‹ Libertés de l'Église gallicaneChapitre 70 sur 153 · CIRCULAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE

DE M. l'ÉVÈQUE d'hERMOPOLIS A MM. LES ÉVÊQUES ET AUTRES MEMBRES COMPOSANT LA COMMISSION' CRÉÉE PAR ORDONNANCÉ" ROYALE DU 20 JUIL- LET 1825, AU SUJET DE L'ÉTABLISSEMENT A PARIS d'uXE ECOLE DES

hautes études ecclésiastiques.

Monseigneur,

Héritier de la foi comme du trône de saint Louis, persuadé que la religion n'est jamais plus vénérable aux yeux des peuples, plus utile aux familles et à l'Etat, que lorsque le zèle de ses ministres est dirigé par la science, le roi, dès les commencements de son règne, forma le dessein de faire revivre les hautes études ecclésiastiques de cette ancienne Sorbonne d'où sont sortis tant de docteurs et.de pontifes illustres qui ont fait la gloire de l'Eglise gallicane.

Quand cette royale pensée a été manifestée par l'ordonnance du 20 juillet 1825, la France religieuse a tressailli d'espérance. Et quels services n'a pas rendus, dans les âges passés, cette école célèbre! Chargée de l'enseignement de la science divine, sous l'autorité de l'épiscopat, qui en est le vrai dépositaire, jamais elle n'a manqué de signaler, de combattre l'erreur à sa naissance, et de prémunir les fidèles contre les dangers de la séduction. Dans le dernier siècle en particulier, ne l'a-t-on pas vue s'élever avec courage contre ces productions de mensonge et d'impiété qui menaçaient tout ensemble l'autel et le trône , et qui devaient être si fécondes en désordres et en calamités?

Rempart de la foi contre les attaques de tous les novateurs, au point d'avoir mérité le surnom de concile permanent des Gaules, elle était encore la gardienne de cesmaximes françaises auxquelles Rossuet donna tout le poids de son savoir et de son génie : elle les professait avec liberté, mais aussi avec cette sagesse qui en prévient les abus, qui concilie tous les droits et tous les devoirs, et s'éloigne également de la servitude et de la licence.

Centre de lumières, elle entretenait dans notre Eglise cette Unité de doctrines, de vues, de règles de conduite, qui a fait sa beauté aux jours de ses prospérités, et sa force aux jours de ses malheurs.

Qui ne sent combien il importe, pour l'avantage de la religion et de l'Etat, de rétablir cette institution salutaire? C'est par son heureuse influence que le clergé de France se montrera plus que

hautes études ecclésiastiques. 299

jamais semblable à lui-même, toujours prêt à rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Vous êtes appelé , monseigneur, à concourir à cette glorieuse restauration : \ous appartenez à la commission ecclésiastique qui doit s'occuper de rédiger les statuts, de régler la discipline et les études de l'établissement, de l'approprier à nos besoins et a notre situation présente, de le rendre digne en un mot et du prince qui l'a corn 11 et de la grande Eglise à laquelle il prépare le plus consolant avenir.

Le moment est venu pour vous, monseigneur, de répondre à ce que la confiance du roi attend de vos lumières, de votre expérience et de votre dévouement. Sa Majesté m'ordonne de vous annoncer que les membres de la commission sont convoqués à Paris pour le 16 janvier 1826.

Agréez , monseigneur, l'expression de mon attachement respectueux.

Le ministre secrétaire d'Etat au département des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publiant ,

7 D., évéque d'Hermopolis.

DU POUVOIR DE L'ÉTAT

suit l'enseignement.

La loi et les ordonnances qui précèdent attestent hautement le' droit de la puissance publique de réglementer ce qui a rapport à l'enseignement ; — elles montrent que les écoles ecclésiastiques, aussi bien que les autres, sont assujetties à l'action de ce pouvoir réglementaire.

Il importe de défendre l'intégrité de ce principe, précisément parce que, dans ces derniers temps, on s'est efforcé d'y faire brèche, et d'élever, sous le nom si favorable de liberté , des prétentions dont l'exagération, si elles étaient admises, tendrait à détruire des maximes qui ont toujours fait partie de notre droit public, et que notre époque n'est sûrement pas destinée avoir périr.

Dans ce dessein, nous replacerons d'abord sous les yeux du lecteur le remarquable préambule de l'édit de Louis XV, de février 1763, portant règlement pour les collèges qui ne dépendent pas de V Université . Il offre une excellente récapitulation des règles de la matière, en même temps que l'édit, dont il développe les motifs, en contient l'application la plus énergique et la plus étendue.

« Louis, etc.

» Les écoles publiques destinées à l'éducation de la jeunesse dans les lettres et les bonnes mœurs, et à la culture et l'accroissement des différents genres de connaissances que chaque sujet y peut puiser, autant qu'il convient à son état et à sa destination, ont toujours été regardées comme un des fondements les plus solides de la durée et de la prospérité des Etats, par la multitude et la suite non interrompue des sujets qu'elles préparent aux divers emplois de la vie civile , par l'épreuve longue et assidue qu'elles font de la portée de leurs talents, enfin par tout ce qu'elles contribuent d'avantageux à la gloire des sciences et des lettres , qui fait un si grand sujet d'émulation entre les nations policées. Un objet si important n'a jamais échappé à l'attention des rois nos prédécesseurs, et dès les siècles les" plus reculés de la monarchie , ils en ont été occupés à proportion de ce que leur permettaient les circonstances des temps, en quoi ils ont toujours été secondés par le zèle et par les soins des personnes les plus

Page 1