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l'aecoroplîssemefH de sa tâche difficile^ que la direction du sixième district, composé à cette époque de l^arrondissement Judiciaire de Liège, lui fut confiée dès l'année suivante. Le â2 août i8i8, uA arrêté royal, sans lui ôter ni son titre ni son mng dans le corps des mines, l'envoya diriger les travaux de la grande Société du Luxembourg. Les événements de 1850 ayant arrêté brusquement les opérations de cette Compagnie, de Vaux reprit, le 5 Janvier {85i , sa position dans la hiérarchie administrative , et fut chargé provisoirement du quatrième district (Namur).

Dès le 4 septembre suivant, il revint k Liège , chargé de remplir les fonctions d'ingénieur en chef de la troisième division des mines, dont le ressort s'étendait aux provinces de Liège et de Limboorg, conformément à l'arrêté organique du 99 août. Le titre dingénieur en chef lui fut décerné le Si décembre 1856; le 10 septembre f84i, il obtint rehii d'Ingénieor en chef de première classe. Sur ces entrefaites, l'enseignement supérieur donné aux frais de FEtat avarlt été régulièrement reconstitué, par là lof du 37 septembre 1855. Adolphe de Vaux, lauréat de l'Académie des sciences cette même année, savant théoriden en même temps qu'habile ingénieur, fut appelé, le i 7 octobre 1856, i enseigner l'exploitation des mines à rUniversité de Liège. La Faculté des sciences de Liège , disait la loi , doit être organisée de manière à offrir l'instruction nécessaire pour les arts et manQfactnres et pour la spécialité des mines. Le germe de l'Ecole actuelle était dans cet article, mais le germe seulement. A ses attributions comme professeur, de Vaux joignait celles d'inspecteur des études. Il comprit largement l'importance de sa mission , traça le plan et le programme des études des Ecoles spéciales, dont il prévoyait rimmense développement , régla tontes l6s conditions d'admission, et en un mot exerça une influence prépondérante sur les destinées de ces établissements, en s'appuyant, pour leur imprimer un vigoureux essor, sur des bases solides et rationnelles. Les Ecoles spéciales de Liège l'intéressèrent jusqu'aux derniers

Jours de sa vie ; c'est encore en partie à son concours actif qu'elles sont redevables de la création récente d'un cours d'exploitation des chemins de fer. il y resta professeur jusqu'en 1844, époque où fut créée, par l'arrêté royal du iO Juin, « une inspection pour établir Funité dans l'application des lois et règlements en matière de mines dans les provinces » L'ingénieur en chef de première classe de Vaux, nommé inspecteur-général des mines« dut aller résider à Bruxelles. La confiance du gouvernement n'eût pu être mieux placée — Le mérite de de Vaux doit être apprécié à trois titres différents : comme professeur, comme fonctionnaire, comme écrivain utile, cet homme d'élite s'est acquis des droits à la reconnaissance de ses concitoyens. « De Vaux, dit M. Trasenster (son élève, son auxiliaire et finalement son successeur à l'Ecole des mines ; v. ce nom), de Vaux possédait à un degré éminent les qualités du professeur : connaissances étendues et variées , ferme bon sens , exposition à la fois lucide et élégante, recherche judicieuse des principes généraux et choix heureux des détails ; enfin, intérêt sympathique pour les progrès de ses élèves. Il savait captiver l'attention de ses auditeurs, leur inspirer le goût du travail et en faire des ingénieurs unissant la science au sens pratique. » Ainsi que nous l'avons dit, il eut toujours à cœur la prospérité des Ecoles qu'il avait tant contribué à créer ; chaque année, quand il venait présider, comme chef des mines, les examens de sortie, il s'enquérait de l'état de l'enseignement et discutait les modiflcations à y introduire. Sa qualité de président du Conseil de perfectionnement lui permettait d'être lui-même pour quelque chose dans la réalisation de ses idées ; mais il ne se laissa jamais décider que par de bonnes raisons , de quelque part qu'elles vinssent. Aussi était-il aussi aimé qu'estimé de ses anciens collègues et des ingénieurs sortis de l'Ecole. En 4849, lorsque ces derniers fondèrent leur Associatian (v. l'art. Trasknsteu), « leur première pensée fut d'appeler à la présidence honoraire le principal organisateur de l'Ecole des

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mines, celui qui avait dirigé les pas des premiers élèves, et qui considérait comme ses enfants tous ceux qui avaient reçu rinstruction à celte Académie des industries minérales et mécaniques. »

Il aimait à assister aux fêtes fraternelles qui réunissent chaque année les anciens condisciples, et on le voyait avec bonheur redevenir, par le cœur et la gaité , le contemporain des plus jeunes. — Laissons maintenant M. Tingénieur en chef Jochams nous parler du fonctionnaire. Dans cette haute position, dil-ll, de Vaux présida les Commissions chargées d'élucider toutes les questions se rattachant à la police des mines et des carrières souterraines, et fut ensuite chargé de la rédaction des règlements qui sont aujourd'hui en vigueur. Il prit également une large part dans rélaboration des règlements ci>ncernant la surveillance des appareils à vapeur. Justement ému du grand nombre d^explosions de ces derniers appareils, explosions qui avaient jeté, dans ces derniers temps, Tépou vante parmi les populations de nos contrées industrielles, il consacrait tous les instants qu il pouvait dérober aux autres branches de son service à la recherche d'un mode de surveillance qui piU faire espérer la fin de cet état de choses. A cet effet, il avait ouvert des conférences dans les différents centres miniers, afin de recueillir toutes les données que l'expérience de la pratique des chaudières à vapeur pouvait lui fournir, pour l'aider à résoudre une question intéressant de si près la sûreté publique. Son énergie, son activité, son savoir l'auraient sans doute conduit au but. Quelques jours avant sa mort, les principaux industriels avaient adopté son projet... Ainsi ses derniers efforts ont encore été utiles à l'humanité... Infatigable jusqu'au dernier moment, il n'a pu néanmoins que projeter une œuvre d'une importance capitale, dont il aurait pu dire sans hésiter : eaegi monumcnium. Nous voulons parler d'une carte générale des mines, destinée ù

faire ressortir graphiquement les richesses minérales de la Belgique. Ce précieux travail , confié aujourd'hui à des mains non moins habiles, est heureusement en plein cours d'exécution (v. l'art. Dumont). — M. Bidaul, secrétaire-général du ministère des travaux publics, a rendu un juste hommage à la mémoire de de Vaux, en rappelant la manière distinguée dont il remplit les mandats multiples qui lui furent confiés pendant une longue suite d'années. Président de la Commission des Annales des travaux publics^ de la Commission des procédés nouveaux, de la Commission directrice du Musée de l'industrie, de la Commission consultative des pensions , des jurys d'examen universitaires (pour la section des sciences) et des jurys de sortie de l'Ëcole des mines, entin du Conseil de perfectionnement de cette même Ecole, il sufflt à tout, et laissa partout des traces de son influence féconde et de son esprit supérieur. Il ût partie des jurys internationaux des grandes expositions de Paris et de Londres, et fut appelé à des vice-présidences par le libre choix de ses collègues étrangers. Des occupations si nombreuses et si variées aumient dû , œ semble , l'absorber tout entier; il n'en trouva pas moins le temps de publier, soit dans les recueils de l'Académie royale de Belgique , soit dans diverses revues scientitiques ou industrielles, des mémoires et des nolices (|ui témoignent de l'étendue et de la solidité de ses connaissances , non moins que de son es\mi éminemment pratique. La géologie, la physique, la mécanique apphquée furent les objets de ses constantes études. La question des eaux souterraines, celle du grisou, l'occupèrent particulièrement : c'est k lui que l'ingénieur Mueselerdutde voir sa lampe de sûreté préférée à t^lle de Davy ( * ). Il estimait qu'une abondante ventilation était le meilleur moyen de faire sortir le gaz de la mine ; en vue de ce résultat, il recommanda l'emploi de machines pneumatiques, d'appareils d'alarme des-

( * ) Vingt-cinq années (Texpéricncc ont ralifld le clioix d'Ad. de Vaux; on se rappelle la toiicbantc ovation faite à Mueseler,

en 1862, par les ouvriers oiineurs du bassin de Liëgd.

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tiiiés à signaler toute interruption dans les appareils de ventilation, et surtout d'un manomètre muitipllcateur . permettant d'apprécier les moindres différences de pression. — A|)rôs le fonctionnaire et le sa\antjl faudrait peindre Fhomme : quil suffise de dire avec M.

Bidaul que sa famille et ses amis perdirent en lui une âme d'élite, un cceur dévoué. Il idolâtrait sa mère veuve, qu'il suivit de près dans la tombe ; comme époux et comme père, il a versé sur les siens des trésors de tendresse ; à ses amis, il a prodigué Taide de sa science et de son expérience. Sa vie était pure, OH peut dire austère ; il était d'un commerce agréable, il savait plaire à tous p;.r son esprit à la fois simjile et brillant. H cachait avec soin ses bienfaits ; mais après sa mort, 11 est permis de révéler que l'infortune trouva toujours en lui un appui et un protecteur généreux, judicieux et persévérant. Que pourrions-nous ajouter ?

Voici la liste (nous n'oserions affirmer qu'elle soit complète) des publications d'Adolphe de Vaux :

A. Ouvrage* publiés par l'Acndémie royale dt' Belgique.

{** Mémoire sur l'épuisement des eaux dans les mines 3tém couronnés^ t. XII,

î'' Rapport à TAcadémie sur les moyens d'empêcher le déraillement sur le chemin de fer, proposés par M. lleinsman (BuUeiim, t. XIV, i8i7).

Ad. Devaux entra ic 'Iti décembre 184(i à fAcadémie, cofnme membre effectif.

5*^ Rapport sur le mémoire de M.

René Michel, concernant la direction des aérostats {Ibid),

4" Rapport sur les systèmes de locomotion aérienue de MM. Van Hecke et Van £sschen (Ibid)-

5*" Rapport sur un mémoire de M. De Boer, concernant les points brillants de.s courbes et des surfaces (Ib.^ t. XVI, i8i9).

6^ Rapport sur une machine à élever Teau, par M. de Caligny (Ib,, t. XVIll, 185i).

T Rapport sur un mémoire en réponse

à la question d'agriculture des polders (Ibid).

8" Rapport sur Tutilité d'ouvrir un concours spécial pour perfectionner les moyens de sauvetage employés dans les mines (t. XIX, 1852).

G"" Notice conceniant l'emploi de l'air échauffé, au lieu de vapeur d'eau, comme moteur dans les machines (Ibid),

W Observations sur le régime des eaux souterraines de Bruxelles et des environs C/^w/>.

Il*" Rapport sur une machine de M.

Lallemand (t. XXI, i854).

li° Rapport sur la boussole électromagnétique de M. Gloesener (t XXII, 1855).

15* Gisement et formation de l'oliglste, de la limonite et de la pyrite (t. XXIIÏ, 1856).

14" Rapports sur des concours et sur des communications faites à l'Académie, t. Vil. XIIl, XV, XVIll à XXIIl des

Bulletins,

15" Rapport sur quatre mémoires envoyés à l'Académie en réponse à la question des mines pmposée par le Gouvernt'menl (Exploitation de la houille à 1000 mètres de profondeur (t. XXIIl).

IG" Moyen de préserver les édifices des ravages de la foudre \l. IX*, 2' série).

17° Sur la conservation du bois au moyen de Thuile lourde du goudron de houille (t. XV, 2« série).

18® Discours prononcé en séance publique de l'Académie, sur les richesses minérales de la Belgique et les moyens de les extraire (16 décembre 1865).

Ad. De Vaux ayant été nommé, en 1863, directeur de ia classe des sciences, prononça le discours d'usage. C'est un exposé trèsremarquable des richesses minérales do la Belgique et des moyens de les extraire.

