LIMITES DE L'AUTORITÉ ECCLÉSIASTIQUE
fait que ces lois ont un caractère plus spécial pour les catholiques, parce qu'ils ont seuls besoin de règle* dans leurs relations avec le chef spirituel du dehors ; les juifs, les luthériens , tous les dissidents n'ayant pas besoin d'être réglés à cet égard , puisqu'on n'a rien à leur tracer dans leurs rapports avec une puissance qu'ils ne reconnaissent pas, et qui ne les reconnaît pas . Mais de ce que quelques personnes, dans un Etat, peuvent être étrangères, par leur position particulière, aux motifs, au but et au texte d'une loi qui s'appliquera plus spécialement à d'autres, ceux-ci en plus grand nombre, il n'en demeure pas moins évident que cette loi conseive son caractère de loi , de loi générale, et de loi d'Etat si elle pourvoit à la sûreté de l'Etat. Jura, non in singitlas personas, sed generaliter eonstilimntur. L. 8, ff. de Legihus. A alla lex satis comntotla omnibus est; id modo guaritur, si inajori parti et in suminam prodest. Orat. Catonis, pro lege Oppia, apud Tit. Liv.
Ajoutez d'ailleurs que le juif, le protestant ont aussi intérêt à ce que l'autorité ecclésiastique au nom de laquelle ils ont été autrefois persécutés, dragonnes, exilés, ne soit pas absolue, sans limites et sans frein : autrement elle pourrait les opprimer de nouveau. Au lieu que le pouvoir politique, couvrant tout, modère tout, protège tout, et empêche ou réprime l'abus. Voilà en quoi la Déclaration de 1682 sert à tout le monde, et est réellement une des plus grandes lois de l'Etat.
Dans l' Introduction , nous avons parlé historiquement de l'ouvrage (en 2 vol. in-4°) publié en latin par Bossuet, pour la défense de la Déclaration de 1682 ; mais ce grand et magnifique travail n'était pas accessible à tous les esprits. Louis-Ellies Dupin eut surtout en vue de travailler pour les maîtres et les étudiants, et de mettre cette importante matière à leur portée, afin d'en faciliter l'élude et l'enseignement. Il a considéré que ce beaucoup » d'ecclésiastiques, surtout dans les provinces, en ignorent jus- » qu'au nom , parce qu'ils n'en ont point entendu parler dans » leur cours de théologie, ni dans les séminaires; ou que, si
on leur en a parlé , c'était pour les indisposer contre nos n maximes et nos libertés, ce fui ''st assez ordinaire dans les
séminaires, a
Dans ce savant ouvrage, Louis-Kllies Dupin a pris à tâche de grouper sous chacune des quatre propositions énoncées dans la Déclaration de 1682 les autorités qui servent de preuve à la vérité de ces propositions. On en jugera par l'analyse que nous en donnons.