ACTE TROISIÈME
JEAN
Je ne pourrai pas les payer.
FERNAND, à Fabienne.
Vos actions ont monté de 210 francs. Robillon les a vendues tout à l'heure. Vous gagnez vingt mille francs.
JEAN, ftupéfait.
Vingt mille francs !
21,675 fr. 85 c, avec le courtage.
JEAN
Mais, Monsieur, cet argent ne peut pas m*appartenir.
FERNAND
Il vous appartient.
JEAN
Gomme lieutenant de chasseurs, je recevais tous les mois mes 22S francs et j'en étais très fier. Je vous avoue que je ne saurais comment m'y prendre pour toucher cette grosse sonoime, gagnée en huit jours, sans raison, et si je la touchais, je n'oserais pas l'avouer à mes camarades sans rougir.
FERNAND
Mon Dieu, je n'ai qu'une chose à vous répondre : c'est l'opération courante.
JEAN
Je ne voudrais pas vous avoir blessé.
FERNAND
Vous ne me blesserez jamais sur ce terrain -là. Ne croyez pas que je déteste les gens scrupuleux.
ROBILLON«
Si vous aviez les plus simples notions de nos opérations, vous comprendriez que cette somme vous est acquise très légitimement.
N'insistez pas, Robillon.
JEAN
Voilà déjà que je vous trouble avec mon inexpérience... (a Fabienne.) Vous ne m'en voudrez pas?
FABIENNE.
Oh ! non, je pense comme vous.
JEAN, arec joie.
Ah!
FERNAND
Allez voir le général de Parceval. Il faut que ce soit vous qui lui annonciez le premier que vous épousez Fabienne.
FABIENNE, remontant avec Jean,
Suzanne était dans le secret, mais elle n'a rien dit. A bientôt.
JEAN
Le plus tôt que je pourrai.
Il sort par le fond, Fabienne par la gattche.