UNB DEMANDE D'AUGMENTATION DE SALAIRES
Le 6 octobre, une lettre signée de trente patrons répondait : « Nous avons décidé que, sans accepter ni refuser votre demande, nous ne pourrions Texaminer que faite sur un tarif de base et de détails, étudié sur Teusemble de vingt maisons, par un délégué de chacune d'elles, avec lesquels nous pourrons nous mettre en rapport quand ce travail sera élaboré. Ce tarif sera applicable à toutes les maisons» avec un écart consenti entre patrons et ouvriers pour les maisons de deuxième et troisième ordres. »
A cette lettre, les ouvriers répondent : « Nous admettons en principe la création d'un tarif qui pourrait se généraliser en établissant des classes entre les patrons. Mais nous avons reconnu qu'il ne nous appartenait pas de désigner nous-mêmes à quelle classe chacun de vous devait ou pouvait appartenir. D'un autre côté, vous possédez entre vous les éléments nécessaires à la création d'nn tarif.. Il est bien entendu que, pour nous, ce tarif ne pourra avoir d'autres bases que l'augmentatlun de 10 pour 100..., consentie déjà par un grand nombre de vos confrères, et que nous espérons voir se généraliser pour le 15 courant. »
Les choses en étaient là au 14 octobre, date de la lettre qui nous prie de porter les faits à la connaissance du public. Nous avons cru devoir satisfaire au désir de cette lettre, car bien qu'il s'agisse d'une affaire purement privée, et de famille en quelque sorte, le public et les intéressés eux*mémes sont assez disposés à la regarder d'un autre œil. D'ailleurs, les relations entre ouvriers et patrons sont devenues si délicates et si difficiles en France, depuis vingtcinq ans environ, qu'il est intéressant de voir ce qu'elles deviennent, car l'état auquel elles étaient arrivées avait
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pris le caractère d'une véritable calamité publique, et il n'y avait pas de plus grand obstacle à l'avènement de la liberté.
La correspondance que les ouvriers en chaises et fauteuils ont mise sous nos yeux, atteste que le mal diminue, ce dont on ne saurait trop se féliciter. Sans doute, les relations sont encore bien loin d'être aussi bonnes que nous les désirerions; mais, au moins, on discute, on délibère, sans voies de fait ni intervention des tribunaux : il faudra bien qu'on finisse par s'entendre.
On ne peut d'ailleurs juger de ce que sont, au fond, les relations, lorsque ouvriers et patrons se réunissent séparément, comme deux armées en présence, pour délibérer sur les points où leurs intérêts se trouvent opposés. Les relations d'atelier peuvent être meilleures ou plus mauvaises. Puissent-elles être et devenir meilleures! En tout cas, noiis trouvons dans la lettre que les ouvriers nous adressent une phrase qui atteste un grand progrès dans leurs idées générales. L'augmentation que nous demandons, disent-ils, « ne peut, surtout dans l'état actuel du marché, apporter aucun trouble dans les rapports commerciaux; elle n'entrave en rien cette concurrence légitime et féconde que nous regardons à la fois, comme une nécessité de l'industrie, et comme une consécration de la liberté humaine. »
.Quant au fond de la discussion, savoir : si la demande de 10 pour 100 d'augmentation de salaire demandée par les ouvriers doit être accordée, nous ne pouvons pas l'aborder. En premier lieu, nous ne sommes pas compétent pour en juger, parce que nous ne possédons pas les con-