ACTE PREMIER
FERNAND
C'est votre Botzy?
EVA
Je n'en connais pas d'autre.
FERNAND
Est-ce que d'Hérouville était à Charleston, au moment de votre aventure?
Je croîs qu'il est arrivé le lendemain ou le surlendemain. Il la connaît certainement.
FERNAND
Et ce Botzy lui a déplu: je comprends cela. C'est tout Français. J'ai pensé souvent, moi aussi, au plaisir que j'aurais à tuer cet abominable fat.
ÉVA
Vous, vous êtes mon mari.
FERNAND
Ce n'est pas comme mari, c'est parce que ce monsieur a été indigne vis-à-vis d'une jeune fille. J'aurais fait comme Jean d'Hérouville, qui a attendu que vous soyez partie pour lui chercher querelle. Nous avons tous dans le sang, en France, un vieux levain de chevalerie que rien ne détruira. Ça ne fait plus notre orgueil, mais ça fait notre force.
ÉVA
Vous me l'avez bien prouvé. On m'avait dit que ce que j'avais fait paraîtrait abominable... J'étais toute confuse en vous l'avouant, et vous...
FERNAND
Moi, je vous ai tout de suite demandé votre main.
ÉVA
Voilà qui est aussi chevaleresque,
C'est vous, au contraire, qui m'avez fait une grâce en me la donnant. Mon seul désir au monde est que vous soyez complètement heureuse près de moi. Je voudrais n'avoir rien à vous refuser, rien I
ÉVA
Je suis exigeante. — Ainsi cet hôtel, si vous ne pouviez pas?
FERNAND
Je pourrai tout ce que vous voudrez. Je ne vous demande que d'avoir des caprices pour me donner la joie de les satisfaire. Rêvez des folies.
CLARISSE, à part.
Comme elle l'aimerait, s'il n'était pas son mari !
CLAUDE) annonçant.
Monsieur d'Hérouville.
ÉVA
Ah !