‹ Libres oinions morales et historiquesChapitre 1 sur 26 · ADOLPHE BERTEREAU · texte numérisé non relu

ADOLPHE BERTEREAU

PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE ET CHARGÉ DU COURS d'ANGLAIS AU LYCÉE DE LIMOGES ENTRE LES ANNÉES 1840-1845

VIII iVVANT-PROPOS

reconnaissance envers le passé ou le présent, n'ayant pas à craindre les reproches d'ingratitude ou de défection, l'auteur a vu se succéder les événements et les idées sans amertume et sans colère; il les a suivis quelquefois avec tristesse, mais toujours avec curiosité. Témoin désintéressé dans les luttes politiques et les combats intellectuels qui se sont livrés sous ses yeux, son grand souci a donc été non de les condamner ou de les approuver, mais de les comprendre et de les expliquer. Il y a tel phénomène social dont une opinion exclusive ne donnera jamais l'explication, et qui pour être compris doit être jugé d'après les opinions qui nous sont le plus antipathiques. En politique et en critique, il ne doit y avoir ni sympathies ni antipathies; le premier devoir est de comprendre, préférer n'est que le second.

Libéral par nature et par goût, l'auteur a donc toujours tenu compte des opinions qui n'étaient pas les siennes et a varié ses points de vue selon la nature du spectacle qui s'offrait à sa curiosité. Telle page pourra paraître inspirée par un sentiment démocratique, telle autre inspirée par des opinions absolutistes; mais nous espérons que le lecteur saura reconnaître que ces contradictions ne sont qu'apparentes, et ne sont, pour ainsi dire, que les déplacements d'une môme pensée. Au fond, un même esprit, l'esprit de liberté, sert de

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