ACTE QUATRIÈME Îl
FERNAND
Mais quelle femme êtes- vous?
ÉVA
Je suis une femme de décision, vous le savez bien. Vous m'avez comblée, vous ne saviez rien me refuser, il vous plaisait que j'éblouisse Paris de mon luxe. Vous m'avez rendue très heureuse. Je vais arranger mon bonheur autrement, et d'abord, je Valme de toute mon âme.
FERNAND
Éva!
ÉVA
Je n'ai jamais rien vu de plus noble, de plus élevé que votre indignation, en apprenant qu'on vous avait fait complice d'un mensonge. Je frissonnais à vous entendre et je vous admirais. Voilà bien le véritable honnête homme, vraiment soucieux de son honneur! Vous êtes ruiné, vous êtes calomnié, que m'importe? Je n'ai jamais eu autant d'orgueil à porter votre nom.
FERNAND
Je croyais qu'il ne m'était plus possible d'être heureux ! . . . Mais vous, vous dont le cœur s'affole de dévouement, vous ne savez pas encore à quel point tout est changé. Je ne peux rien garder de ma fortune.
ÉVA
Je le sais. J'ai vu votre conseil.
FERNAND
Il ne vous restera que votre dot.
ÉVA
Je n'en veux pas.
FBRNAND, Tlrement.
Elle est à vous.
Tout ce qui est à moi vous appartient. J'ai donné ma signature .
FERNAND
Votre devoir à vous. . .
ÉVA
Mon devoir est le vôtre. . . Nous quitterons cet hôtel, nous prendrons un appartement bien petit, ou il n'y aura place que pour nous. Nous vendrons nos chevaux, nous vendrons nos voitures. J'ai vendu mes diamants.
FERNAND
Vous?
ÉVA
Ce matin, avec mon fiacre. Je n'avais pas envie de vous demander conseil. Vous ne remarquez pas comme je me suis mise? £st-K;e que cela me va mal? Pas un bracelet,... pas une bague,... rien aux oreilles, — une femme tout bonnement. — N'est-ce pas joli? Dans un mois ce sera peut-être la mode.
FERNAND
La mode l
ÉVA
Et puis, d'ailleurs^ je m^en moque. Vous ne soup-