L'ÉGLISE ET L'ÉTAT
De son côté, le pouvoir civil ne peut pas se séparer de l'Eglise sans manquer à ses devoirs les plus essentiels.
L'Etat est obligé de défendre les droits de l'Eglise comme il défend ceux de chacun de ses sujets, et de les mettre à l'abri de toute attaque. L'Etat ayant reçu de Dieu la mission d'administrer la justice, doit s'en acquitter envers tous indistinctement. L'Etat est obligé de traiter l'Eglise avec bienveillance et de l'aider à atteindre ses fins. Cette portion de ses devoirs découle également de la nature du pouvoir civil et des charges que Dieu lui a imposées.
Cette protection et cet appui, l'Etat les doit à l'Eglise non-seulement à cause de Dieu, mais encore dans ses propres intérêts. En rompant avec l'Eglise et avec la croyance religieuse de ses sujets, il s'éloignerait de Dieu et ruinerait ainsi ses propres fondements.
Cette protection et cet appui, l'Etat les doit encore à l'Eglise à cause de ses propres sujets. Les sujets ont le droit d'exiger que le pouvoir civil respecte, honore, garantisse, protège leurs convictions religieuses. L'Etat n'est point un être abstrait relégué par delà les nuages; c'est une institution positive destinée à procurer le bien . des individus qui le composent : vouloir qu'il néglige leurs suprêmes intérêts, c'est demander qu'il méconnaisse ses propres obligations.
Ce que je dis ici des devoirs de l'Etat envers l'Eglise, je l'entends non-seulement de l'Eglise catholique, mais de toute société religieuse qui, reconnue par le pouvoir civil, satisfait, selon que je l'ai expliqué précédemment, aux exigences de la morale naturelle et au culte qui est dù au seul vrai Dieu.