B. Ouvrages non publiés par l'Académie .

19" Notice sur un nouveau moyen d'appliquer la vapeur à l'épuisement des eaux et à l'aérage des travaux dans les mines. 1856, in-8°.

20" Instruction pratique conc>ernant

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l'aérage et l'éclairage des mines à grisou ; 45 juin 1839, in-8^

2i^ Carte minière de la Belgique (tout ce qui est relatif à la province de Liège). 1837^1841.

ââ"" Compte rendu de cette publication. Décembre iU% in-8^

ty Instruction pratique sur ta lampe de ringénieur Mueseler. Id,

34° Rapport sur Tappareil de M. Jacquemet, tendant à prévenir les explosions des chaudières à vapeur (commissaires : AIM. De Vaux et Maus). 4844, in-8«.

25" Indicateur pour Taérage des mines. Février 4840, in-8°.

26» Analyse de la publication , faite eu 4846, des documents statistiques concernant les mmes, les usines minéralurgiques et les machines à vapeur.

4846, in-80.

27o Publications faites par le département des travaux publics sur la statistique des mines, minières, usines et machines à vapeur. 4846 et 4852, iu-4\

28'* Notice sur un coup de feu qui a éclaté dans la houillère d Ashwel, près de Durham. Angleterre, 4848, in-8'\

29o Relation des expériences faites par M. Regnault, pour déterminer les principales lois physiques et lesdonnéesr numériques qui entrent dans le calcul des machines à vapeur. 4848, in-8®.

30« Note sur un ventilateur, breveté en faveur du sieur Struve. 4849, in-8''.

34<* Documents relatifs à rétablissement des lignes télégraphiques en Belgique (Commission composée de MM.

Quetelet, président, Caby et de Vaux, secrétaire-rapporteur. Mars 4858,in-8<».

32» Rapport sur les tubes indicateurs du niveau de Teau dans les chaudières à vapeur. Mars 4850, in-8o.

33* Rapport sur un appareil de sûreté pour les chaudières à vapeur, inventé par le sieur Dunn. 4850, in-8«.

34** Rapport sur le système de génération de vapeur ûlipueumatosphérMaly de M. Teslud de Beauregard. Août 4854,in-8o.

55« Rapport sur les ciments de Tournai, de M. Leschevin-Lepez (Commissaires : MM. de Vaux, Roget et Didier). 4852, in-8«.

36*^ Notice sur le régime et les causes d'altération des eaux potables de la ville de Bruxelles et de la banlieue. 45 septembre 4852, in-8*.

37^ Statistique des mines, minières, usines minéralurgiques et machines à vapeur : compte rendu des deux dernières publications du Département des travaux publics {Ann, des trav. publics^ février 4855).

N. B. C'est dans ce receuil qu'ont été publiées la plupart des notices mentionnées ci-dessus.

38° Moyens propres à soustraire les ouvriers mineurs au danger d'asphyxie à la suite des coups de feu (Ib.^ t. XiV, juin 4855).

30^ Note sur la théorie des lampes de sûreté. Avril, 1860, in-8^'.

40° Appareils de translation des mineurs dans les puits. (Ann, des tr, publics, t. XIX, avril 4860).

44o Notice sur fa saxifragine. 4863.

42° Notice sur la division de l'aérage dans les mines (RevueuniverselU, 4863).

43'' Des égoûts considérés au point de vue de la salubrité publique (Communication au Congrès de bienfaisance réuni à Bruxelles en 4856). Mai 4863.

44° Rapport sur l'Exposition universelle de Londres en 4862. Bruxelles, 4863, in -8°.

45° Jaugeage et frottement des courants dans les mines {Ann des tr* publics t. XXII, oct. 4864).

46° Des dégagements instantanés de gaz dans les travaux des houillères r/^. t. XXllI,juin4865).

i»umont (Andbé-Hubert) , né à Liège le 45 février 4809, mourut en cette ville le 28 février 4857. Sa vie se résume dans la poursuite et Faccomplissemem d'une seule idée; Il y sacrifia jusqu'à sa santé, mais il mourut dans les honneurs du triomphe. Son père Jean-Baptiste et son oncle Barthélémy

s'occnpaient ensemble de chimie industrielle (M ; ils possédaient en outre une belle collection de spécimens des substances minérales du pays. C'est en jouant dans leur laboratoire et en regardant curieusement autour de lui que le jeune André reçut, sans y prendre garde, sa première éducation. 11 fréquenta l'école primaire jusqu'à Tâge de douze ans, puis ce fut tout : le digne iean-BapUste ne voyait pas que Tenfant eût besoin d'en savoir plus que luimême; d'ailleurs il le destinait au commerce^ André ne songeait pas à l'avenir : il cultivait des fleurs, composait des herbiers, dessinait des coquillages fossiles, accompagnait dans les districts charbonniers son père, attaché au corps des mines, et rentrait chargé de minéraux et de fragments 4e roches, puis se mettait au piano {>our réjouir le coeur de sa mère idolâtrée.

Quand il eut quinze ans, on renvoya chez des parents, à Paris, s'initier aux opérations du négoce ; il en revint plus passionné que jamais pour Tétode de la nature. Déjà s'étaient révélées ses qualités d'observateur; en ailant visiter les mines avec son père, il avait fait des remarques sur la superposition des roches, il avait levé des pians : ce qui sans doute, dit M. d'Oroalius (*), développa chez lui le coup d'œil straiigraphique qui l'a toujours distingué.

Le 27 janvier 4828, âgé de 48 ans, il fut nommé arpenteur et géomètre des mines. La pratique ne lui fit pas oublier la théorie ; insensiblement même le besoin de ramener à des données {((^nérales les faits qu'il avait observés s'empara de son esprit ; il en sut bientôt autant qu'un autre en géologie, grâce aux mémoires de M. d'Oroalius d'Halloy et de Brongniart, et, grâce au traité de Haûy, en minéralogie cristallographique ; mais il avait encore plus étudié la nature que les livres , et ce fut là sa

gloire (*). En 4828, l'Académie de Bruxelles proposa au concours, pour 4830, la question suivante : « Faire la » description géologique delà province » de Liège, indiquer les espèces miné- » raies et les fossHes qu'on y rencontre, » avec l'indication des localités et la » synonymie des noms sous lesquels ces » substances déjà connues ont été dén crites. » Dumont ne laissa pas échapper l'occasion : il parcourut la province pendant six mois, sans faire part de son projet à personne, puis soumit à l'Académie un mémoire portant pour épigraphe : a On ne peut » établir avec certitude l'âge relatif des » roches primordiales d'après leur in- » clinaison. » MM. d'Omalius, Sauveur etCauchy furent nommés rapporteurs; le 5 mai 4850, la médaille d'or fut décernée à l'auteur. Cependant l'importance et surtout la nouveauté des considérations émises par Dumont frappèrent tout particulièrement M. d'Omalins, qui, voulant s'assurer par luimême si le concurrent s'appuyait sur des découvertes réelles, ou s'il ne s'agissait que des inventions d'une imagination ardente, se rendit tout exprès à Liège. L'éminent académicien fut très-surpris lorsqu'on lui présenta,dans un magasin de la rue Yinàve-d'Ile, un tout jeune homme o qui paraissait avoir quinze ans, mais qui me prouva bientôt, dit-il, qu'il était l'auteur du mémoire ! — Je lui demandai s'il pouvait me conduire dans quelques localités , où il me ferait voir la preuve de ses assortions, et sur sa réponse affirmative, nous nous rendîmes dans la vallée de la Meuse , au Sud de Liège (*). On sait que c^tte vallée est bornée par des pentes rapides et élevées sur lesquelles il y a des chemins creux. Dumont me montra d'abord, dans un de ces chemins, la succession de toutes les couches qui composent

(* ) Ils firADt les premiers, à Liège, des essais sur la fsbricaiiOQ du sucre de betterave, pendant le blocos continental. Ils s'appliquèrent ensuite avec succès à la préparation de falun et finirent par fonder , avec M. le clievalierT. de Laminne, l'établissement d'Ampsin, près de Buy. — V. Payn. André Dumoni, «a rie et ses travaux. Paris et

Liège, 4864, in-8o, p. 6.

1 ' ) Notice sur A. Dumont, dans V Annuaire de tAcad, roy, de Belgique, année 4858,

p. -ei.

( ' ) Nous suivons ici pas à pas Teicellent travail de H. Fayn.

{*) Plus exactement, au S.-O.; il s'agit des environs de Chok.ier.

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son terrain anthraxifère ; mais il s'agissait, pour prouver le plissement, de montrer ces couches disposées en sens contraire, et cVst ce qu il annonçait être visible dans un chemin voisin ; toutelois, comme ces chemins ou plutôt ces ravins se ressemblent, il se trompa et nous descendîmes par un ravin où les éboulis cachaient la strati G cation. Le pauvre jeune homme se tiouva dans une position désespérée : il était certain de sou affaire, mais 11 craignait que je ne voulusse pas consentir à gravir de nouveau la côte, et alors son travail allait être signalé à rAcadémie comme une rêverie ; aussi, quel ne fut pas son bonheur lorsque je lui proposai de faire une nouvelle ascension ? Je dois dire qu'il m*a toujours conservé une vive reconnaissance de cette démarche bien naturelle sans doute, mais qui, disait-il, avait décidé de son avenir» ('). Toutes les observations consignées dans le Mémoire étaient d'une exactitude minutieuse. Dès ce moment Dumont put compter sur un ami, sur un prolecteur éclairé, digne appréciateur de son mérite.

A rétranger, il trouva quelques contradicteurs ei en revanche de chauds partisans. Ses divisions furent discutées ; en tin de compte , confirmées par des études ultérieures, elles ont acquis droit de cité dans la science. En 1855, la Société géologique de France s étant réunie à Mézières, quelque temps avant le Congrès scientifique de Bonn , il fut convenu que plusieurs membres de la compagnie , tant anglais que français , descendraient la vallée de la Meuse pour se rendre dans cette dernière ville, et s'arrêteraient à Huy et k Chokier. Dumont, qui allait de son côté entreprendre un voyage, résista aux instances de M.

d'Omalius , qui aurait voulu qu'il fut présent lorsque les savants étrangers traverseraient le pays. M.d'Omalius se chargea lui-même de le représenter, et l'épreuve fut décisive. Cinq ans plus tard , le 5 février 1840, la Société géologique de Londres, sur la proposition de MM. Sedgwick et Filton, décerna

au savant belge la médaille de Wollaston,quine s'accorde qu'aux œuvres d'une valeur exceptionnelle.

Dumont, sur ces entrefaites, ne s'était pas laissé éblouir par son triomphe académique. Tout en abordant de nouvelles recherches et en préludant k ses grands voyages ])ar une excursion en Suisse et dans les volcans éteints de l'Eifel, il songeait sérieusement à combler les lacunes de son éducation première, du moins au point de vue des sciences exactes Sur le conseil de M.

Gloesencr et de Lemaire(v. ces noms), il se tit inscrire à TUniversité : le 44 janvier 1855, le diplôme de docteur en sciences physiques et mathématiques loi fut décerné. Il était depuis plusieurs mois membre correspondant de l'Académie ; ce titre ne l'avait pas empêché de s'asseoir sur les bancs. Mais déjà, dans le modeste élève, l'opinion des juges compétents avait proclamé un maître.

Le choix de M. de Theux, qui le nomma le 5 décembre i855 à l'Université de Liège, en qualité de professeur extraordinaire, chargé des cours de minéralogie et de géologie, fut universellement approuvé (*). Ici commence pour Dumont une période d'activité fébriWy presque surhumaine : les travaux dont il va bientôt assumer la responsabilité suffiraient k eux seuls k remplir la vie d'un comité de savants ; il ne mesure point la tâche, il marche en avant et ne s'arrête jamais ; sa ténacité n*a d'égale que son génie obser>'ateur; un secret instinct lui dit qu'il est appelé à doter sa patrie d'un monument impérissable ; il sacrifie tout à ce but uni([ue et succombe bien jeune encore, mais lomme le soldat de Marathon, en annonçant la victoire !

