LIBERTÉ CIVILE OU SOCIALE
Le christianisme imprime à l'homme un cachet d'élévation et de grandeur qui donne à un Etat chrétien une supériorité incontestable sur toutes les autres sociétés politiques. Quant à l'influence salutaire que l'Eglise exerce directement sur l'Etat, elle n'est pas aussi efficace. Cependant ses bons effets se font encore sentir même dans les régions où le christianisme ne conserve plus qu'un léger souffle de vie ; il suffit qu'un faible rayon de cette divine lumière pénètre dans l'âme du peuple, pour lui donner une impulsion féconde, et l'empêcher de retomber dans les abaissements du vieux paganisme.
Le caractère d'un Etat chrétien consiste en ce que les individus qui le composent professent le christianisme et s'élèvent à la hauteur des idées et des sentiments qu'il inspire; il ne suffit pas que la puissance civile se dise chrétienne et conserve quelques coutumes extérieures empruntées du christianisme.
Quant à la dignité personnelle de l'homme, elle dépend surtout, comme nous l'avons déjà fait observer, de la liberté. Et bien qu'il soit vrai que la liberté consiste principalement dans la liberté morale, la liberté politique et sociale n'en a pas moins une immense valeur. Examinons quelle est sa nature.
A quelque point de vue qu'on l'envisage, et quel que soit le terrain où Ton se -place, la liberté réside essentiellement dans la faculté de se déterminer soi-même librement , par des motifs tirés de son propre fond et sans aucune violence extérieure. Or, cette liberté dans la détermination et dans le choix est une condition indispensable de la liberté politique et sociale. Elle exige impérieusement que l'homme, dans sa vie privée comme dans sa vie politique et sociale, supposé d'ailleurs qu'il soit apte à gérer ses propres affaires, jouisse du droit de prendre lui-même ses résolutions avec une pleine liberté et selon son propre choix , par conséquent d'administrer ses propres intérêts. Cette liberté a été parfaitement désignée par l'expression ^autonomie.
Mais, pour être effective, elle ne doit pas se restreindre aux affaires qui regardent personnellement et immédiatement l'individu; elle doit encore s'étendre