‹ Libres!: drame en cinq actes, huit tableauxChapitre 7 sur 146 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

CHARLOTTE

Elle est jeune et elle est jolie,

ROBILLON.

Et elle est américaine. Elles sont très habiles^ les américaines. Sais-tu que Lérins songe à acheter Thôtel Herbin ?

CHARLOTTE

Si madame de Lérins le veut, il l'achètera. 11 ne lui refuse rien. Fabienne ne s*en aperçoit pas, heureusement, M. de Lérins se ruinera pour sa femme.

ROBILLON.

Alors pourquoi reste-t*il administrateur platonique de notre société? 11 pourrait gagner des millions. Si je m'appelais Lérins, moi, marquis de Lérins, car il est marquis et il ne e dit pas, et si j'avais vingt ans de moins. . .

CHARLOTTE

Tu n'as pas à te plaindre.

Non, je suis au sommet.

CHARLOTTE

Eh bien ?

ROBILLON.

Mais je n*y suis pas arrivé assez vite. J'ai toujours eu à lutter contre deux obstacles, d'abord mon accent, on me prenait pour un Gascon ; et mon nom : Robillon, de Toulouse, fils d'un pharmacien. Mais je me rattraperai sur mon gendre: tu épouseras un prince.

CHARLOTTE

Je t'ai dit que je voulais épouser mon cousin le surnuméraire au télégraphe.

ROBILLON.

Qui n*a pas le sou et qui se nomme aussi RoblUon I jamais... jamais.

CHARLOTTE

Eh bien, je me ferai religieuse.

ROBILLON.

Religieuse ?

CHARLOTTE

Ou j'irai en Angleterre me marier avec mon cousin, ça se fait beaucoup.

Veux-tu que ton père te maudisse ? Crois-tu qu'on t'aurait invitée à tenir aujourd'hui une boutique d'arlequins et de polichinelles à une vente de charité, entre la fille du marquis de Lérins et la fille du général de Parceval, si tu n'étais que la petite-fille de ton grand-père, le pharmacien. — Tu n'as pas ton collier de perles ?

CHARLOTTi:.

Fabienne a décidé que nous nous mettrions très simplement, à cause de Suzanne.

ROBILLON.

Ah I ah! ah I Suzanne... Suzanne a d'autres satisfactions. Elle est la fille d'un général, commandeur

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