‹ Libres!: drame en cinq actes, huit tableauxChapitre 54 sur 146 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ROBILLON.

Je n'ose pas vous dire, Mtidame, à quel chiffre je les vois I

Je vais envoyer mon mari à la petite bourse.

ÉVA

Je m'y oppose, ne m'enlevez pas mes invités.

CLARISSE

Je l'y enverrai tout à l'heure.

ROBILLON.

Me permettez-vous, Madame, de vous présenter ce soir un prince hongrois? Je ne vous dirai pas son nom, de peur de l'estropier.

ÉVA

Vous bredouillerez un peu en le prononçant, ça me suffira.

ROBILLON.

Elle est adorable et je comprends qu'on se ruine pour cette femmo-là !

n se perd dans le fond.

ISCÈNE V . ÉVA, CLARISSE.

CLARISSE, s' asseyant ainsi qu'Éra.

Vous qui connaissez votre Paris, vous pourriez mettre les noms sur les héros de la petite histoire que

racontent ce soir des gens discrets. Une très jolie femme, si jolie, paraît-il, qu^on lui pardonne d'être coquette et tout affolée de luxe, voulant expliquer à son mari quelques recherches exagérées de toilette, lui dit qu'elle joue à la Bourse et qu'elle gagne toujours.

É V A , souriant.

Ah I c'est bien imaginé!

CLARISSE

Seulement voilà le comique. Le mari a eu l'imprudence de l'interroger sur ses opérations. Elle lui a répondu à tort et à travers, et il a joué sur ces indications-là.

ÉVA

Et il a gagné?

CLARISSE

Non, il a perdu, le pauvre homme I Vous ne savez pas quelle est la jolie personne dont on veut parler?

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