DE LA LIBERTÉ DE L'ÉGLISE. RÉFORME
juges éclairés et intègres? Plus un évêque est pénétré de ses devoirs envers Dieu et envers le peuple chrétien, plus il doit s'efforcer de n'agir que selon l'esprit de Dieu quand il nomme à une fonction ecclésiastique. L'évêque est entravé dans l'exercice de sa haute et sainte mission quand il n'a point à côté de lui, dans les paroisses, les prêtres qui devraient s'y trouver. Et le peuple catholique, n'est-il pas immédiatement intéressé à ce qu'on lui donne pour pasteurs des prêtres convenables? Quel fardeau pour une paroisse, et quel préjudice porté à ses plus graves intérêts quand elle est gouvernée par un prêtre lâche et imbu de l'esprit du siècle ! Il n'y a pas, sans doute, de moyen infaillible pour assigner à chaque place le prêtre le plus digne et le plus capable, comme le veut l'Eglise ; l'évêque lui-même est exposé à de fréquentes méprises. Mais une nomination aura toutes les chances possibles d'être bonne si elle est faite par l'évêque et conformément à tous les grands principes de l'Eglise. Une nomination qui dépend de la faveur du siècle et de l'inconstance des partis politiques, court tous les risques d'être mauvaise. Nulle influence n'a aussi profondément ébranlé les bases de l'Eglise que l'influence du siècle sur la nomination aux charges ecclésiastiques, depuis les plus hautes jusqu'aux plus basses régions de l'ordre sacerdotal. L'Etat exercet-il une action prépondérante, ce sont à proprement parler ses ministres, ses conseillers, ses fonctionnaires qui en disposent, et avec la meilleure volonté du monde on ne trouvera pas l'homme qui convient. Si l'Etat est peu favorable à l'Eglise, son influence deviendra une véritable peste pour la société religieuse. Loin d'avoir