‹ Liberté, autorité, église considerations sur les grands problèmes de notre époqueChapitre 25 sur 52 · DE L'AUTONOMIE · texte numérisé non relu

DE L'AUTONOMIE

à toutes les relations sociales où se déploie son activité. L'homme est tellement sociable de sa nature, qu'il lui est impossible de ne vivre que pour soi. A peine né, il a besoin, pour conserver sa chétive existence, de la première et de la plus nécessaire des associations, de la famille , autour de laquelle viennent se grouper une multitude d'autres réunions. Il se passe dans la vie humaine un phénomène semblable à celui que produit dans l'eau le jet d'une pierre : on y voit se former aussitôt un grand nombre de cercles tous renfermés les uns dans les autres. L'homme passe sa vie entière dans une série de communautés dont les unes existaient déjà avant lui selon des formes déterminées, comme la famille, la commune, l'Etat, et dont les autres naissent du libre choix des individus qui se proposent d'atteindre certaines fins particulières. Or, le droit de s'administrer soi-même, de se déterminer librement dans ces diverses conditions, dans la famille, dans la commune, dans la province , dans les associations que les hommes forment entre eux , voilà en quoi consiste la vraie nature de la liberté sociale et politique. Où elle manque, il n'y a point de liberté.

Nous aurons plusieurs fois l'occasion d'apprécier l'immense valeur de cette liberté sociale , civile et politique. Qu'il nous suffise de remarquer ici en passant que depuis le plus bas degré jusqu'aux sommets les plus élevés de la vie politique , elle forme et développe le caractère de l'homme pour la vie publique, qu'elle est pour la vie politique une grande école d'idées justes, saines et pratiques, et que l'Etat lui-môme y trouve un élément de force et de considération.

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