‹ Libertés de l'Église gallicaneChapitre 121 sur 153 · DISCOURS DE M. DUPIN · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. DUPIN

lois qui modifient ou compromettent des intérêts nombreux , vivaces, poignants, des intérêts répandus dans des classes qui n'ont ni les mêmes devoirs à remplir, ni les mêmes convenances à observer que le clergé; qui n'ont pas non plus les mêmes talents, les mêmes moyens pour rendre avec modération leurs idées, et exposer leurs griefs avec décence. Eh bien, je le demande (car c'est à l'opinion entière que j'en appelle pour juger mes paroles et le jugement que je porterai moi-même sur les actes) , je demande si jamais la Chambre a été en butte et en lutte avec des attaques du genre de celles qui se sont produites à l'occasion du projet de loi sur l'enseignement? (Vive sensation.)

Le clergé , dit-on , use du droit de tous , en élevant la voix à l'occasion de la discussion d'urr projet de loi qui l'intéresse! Oui1, mais qu'il parle comme doit faire le clergé : charitablement pour les personnes; nettement, fortement, tant qu'il voudra, sur les choses; qu'il parle avec la fermetç qui est du génie quand elle s'exprime comme Bossuet; de la douceur, quand elle s'exprime comme Fénelon ; du bon sens, enfin, et de l'humanité, lorsqu'elle parle le langage des amis de l'ordre et de la religion. (Marques générales d'approbation.)

Mais quel a été le ton de la discussion? C'est celui d'une violence inouïe. Quel a été le genre d'attaque dont je me plains, et sur lequel j'appelle l'opinion publique comme jugement souverain? C'a été le ton d'une hostilité déclarée, qui souvent s'est exprimée dans les termes les plus amers. Eh bien, oui, quand nous sommes en face d'hommes qui exercent la morale et n'ont de vie que par elle, que le bon sens soit juge entre eux et nous; que le bon sens national, l'honneur, la religion, que j'invoque à mon tour contre ceux qui en abusent, décident. (Très-bien ! très-bien ! )

La qualité des actes mérite d'être remarquée encore plus que leur nombre. Et, d'abord, c'est de Lyon, ville située au pied des monts , barrière naturelle qui devrait au moins nous séparer des doctrines ultramontaines , c'est de Lyon qu'est partie la première protestation. Un archevêque placé sur un des premiers sièges de France, et qui se qualifie primat (est-ce en raison de cette qualité qu'il a voulu prendre l'initiative et donner le signal?) , l'archevêque de Lyon , a donné l'exemple de l'insubordination. Eh bien, si l'attaque est partie de si haut, elle devait être plus remarquée, et au lieu, dès l'abord, de s'attaquer

1 Voyez le développement de cette partie dam le Manuel, p. 307.

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