L'excellence de son enseignement ne contribua pas moins que ses premiers travaux scientifiques k consolider et à étendre sa réputation. « Le jeune maître fut obligé de créer pour ainsi dire un cours de géologie, où ses sagaces obsenations sur notre pays servirent de terme de comparaison à tout ce qui avait été fait jusque \k. ^vec quel ta-

{*) D'Omalius, p. 94-98, note.

( ' ) Dumont fut promu à l'ordinariat le 20

septembre i 841.

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lent, dès le début de son enseignement, il sait définir et exposer tous les points saillants de la science! Sa jeunesse, sa modestie, la grâce de son visage, son talent consacré par un grand succès, captivaient rattention de ses auditeurs et éveillaient dans leur Ame la plus vive sympathie : aussi des marques de bienveillance accueillirent-elles chacune de ses 1eçons( ' ). » Au moment de prendre la parole, son extrême timidité influait sur son débit; mais Tattention avec laquelle on Fécoutatt Tenhardissait bientôt. A mesure qu'il s'échauffait, son langage devenait plus clair; les fiûts saisissants, les exemples se présentaient à propos à son esprit; d'ailleurs il restait toujours simple et précis, ne se noyait jamais dans les détails et possédait Tart d'intéresser toujours, soit qu'il exposât les formules arides de la cristallographie, soit qu'il abordât les théories séduisantes de la géogénie. Il inoculait pour ainsi dire â ses éièves, avec les éléments de la science, l'ardent amour du progrès et des découvertes qui le possédait tout entier ; il assurait le succès de leurs études en se faisant leur ami , en les emmenant fréquemment en excursion.

« Nous étions tous de la partie, dit M. Fayn (*). Dumonl avec sa bienveillance accoutumée, répondait A toutes nos questions, nous initiait à la manière d'observer, de rechercher les mystères que récèlent parfois les divers terrains dans leur superposition. Toujours gai et souriant, il savait nous communiquer une sérénité qui calmait nos lassitudes. On marchait quelquefois dix heures par jour, gravissant les montagnes, côtoyant les ruisseaux, se perdant à travers champs sous la réverbération d'un soleil d'airain! N'importe :

le contentement était général, et à l'approche de la nuit, on regagnait la ville prochaine où le prévoyant maître avait fait préparer gite et nourriture. Pendant qu'un sommeil réparateur nous rendait de nouvelles forces, lui veillait, rassemblant ses notes, mettant de Tordre dans ses obsenalions. C'est

ainsi qu'on remontait la vallée de la Meuse , de Liège â Givet , Mézières et Charleville, qu'on parcourait les calcaires de Visé, la craie de Maestricht, les sables d'Aix-la-Chapelle, les plateaux des Àrdennes et les vallées de l'Eifel, du Taunus et du Hundsriick. »

Les courses de Dumont à travers le pays n'eurent pas seulement pour but l'instruction de ses élèves. Le gouvernement ayant résolu de faire dresser la carte géologique du territoire belge, l'auteur du Mémoire sur la province de Liège, couronné en 4830, se trouva tout naturellement l'homme indispensable. Ses délimitations des quatre systèmes du terrain anthraxifère avaient été proclamés par les commissaires de l'Académie « ce qui avait été fait de mieux en ce genre dans notre pays ; une Coupe des terrains primordiaux de la lieigiquej entre Funuty et Gembloux, publiée en 1855 dans \e& Bulletins de la Société géologique de France , à laquelle Dumont était dès lors affilié, avait confirmé les premières inductions do jeune savant, et donné de nouveau la mesure de son talent d'observation.

Dumont fut au comble de la joie quand un arrêté royal du ôl mai 1856 le chargea , sous les auspices de l'Académie , de dresser la carte géologique des provinces de Liège, du Hainaut et du Luxembourg. On lui accordait seulement trois ans pour accomplir sa mission. Non-seulement il assuma c^tte lourde responsabilité ; mais, sur sa demande, le 25 septembre de l'année suivante , il reçut autorisation d'entreprendre seul la c^irte du pays tout entier. Le terme fixé d'abord fut prorogé d'un an C).

Membre titulaire de l'Académie depuis le 15 décembre 1856 , Dumont trouva le temps , tout en poursuivant ses études sur le terrain dans les coins les plus reculés du pays , d'enrichir les Mémoires et les Bulletins de la Compagnie des résultats de ses nombreuses découvertes. Quant au délai stipulé pour l'achèvement de son œuvre principale, on comprend qu'il fut dépassé *

(') Fayn, p. 16.

{» Fayn, p. 17.

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la carte de la Belgique n'absorba pas moins de seize années de recherches assidues , et l*on a même peine à comprendre comment il a été possible à un seul homme, d'une constitution frêle et délicate, de mener à bonne un ce travail d'Hercule. Il ne s'a^ssait pas ici d'une étude de cabinet: il fallait courir les montagnes , sonder les profondeurs du sol, faire quelquefois mille kilomètres à pied daios une seule t^mpagne, en toujs sens, pour arriver à une pleine Cfirtitude. Ce qui soutint Dumont, ce fut d'abord la force de sa \olonté. Ce fut ensuite le culte ardent, exclusif, désintéressé, qu'il avait voué à la science; enfin, son esprit d'ordre et d'exactitude, et par-dessus tout, le caractère vraiment scientifique de la méthode à laquelle, dès son début dans la carrière, il s'éuit fait une loi de rester fidèle. Il se dépouillait de tout esprit de système , s'attachait k l'observation de chaque fait en particulier, vérifiait incessamment , par des observations nouvelles, les résultats acquis et ne s'arrêtait pas, avant que les faits généraux ne se révélassent pour ainsi dire d'euxmêmes, lorsqu'il en venait à embrasser l'ensemble de ses remarques. Il était par instinct disciple de Bacon ; nous disons par instinct, parce que Dumont avait peu étudié la philosophie , peu médité même sur les hautes questions de la logique scientifique. Mais dans .son domaine, il se trouvait pleinement à l'aise : une rare prudence naturelle, un coup-d'œil stratigraphlque éminemment perspicace, une indépendance absolue à l'égard des opinions qu'il n'avait point contrôlées, donnaient à ses prémisses toute la précision et la sincérité désirables, à ses conclusions une autorité que relevait encore sa modeslie. Lorsqu'il croyait avoir raison, d'ailleurs, il était homme à épuiser un débat plutôt que de céder, témoin sa discussion avec M. de KonincJi sur

la valeur du caractère paléontologique eu géologie. Dumont pensait que « les formes organiques sont bien moins en rapport avec le temps qu'avec les conditions d'existence, variables à diaqae épo<|ue d'un point du globeàl'aptre ('). M de Koninck partageait au contraire l'opinion de MM. Âgassiz et d'Orbigny, c'est-à-dire soutenait qu'à chaqueépoqne géologique rx)rrespond une faune spéciale. Une note Sur la valeur du caractère paléontologique eu géologie^ extraite pour le Bulleliu de l'Académie d'un discours prononcé par Dumont le 5 mars 4847, à Touverture du cours de géologie, mit le feu aux poudres. Les escarmoucbeâ prirent plusieurs séances ; à la fin M. de Koninck , bien que non convaincu, déclara qu'il lui paraissait inutile de prolonger le débat. Dumont retrouva plus d'une fois les paléontologistes sur son chemin, notamment au sujet de l'argile de Boom et du London-Clay, qu'ils rapportaient à la même période de formation, à raison de la ressemblance de leurs fossiles. Pour le même motif, ils regardaient comme équivalents le calcaire grossier et le London-Clay, et concluaient au parallélisme de l'argile de Boom, du calcaire grossier et enfin du système bruxellien. Dumont,au contraire, avait été C4>nduit par ses observations,dès i859, à reconnaître que l'argile de Boom est supérieure aux sables de Bruxelles. Dix ans plus tard, il donna une nouvelle classification des terrains tertiaires etsépara les sables de Bruxelles des argiles de Boom par le puissant dépôt des sables de Lethen (qui forment la base du système tongrien), par les argiles vertes de Henis et par les sables jaunes de la partie inférieure du système rupélien.

('). M. d'Ârchiac, dans son Histoire des progrès de la géologie (t. II, 2« partie, p. 498), se rangea ouvertement du côté des adversaires de Dumont et prétendit que les conclusions de ce der-

(*) Depuis que la terre est habitable»

dcriviiitril, la chaleur solaire a toujours eu assez d'influence pour que la même faune n'ait jamais pu s'étendre sur toute sa surface ; en d'autres termes, il y a toujours eu, comme h présent, des faunes différentes h

une même époque. C'est donc à tort que leii paléontologistes considèrent comme synchroniques les dépôts qui présentent les mêmes faunes sous des latitudes différentes. (•) Fayn, p. 482. — V. ci-après.

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ni(?r étalent forces, m^m^ sous le rapport ntratigraphique. Le géologue liégeois recotmnença ses observations, passa la Manche afin d'étadier par laimême les terrains tertiaires de l'Angleterre, et n>ut de repos que quand il pat s^ppuyer sur des faits précis. Il finit par Justifier pleinement sa elassification,fiiém^ sans le rapport paléontolodûjitte (' ). Sa note Sur la position géologique de FargUe rupélienne, en réponse à M. d'Archiac, est un travail analytique des plus remarquables ; elle fait vivement regretter que Dumont n*ait pas eo le temps de traiter en détail de la constitution des terrains tertiaires de la Belgique, comme il se Tétait proposé dès i839, alors qu'il avait formé le projet d'écrire une histoire géologique de notre pays (■).

Le travail capital de Dumont , celui auquel toutes ses études se rattachent par des liens plus ou moins étroits, doit être apprécié d trois points «te vue différents. D'abord ce serait se tromper étrangement que de le réduire aux proportions d'une œuvre de patience : la carte géologique de Belgique s'adresse aux savants comme aux industriels. Les rapports adressés par Dumont à l'Académie sur les résultats de ses courses attestent qn1l s'attachait non seulement h constater des faits, mais à tirer parti de ses observations pour atteindre une intuition ou une démonstration de plus en plus claire des grandes lois de la nature.

Tantôt il s'arrête en passant sur un point spécial; tantôt 11 généralise et résume sa théorie. 11 annonce à l'Académie, le 7 avril 1858, la découverte d'une nouvelle espèce de phosphate ferrique, la Delvauxine (^) ; il publie un an plus tard , dans les Mémoires de la Compagnie, ses tableaux analytiques des minéraux et des roches^ où la méthode naturelle se combine heureusement avec l'analyse, au grand profit des élèves, pour qui cette classification a été surtout dressée. La fin de chaque campagne est toujours signalée par quelque découverte ou par la défense de quelque thèse nouvelle. Dans son rapport de 1K57. il démontre que les petites vallées qui traversent la plaine de Hesbaye correspondent à des failles, c'est-à-dire qu'elles doivent leur origine à des dislocations de l'écorce terrestre et non à de simples érosions des eaux, ainsi qu'on l'avait supposé jusqu'alors (^). En 1858, il fait connaître la nature et les limites du dépôt moderne dit argile d'Ostende, qui s'étend le long des côtes de Flandre , depuis Anvers jusqu'à Dunkerque. Nous avons mentionné ses travaux de i859 sur les terrains tertiaires ("); son Mémoire de 184i, sur les terrains triasiques et jurassiques du Luxembourg, bien que les conclusions en soient encore contestées, mérite également d'être cité, comme ne devant pas rester sans influence sur la solution définitive de la question. L'une de ses œuvres les plus

(*) fMtf., p. 186.

