DE LA LIBERTÉ DE L'ÉGLISE. RÉFORME
notre devoir de nous dépouiller de nos imperfections, de supprimer les vieux abus, de surmonter notre égoïsme et notre insouciance, de déposer notre esprit mauvais pour revêtir l'esprit du Christ, de joindre enfin à l'esprit de sacrifice le plus héroïque l'amour des âmes le plus ardent, afin de convaincre tous ceux d'entre les ennemis de l'Eglise qui sont animés d'une bonne volonté, que parmi les maux qu'ils aperçoivent plusieurs ne sont pas le fait de l'Eglise, mais la suite de notre misère et de notre faiblesse, que parmi ceux qu'ils croient apercevoir, plusieurs n'existent pas en réalité, et qu'enfin, quant à l'Eglise elle-même, étant toute belle, toute magnifique, toute vraie, toute divine dans ses doctrines et dans ses lois, elle est digne aussi de tout leur amour.
Liberté dans l'Eglise. — Eglise et autorité.
Aux explications que j'ai données jusqu'ici on opposera deux difficultés. On dira : « Vous parlez de liberté de pensée, de liberté de conviction, de libre adhésion à la vérité ; mais rien de tout cela ne peut exister chez vous autres les catholiques. Vous êtes obligés de croire tout ce que l'Eglise vous commande, ou plutôt tout ce que vous disent vos évêques et vos prêtres. Que votre raison les approuve ou les condamne, vous êtes tenus de croire. Vous êtes liés à l'autorité de l'Eglise comme à une chaîne indissoluble. Tandis que la science vole de progrès en progrès , vous demeurez comme pétrifiés à votre place sans pouvoir jamais en sortir. Il vous est interdit de penser, et il ne vous reste que l'obéissance. Et Dieu sait où s'arrêteront les inventions de vos prêtres! — Mais quoi qu'ils vous réservent, il vous faudra les croire sur parole ! »
On dira encore : « Vous demandez l'autonomie I