‹ Liberté, autorité, Église considérations sur les grands problèmes de notre époque (volume 2)Chapitre 34 sur 71 · LES DEUX PRINCIPALES FORMES · texte numérisé non relu

LES DEUX PRINCIPALES FORMES

vernement constitutionnel , car il est incontestable qu'un catholique peut admettre toutes les formes de ce régime sans porter la plus légère atteinte à ses principes.

Je crois donc que la presse catholique actuelle peut envisager la question du constitutionalisme et des états comme une question encore pendante, et leur permettre à tous deux de se livrer dans ses colonnes à de pacifiques évolutions. Je n'ignore pas qu'il existe entre l'un et l'autre une différence notable, et je crois que, loin de la dissimuler, il faut en parler fréquemment dans une feuille politique. Je ne cache pas non plus que je préfère le régime des états au constitutionalisme , et voici les motifs de ma prédilection :

Si nous étudions la nature, nous remarquerons que le premier lien qui unit entre eux les différents êtres de la création est un lien purement mécanique. La force de cohésion ne s'exerce qu'à l'extérieur. Ce n'est pas par une opération intérieure, en vertu d'un principe interne, qu'elle amène à l'unité les divers objets particuliers, et elle ne les rassemble que pour des fins d'utilité passagère. Eh bien! c'est d'après ce type fondamental que se sont formés le bureaucratisme et le constitutionalisme. Une multitude d'individus n'ayant entre eux d'autres relations que les relations très-générales qui résultent de la présence dans une même localité, d'autre ressemblance que la ressemblance toute extérieure des fortunes, se réunissent pour une opération électorale et se séparent immédiatement après.

Il ne peut pas davantage y avoir communauté d'intérêts entre l'élu et les électeurs. Tandis que l'élu ne peut représenter qu'un parti, les électeurs représentent

Page 1