(*) Ufid. — La synihôse des vues de DonoDl à cet égard est'expoaëe par M. Fayn, daos les pages suivantes, avec beaucoup de clarté, d'après les leçons du maître et de précieuses notes manuscrites trouvées dans ses papiers.

(') En l'honneur du chimiste Del vaux (v. ce nom), qui détermina le premier ce minéral, signalé à Bernean, lez-VJsë, dès 4793, par Dumont père.

{*) D'Omalius, p. 96.

(') On a désapprouvé sa nomenclature, empruntée aux noms des localités belges : terrain Landénien, terrain Bruxellien, Tonyrieriy Ùiestien, etc. Les Français et les Anglais Font repousséo; elle a été mieux accueillie en Allemagne, sans doute parce que

les terrains tertiaires de Belgique ont plus d'analogie avec o*jux de ce pays qu'avec ceux de France et d'Angleterre, doul ils sont cependant plus voisins. 11 faut dire que Dumont s'était trouvé embarrassé de faire concorder ses divisions avec celles qui étaient déjà adoptées dans d'autres contrées. On lui a reproché l'abus des subdivisions : dans les descriptions locales, dit très^bien M. d'Omaliu8,on n'en saurait trop admettre.

Aux hommes qui s'occupent de travaux plus généraux, de réduire le nombre des groupes ; l'essentiel est que les membres d'une même division se rangent bien et dûment dans le même groupe; or, sous ce rapport, personne ne s'est encore plaint de la classification de Dumont.

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importantes est le Mémoire sur les terrains ardenfuns et rhénans, honoré du prix quinquennal des sciences en 4854, avec les travaux de MM. de Koninck et Van Beneden.Nous laissons la parole k M. d^Omalius : « La partie la plus ancienne du sol belge appartient à un grand massif, qui s*étend depuis TEscaut jusqu'à la Diemei, et qui a été longtemps désigné sous les noms, trop vagues , pour la géologie actuelle , de formation du Thonschiefer ou de terrain ardoisier, sans que Ton fût parvenu à établir de bonnes divisions.

Dumont lui-même, avec son coup d*œil perçant, s'y était déjà essayé sans obtenir un résultat satisfaisant. Mais il présenta à l'Académie , en 18i7 et 1848, deux grands Mémoires qui devaient former les deux premiers chapitres de l'explication de la Carte géologique, et dans lesquels il divisait les dép6t8 dont il s'agit en deux groupes, sous les noms de terrain ardennais et de terrain rhénan. Ces groupes comprenaient eux-mêmes six systèmes que, fidèle à ses principes de nomenclature ( ' ), Dumont désignait par les épithètes de Deviîlien, Révinien, Salmien, Gedinnien, Coblenzien et Ahrien. Cet immense travail est demeuré jusqu'à présent le dernier mot de la science, et n'a pas encore été contredit dans aucun de ses détails. » — A mesure que notre géologue étendait le champ de ses recherches , il se préoccupait davantage, ainsi qu'on Ta indiqué, des grandes théories scientifiques. Nous citerons notamment l'application qu'il fit, en 1852, de la théorie des soulèvements lents à la description des terrains supérieurs de la Belgique, déposés presque toujours horizontalement, et dans lesquels la ressemblance des caractères paléonlologiques et minéralogiques rendait indiscernable la succession des époques. La géométrie, selon Dumont, peut conduire à des résultats presque aussi certains que l'observation de la continuité des couches.

Tous les phénomènes de la nature ont leur continuité; les violentes révolutions

du globe sont annoncées par des mouvements insensibles dont elles peuvent bien n'être qu'un maximum, et qui se prolongent encore après la crise. Ces mouvements lents ne se sont pas étendus sur des espaces aussi considérables que les soulèvements brusques ; néanmoins, en mainte circonstance, il est possible de reconnaître, sur plusieurs centaines de lieues, des traces non équivoques de leur passage. « Or, lorsqu'en des localités différentes, on constate que divers mouvements lents se sont succédé dans le même ordre, en présentant les mêmes circonstances, on peut souvent en conclure qu'ils ont été produits simultanément ; que l'élévation ou l'abaissement constaté en un point correspond à l'élévation ou à l'abaissement observé dans l'autre ; que les mouvements qui ont eu lieu d'un côté d'un axe d'oscillation sont corrélatifs aux mouvements en sens inverse qui se sont manifestés de l'autre , et que par conséquent les couches qui se seront déposées de part et d'autre pendant les mouvements simultanés sont contemporains, quelles que soient d'ailleurs les différences minéralogiques ou paléontologiques qu'elles peuvent présenter » ('). Cette méthode conduisit notre géologue à établir que le sol de la Belgique, pendant la formation des couches landéniennes (éocène inférieur) , s'était successivement abaissé par rapport à l'Océan, et que, pendant l'époque yprésienne (éocène moyen), le sol avait éprouvé un double mouvement ascensionnel et de bascule jusqu'à la fin de l'époque tongrienne (éocène supérieur) ; que, d'autre part, c^s mouvements s'étaient répétés avec une grande similitude en Angleterre et en France.

A l'époque de la formation landénienne, abaissement du sol et couches en débordement; à l'époque de la déposition des argiles de Londres et d'Ypres, mouvement ascensionnel , compliqué d'un mouvement simultané de bascule.

Dumont put reconnaître, sur le terrain même, les résultats de ces deux derniers mouvements, dont le premier

(*) V. la note prëcddente.

( *} Dumont [Bulletin de fAead,, t. XIX), ap. Fayn, p. 490.

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reslreignit les limites des bassins, tandis que le second en déplaça le centre, cVst-à-dire le point le phis bas ; de là les différences importantes qu*on remarque dans les formations tertiaires de la Belgique, du Nord de la France et de FÂngleterre, à Tépoque tongrienne.

« Pendant que le mouvement reculait vers le Nord les limites des mers de la Belgique et mettait à sec le bassin de Londres, il déplaçait, vers le sud, le centre géologique des bassins de Paris et du Hampshire et transformait enfin ces bassins marins en lacs. Un abaissement général ramena, comme on Ta vu, les eaux marines dans le bassin de Paris, phénomène pendant lequel se déposèrent d'un coté les marnes marines et les sables de Fontainebleau, et de Tautre, les argiles à Cyrena semntrUita de Tétage supérieur du système tongrien et les sables inférieurs du système rupélien » (M. C'est ainsi que les problèmes ardus de la géognosle étalent ramenés par Dumont à des problèmes de dynamique et de géométrie : il parlait tout simplement de la loi de gravité, en vertu de laquelle tous les dépôts sédlmentaires doivent se disposer en séries horizontales successives, d'après Tordre des phéno-

mènes. Il demandait Tâge d'un massif à la plac^; qu'il occupe, à la disposition de ses parties, à la direction des mouvements de sa formation, laquelle subsiste malgré les dislocations des couches et se vérifie par le caractère même de ces dislocations.En procédant ainsi, Dumont ne faisait que tirer de nouvelles conséquences des prémisses qui l'avaient conduit, dès l'âge de vingt ans, à une découverte stratigraphique de premier ordre, et qui plus tard lui firent a débrouiller tontes les difficultés de l'Ârdenne » (•).

Si la confection de la Carte géologique de la Belgique a fourni à Dumont 1 occasion de rendre d'éminents services à la science, l'œuvre elle-même, heureusement accomplie . constitue pour l'industrie nationale un trésor non moins précieux. Un juge compétent (') n*hésite pas à déclarer que telle est l'exactitude des observations de Dumont, que ses cartes resteraient, même si l'on en changeait la nomenclature et le groupement des éléments qui y sont établis. M d'Archiac a reproché au géologue belge de n'avoir presque point donné de coupes de terrains dans ses Mémoires descriptifs (*); le fait est que cette allégation est peu fondée et

(*) Damont, ibid. , p. 45; ap. Fayn ,

( * ) Discours de M. Lâchât, 4856 (v. ciaprès).

( *) M. Trasenstcr. — M. Dewalque (v. ce nom), en modiflanl à certains égards la classincation de Dumont, dit de son côté que ces changemonts ne font que consacrer les idées générales de riUiistre auteur, en leur donnant tout leur développement et en montrant avec quelle facilité elles se plient à suivre les inévitables progrès de la science [BuiL Acad., S« série, t. Xi, n» i), M. Dewalque s*cst fait un devoir, dans la notice que nous citons (sur le syttème eifélien du Condroz),àe répondre péremptoirement il un ingëoieur qui reprochait à Dumont d'avoir oublié, dans sa petite carte , une petite bande de calcaire au sud de Limbourg. Dumont n'était pas infaillible ; mais ses observations sont toujours scrupuleusement sincères et d'une merveiUeuse exactitude. V. Fayn, p 98 et suiv.

{*) Hist» des progrès de la géologie, t. VIII, p. 70. -^ C'est ici qu'il convient de

dire quelques mots de la Carte minière de la Belgique, précieux complément des recherches de Dumont (v. l'art. Dp. Vaux). Un ingénieur au courant de ce grand travail a bien voulu nous communiquer la noie suivante, que nous nous empressons de mettre sous les yeux du lecteur :

< N'oublions pas que Dumont avait été géomètre des mines avant de se révéler comme le lumineux interprète de Tun des problèmes les plus ardus et les plus complexes que la nature ait offert à la spéculation humaine.

» C'est sans doute ii celte circonstance, et gr&ce au concours dévoué de plusieurs directeurs de charbonnages, que nous devons le premier essai sur l'allure et la synonymie des couches du bassin de Liège.

» Quelque incomplet que devait être un travail accompli dans un temps relativement très court, Dumont y a laissé un témoignage de plus de sa haute intelligence , de son esprit de méthode et de cette espèce de devination propre au génie ; car, il convient de le remarquer, son aptitude naturelle était ici

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que les descriptions de Dumont ont toute la clarté désirable, à ce point que le lecteur peut généralement reconstruire la figure. DViUenrs, nombre de

coupes ont été publiées, et enfin, avant de porter un jugement définitif, il faut attendre que M. Dewalquc ait mis au jour les notes laissées par son maître.

tenue en échec par l'Impossibilité d*observer directement l'ordre de succession de toutes les couches de houille.

» Son Mémoire sur la constitution géologique de la province de Liège a été souvent consulté.

» Malheureusement, l'échelle réduite do la carte qui l'accompagne et le manque de renseignements sur la position des couches en profondeur, n'ont pas permis aux ingénieurs et aux exploitants des mines d'en retirer tout le fruit qu'ils pouvaient espérer.

> Toutefois, les jalons qu'il a posés n'ont pas été perdus et, comme le dit M. Fayn dans son excellent ouvrage sur la vie et les tra vaux de Dumont, « ils ont servi de point de » départ à toutes les études nouvelles entre-

> prises de nos jours sur le raccordement

> des diverses couches de houille dans la » province de Liège. *

> Sur l'initiative et à la suite des vives instances de feu M. de Vaux , inspecteurgénéral des mines, le Gouvernement a décrété la confection d'une carte générale des mines du pays (').

» Un spdcimcn de cette carte, comprenant l'important groupe houiller de Seraing, a figuré à l'Exposition universelle de Paris on ^1867. Les hommes compétents ont eu ainsi l'occasion d'apprécier la valeur et les bases de ce travail.

» La carte est dressée à une échelle sufllsante (i à 5000) pour renseigner toutes les circonstances de gisement qui peuvent intéresser le mineur. Elle fait connaître le mouvement de toutes les couches de houille exploitables, non par un simple trait comme il a été pratiqué jusqu'à ce jour, mais au moyen d'une tranche horizontale d'une certaine épaisseur. Par une heureuse application des projections cotées, ce système permet de suivre les mouvements les plus compliqués, les failles et les dérangements dont les couches sont affectées, et laisse en quelque sorte deviner leur allure en profondeur (»).

