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lésions importantes et il semble difficile d'affirmer si ces altérations sont dues à l’action du Perfringens ou à celle de la putréfaction. |
Les tubes contournés et les tubes excréteurs sont en grand nombre, remplis d’une sorte de bouillie faite de globules rouges détruits et de macrophages.
A l'opposé de ce que nous avons trouvé dans le foie les lésions parénchymateuses sont peu intenses ici, tandis que les tubes semblent distendus par cet exsudat d’origine hémoglobinique. à
A l'intérieur des grosses veines on voit l’endothélium
tapissé de bacilles. A certains endroits, la lumière des vais-
seaux est obstruée par une véritable embolie bacillaire.
La rate est très fortement congestionnée, bourrée d'hématies pour la plupart en voie de destruction. Elle ne présente pas de lésions de son tissu mais une intense pigmentation.
La muqueuse utérine est épaissie et littéralement tapissée de bacille perfringens formant à sa surface sur les lames
colorées, une épaisse couche violette.
À la lumière de ces observations il nous est possible de présenter un tableau d'ensemble des ictères graves par septicémie à Perfringens.
ETIOLOGIE
Comme l'ont fait remarquer MM. Weïissenbach et Gilbert-Dreyfus les septicémies à Perfringens succèdent le plus souvent soit à un foyer utérin traumatisé par une tentative d’avortement criminel soit à une plaie de guerre.
Dans l’observation si minutieusement analysée de M. Widal qui pour la première fois en 1914 attira l'attention sur cette affection : dans cellede MM.Teissier-Rivalier et Thurel comme dans lanôtre il s’agit d’uné sépticémié évoluant chez ‘uné femme qui présentait des pertes utérines fétides. 1
D'autre part dans la littérature allemandes on relève d’assez nombreux cas de septicémie puerpé= rale due au bacille Perfringens.
Le premier cas ‘rapporté par Lenhartz concerne une femme de 98 ans offrant à son entrée,un aspect épouvantable | « lb des aussehen » avec une e coloration de la peau bronze jaune sombre et bleu cyanotique « dunkelbronzegelb und blauzanotisch ».Dans le sangon identifie le bacille de Frankel, dénomination allemande du Perfringens. |
Plusieurs observations analogues sont rapportées par Schottmüller et son élève Bingold qui décrit une coloration spéciale : amalgame de brun sale et |
SAS à ten
<a de violet bleu sale, attribuée par lui à des produits \ à de décomposition pathologique des hématies ; et constate dans le sérum de ses malades de la méthémoglobine.
Schumm constate outre la méthémoglobine de lhématine et de la bulirubine ; selon la prédominance d’une de ces substances, le sérum est tantôt brun, tantôt rouge-brun, tantôt jaune-brun.Ces.produits de décomposition sanguine ont été également constatés par lui dans les cultures de bacille de Frankel sur milieu au sang. |
Observations analogues de Weitz- -Heynemann de
Simon Walter.
SYMPTOMATOLOGIE.
Il s’agit d'un ictère grave avec ses symptômes habituels : ictère, hémorragies, troubles nerveux, insuffisance rénale et azotémie, atteinte de l’état général. < È Icière. — La coloration de la peau peut différer d'une malade à l’autre. En effet ce qui frappe dès ‘ l’abord dans les observations de MM. Widal ; Lévy Cotte et Latarjet ; Tessier, Rivalier et Thurel c'est rs coloration rouge -violacé des téguments, plus maree au visage mais s'étendant à tout le reste du corps. Cette coloration ne S efface pas à la pression mais jee peut s ‘atténuer et même disparaître après la mort. Nous avons vu précédemment que les allemands Schottmüller et Bingold parlaient de teintes : : brun
sale et violet sale...
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Chez notre malade au contraire nous fümes de suite frappé par la teinte jaune safran du visage. Cet ictère brusquement apparu avait beaucoup impressionné l'entourage de la malade, c’est dire son intensité, Là encore cette coloration, plus accusée à la face, avait envahi tous les téguments.
Hémorragies. — Les hémorragies sont de règle qu’elles soient intestinales ou cutanées, Les hématuries ne font jamais défaut. Epistaxis, hématémèses, métrorragies font partie du tableau caractéristique de l’ictère grave au même titre que le purpura et les pétéchies. Ces hémorragies sont fréquentes, d'abondance variable et peuvent être attribuées à l'insuffisance hépatique. