I.IBKES ETUDES
nous trouver très-difTérentsd’eux-niômes, et quoique au fond ils se croient très-supérieurs, ils sont disposés à beaucoup apprendre de nous.
En revanche, nous pouvons apprendre chez eux beaucoup de choses utiles, et je n’en indiquerai ici que deux : la piété et le respect de la loi.
« Vous autres Français, disait un de leurs représentants offlcicls, vous semblez ne pas bien comprendre ce que signifie ce mot : la loi. » En effet, tandis qu’en France éluder une loi semble à beaucoup de personnes une chose toute naturelle et très-innocente, X esprit pnhlic de l’Anglais lui fait coiusidérer habituellement l’exécution sérieuse de la loi comme étant de son intérêt et de son honneur. Cet amour de la légalité a eu, je le sais, ses exagérations, et l’on a pu plaisanter de ses excès. Mais en lui-même ce respect de la loi est digne de tout éloge ; c’est le ciment qui unit les pierres de l’édifice social ; c’est le lien vivant de la nation.
Quant à la piété, un seul mot encore. Certains Français à Ix)udres ne cessent de murmurer et de railler au sujet de la stricte observation du dimanche, (juoique de grands changements aient eu lieu à cet égard. Des centaines de familles partent dans l’après-midi du dimanche par le chemin de fer pour se promener à Hampton-Court (le Versailles de l’Angleterre), pour visiter les bains de mer de Brighton et bien d’autres endroits de promenade et de distraction. Il suffit de passer un dimanche à Edimbourg ou plutôt à Glasgow pour voir combien à Londres l’ancienne exagération a diminué!
Nous n’approuvons aucun excès, aucun formalisme ; nous ne sommes pas disciples de Moïse, mais de celui qui a dit hautement : Le sabbat eftt fait pour T homme et non F homme pour le sabbat. Cependant, toute e.xagé ration à part, c’est un beau et sublime spectacle que celui de cette grande nation si âpre au travail, si ardemment laborieuse, qui chaque dimanche s’arrête tout entière dans .son activité, .se recueille, se