9 La tranche choisie pour le bassin de Liège a une hauteur verticale de cinquante mètres, comprise entre i40 et i90 mètres

sous le niveau de la mer à Ostende. C'est celle qui correspond en moyenne k l'exploitation actuelle et qui présente par conséquent le plus grand intérêt pour le moment.

> La base réelle du travail consiste dans une série de coupes verticales, très-rapprochées les unes des autres, sur toute l'étendue du bassin et suivant des plans généralement parallèles.

» Ces coupes donnent la conflguration du terrain houiller à toute profondeur et, si on le désire, le tracé immédiat d'une carte générale à un niveau quelconque. Elles permettent aussi de connaître la position probable des couches de houille dans une tranche déterminée de terrain destinée à l'exploitation. Sous ce rapport, la carte qui s'exécute rendra les plus grands services aux exploit tants, car ils seront fixés d'avance sur la direction k donner aux travaux préparatoires, sUr les obstacles k vaincre et sur la durée de Texploitation proposée.

» On conçoit facilement les difficultés et les lenteurs de ce travail, qui réclame le dépouillement de tous les plans et documents relatifs aux travaux de mines, la recherche des anciens travaux signalés par la tradition ; de plus, des opérations géodésiques très-délicates, des visites souterraines fréquentes et laborieuses ; enfin, des études et des essais sur le mouvement probable des couches dans les territoires inexplorés, soins capables, à eux seuls, de lasser la patience d'un Bénédictin.

> On peut alTirmer que, de son vivant, Dumont eût applaudi à l'exécution d'une Carte générale des mines de Belgique, puisqu'on lit dans son Mémoire précité, page â09 : « L'étude des mouvements que font les

> couches de houille est de la plus haute im-

> portance pour la géologie de la province » de Liège, en ce qu'elle jette un grand jour » sur la disposition de toutes nos roches » primordiales et sert à déterminer leur âge » relatif. » Or. celte vérité est surtout applicable au bassin houiller du Hainaut, recouvert sur une grande étendue par des dépôts puissants de terrains plus récents, qui le dérobent aux investigations du géologue. »

(*)U.J.VflnScfaerpeQzeelTbiffi, âgrégëà rCnîrerffité ileUége et inçëuienr principal des mines.a été chargé de ce iterTice, aoquel est adjoint M. Fingé- Dieur ordinaire des mines R. Halberiie.

(*) U. le professear J. P. Schmit, dans son Cours de géométrie descriptive en Toie de pnblicatton , a fait ressortir les ressources que présente cette mé • thode pour la représentation des sarfates géologiqoe».

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La précision des études de Domont peut être appréciée par Texemple suivant : a Le ministère des travaux publics ayant alloué des fonds pour faire dans la station de Hasselt un essai de puits artésien jusqu'à 100 mèt.de profondeur, notre géologue fut consulté sur le succès plus ou moins prochain de cette enU'eprise. On était arrivé à la limite fixée par le Gouvernement. Dumont, sur Tinspection des échantillons qui lui furent envoyés, engagea le ministre à continuer Fessai au moins jusqu'à la première couche aquifère. Les fonds furent accordés et , à la limite des marnes beersiennes, on trouva la couche giauconieuse et aquifère cherchée :

en une nuit, les eaux jaillirent à plus de trois mètres au-dessus du sol. La connaissance géologique de notre pays, que Dumont possédait jusque dans ses plus minutieux détails, lui avait fourni la solution d'une des plus belles questions d'hydrographie souterraine qui puisse intéresser la science de Tingénieur » (' ). L'utilité pratique des cartes de Dumont est aujourd'hui de plus en plus appréciée.Elles évitentd'abord des mécomptes à l'industrie charbonnière, en indiquant les limites exactes de nos bassins houillers, aussi bien dans les parties oii ces limites sont cachées sur des dépôts superficiels que là où elles sont découvertes : hors de là, les explorations pour trouver de la houille seraient inutiles. D'autre part, ^ioute M. Fayn, la recherche des filons de zinc, de plomb, de fer, ne pourra se poursuivre que dans une certaine direction , rendue facile par la délimitation exacte des diverses bandes qnartzo-schisteuses et calcaires du terrain anthraxifère. En consultant la carte géologique, l'ingénieur et l'entrepreneur de travaux publics connaîtront la

nature, la cohésion et la dureté des teiTains à entamer pour la construction d'un ouvrage d'art quelconque ; l'entrepreneur de puits artésiens saura quels sont les points où il peut obtenir de l'eau jaillissante; l'architecte pourra trouver des matériaux de construction , des pierres à chaux , etc.

Enfin le pays y trouvera l'amélioration de son sol cultivable, par l'emploi bien entendu des amendements, et, comme corollaire, l'augmentation de ses richesses territoriales (*).

Dumont s'est beaucoup occupé des rapports de la géologie avec l'agriculture ; c'est là le troisième point de vue sous lequel il convient de considérer la Carte géologique. Notre observateur reconnaissait en Belgique sept zones géologico-agricoles : VArdenne aride , quartzeuse et schisteuse, qui a besoin d'être amendée par la chaux ; au sud, une petite contrée se rattachant géologiquement à la Lorraine, par les terrains jurassique et triasique : les céréales sur le calcaire, les pâturages sur l'argile , les sables infertiles ; puis le Candroz, dont les bandes alternativement quartzoschisteuses et calcareuses appartiennent au terrain anthraxifère et présentent une végétation brillante ici. là maigre et chétive comme en Famène, si le quartzoschiste n'est désagrégé et amendé ; la Hesbaye argileuse , embrassant toule la zone du limon hesbayen depuis la Meuse jusqu'à Ypres, Audenarde, Âlost , Vilvorde . terre fertile entre toutes ; la Campine plate , sableuse et stérile ; entre Furnes et Anvers, une zone d'argile moderne, parfaitement horizontale, pays de riches prairies ; enfin, le long des côtes, les sables mouvants des dunes, non encore appropriés à la culture. Dans un de ses rapports à l'Académie, Dumont posait des règles et

( ' ) Dumont s'occupa aussi, pour la villa de Liège, de la recherche d'eaux souterraines (ISSi) et proposa une solution remarquable. Le plan adopté et exécuté dopais est dû à son neveu, M. Tingénieur Gustave Dumont. L'auteur de la carte géologique nous apprend, dans son rapporta la ville de Liège, qu'il s'occupait d'un vaste travail intitulé : ikl'exiU€nc€et de la forme d^diven bassins

hydrographiques souterrains de la Belgique, Cet ouvrage est resté manuscrit. V. Fayn, p. Si et S3.

( * ) Fayn, p. i8. On fait ici allusion, eatr'autres, aux sondages exécutés en Campine, sous la direction de Dumoni, pour déterminer la profondeur des couches argileuses qui peuvent être employées à l'amélioration du sol de cette contrée.

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formulait des conclusions positives.» Le sable est très-mobile, disait-il, Targile pure trop plastique, le calcaire trop actif, pour constituer isolément une bonne terre végétale ; mais le sable peut devenir fertile, s'il est amendé par des matières argileuses ; Targile, au contraire, demande à être amendée par des substances calcaires; enfin, les sols argilo-sableux qui, en général, ont peu d'action chimique sur les matières organiques, forment d'excellentes terres végétales lorsqu'ils sont amendés par des substances actives, telles que la chaux, le plâtre, etc. (')» Ainsi les diverses bandes Sableuses de la région triasique et jurassique peuvent être améliorées l'une par l'autre ; la zone ardcnnaise, exposée à des vents froids, a besoin de chaux ; les bandes quartzo schisteuses du Condroz seront amendées au moyen de la chaux provenant des bandes calcareuses voisines; en llesbaye, on emploiera le calcaire qui se trouve à peu de profondeur dans les terrains crétacés et tertiaires ; dans la zone sableuse, on aura recours à l'argile et à des matières exerçant une action chimique sur les substances organiques, etc. Entre Thourout et Aellre, par exemple, on rencontre parfois l'argile à moins d'un mètre de profondeur.

Mais pour produire avec discernement les améliorations signalées, il faut connaître la nature du sous-sol comme celle du sol, il faut connaître la nature des roches sur lesquelles repose la terre cultivable. L'utilité des cartes géologiques saute aux yeux: pour chaque localité, elles indiquent où il est possible, où il convient d'aller chercher les amendements, etc. etc.

Dumont fit paraître en novembre i849 un résumé de ses recherches. La Carte géologique de la Belgique et des

contrées voisineSf représentant les terrains qui se trouvent au-dessous du limon hesbayen et du sable campinien, en une seule feuille, eut un énorme succès et fit prévoir ce que serait le grand travail dont elle annonçait l'apparition prochaine. Le jury de l'Exposition de Paris en loua la netteté et la déclara très-utile à consulter, o par les relations qu'elle établit entre les formations contemporaines de France, de Belgique et des provinces rhénanes, n (*). Enfin la publication de la grande Carte géologique de la Belgique^ en 1853, vint mettre un terme à l'impatience du monde scientifique. Cette carte, réduction en 9 feuilles de la grande Carte topographique de Van der Maelen (*) est à l'échelle de 1/160,000. Elle fut suivie, en 1856, d'une carte du soussol, libellée comme la petite carte d'ensemble, mentionnée tout à Theure, et qui fip;ura manuscrite, des 1855, à l'Exposition universelle de Paris. Le grand édifice était achevé, la synthèse était formulée. Néanmoins, on nesauraittrop regretter, avec M. Trasenstcr, que le temps ait manqué à Dumont pour publier tous les Mémoires qni devaient servir de description aux terrains de la Belgique. » Le temps lui a manqué aussi pour donner le résumé des lois qui relient ces observations, la conclusion qui éclaire tous les faits et que ses élèves seuls possèdent en grande partie. Dumont, dédaigneux des moyens vulgaires de succès, oubliait trop, peutêtre, de populariser ses idées en dehors de son enseignement. » Il paraîtrait, selon M Fayn , que l'absence de ces Mémoires explicatifs fut la véritable cause de la froideur de l'accueil que fil à Dumont le ministre de Tintérieur M.

Rogier, lorsque l'éminent géologue lui présenta le fruit de seize années d'un

( •) Bull. Aead., l. XV; ap, Fayn, p. 219.

(*) Fayn, p. 32. — Une seconde édition de celte carte a vu le jour à Paris en 1855 (une feuille chromoUthographiëe sous la direction de M. Derenemesnil, inspecteur des travaux de l'imprimerie impériale de France). V. le Nécrologe liégeois pour 1857, p. 39.

(') L'exemplaire de la carte de Van der Maelen en 250 feuilles (Echelle 1/20,000)

dont Dumont s'est servi , a été acquis par le gouvernempnt pour la bibliothèque de rUoiversilé de Liège. Il est collé sur toile et con tenu dans 40 cartons. Les cartes des pays limitroph(-8 comprennent huit carions complémentaires, 5 pour la France, 2 pour l'AUemagne, i pour la Hollande. Celte carte précieuse est coloriée en grande partie et littéralement couverte de notes manuscrites.

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travail presque si}rhumain ('). M. d*0malius, qui rapporte ce fait, explique rétonnement de Damont en disant que notre savant, étranger à la politique, « ne se doutait pas qu'un ministre trouve peu de charme dans un travail ordonné par un prédécesseur, surtout si ce prédécesseur appartient au parti contraire : 9 nous ne pouvons croire, pas plus que M. Fayn, que la politique ait été ici pour quelque chose. En tous cas Dumont futattéré; Tindifférence du ministre Idi parut une expression de ringratitnde nationale. Il ne tarda pas à être désabusé : le reste de sa vie ne fut pour ainsi dire qu'une longue ovation ; il est même rare que la modestie d'an homme soit soumise à de telles épreuves.

