DE CONSTITUTION
tous les partis qui se rencontrent dans le peuple. Aucun lien vivant, intérieur, fondamental ne peut donc exister entre les députés et la population. Trop souvent les élus ne sont pas compris du peuple quand ils ne lui parlent pas le langage de la passion , quand ils ne gagnent pas sa faveur par quelque moyen d'intérêt général, ou ne le corrompent pas à prix d'argent.
Nous touchons ici au côté le plus vulnérable du constitutionalisme, les menées électorales. La théorie et l'application sont dans la contradiction la plus fla^ grante. Le constitutionalisme se flatte de représenter le peuple; c'est là son unique raison d'être. Or, pour qae le peuple soit véritablement représenté, il faut que les élections se fassent avec calme, avec réflexion et intelligence; et trop souvent elles ne sont que le résultat des passions populaires surexcitées, de l'application des moyens les plus immoraux , de l'abus du pouvoir, de Taoïsme.
Le second lien qui réunit les différents êtres de la création est celui que nous apercevons dans la vie organique. Or, le lien organique étant supérieur au lien parement mécanique, une constitution qui serait faite sar ce type l'emporterait certainement sur une autre qui ne serait que l'imitation d'un procédé artificiel. Les corps organisés sont régis par un principe interne et vivant; tontes les parties convergent vers un foyer commun et actif; les organes inférieurs se rattachent i des organes supérieurs également doués de vie et d'action, et remontent sdnsi jusqu'à l'organe suprême qui ramasse et concentre toutes les parties en un seul individu. De cette sorte, la vie règne partout, tout se
lli LES DEUX FORMES DE CONSTITUTION.
meut d'après un principe de vie interne ; tout est libre et indépendant y et c'est en vertu de sa propre autonomie que chaque membre se rattache à tout le corps. L'activité d'un membre particulier ne cesse que lorsqu'il a besoin du concours d'un membre supérieur pour atteindre son but.
Eh bien ! il me semble qu'une constitution basée sur des états et des corporations répond davantage à ce modèle, et qu'elle est plus favorable à la vraie autonomie comme à la vraie représentation populaire. Les états et les corporations me semblent avoir les mêmes qualités que les corps vivants, que les êtres organisés, qui sont l'ouvrage même de la nature, et qui sont unis non par des accidents passagers^ mais par la force des choses et en vertu des lois qui les gouvernent. Je crob, de plus, que les états représentent réellement les intérêts généraux du peuple, tandis que le constitutionalisme ne paraît représenter que des partis ou des intérêts particuliers. Malheureusement, le pouvoir absolu, non moins que l'égoïsme des états eux-mêmes, — car c'est là le danger des états, — a complètement arrêté depuis trois siècles le développement et la formation des états, de sorte que si on voulait les reconstituer maintenant, il faudrait leur donner une toute autre forme que celle qu'ils avaient au moyen-âge. Mais combien les intérêts des ouvriers, des marchands, des savants, des nobles, des ecclésiastiques et des fonctionnaires ne sersdent-ils pas mieux représentés par ces différentes classes qu'ils ne le sont de nos jours, où chaque député est obligé en toutes choses de tout représenter 1
•t romantome*
Ce soDt là deux termes dont la presse hostile se joue de la façon la plus indigne, et qui sollicitent par conséquent rintervention active de la presse catholique.
La différence qui se trouve entre ces deux termes, disent les uns, est la même que celle qui existe entre ceux de liberté et à^ autorité. Cette explication est évidemment arbitraire. Loin de se contredire, la liberté et la vraie autorité s'appellent et se complètent mutuellement; car la vraie liberté est impossible sans l'autorité. Si le vif sentiment de la liberté était un des traits disfinctifs des Germains , ce sentiment n'avait pu pré* valoir chez eux à un si haut degré, que parce que l'autorité de la coutume et du droit traditionnel y exerçait mie action prépondérante.
D'autres croient qu'entre germanisme et romanisme il y a la même antithèse qu'entre protestantisme et catholicisme. Cette affirmation , qui a beaucoup d'affinité
116 GERMANISME ET ROMÂNISME.
avec la précédente ^ est condamnée par le témoignage le plus manifeste de l'histoire. Ce n'est pas dans le protestantisme^ mais dans le catholicisme, que les ancitts Germains se sont précipités avec toute l'énergie de leur nature, et c'est depuis quelques siècles seulement qu'une portion du peuple germanique s'est détournée de l'Eglise mère. Jusque-là, personne ne s'était avisé de prétendre que les principes de l'Eglise catholique fussent incompatibles avec le génie allemand. De pareilles idées, si formellement démenties par l'histoire, ne peuvent être inspirées que par les vues étroites et mesquines de l'esprit de parti.
D'autres font consister le germanisme dans une indépendance illimitée de l'esprit, et poussent l'audace jusqu'à abattre et détruire tout ce que l'humanité avait toujours entouré de son respect et de sa vénération.
D'autres enfin n'hésitent pas à^ qualifier de germa* nisme tout ce qui leur sert de moyen pour atteindre leur but. Us établissent un comité, ils protègent une entreprise, ils fondent des sociétés de chant et de gymnastique : tout cela n'est à leurs yeux que la reproduction des us et coutumes de l'antique Germanie. Ce mot dans leur bouche ne sert qu'à séduire la jeunesse, qui croit réellement, en se livrant à de tels jeux, marcher sur les traces de ses glorieux ancêtres. Ce n'est pas au peuple allemand que ces hommes ont emprunté le sens qu'ils iMachent au mot de germanisme, mais ils l'ont tiré de leur propre fond, lequel est souvent bien pauvre et bien misérable. Qs sont eux-mêmes les premiers tjrpes de ce prétendu germanisme.
Une autre chose non moins odieuse, c'est ce faux