‹ Liberté, autorité, église considerations sur les grands problèmes de notre époqueChapitre 40 sur 52 · ALLIANCE ET SÉPARATION · texte numérisé non relu

ALLIANCE ET SÉPARATION

de l'Eglise et de l'Etat, de croire qu'il ne faut laisser à l'Eglise que quelques-uns des droits qui lui appartiennent essentiellement, et d'appeler cela une séparation. Il n'y a là qu'un verbiage sonore destiné à tromper les hommes sur leurs vrais intérêts, une apparence trompeuse, également funeste aux deux sociétés. Le mariage n'est point dissous parce que le père administre les affaires du mari, et la mère celles de la femme ; de même les relations de l'Eglise et de l'Etat ne seront point troublées parce que chacune de ces sociétés gouvernera ses propres intérêts. Si l'on veut appeler une séparation les libertés que l'Eglise réclame, soit; mais c'est une séparation qui aboutira nécessairement à l'unité. Ma conviction la plus profonde est que, loin de séparer l'Eglise et l'Etat en leur accordant l'autonomie, on établit entre eux une alliance sérieuse et durable.

L'Eglise ne peut pas et ne doit pas se séparer de l'Etat, ni en général de tout ce qui vient de Dieu.

Elle doit, au contraire, le respecter comme une institution établie de Dieu en vue du salut des hommes.

Elle doit engager ses fidèles à lui obéir à cause de Dieu dans tout ce qui a rapport à l'ordre divin.

Elle doit contribuer au bien de l'Etat par tous les moyens spirituels dont elle dispose, se réjouir de sa prospérité et déplorer toute perturbation des affaires publiques.

Enfin, elle doit apprendre au monde que quiconque résiste illégitimement au pouvoir civil résiste à Dieu même et s'attire la damnation 1 .

1 Rom., xiii, 2.

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