Nous avons dit que son premier mémoire lui avait valu, en 4840, la médaille de WoUaston; le i4 décembre i8i6, il avait reçu la Croix de chevalier deTOrdrede Léopold ; un des premiers actes du ministère Piercot fut de Télever an rang d'officier, le 48 décembre 4855. Deux mois auparavant, TAssociation des ingénieurs sortis de TEcole des mines de Liège lui avait voté un témoignage public de sa gratitude , tant pour ses travaux géologiques que pour les services qu'il avait rendus à Tindustrie des mines. Le 9 avril 4854, une médaille d'or de grand module lui fut solennellement remise ('). LesSociétés savantes de plusieurs pays étrangers (v. ci-après) se disputèrent l'honneur de le compter parmi leurs membres ; le roi de Portugal le nomma chevalier de la Conception de Villa-Viciosa ; plusieurs paléontologues distingués, entr'aulres MM. de Koninck, d'Ârchiac, d'Orbigiiy , de Ryckholt, Nyst, Chapuls et Dewalque, lui dédièrent une vingtaine de fossiles nouveaux trouvés dans les terrains de la

Belgique ('). Mais tandis que son nom devenait célèbre, Dumont ne se laissait pas éblouir et ne croyait pas le moment venu de se reposer sur ses lauriers. Il ne pensait qu'à ses études ; il avançait sans relâche, insoucieux de sa santé déjà compromise. On l'a vu se rendre en Angleterre (4854) pour y étudier les terrains tertiaires ; vers la même époque, quand il trouve un moment de loisir , il l'emploie à réviser les calculs que Miller donne dans son Mémoire sur la cristallographie; puis le voilà de nouveau en campagne (octobre 485S), allant explorer avec M. Horion, son élève, l'Allemagne, la Suisse et la France, et à peine de retour, rédigeant et publiant son beau travail sur les soulèvements lents. Il n'entendait pas le bruit des applaudissements : il voulait se rendre utile , travailler jusqu'au bout; en poursuivant son idée fixe, il oubliait de mesurer ses forces. Cependant un germe de mort commençait à se développer en lui ; il souffrait d'une affection nerveuse qui se traduisait en vertiges et ressemblait à une lésion de la moelle épinière. Les médecins lui prescrivirent un repos absolu : ci'dant enfin aux instances de sa famille et de ses amis , il résolut d'aller demander à un ciel plus clément que le nôtre le rétablissement de ses forces. « C'était pourtant bien moins encore le soin de sa santé chancelante, ajoute M. Fayn, qu'une sorte de curiosité inquiète , qui le poussait ainsi à parcourir l'Orient et le Midi de l'Europe. Il était impatient de comparer les terrains de ces régions lointaines à ceux de notre pays qui sont des types saillants, une sorte de pôle géologique qui porte l'empreinte des révolutions successives du globe, et où tous les terrains sont représentés. » Du 22 mars au 7 novembre 4855, Dumont

( * ) Peu de temps avant sa mort, brisé de fatigoe, Domoot mesurait avec une sorte d'effroi ràeodue des efforts qu'il avait dû accomplir. En vérité, disait-il, quand je revois cette carte géologique de la Belgique, je me demande comment je l'ai pu exécuter en aussi peu de temps ; je crois que je n'aurais pas assez du restant de ma vie, s'il me fallait refaire le quart de ce travail • (Fayn, p. 26).

( *) L'avers est à l'effigie de Dumont ; on lit au revers le nom de l'Association, entourant cette légende : A l'auteur de la carie géologique de Belgique. MDCCGLUI. A l'occasion de la remise de cetie médaille, un grand banquet fut donné à Dumont; les principaux industriels de la province voulurent y assister.

(») Fayn, p. 27.

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parcourut la Prusse, la Saxe, la Bohême, rÂutdche, la Turquie, la Grèce, rilalie et la Sicile, le Midi de la France et TEspagne. Ce voyage est un travail d'Hercule ! s'écrie son biographe. M'oublions pas que Dumont est malade ; lui seul a 1 air de ne pas s'en apercevoir. 11 distance ses compagnons ; finalement on renonce à le suivre. Il porte avec lui son marteau de géologue et son carnet de notes ; il observe partout le terrain, trace des coupes à la hâte, confère avec les ingénieurs , assiste aux débats des Académies, qui accueillent sa présence par des applaudissements, se multiplie enfin pour tirer tout le parti possible du peu de temps et de force dont il dispose encore. 11 débute à Berlin par des entretiens avec Humboldt; il noue des relations scientifiques ù Dresde, à Vienne, à Constantinople ; en Grèce, il s'aventure dans des vallées sauvages et infestées où nui n'ose le suivre ; à Rome, il discute avec le Pape sur la richesse du territoire pontifical ; il sonde les mystères du Vésuve et de l'Etna ; il contourne l'Espagne, pousse jusqu'à Gibraltar et se décide à entreprendre , à cheval , tout le voyage de l'inlérieur de la Péninsule. Le 2 novembre, il arrive à Bordeaux ; le 5, il assiste à une séance de l'Académie de Bruxelles et vérifie au ministère 75 exemplaires de sa carte géologique, aussi tranquillement que s'il n'était pas sorti de chez lui ( * ). Le surlendemain, sa famille , ses amis et trois cents élèves vont le recevoir à la station du chemin de fer. A peine prend-il le temps de s'abandonner aux douces effusions de l'intimité : il est obsédé par un nouveau projet conçu en route ; tromirant la surveillance de ceux qui Tentourent, il se renferme dans son cabinet pour coordonner les éléments d'une carte géologique de l'Europe entière. L'Exposition universelle de 1855 est annoncée ; à tout prix, cette œuvre grandiose doit y figurer. Tout d'un coup cependant , H hésite : il vient d'apprendre que rniBstre géologue anglais

Sir B. 1'. Mtirchison est sur le point de publier un travail sem'blable. Quelques amis, plus zélés pour sa gloire que pour sa santé, triomphent de son incertitude : il reprend ses matériaux avec une ardeur fébrile ; la carte, entîèreroeot achevée , est mise sous les yeux de l'Académie le 7 juillet 1855. Elle figura manuscrite à TExposUion de Paris , ^ côté de celles que nous connaissons déjà, de la Carte du sous-sol de la Belgique, décrétée par arrêté royal en 1-85&, et de la Carie géologique de Spa, Theux et Pepinster, achevée en 1854.

Les journaux apprirent bientôt à Dumont que le jury de la première classe, cx)mposé des hommes les plus compétents ( * ), lui avait décerné um grande médaille d'honfieur, « D'abord il ne voulut pas y croire, regardant comme impossible, dit M. E.Bède, une chose qu'il eût trouvée toute simple s'il se fût agi d'un autre que lui ('). » Le rapport du jury sur les travaux de notre compatriote était ainsi conçu : a Les travaux de 11. Dumont se distinguent par un rare talent d'observation, qui l'a conduit à subdiviser les formations beaucoup plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici. C'est ainsi que le système devonien du Geological Survey est composé, suivant M. Dumont, de huit parties très-distinctes , dont cinq se rapportent à son terrain anthraxitère et trois à son terrain rhénan. — Bien que Tutilité pratique de ces subdivisions ne soit pas encore généralement admise et qu'elle ait eu pour conséquence d'imprimer à M. Dumont une tendauœ à s'écarter do la nomenclature la plus employée , ou ne peut méconnaître la haute' Importance des travaux de cet éminent géologue ; car, il faut le dire et le répéter, toute la géologie de la Belgique est le fruit exclusif de ses propres observalions. Un semblable travail , exécuté d'une manière aussi consciencieuse , suffit à remplir la vie d'un hmnme et doit appeler sur son auteur les distinctions les plus hautes. En conséquence, h.

jury , appréciant la valeur scientifique

(M /6id.,p. 50.

(*) MM. EUe de Beaumont, Dufrëooy, LepUy, Gallon, de Vaux, de Gha&oourlois, Ha-

milloD, W. Smyth,. Overweg et Ritiiiiger.

(') A»aate$ de tenseignemeni pmbiîc , 1. 1. p. â36. ^ Faya, p. 34.

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des couvres de M. Dumont en général et spécialement leur utilité pratique , tant pour Tagriculture que pour Tindustrie minérale, estime qu'il y a Heu de lui aœorder une grande médaille d'honneur, a L*opinion individuelle d'un grand nombre de savants ratifia ce jugement : la Carte géologique de la Belgique fut mise par M. Elle de Beaumont sous les yeux de ses auditeurs du Collège de France ; M. Constant Prévost, de la Sorbonne, la qualiQa publiquement de monument national et scientifique ; M. Gravez laissa déborder son enthousiasme. Le 27 septembre, Dumont fut appelé à Thonneur de présider la Société géologique de France. Son triomphe fii événement à Liège : TAdministration communale organisa une fête pour recevoir les lauréats de l'Exposition ; Dumont en fut le principal héros. Le bourgmestre alla le recevoir au chemin de fer et le conduisit à l'Uôtel-de- Ville ; les étudiants se pressaient sur les pas de leur vénéré maître ; le cortège pouvait à peine avancer. Le 2 décembre, la Société d'Emulation, réunie en assemblée générale, décerna par acclamation , aa savant liégeois , le titre de membre honoraire , dérogeant ainsi à ses statuts , qui ne permettent pas d'accorder cette distinction à un concitoyen domicilié dans la commune.

Le S, M. de Decker, ministre de Tintérieuf, se rendit exprès à Liège pour assister, avec un grand nombre de notabilités, au banquet offert par le Corps professoral à Dumont et à M.

Gloesener (v. ce nom) , pour célébrer leurs succès scientiflques. Le roi de Suède, d'autre part, envoya à Dumont la Croix de l'Etoile polaire ; le il décembre, le roi des Belges le proclama Commandeur de son Ordre. Enfin, les étudiants voulurent offrir à leur Recleur (Dumont avait été élevé à ce poste le 25 septembre) un témoignage durable de leur estime et de leur affection. Ils s'adressèrent à l'éminent artiste liégeois, M. Eugène Simonis, qui répondit

à leur appel en patriote désintéressé.

Une manifestation grandiose et louchante eut lieu dans la Salle académique , lorsque plus de sept cents élèves , en présence de l'éliie de toute la province , vinrent rendre hommage au talent modeste de Dumont et lui offrir, au nom de l'Université, son buste en marbre. MM. Dastot, Lâchât et Bockstael , respectivement organes de la Faculté des sciences , de l'Ecole des mines et de toute la jeunesse universitaire , rappelèrent les principaux titres de Dumont à la reconnaissance publique, développèrent l'excellence de sa méthode , énumérèrent avec orgueil ses découvertes , célébrèrent sa bonté paternelle et son dévouement à ses disciples. On peut se représenter l'émotion du digne maître au moment où M. Bockstael lui remit le procès-verbal de la séance où les étudiants avaient pris leur décision. « Ce témoignage, dit-il, je le reçois de tout cœur parce que de mon côté je vous aime... Ce buste m'installe à jamais au milieu de de vous et ces parchemins seront parmi les étudiants mes titres de noblesse... (*)• »

Ici se place un incident qui a donné lieu, en son temps, à toutes sortes de commentaires. En sa qualité de recteur de l'Université, Dumont dut présider pour 1856-1857 la séance solennelle de rentrée, et y prononcer le discours d'usage. Il choisit pour sujet Vorigine du monde physique et la théorie de sa formation. Le Journal de Liège du i7 octobre 1856 analyse comme suit ce morceau : « Après avoir exposé les notions d'espace, de temps, de matière, de force, d'infini , les rapports de l'esprit et de la matière, etc., M. Dumont s'est livré à des considérations de Tordre le plus élevé sur l'existence d'un fluide universel (l'éther) distinct de la matière pondérable qui forme les globes répandus dans les espaces. Il a esquissé k grands traits les théories actuelles (') sur le rôle de l'éther dans les phéno-

( ' ) Remise solennelle du buste en marbre offert à M, Dumont par les étudiants de rUmvessiti, Liège, Desoer, 1856, in-S».

