune publique en Belgique, ou du domaine social et des impôts, des dépenses et de la comptabUité de VÈtat (Ibid. 1861, 767 p.) ; le troisième expose le système de rordre public ou de la police administrativeien Belgique (1863; 818 p.) ; le quatrième s'occupe de rAdministration de la commune, de Parrondissement, de la province et des établissements publics ('), combinée avec la tutelle du gouvernement (1866 ; notice biographique , p. I à XYI ; VI et 574 p ); le cinquième enûn, publié avant les autres, est un traité de Législation des mines (538 pages), iustement estimé en Belgique et en France. — La haute impartialité de de Fooz a été re(M>nnue par des hommes éminents de toutes les opinions, et l'utilité pratique de son œuvre est de plus en plus appréciée. L'auteur
(M S68 collègues firent des ddmarehcs auprès du ministère pour le faire nommer administrateur de l'Universitë après la mort de D. Amould (v. ce nom) ; mais bien qu'il
se fût rendu à leur désir, l'afiTatre n'eut pas de suite.
(*) Fondations; instruction publique; bien faisance publique ; Fabriques d'église.
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ne s*est point noyé dans les détails ; il a porté la lumière dans le labyrinthe obscur des milliers de lois, arrêtés, décisions qu'il classe, commente, compare avec une rare habileté d'ordonnaleur et une solidité parfaite de jugement, sans céder aux entraînements du jour, sans connaître d'autre passion que celle de la justice. On est frappé de la sincérité de Tauteur : ses conclusions sont d*un juge équitable; ses prémisses, d*un philosophe homme de bien.
uoiinut (Lous-Josepn), ué à Chièvres le 30 décembre 4805, mourut à Liège le !^ juillet 1841. La modicité des ressources de sa mère, prématurément privée du soutien de la famille, n'aurait pas permis à Dehaut d'aborder des études supérieures, si quelques personnes généreuses, frappées de ses dispositions précoces et surtout de son ardeur au travail, ne l'avaient pris sous leur protection. Il fut envoyé au Collège d'Ath en 1822 : trois ans lui suffirent pour achever ses humanités. « Une » particularité trop remarquable pour » être passée sous silence, c'est que, » parvenu en 4*, il se montra d'une » force si supérieure it celle de ses ■ condisciples, pour la plupart bien » plus anciens dans l'établissement , B qu'ils refusèrent à l'unanimité de
> concourir avec lui : et leurs objec- » lions parurent si fondées , que le 9 Conseil d'administration, les dispen- » sant d'une lutte trop inégale, enjoi- » gnit ^ cet émule redouté de passer
> en 3*; sorte d*honorable ostracisme n contre lequel murmura toutefois le » jeune athlète, qui seul ne s*en jugeait » pas digne (*). » 11 poursuivit ses études avec le plus grand succès au Collège philosophique et k l'Université de Louvain ; ses progrès furent surtout remarquables en philologie. La révolution éclata au moment où il se disposait à soutenir sa thèse de doctorat.
Ce grand événement, qui pouvait entraver sa carrière, le trouva dans les rangs des amis de l'émancipation na-
tionale, tt Son rôle politique, pour » rester secondaire ainsi qu'il avait » déclaré lui-même le vouloir, n'en fut » pasmoinsdigne d'estime.— Lorsqu'un » attentai odieux, mais, hâtons-nous 9 de le dire, le seul attentat irréparable n qui ait affligé la Belgique durant cette » ère d'affranchissement, frappa dans » Louvain un malheureux désigné à la » fureur populaire, Dehaut n'hésita pas » à manifester son indignation en face » de ceux qui donnaient à leur rage » vindicative le nom de patriotisme, et » félicita hautement le fonctionnaire » dont l'intrépide énergie avait fait dé- » truire sous les yeux des assassins le » monument érigé par lui-même à la n liberté, nais qu'ils avaient souillé de » sang ('). » Dehaut prit part, quelque temps après, à la rédaction du Courrier belge, feuille très-influente : son esprit judicieux et la solidité de ses connaissances se firent remarquer dans les articles qu1l publia sur l'organisation judiciaire , sur les dépôts de mendicité et enfin sur l'enseignement Le gouvernement provisoire, par arrêté du 16 décembre 1830, l'attacha en qualité de lecteur Ji l'Université de Louvain, pour l'histoire ancienne, l'histoire du moyenâge et l'histoire politique moderne. Ces nouvelles occupations ne l'absorbèrent pas tout entier ; il trouva le temps de subir les épreuves prescrites par la loi pour l'obtention du diplôme en droit romain et moderne. Secrétaire académique en 1833-54, il vit son mandat renouvelé l'année suivante, et quoique accablé de besogne, il parvint pendant celte même période ù rédiger , pour le ministère de l'intérieur, un travail vraiment prodigieux par sa masse et par son importance : la statistique complète de l'Université de Louvain depuis 1817 (deux volumes grand In-folio), et de plus le catalogue systématique et raisonné des archives universitaires, et de celles de l'ancienne Ecole de droit de Bruxelles, â partir de 1806. Son indomptable volonté l'avait soutenu jusqu'au bout ; mais c'en était trop pour cette nature frêle et maladive. Une affection de poitrine le conduisit aux
* ) Lesbronssart, NoUee sur L.-J. Dehaut. ( * ) Ibid. — Il s'agit de l'aflOiire Gaillard.
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