Libéraux et conservateurs [microforme]
Tendances du Parti Conservateur.—Tendances du Parii Libéral. Rôle des deux partis en Canada.—-Impossibilité d’une union des deux partis.—Revue rétrospective : de 1791 à 1840.— De 1840 à 1867.—Origines du Parti Libéral Canadien—Sa Sustification devant l'Histoire—Ses œuvres —Appel à la jeunesse du pays.
Monstëur LE PRÉsIDENT, Mespames ET Messreurs,
Je me suis rendu avec plaisir à votre appel ;—cependant, ce n’est pas sans hésitation que j’aborde l’importante question qui va. faire le sujet de cet entretien. J'aurais voulu laisser à des mains plus habiles la tâche d’édifier une thèse si délicate. Je désire vous exposer les principes du libéralisme et du conservatisme, décrire les limites dans lesquelles se meuvent ces deux partis dans notre pays, indiquer les nuances qui les distinguent, l’esprit et les tendances qui les animent. ‘
Pour obtenir ce résultat je ne veux pas aller au delà des limites de notre pays En m'écartant de notre histoire et de nos institutions je craindrais de porter un jugement faux sur les événements de notre passé politique. Laissons le Canada aux canadiens, et tâchons de donner à notre sujet la couleur locale qui lui rnvient. Certes! ce serait entretenir une idée bien inexacte @&. -études morales et de l’économie politique que de
(1) Conférence faite devant les membres du Club National de St, Hyacinthe, le 23 Février 1879,
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vouloir prêter aux principes une rigidité qui n’admettrait aucun tempérament dans la L-atique. Que de fois, par exemple, n’avezvous pas entendu comparer le libéralisme canadien aux effluves révolutionnaires de 1793.—comme si l’application d’un principe | devait être la même partout, produire toujours des résultats identiques ; comme si les temps, les lieux, les mœurs, le milieu
où tout cela se produit ne devaient pas nécessairement modifier ]
l'application du principe fécond de la liberté ? Cest donc à tort t
qu'on fait ces rapprochements puisqu'il n’éxiste pas de parité I
entre les deux termes de comparaison. à 1
De cette étude, Messieurs, il y aura une conclusion à à tirer, y
c’est celle-ci : il y a entre les deux partis qui se disputent le : te
| pouvoir dans ce pays des différences notables, importantes, e
| essent’elles, qui leur donnent à tous deux un aspect, une phy- le
| sionomie tout-à-fait caractéristique. Vous vous convaincrez qu’il h
. | y a un abîme entre un libéral et un conservateur convaincu ; in
partant, que l’union des partis est plus qu’un scandale, que fe
c’est une chimère. On a dit: “mais sur quoi sommes-nous
divisés, où sont les principes en jeu, il n’y a qu’une question va | d'administration, c’est une course au pouvoir” Messieurs, si | s toute la politique était là, ce serait une bien piètre pâture, se indigne des hommes sérieux et des esprits élevés. Mais ne croyez q | » pas ces raisonnements ; ils ne sont pas fondés. Cette théorie ne tè
| trouve du crédit qu’auprès des esprits timides, des âmes égoïstes
.ou des ignorants. En effet, il faut bien peu connaître l’histoire rd : politique de notre pays, se faire une idée bien mesquine des lé | principes ou les ignorer totalement pour tenir ce IEEE ré | Voyons plutôt! si Ce qui distingue surtout le parti conservateur c’est son aversion n | pour toute idée de progrès et de changement, à