(* ) lioUnmeoi la tbëorie de M. de Bou-

choporo {Etudes sur Vhisloire de la terre et sur les causes des révolutions de sa surface, Paris^ 1844, in %^ ; Du principe général de la philosophie naturelle, Paris, 1853, iD-8<*.

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mènes de la lumière , de la chaleur, de Télectricité, ainsi que sur la constitution moléculaire des corps, sur Taction des forces attractives, sur Torigine de la gravitation, sur la formation de notre système solaire , etc. 11 a aussi abordé tous les plus grands problèmes de Tordre physique, et malgré les difficultés du sujet traité, il a su constamment captiver Tattention et Tintérêt de Tauditoire.» Or c'est en vain que Ton chercherait le texte de ce discours, soit dans les journaux de Liège, soit en tête du programme de TUniversité pour 4850-1857. Pourquoi cette supression?

On a dit que des collègues de Dumont avaient cru trouver dans son discours quelques traces de panthéisme et pour ce, Tavaient engagé à le garder par devers lui. Nous ne savons jusqu'à quel point cette supposition est fondée; dans tous les cas Dumont n'inclinait en aucune façon vers le panthéisme ; cette conviction résulte en nous des entretiens que nous eûmes avec lui, lorsqu'il nous fit l'honneur de nous communiquer son discours , quelques jours avant de le prononcer. Nous nous permîmes seulement de lui faire quelques observations sur l'exactitude de certains termes ; le fait est qu'il n'avait pas l'habitude du langage philosophique et qu'il n'avait guère lu dans ce domaine que les écrits de Destutt-Tracy ; il était resté presque étranger à ce qui ne se rattachait pas immédiatement à ses études favorites.

Depuis quelques années , il s'était sérieusement préoccupé des problèmes de la géogénie ; mais les questions spéculatives proprement dites ne s'emparaient guère de son esprit, bien qu'il fût loin d'être indifférent en matière religieuse. Son discours était le fruit d'un travail trop hâtif; bien loin de le supprimer, il s'occupait de le revoir lorsque la mort vînt le surprendre (*). Dumont vécut, nous l'avons dit, pour une idée unique; il ne connut d'autres

joies que celles de la science , et son ardeur fébrile le consuma avant le temps. Il vint un moment où la nature triompha de la force de sa volonté. Il vint un moment où ses élèves le distancèrent dans les excursions géologiques; alors il se vit perdu. Il continuait ses travaux : il avait encore tant de choses à faire ! Les résultats de tant d'observations à publier, des lois générales à formuler, une théorie d'ensemble à élaborer! Il sentait la terre manquer sous ses pas, la plume échapper à sa main défaillante, et pourtant, malgré ses médecins , malgré sa mère adorée, il marchait toujours, il travaillait toujours. Son enseignement achevait de le tuer, et il enseignait toujours. Il venait d'ouvrir un nouveau cours qui devait durer deux ans , et où il voulait embrasser dans une vaste synthèse toutes ses idées sur les origines du globe ; l'heure fatale sonna tout d'un coup. Il s'éteignit en deux jours à la suite d'un anthrax ; pendant qu'il agonisait il parlait encore de ses élèves (*). La nouvelle de sa mort eut un douloureux retentissement. On lui fit de magnifiques funérailles. L'évêque de Liège prononça son éloge funèbre dans l'église de St-Denis; à la Salle académique, le gouverneur de la province se joignit aux autorités universitaires pour rappeler les hautes qualités du défunt; à la Chambre des représentants, M. le Ministre de l'intérieur déplora publiquement la perte irréparable que venait de faire l'Université de Liège. Les élèves de l'Ecole des mines prirent le deuil pour un mois('). Une souscription publique fut immédiatement ouverte pour élever un monument ù celui qui avait si bien mérité du pays: une Commission de vingt membres se chargea de recueillir les dons et de déterminer le caractère du projet (*).Bientôt une sommede 25,000 frs. fut réalisée : la Commission, se

(•) Fàyn.p. 38.

(•) Ibidr.p, 43.

{■) Honneur X funèbrea rendue à M. André-Hubert Dumont, recteur de VUniventité de Liéfje, etc. Liège, Desocr. 4857, in-8».

( * ) £Ue se composait de MM. de Rossmê-

fhban, président du Conseil provincial ; P. Behr^ id. du Comité des charbonnages ; Capitaine, père, id. de la Chambre de commerce do Liège; Closset, bourgmestre de Liège ; de Cuyper, inspecteur de l'Ecole des mines et directeur de la Revue universelle ;

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ralliant au projet de M. Eugène Simonis, décida qu'une statue en bronze^ représentant le savant géologue debout, vêtu de sa robe de recteur, serait élevée sur une des places publiques adjacentes à TUniversité. On jugea finalement convenable d*élever ce monument en face même de la Salle académique, à la place occupée jusque là par la statue de Grétry , qui fut transportée devant le Théâtre royal.

L'inauguration solennelle eut lieu le 17 juillet 4866, en présence de LL. MM.

le roi Léopold II et la reine des Belges, au milieu d'une foule d'élite où Ton remarquait plusieurs géologues éminents venus de Télranger, et d'un concours immense de peuple. Non seulement la veuve eX les enfants de Dumont assistaient à la cérémonie, mais il fut donné à une mère de voir rendre à son fils un hommage que la postérité lointaine s'arroge ordinairement seule le droit de décerner aux hommes illustres. Ce fut une journée d'enthousiasme et d'émotions, car Dumont avait payé de sa vie l'apothéose qu'on lui décernait. Ses amis, ses anciens élèves, en énumérant avec orgueil ses titres à rimmortalilé, ne pouvaient s'empêcher de remarquer que ce bronze monumental qui leur rappelait ses traits perpétuait aussi le souvenir de son holocauste. Un autre hommage fut encore rendu par la ville de Liège à la mémoire du défunt : l'anrienne rue du Collège reçut le nom de rue André Dumont.

Trois semaines après la mort de notre éminent concitoyen, M. Sedgvick, ancien président de la Société géologique de Londres, justifiait d'avance, dans une lettre à M. de Koninck, les distinctions exceptionnelles dont

nous venons de parler. « Sur le terrain, comme observateur pratique, écrivaitil, Dumont n'a pas d*égal parmi les géologues du continent. »0n peut ajouter, avec M. Nypels, que son nom sera respecté et honoré aussi longtemps qu'on s'occupera de la constitution physique de notre globe. Ses qualités personnelles furent à la hauteur de son savoir : c'est tout dire. On n'a pas eu seulement à regretter en lui le savant, l'investigateur de premier ordre , le professeur modèle, mais l'homme intègre qui refusa son concours aux plus brillantes offres de l'agiotage et sut conserver à la fois sa propre estime et celle de ses concitoyens (*); le sage austère dans sa vie, inflexible poursuivant de la vérité, ne transigeant jamais avec ses convictions, mais en même temps timide comme un enfant dans les relations privées, le plus doux, le plus simple, le plus bienveillant des hommes. Sa candeur et sa bonté lui attiraient tous les cœurs; il y avait dans sa voix claire et sympathique, dans ses manières naturellement élégantes et pleines de convenance, dans son sourire joyeux et franc, dans la sérénité de son beau front, dans la limpidité de son regard, un charme auquel personne ne résistait. D'autre part il inspirait toute confiance, non seulement à raison de la clarté de ses idées, de son esprit d'ordre et de précision f mais parce qu'on lui connaissait une extrême délicatesse , qui fempèchait de hasarder une opinion sur ce qui n'était pas démontré à ses yeux. C'est sans doute à cette loyauté rigide, autant qu'à son ardente et inépuisable curiosité, qu'il a dû d'atteindre un rang si élevé parmi les observateurs de la

Delahaye^ ingëaieur en chef des ponts et cliaussées ; Dewandre, prés, de la Soc. d'Emulation ; le général Frédérix , directeur de la fonderie royale do canons ; de Koninck^ prés, de la Soc. roy. des sciences; Mue»e- Uvy ingénieur des mines de i^ classe; Muller, membre de la Dépuiation permanente; Nf/pelSf pro-recteur de l'Université ; de SélyH'Longchamps^ sénateur, membre do l'Académie ; de Tomaco, sénateur, prés, de la Comm. d'agric. de la prov. de Liège;

Donckier, délégué par les souscripteurs au portrait de Dumont; Ch, Horion^ £. iMndois et C, Malaise,, étudiants, respectivement délégués par les élèves de l'Université, des Ecoles spéciales et de la Faculté des sciences ; Trasenster, président de l'Association des ingénieurs sortis de l'Ecole de Liège, secrétaire, et van Hoorickt ingénieur civil, trésorier

( * ) Lettre de M. Bortier (Paris, iS mars 1857).

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nature. Peu de savants ont rassemblé autant de faits et avec une pareille précision; il n*en est que plus douloureux de penser que sa carrière a été brisée au moment où il commençait à tirer parti de tous ces trésors, pour remonter par la synthèse aux formations des premiers âges.

La science ne s'arrête jamais ; nul ne peut prétendre à la gloire de l'avoir reculée jusqu'à ses dernières limites.

Mais si Pœuvre de Dumont a déjà été perfectionnée et rectifiée dans quelques détails, la partie essentielle en est restée debout. M. Fayn résume comme suit 0 les quatre découvertes principales dont tout l'honneur lui appartient et qui resteront lumineuses dans les traditions de la géologie: i^ la découverte de la constitution du terrain anthraxifère disposés en bassins et en selles, et l'âge relatif des divers systèmes c^lcareuxct quartzo-schisteux qui le composent, la plus grande découverte stratigraphique du siècle; 2^ la découverte de la discordance de stratification qui existe entre le terrain ardennais et le terrain rhénan, laquelle a eu pour résultat de doter la science du terrain rhénan ; 3° dans les terrains secondaires, la position et les rapports stratigraphiques du grès de Luxembourg et par conséquent l'âge relatif des divcres assises de lias; 4° enfin, dans les terrains tertiaires, la supériorité des argiles de Boom sur les sables bruxelliens, démontrée à l'évidence par la description de nombreuses coupes de terrain ». En géogénie, les idées de Dumont ne sont connues que par son enseignement ; c'est à deux de ses anciens élèves, MM. Fayn et Horion (*), qu'il faut s'adresser pour en acquérir une notion un peu claire. A l'ancienne division des terrains en plutoniens et neptuniens, Dumont ajoutait une troisième série, les terrains geysériens^ également distincts des uns et des autres (*). Comme les terrains plutoniens, ils ont été engendrés intérieure-

ment en filons et en amas et ne présentent point de fossiles; mais, tandis que les premiers ont été produits par section ignée, ceux-ci proviennent d'émanations gazeuses et aqueuses ; on ne saurait d'autre part les confondre avec les terrains neptuniens, à raison des substances métallifères et lithoîdes qu'ils renferment, de leur texture cristalline non uniforme, concrétionnée , celluleuse, compacte, à raison enfin de leur origine, de leur forme non stratifiée et de l'absence de débris organisés. Us ne sont pas aussi étendus que les antres, mais importants comme objet d'exploitation. La division chronologique des terrains plutoniens et geysériens n'est pas aisée, parce qu'ils ne se sont pas produits d'une manière continue. Deux séries identiques de terrains plutoniens ne sont pas nécessairement contemporaines; au contraire: s'il y a eu éjection sur un point, cette éjection a dû retarder les éjaculations sur d'autres points du globe. Si l'on doit prendre un terme de comparaison pour cette chronologie, c'est aux terrains neptuniens qu'on s'adressera : c'est ainsi qu'on pourra juger de l'âge d'un terrain plutonien par les fragments neptuniens qu'il contiendra, etc. Dumont formule ici un ensemble de règles très-remarquables. L'explication de la formation des filons métalliques (geysériens) n'est pas moins intéressante (*); Dumont combattit l'opinion de Werner, qui en faisait le résultat d'alluvions superficielles ; les faits démontrent qu'ils ont été formés par des émanations analogues à celles des Geysers et des sources minérales.

