L'ÉGLISE ET L'ÉTAT
côté , que l'Etat se sépare tout-à-fait de l'Eglise et l'abandonne entièrement à elle-même; que l'école soit soustraite à la domination de l'Eglise et traitée comme une institution de l'Etat. A voir la manière dont on a soutenu ces réclamations, on croirait qu'il n'y a rien de plus simple et qu'elles découlent naturellement de nos propres principes. Ce qui est vraiment fâcheux, c'est que plus d'un catholique se soit laissé prendre à ce piège. Quelques remarques dissiperont ces malentendus, et montreront la fausseté et la perfidie de ces prétentions si légitimes en apparence.
Les rapports de l'Eglise et de l'Etat ne consistent pas en ce que l'Etat se substitue à l'autorité religieuse dans la gestion des affaires ecclésiastiques : ils ont une base tout autrement sérieuse. L'autonomie ecclésiastique n'est pas le moins du monde une séparation de l'Eglise et de l'Etat. Quand nous réclamons au pouvoir civil les droits de la famille, de la commune, des corporations ; quand nous demandons pour elles la faculté de s'administrer elles-mêmes dans la sphère de leurs propres affaires, il ne vient à l'idée de personne de dire que nous voulons séparer de l'Etat la famille, la commune, les corporations, et d'en conclure que l'Etat doit à son tour se séparer de ces diverses institutions. Dans tout ce qui touche à l'essentiel, l'Eglise et l'Etat ne sauraient se séparer; car ils font partie l'un et l'autre de l'ordre général que Dieu a établi dans le monde. Es doivent se prêter un appui mutuel, et concourir ensemble à l'accomplissement des conseils de miséricorde par lesquels Dieu veut opérer le salut des hommes. C'est se faire une idée bien superficielle des relations