‹ Libres opinions morales et historiquesChapitre 2 sur 19 · I -- va · texte numérisé non relu

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selon la nature du spectacle qui s'oSrait à sa curiosîté. Telle page pourra paraître inspirée par un sentiment démocratique, telle autre inspirée par des opinions absolutistes ; mais nous espérons que le lecteur saura reconnaître que ces contradictions ne sont qu'apparentes, et ne sont, pour ainsi dire, que les déplacements d'une même pensée. Au fond, un même esprit, Tesprit de liberté, sert de lien à toutes ces pages, et s'il sortait de leur lecture une autre impression qu'une impression libérale, ce serait la faute peut-être, mais à coup sûr la punition de l'auteur.

Le lecteur trouvera cependant au fond de ce petit volume une opinion permanente, inébranlable, qui en est comme le principe et la substance. Nous avons un goût très-vif pour le xvi* siècle, un goût modéré pour le xviii*. Nous sommes persuadés que tous nos malheurs viennent de l'abandon où nous avons laissé au xvi® siècle le principe de liberté. Nos ancêtres ont laissé passer l'heure et le moment, et lorsque nos pères ont voulu réparer les fautes de leurs devanciers, ils n'ont pu accomplir leur tâche qu'à moitié. L'heure propice était passée. Cet heureux équilibre entre le caractère et l'intellig^nça. qui distingue les générations du xvi® siècle était rompu. L'intelligence dut combattre seule, privée de l'appui de la force morale. Au lieu de croyances.

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nos pères n'eurent pour accomplir leur œuvre qu&: des opinions. De là les tempêtes imprévues qui, battent notre pauvre société et nos incessantes variations. De pilotes pour nous guider au milieu des orages nous n'en manquons jamais; mais de boussole nous n'en n'avons pas, et c'est cette boussole que nous offrait le xvi® siècle et que nous avons repoussée. Nous avons voulu conserver des simulacres, et quand nous avons appelé la réalité, la réalité nous a puni de notre idolâtrie en ne nous répondant pas. Nous avons été complices, maintenant nous sommes victimes. La conduite de la France au xvi® siècle a été pour elle un malheur , irréparable, et il n!y a plus sans doute à revenir sur nos pas. Ce n'est donc qu'un regret que nous exprimons. Cependant nous livrons ce regret à la réflexion du lecteur. Qui sait ? Si la vie des générations est courte, le temps est long et les ressources de l'âme humaine sont infinies et inépuisables.

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