ACTE TROISIÈME
LAGOURDIÈRE.
BONÂRDEL.
Le moment me paraît venu de vivre pour mon agrément, puisque mes revenus me le permettent.
FERNAND
Vous ne renoncez pas à la médecine?
BONARDEL.
Je garderai quelques clients distingués, qu'il me sera très agréable de voir quand ils ne seront pas malades. Ah ! cher ami, quelle reconnaissance je vous dois !
LAGOURDIÈRE.
Et moi donc !. . . Et moi !
BONARDEL.
C'est vous... c'est votre nom qui m'a décidé.
LAGOURDIÈRE.
Marquis de Lérins ! ça vaut de Tor.
Je vous ai fait appeler pour ma femme.
BONARDEL.
Je serai toujours heureux de voir madame de Lérins.
FERNAND
Elle est depuis deux jours un peu nerveuse.
BONARDEL.
Oh 1 les femmes nerveuses, je les adore.
144 LES AÏ^FOLÈS
FERNAND
Je VOUS prie de réserver ce goût d'homme du monde et de lui domier quelques calmants énergiques.
BONARDEL.
Des sédatifs. — Nous appelons ça des sédatifs. — Je suis depuis hier avec Nini.
FERNAND
Ahl
BONARDEL.
Très gentille... et elle raisonne la question financière.
FERNAND
Mieux que vous?
Ma parole d'honneur I elle m'a été présentée par son agent de change au café Anglais. Nous avons causé de notre question de la veille. Je lui ai dit que j'étais votre ami. Elle a été adorable, et, cette nuit encore. . . à des heures inattendues... Elle joue en ce moment sur mes indications. Voulez-vous souper avec elle ?
FERNAND
Non, je ne soupe plus qu'avec ma femme.
BONARDEL, montrant un écrin.
Voilà ce qu'elle trouvera sous sa serviette.
LAGOURDIÈRE, s'approchant.
A-t-elle une amie?