LA LIBERTÉ EN GÉNÉRAL
qu'en partie ou lui échappent totalement. La naissance, la mort, les faits les plus importants de la vie ne sont pas soumis à la volonté individuelle. Il n'est pas jusqu'au but suprême de l'existence de l'homme qui ne soit soustrait à la liberté de son choix. Gomme il n'a pas été libre de naître, il n'est pas libre non plus de ne pas aspirer au bonheur. La liberté de l'homme s'exerce surtout dans le choix des moyens par lesquels il cherche à se rendre heureux.
Après ces considérations générales, nous voulons entrer dans le détail et examiner la question de la liberté sous ses principaux aspects.
La liberté morale.
Suivant la doctrine catholique, la liberté morale consiste ici-bas dans la faculté de choisir; librement le bien sans se déterminer par une autre cause que soi-même : elle implique la liberté du choix et en particulier celle de choisir le mal. Cette définition exclut toute contrainte physique, tout moyen purement extérieur pour porter l'homme au bien. Elle exclut en outre toute nécessité intérieure en vertu de laquelle la volonté se déciderait par un mouvement invincible, sans qu'il lui fût possible de prendre une détermination contraire. Un acte libre et un acte volontaire ne sont donc pas identiques. Enfin, la liberté morale suppose, tant que dure la vie humaine, la possibilité du mai ; là est la condition de notre mérite, et, par conséquent, celle de l'accomplissement de notre tâche sur cette terre, où nous devons mériter le ciel.
Sur cette notion de la liberté, notion sublime et qui
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marque si bien l'excellence et la dignité de l'homme, l'Eglise catholique élève tout l'édifice de sa doctrine concernant la vie chrétienne. Tous les maîtres qui enseignent dans l'Eglise la morale de Jésus-Christ commencent d'abord par distinguer entre les actions de l'homme qui sont libres dans le sens que nous avons indiqué, et celles qui ne le sont pas. Suivant le procédé général de toute la science catholique , ils n'attribuent la qualité d'actions proprement humaines qu'aux actes libres, c'est-à-dire à ceux qui répondent à la vraie dignité de la nature humaine. C'est uniquement de ces sortes d'actions, disent-ils, que s'occupe la morale chrétienne. Celles qui ne sont pas libres, qui sont communes à l'homme et aux êtres privés de raison, lui sont complètement étrangères. Ils établissent ensuite trois conditions essentielles d'une action morale : le jugement de la conscience, précédant l'action et en appréciant la valeur, le consentement libre et volontaire, qui est comme la source d'où jaillit l'action, et enfin la possibilité de prendre une détermination contraire.
Une autre doctrine qui se rattache étroitement à celle-là, c'est celle de la conscience humaine. Ici encore, éclate dans toute son évidence ce que je nommerais volontiers le profond respect que l'Eglise té- ' moigne pour le sanctuaire de l'homme, la liberté morale. Suivant renseignement catholique, la conscience est un jugement intérieur par lequel l'homme, après mûre réflexion, décide qu'une chose est bonne ou mauvaise dans la circonstance où il se propose d'agir. Cette opération admirable de l'àme, en vertu de la-