‹ Libres!: drame en cinq actes, huit tableauxChapitre 136 sur 146 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

J'ai cru... mais depuis que je vous ai vu eu tenue, mes idées sont redevenues plus nettes. Je pense comme Lérins.

JEAN

Si M. de Lérins s'était vraiment compromis, ne serais-je pas trop heureux de pouvoir offrir à sa fille un nom sans tache et une situation qui impose le respect.

LE GÉNÉRAL

Lérins suppose qu'il sera poursuivi.

JEAN

Poursuivi?

LE GÉNÉRAL

Voilà ce qu'il n'a pas osé vous dire. Voilà ce qu'il vous dirait si vous insistiez. Soyez courageux, je ne vous demande pas de rester à Paris. Allez prendre votre service dans les Pyrénées...

JEAN

Sans revoir Fabienne?

LE GÉNÉRAL

Sans la revoir.

JEAN

Et elle croirait que je l'ai abandonnée, que je ne suis pas revenu, parce qu'elle est malheureuse et qu'elle est pauvre.

LE GÉNÉRAL

£h bien, oui, elle le croirait, et cela vaudrait mieux pour elle. Elle le croit déjà.

210 LES AFFOLES

JFAN.

Elle le croit?

LE GÉNÉRAL

Vous êtes revenu biea tard, elle devait vous attendre ce matin.

JEAN

Je n'ai pas pu.

LE GÉNÉRAL

11 est des occasions où il faut toujours pouvoir ce que Ton veut.

JEAN

Mon général, je me battais.

LE GÉNÉRAL

Vous?

JEAN

Avec le vicomte de Saint-fienin.

LE GÉNÉRAL

Pour Lérins ?

JEAN, étonné.

Mais, mon général...

LE GÉNÉRAL

Je sais tout, vous vous êtes battu pour Lérins ?

JEAN

Ne suis-je pas le fiancé de sa fille ?

Page 1