‹ Liberté, autorité, église considerations sur les grands problèmes de notre époqueChapitre 32 sur 52 · NATURE ET IMPORTANCE · texte numérisé non relu

NATURE ET IMPORTANCE

tion, et de prouver aux catholiques que leurs intérêts les plus sacrés y sont essentiellement engagés. Quand les catholiques en seront bien convaincus, ils ne verront plus d'un œil indifférent les hommes qu'ils auront eux-mêmes élus maltraiter leur Eglise et enchaîner leur propre existence.

Entrons dans quelques détails.

L'un des principaux objets de la question religieuse, c'est la nomination aux charges ecclésiastiques. Suivant la doctrine de l'Eglise, le pouvoir spirituel a passé du Christ aux apôtres, des apôtres à leurs successeurs et de ceux-ci aux prêtres légitimement ordonnés et institués. Telle est la source et le mode de transmission de l'autorité spirituelle : c'est là, à proprement parler, toute la constitution de l'Eglise. Or, tout évêque qui ne veut pas trahir sa conscience est obligé de revendiquer ce droit, de l'exercer comme un devoir de conscience, et de contester à la puissance civile tout droit de nommer à n'importe quelle fonction ecclésiastique. Si, par cela seul qu'il est souverain d'un Etat , un prince avait le droit de conférer pour une seule paroisse la puissance qui vient de Jésus-Christ, Tordre ecclésiastique tout entier serait mis en question. Lors donc qu'un évêque prend la défense de ce droit, il ne le fait pas par esprit de domination, mais par devoir de conscience.

Il agit encore pour un autre motif. La prospérité de l'Eglise dépend tout entière du bon choix des sujets appelés aux diverses fonctions ecclésiastiques. Cela est vrai de toute société; car nulle société ne peut subsister sans de bons serviteurs. Qu'est-ce qu'une armée sans un vaillant capitaine? qu'est-ce qu'un tribunal sans des

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