D'autre part, la nature des roches encaissantes influe sur la composition du filon , et les affleurements subissent l'action des agents atmosphériques.

Dans la théorie des formations ncptuniennes , Dumont considère les formations généraks, locales et indépendantes; il montre avec quelle lenteur elles se produisent, à quels bouleversements

( * ) Fay^ p. 839 et suiv. — Ch. Horion, André Ihàmoni et ta philo», de la nature [Presse Scientifique des Deux- Mondes, t. 1; %• (Sdit. Liège, Garmaniie, i866, in-S»).

(*) Bult. de t Académie, t. XIX,

{ ' ) Celle élude se rattache de près aux expériences lenléesde nos jours pour imiter arlificieUemenl Las fllona métalliques (Y. l'ouvrage de M. Gurll, Irad. par M. D9walque).

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elles sont exposées, tire des inductions aussi bien des soulèvements brusques que (les soulèvements lents, puis discute tour à tour la valeur du caractère roînéralogique et du caractère paléontologîque. Cesi sur ce dernier point, nous le savons, que son système a été principalement mis en cause; mais c*est aussi sur ce point que ses argumentations sont particulièrement pressantes.

Il était singulièrement frappé de Thypothèse de M. de Boucheporn,que Taxe de la terre aurait changé de position à chaque révolution géologique ; de là des changements brusques de climat, des races détruites, le développement des êtres organisés recommençant dans des conditions nouvelles ; et Ton comprendrait parfaitement, par exemple, que des êtres équatoriaux se trouvassent dans des formations postérieures à d'antres formations renfermant des êtres polaires. Nous ne pouvons insister : Il suffit ici d'indiquer la place que Dumont occupe dans rhistoire de la science.

Voici, par ordre de dates, la liste de ses travaux scientifiques ( * ) :

A. OUVRAGES IMPRIMi^S.

i° Mémoire sur la constitution géolo^ giquc de la province de Liège, Bruxelles, Hayez, 1852, in-i*" de Yl, 574 p. et 5 pi. coloriées (tableaux des terrains, coupes systématiques des terrains primordiaux. Carte géologique de la province).

Ouvrage couronné par l*Acad. roy. de Belgique, inséré dans le t. VIII de ses Mémoires, et honoré en ^1840, il Londres, de la Médaille d'or de Wollaston. V. le UuU, delà Soc. géot, de France, 1834, t. V, p. â8S et sulv. (art. de M. Boue;.

^ Aperçu géologique et minéralogique de la province de Liège. — Tableau de r élévation du sol de la province au-dessus de VOcéan. — Tableau méthodique des eêpèces minérales de la prov. de Liège.

Notes fournies à H. Pb. Van der Maelen pour son Diet, géogr, de la pror. de Liège (p. 4-46).

Z*" Coupe de^ terrains primordiaux de lu Belgique^ de Fumay à Gembloux,

présentant Tes quatre systèmes anthraxifères établis par H. Dumont ("Bull, de la Soc. géol. de France, 1855, t. VI, p. 547, pi.).

4® yàtice sur la structure des cônes volcaniques de VEifel (Bull, de TAcad.

roy. de Belgique, t. I, 1856, p. \ 85).

5° Tableaux analytiques desminéraux et des roches. Bruxelles, in-4'' de 95 p. (Nouv. Mém- de TÂcad. roy. db Belgique, t. XIl, 1859).

Remis dans le commerce en 4857 sons la rubrique Liège, F. Renard.

6° Notice sur une nouvelle espèce de phosphate ferrique (Bull, id., i. V, 4858, p. 295).

7^ Mémoire sur les terraifis triasique et jurassiifue de la province de Luxembourg (Nouv. Mém. id., t. XV, 1842, 56 p.).

8^ Mémoire sur les terrains ardennais et rhénan de VArdenne, du Rhin, du Brabant et du Condroz. Bruxelles, Hayez, 1848, in-4'' de 645 p.

Ce mémoire, inséré d'abord dans les iifém. deVAcad. (t. XXU et XXUi, 4847-4848), a partagé le prix quinquennal des sciences, pour la période 4 847 -4 8S4, avec les travaux de HH. de Koninck et van Reneden(Arr. roy. du 34 décembre 48M). — Deux chapitres en ont été publiés séparément, avec une pagination particulière : Coupe des terrains primaires de la vallée du Rhin. Rrux., Hayex, 4848, in-4o de 49 p.; Coupe des terrains primaires de la vallée de la Meuse^ faits avec les élèves de l'Ecole des mines de Liège en 4847. Ib., 4848, in-4o de iO p.

9^ Sur la valeur du caractère palèontologique en géologie (Bull, de TAcad., t. XIV i\ 1847, p. 29«).

Réponse de M. de Koninck, sous le même titre, t. XIV 2», p 63; réplique de Dumont, ib., p. 44â; nouvelles observations de M. de Koninck, i6., p. 349 ; note de Dumont et fin du débat, ibid.

10° Coup d*œil sur la constitution géologique de la Belgique (Art. de 14 p., dans le Manuel de Chimie agricole de Johnston. Bruxelles, 1850, in-12).

11° Note sur une application de la géologie à la recherche d'eaux souter-

(* ) D'après MM. Fayn et M. CapiUine.

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raines (Bull, acad., t XVlil i«, 185i,

12^ Note sur la position géologique de Pargile rupélienne et sur le synchronisme desi formations tertiaires de la Belgiqm^ de r Angleterre et du Nord de la France (Ib. t. XVIIl 2°, 1851, p.

15" Tableau des terrains de la Belgique rangés dans Vordre de superposition. — Tableau des minéraux et des roches qu'ils renferment, classés méthodiquement. — [ndicatiùtt sommaire du gisement des minéraux et des roches et de leurs principaux usages.

Travail demandé par la Comm. de statis« tique de la prov. de Liège et inséré dans YExpo^é de la situation du royaume de Belgique (18H-1860). Réimprimé vers 1859 sous le titre : Coup éœil sur le gisement et tes principaux usages des minéraux et des roches de la Belgique (Bruxelles, s. d.), gr. in-4o de 12 p. à S col.

14® Note snr la découverte d'une couche aquifère à la station de Hasselt (Bull, acad., t. XVIIl, 2^ 1851, p.

15* Coupe du puits artésien de Hasselt (Ibid., t. XÏX \\ 1852, p. 29).

16® Note sur la division des teirains en trois classes, d'après leur formation, et sur remploi du mot geysérien pour désigner la troisième de ces classes (Ibid., t. XIX 2°, p. 18).

17® Observations sur la constitution géologique des terrains tertiaires de l'Angleterre, comparés à ceux de la Belgique, faites en octobre 1851. (Ib., p. 544).

18® Note sur Femploi des caractères géométriques résultant des mouvements lents du sol, pour établir le synchronisme des formations géologiques. (Ibid., p.

19° Coupes des terrains tertiaires de V Angleterre. (Ib.. t. XIX 3®, 1852,

20® Neuf rapports sur la Carte géologique de la Belgique (1856-1849). •— Dans les Bull, de VAcad. roy. de Belgique.

Arrêté royal du 31 mai 1836, confiant à

Dumont Texécation de la carte géologique des provinces de Liège, de Namur , de Rainant et de Luxembourg. (T. III, 1836, p. 234). — Rapport sur l'état des travaux de celte carte, avec le plan figuratif du massif schisteux des Àrdenne* et ta coupe des terrains primordiaux de Hervé à Gerotstein, (ib., p. 330). — Arr. royal du 25 sept.

1837, confiant à Dwnont l'exécution de la carte géologique des prov. de Brabant,d*Anvers, des Flandres et du Limbourg. (T. IV,

1838, p. 373). — 2« rapport. (Ib., p. 461). — 3« rapport, avec une carte indiquant retendue géographique du dépôt moderne de Flandre et les limites de la Belgique ancienne (t. V, 1838, p. 634). — 4« rapport, avec la Cane géologique des environs de Bruxelles (t. VI 2«, 1839, p. 464). — 5« rapport, avec la Carte géol. des environs de Louvain (t. VU 2®, 1840 . — 6» rapport (t. VIII 20, ^841, p. 197). — 7* rapport (verbal) (t. XIII 1», 1846, p. 517). — 8® rapport (t. XV 2o, 1848, p. 683). — Rapport sur le degré d'avancement de la carte géologique du royaume, adressé au Gouvernement parM.d'Omaliusd'llalloy (t. XVI i^, 1849, p. 310). — 9« rapport (t. XVI 2o. 1849, p. 3). — Rapport sur la Carte géol. de la Belgique par H. d'Omalius d'Halloy. (Ibid., p. 542).

21® Communications à la Société géo> logique de France : a. Le 1*' rapport mentionné n® 20; b. le n® 6; c. le n® 9, avec une réfulalion par M. de Verneuil (2® série, t. IV, 1847, p. 590); d. Note sur les terrains geysériens (t. XI, 1854, p. 715); e. Lettre accompagnant renvoi de la Carte géol. de la Belgique et des contrées voisines (ibid., p. 480> ; f. Obs. présentées par M. Dumont pendant la réunion extraord. de la Soc, géol. à Paris (t. XII, 1855, p. 1275,

22® Rapports sur différents mémoires scientifiques présentés à TAcadémie royaledeBelgique(fiii//.,l.VIlI, X, XV et XVIl).

23® Réouverture solennelle de^ cours de l'UniversUé de Liège (1856-1857).

Rapport, programme des cours, etc.

Liège, Desoer, in-8®.

Le discours rectoral est resté inédit (v. ci -dessus;.

24® De retendue et de la forme des divers bassins hydrographiques de la Belgique (inédit).

DUM

B. Manuscrits (acquis par le Gouvernennent et déposés à la bibliothèque de Liège).

25"* Carnets de voyage (8 vol. reliés et 4 liasses en feuilles détachées).

1&* Partie descriptive de la Carte géoL de la Belgique , feuillets détachés réunis en liasses et intitulés : Description générale des couches du système infra-landénien. — Descr. des roches de la Flandre occidentale. — Descr.

physique des collines d'Ypres. — Terrain crétacé. — Descr. du système landénien inférieur. — Massifs entre TEscaut et la Dandre; détails locaux.

— Rive droite de la Sambre. — Rive droite de la Dyle ; craie. — Système .sénonien ; rive gauche de la Meuse. — Massif du LImbourg. — Système rupélien ; massif de la Campine. — Syst.

aachénien. — Syst. quartzo-schisteux inférieur. — Terrain anlhr.ixifère du Brabant. — Fossiles tertiaires de la Belgique.— Généralités descriptives des terrains crétacés d'Angleterre. — Coupe des terrains crétacés. — Descr. des terrains tertiaires des pays étrangers.

— Terrain quaternaire et moderne. — Vallées et failles. — Terrains tertiaires de la Belgique par localités. — Coupe des terrains ardennais et rhénan. — Fossiles du terrain houiller.

27"^ Dumont a figuré sur la liste des collaborateurs de la Revue universelle publiée par M. de Cuyper ; il venait de mourir lorsque parut la première livraison de ce recueil, où Ton trouve, au lien des études qu'il se proposait d*y faire insérer, une notice sur sa vie et ses travaux.

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