SUR L ''INSTRUCTION PUBLIQUE 3Ô
gués dans les écoles de village, dans les écoles primaires, qui n'auront jamais l'espoir d'aucun avancement, à qui vous n'accorderez absolument rien.
Voilà pour les instituteurs.
Quant aux enfants, vous leur donnez un niveau d'instruction absurde, qui ne signifie rien. Vous avez supprimé jusqu'au chant et à la gymnastique. Le chant ! Je ne sais pas si vous avez peur des chants républicains, mais vous avez aussi des chants dans vos écoles, et nous en avons eu dans les mains qui faisaient rougir ceux qui les lisaient. On n'aurait pas osé les lire dans l'Université, et on les chantait chez vous. {Interruption.)
Je dis donc que vous abaissez le niveau de l'enseignement et que vous supprimez les écoles primaires. Comment voulez-vous que nous acceptions une telle loi? Tenez, M. de Montalembert a été d'une grande franchise, et je l'en remercie. Il disait, il y a quelques jours : L'ignorance vaut mieux que tout cela. {Mouvement.) Il l'a dit, en me répondant à moi-même, d'un banc à un autre.
m. de montalembert. J'ai dit : L'ignorance vaut mieux que le crime. Quand on cite une conversation, il faut la donner tout entière. J'ai dit : L'ignorance vaut mieux que le crime, vaut mieux que les lettres dont nous parlonse
m. crémieux. Nous ne sommes plus au temps des miracles; cependant M. de Montalembert m'apprend une chose vraiment miraculeuse : c'est que l'ignorance vaut mieux que le crime. Qui donc conteste cette grande vérité?
m. de montalembert. Je n'ai dit que cela.