‹ Libres!: drame en cinq actes, huit tableauxChapitre 38 sur 146 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

FERNAND

C'est votre Botzy?

EVA

Je n'en connais pas d'autre.

FERNAND

Est-ce que d'Hérouville était à Charleston, au moment de votre aventure?

Je croîs qu'il est arrivé le lendemain ou le surlendemain. Il la connaît certainement.

FERNAND

Et ce Botzy lui a déplu: je comprends cela. C'est tout Français. J'ai pensé souvent, moi aussi, au plaisir que j'aurais à tuer cet abominable fat.

ÉVA

Vous, vous êtes mon mari.

FERNAND

Ce n'est pas comme mari, c'est parce que ce monsieur a été indigne vis-à-vis d'une jeune fille. J'aurais fait comme Jean d'Hérouville, qui a attendu que vous soyez partie pour lui chercher querelle. Nous avons tous dans le sang, en France, un vieux levain de chevalerie que rien ne détruira. Ça ne fait plus notre orgueil, mais ça fait notre force.

ÉVA

Vous me l'avez bien prouvé. On m'avait dit que ce que j'avais fait paraîtrait abominable... J'étais toute confuse en vous l'avouant, et vous...

FERNAND

Moi, je vous ai tout de suite demandé votre main.

ÉVA

Voilà qui est aussi chevaleresque,

C'est vous, au contraire, qui m'avez fait une grâce en me la donnant. Mon seul désir au monde est que vous soyez complètement heureuse près de moi. Je voudrais n'avoir rien à vous refuser, rien I

ÉVA

Je suis exigeante. — Ainsi cet hôtel, si vous ne pouviez pas?

FERNAND

Je pourrai tout ce que vous voudrez. Je ne vous demande que d'avoir des caprices pour me donner la joie de les satisfaire. Rêvez des folies.

CLARISSE, à part.

Comme elle l'aimerait, s'il n'était pas son mari !

CLAUDE) annonçant.

Monsieur d'Hérouville.

ÉVA

Ah !

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