ACTE TROISIÈME
LE GÉNÉRAL
Je serai votre second.
FEUNAND.
Je ne peux plus, comme autrefois, mépriser certaines insultes. Je ne me sens plus à l'abri de la calomnie, depuis ...
LE GÉNÉRAL
Depuis que vous êtes un financier renommé I Pourquoi vous êtes- vous fourré là-dedans?
Pourquoi?
LE GÉNÉRAL
Je vais VOUS le dire, moi. D'abord, parce que vous ne savez pas juger les hommes. Vous connaissez très bien les chevaux et vous croyez que c'est la même chose. Quand un cheval a les jambes fines et les veines apparentes, vous êtes sûr qu'il est de race. Vous jureriez qu'un monsieur est honnête quand il a une bonne figure, comme Robillon. Trop de confiance en Robillon . Moi, je m'en méfie ; je n'ai pas précisément peur qu'il me prenne mon argent : j'ai peur qu'il le magnétise. Et puis... vous aimez trop votre femme. J'ai peut-être tort de vous dire ça!
FERNAND
Oh! non... non, général, vous dites vrai. J'aime trop ma femme.
LE GÉNÉRAL
Ce n'est pas un reproche... absolu.
FERNAND
Vous voulez me faire entendre que je me suis laissé entraîner, parce qu'il fallait payer ses caprices. Eh bien, oui. Je le reconnais, mais je n'aurai jamais rénergie de rien lui refuser.
LE GÉNÉRAL
Je comprends toutes les faiblesses avec les femmes. Elles ne vous en savent pas gré. On n'en a que plus de mérite. Seulement ces jolis petits êtres-là ne détestent pas de se heurter à notre autorité, quand ils nous aiment.
Mais quand on ne nous aime pas !
LE GÉNÉRAL
Hein !
FERNAND
Elle ne m'aime pas et elle ne m'aimera jamais.
LE GÉNÉRAL
Bah!
FERNAND
J'espérais que le mariage de Fabienne ferait une diversion. Je pensais que la vue d'une jeune fille, aimante et aimée, me ramènerait ma femme. Non, le bonheur de Fabienne l'irrite. Ce serait à croire, si je n'élais pas sûr de Jean d'Hérouville conmie de moimême...
LE GÉNÉRAL
Voyons, c'est impossible!