SCÈNE IV Les Mêmes, FERNAND
FERNAND, entrant par le fond, la Ûgure fatiguée, très froid et très digne.
Je vous demande pardon de vous avoir fait attendre. J'étais retenu par une affaire urgente. Vous venez me demander des explications ? La société à laquelle j'ai prêté mon nom et que je recommandais si chaleureusement n'avait aucune base sérieuse. C'était un leurre. Mes amis me feront la grâce de croire que je l'ignorais. Quand je l'ai su, je l'ai dit, c'est bien simple.
ROBILLON.
Mais la plus vulgaire prudence vous faisait un devoir...
FERNÂND.
Je mentais depuis un an sans le savoir, et la prudence m'aurait obligé de continuer! ... Pas une minute, pas une seconde. J'aurais voulu la crier pins haut encore, cette vérité que je venais d'apprendre, non pas pour dégager ma responsabilité, mais pour cesser de mentir.
BELBON, s' apprêtant à lire un écrit.
Monsieur...
OLYMPE, mettant la main sur le papier.
Ne parlez pas, ou je ne vous revois de ma vie.
FERNAND
Vous me disiez, monsieur Belbon?
BEL BON, interloqué.
Rien.
ROBILLON.
Je suis obligé, moi, comme représentant les intérêts de nos actionnaires, de parler un autre langage.
FERNAND
Vous m'avez reproché souvent de ne pas vous comprendre. Tenons-nous en, je vous en conjure, au langage le plus simple, celui dos honnêtes gens.
ROBILLON.
Mais j'ai la prétention...
FERNAND
Je ne vous accuse pas. Je ne cherche pns à m'abriter sous les fautes des autres. Je ne condamne que moi.