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CONSÉQUENCES DE LA LIBERTÉ DE COALITION

Mais comment établir cette publicatioD, de manière à ce qu'elle fût réellement utile? Par un acte de Tautorité? Non sans doute, car Tautorité n'a aucun moyen d'être renseignée à cet égard. Par l'initiative de l'industrie privée, qui seule peut obtenir le concours indispensable des corps d'état, qui, à Paris seulement, sont au nombre d'environ quatre cents? L'industrie privée pourra-t-elle réussir à rassembler jour par jour des renseignements, non pas complets, mais assez considérables pour intéresser, si elle est obligée de se mettre en contact avec chaque atelier? Nous en doutons Ce qui est certain, c'est qu'elle réussira plus difficilement que si son travail était préparé, dans chaque corps d'état, par un bureau d'intéressés.

Eh bien ! pour avoir ces bureaux, pour avoir cette délibération permanente, cette circulation rapide des renseignements qui est la vie de toute transaction commerciale, il est indispensable que les gens puissent se réunir et communiquer entre eux avec une liberté que les lois en vigueur ne leur laissent pas. Ainsi, par quelque côté que l'on aborde cette question des salaires, on aboutit invariablement à la même conclusion : il faut un accroissement de liberté.

M* 0« — Confléqvences de la liberté de eoalltion.

La question des grèves et coalitions occupe encore le

public ; elle a été, on s'en souvient, traitée dans le Sénat

et, récemment, elle faisait l'objet d'un des entretiens de la

Société d'économie politique.

Dans cet entretien, un homme distingué sous tous les rapports, M. Dupuit, inspecteur des ponts et chaussées, a critiqué la dernière loi, parce que, pense-t-il comme nous, les coalitions sont impuissantes à modifier les salaires. Mais c'est justement pour cela qu'il nous semble utile de permettre les coalitions, et utile même qu*elles soient essayées, a II faut, comme le dit Yauvenargues, permettre aux hommes de se nuire à eux-mêmes pour éviter un grand mal, la servitude » et aussi Tignorance. Si Técole de Texpérience coûte cher, il n'en est pas de meilleure.

M. Dupuit se plaint de l'inconséquence qu'il y a à abroger les dispositions du Code pénal contre les coalitions, tandis qu'on laisse subsister celles qui punissent l'entente des concurrents dans une enchère publique et celles qui punissent les associations d'accaparement. Sans admettre que l'inconséquence soit aussi grande que l'a dit M. Dupuit, nous ne verrions pas grand inconvénient à supprimer les deux articles critiqués de la loi pénale, non comme mauvais ou contraires aux principes, mais surtout comme impuissants et inutiles.

Quant aux coalitions, il nous semble très-utile qu'elles soient permises, d'autant plus que celles des patrons ne peuvent être, en fait, ni prévenues, ni réprimées, et que la nouvelle loi se borne à établir l'égalité en cette matière entre les ouvriers et les patrons.

Mais les derniers mouvements auxquels les salaires ont donné lieu prouvent évidemment que cette loi ne suffit pas, et que la liberté accordée en appelle d'autres comme conséquences.

Ainsi Ton a pu remarquer dans les demandes formulées

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