‹ Liberté, autorité, église considerations sur les grands problèmes de notre époqueChapitre 46 sur 52 · MARIAGE CIVIL · texte numérisé non relu

MARIAGE CIVIL

traire à l'esprit et au vœu du peuple allemand. Avant même qu'il fût chrétien, ce peuple envisageait le mariage comme une affaire religieuse et sacrée, et si la vie de famille était chez lui forte et respectée, c'est là surtout qu'il faut en chercher le motif. Le christianisme n'a fait qu'agrandir et sanctifier ses idées sur le mariage. Tel a été ce peuple à travers tous les siècles de son histoire. Le grand schisme du XVI* siècle ne changea rien à cela, et les protestants conservèrent au mariage son caractère religieux. Il en est encore ainsi de nos jours, et le peuple allemand ne veut point du mariage civil. Comparativement à l'immense majorité de la population, celle qui forme le vrai noyau du peuple allemand, il n'y a qu'une faible minorité, la population des villes, qui s'associe aux clameurs forcées et artificielles de ceux qui réclament le mariage civil ; encore est-ce plutôt par préjugé et par mode qu'en connaissance de cause et par conviction. Cet exemple nous prouve une fois de plus combien le faux libéralisme est loin de représenter le peuple allemand, combien il connaît peu son génie, ses aspirations et ses vrais sentiments.

Le mouvement qui se produit en faveur du mariage civil me semble donc un des plus funestes qui puisse agiter le monde, et j'estime que c'est un devoir pour tous les catholiques de lui opposer, au nom du peuple allemand et du peuple chrétien, une résistance unanime.

La famille, l'Etat et l'Eglise.

1. La famille, l'Etat et l'Eglise sont les trois institutions où l'homme commence, poursuit et achève sa carrière terrestre. Etant toutes trois d'origine divine, c'est-à-dire établies de Dieu, elles sont, par leur nature même, indépendantes de la volonté de l'homme, qui, sans elles, ne peut atteindre sa fin suprême.

2. Comme c'est Dieu qui les a fondées, elles ne sauraient, dans ce quelles ont d'essentiel, se contredire mutuellement.

3. Dieu lui-même a marqué leur vrai caractère, soit dans l'ordre universel du monde, soit dans la révélation.

i. Cependant, l'organisation de détail et la forme en ont été, en partie du moins, abandonnées à la volonté et au libre arbitre de l'homme, qui a été doué pour ce motif de raison et de liberté.

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