DOUANIÈRE
Nous croyons avoir établi suffisamment ^ans les chapitres précédents les inconvénients de la liberté commerciale et la nécessité de la protection. Malgré notre opinion bien arrêtée à ce sujet, nous sommes loin cependant de vouloir prétendre que l'organisation actuelle des douanes soit l'expression de la perfection , et qu'il faille le moins du monde se garder d'y loucher. Elle peut renfermer des abus, des exagérations de droits, des prohibitions nullement justifiables qu'il importe de rectifier; et à ce sujet, nous croyons bien faire en entrant dans des détails statistiques, et de présenter des chiffres au moyen desquels nous espérons jeter quelque jour sur cette matière.
On parle toujours de l'intérêt des producteurs et des consommateurs, et l'on prétend qu'on sacrifie les uns aux autres; mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, tout le monde est producteur, car
avant de consommer ^ il faut produire; par conséquent , le consommateur est producteur, comme le producteur est consommateur.
Il s'ensuit que chaque industrie, chaque fabrication a ses producteurs et ses consommateurs. L'industrie de la laine, du coton, de la soie, des métaux, de la coutellerie, du bronze, des aiguilles^ des machines, des armes, des jouets d'enfants , des allumettes , etc. , ont chacune leurs producteurs et leurs consommateurs.
Il est encore certain que si vous rendez à quelqu'un d'un côté ce que vous lui prenez de l'autre, il n'a pas à se plaindre au fond; et quant à la forme^ l'objection qu'il pourrait élever doit disparaître devant l'intérêt général.
Par conséquent, on peut admettre en principe :
Que si les producteurs rendent aux consomma-teurs ce quCils gagnent sur les derniers par la pwtection dont ils jouissent y les intérêts des consommateurs ne se trouvent aucunement lésés par cette protection.
Pour voir maintenant si l'une ou l'autre des industries du pays est protégée par le gouvernement d'une manière avantageuse ou onéreuse pour les consommateurs, il faut en faire la statistique ou le devis, et la comparer à celle de l'étranger. C'est le seul moyen d'arriver à une solution satisfaisante; et quoiqu'il soit difficile, pour ne pas dire impossible , de résoudre ces questions compliquées avec une exactitude mathématique, nous croyons cependant qu'en suivant les bases que nous
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allons iodiquer, oo arriverait à un résultat qui ne s'éloignerait pas beaucoup de la vérité.
I* Il faut calculer le bénéfice annuel que le gou^- ' çemement retire directement dune industrie:
A. Par les contributions directes;
B. Par les contributions indirectes ;