AVANT-PROPOS IX
lien à toutes ces pages, et s'il sortait de leur lecture une autre impression que libérale, ce serait la faute peut-être, mais à coup sûr la punition de l'auteur.
Le lecteur trouvera cependant au fond de ce petit volume une opinion permanente, inébranlable, qui en est comme le principe et la substance. Nous avons un goût très vif pour le x\f siècle, un goût modéré pour le xviii% Nous sommes persuadés que tous nos malheurs viennent de l'abandon où nous avons laissé au xvi® siècle le principe de liberté. Nos ancêtres ont laissé passer l'heure et le moment, et lorsque nos pères ont voulu réparer les fautes de leurs devanciers, ils n'ont pu accomplir leur tâche qu'à moitié. L'heure propice était passée. Cet heureux équilibre entre le caractère et l'intelligence qui distingue les générations du xvi^ siècle était rompu. L'intelligence dut combattre seule, privée de Tappui de la force morale. Au lieu de croyances, nos pères n'eurent pour accomplir leur œuvre que des opinions. De là les tempêtes imprévues qui battent notre pauvre société et nos incessantes variations. De pilotes pour nous guider au milieu des orages nous n'en manquons jamais; mais de boussole nous n'en avons pas, et c'est cette boussole que nous offrait le xvi** siècle et que nous avons repoussée. La conduite de la France au xvi* siècle a été pour