UNITÉ DE L'ALLEMAGNE. S
grand intérêt social, on â*nn besoin invincible du peuple allemand ; il ne faut pas les chercher ailleurs que dans des passions égoïstes ou dans des tendances illégitimes, iavorisées par la fausse politique et par les vues intéressées des puissances étrangères. Aucun besoin réel, suprême, général du peuple allemand n*amena ce funeste état de choses. D'un autre côté, en renonçant à la couronne impériale, Tempereur François ne détruisait pas le droit de tous à l'unité germanique ; car ce droit n'était pas sa propriété privée, mais le droit général de tout le peuple allemand.
Si di£Scile que soit la solution du problème, et malgré la réprobation due à tant de tentatives révolutionnaires qui sont condamnées par l'histoire comme par la nature des choses, et qui compromettent de la façon la plus grave Tunité et la grandeur de TAllemagne, les aspirations de toutes les races germaniques vers l'unité demeureront toujours un saint et légitime effort.
On a prétendu que la rupture de la foi rendant impossible toute union intime et profonde, Tunité politique de l'Allemagne serait toujours une chimère. Cette opinion est vraie en ce sens que l'unité de la foi est une condition nécessaire si l'on veut réaliser l'idéal suprême de l'unité nationale, et en ce sens encore que la rupture de la foi, avec le particularisme et l'absolutisme qui en sont résultés, a porté la plus sérieuse atteinte à l'unité germanique.
Mais comme notre condition ici-bas est d'être condamnés à rester souvent en-deçà de la perfection, ce n'est pas là une raison suffisante pour ne pas aspirer vers ce qui est moins parfait.
tSS UNITÉ DE L'ALLEMAGNE.
n n'y a presque plas dans le monde d'unité nationale qui soit assise sur ce dernier et grand fondement de toute unité véritable^ Tunité de la foi.
Une condition de l'unité des races allemandes qui nous parait d'une grande importance et que nous mettons en première ligne, c'est que la politique cesse de considérer la religion comme un moyen d'atteindre ses fins. L'obstacle à l'unité de l'Allemagne est moins dans les dissidences religieuses que dans les efforts que font les partis pour diriger les sociétés religieuses par des lois civiles, et les transformer ensuite en instruments de leurs entreprises. Reconnaître franchement le principe de Tautonomie ecclésiastique est donc le meilleur moyen de travailler à l'unité du peuple allemand. On parle sans cesse des empiétements de l'autorité religieuse sur le pouvoir temporel, et l'on oublie que depuis des siècles la puissance civile ne cesse d'envahir le domaine spirituel et de se faire de la religion un prétexte pour satisfaire son égolsme et sa cupidité.
De nos jours, l'absolutisme libéral a aussi embrassé cette voie funeste, et tout en ne cessant de parler d'unité germanique, il nous menace des luttes intes-tines et des dissentions religieuses les plus terribles.
Que tous ceux qui aspirent sérieusement à l'unité de l'Allemagne, et qui veulent vivre en paix avec leurs frères dans l'esprit d'une vraie tolérance, s'unissent donc pour demander que Tautonomie des confessions religieuses soit reconnue, et surtout pour qu'il soit mis un terme à ce terrorisme dont la presse et certaines chambres menacent l'Eglise catholique.
Nous ne pouvons que regretter de voir des catholi-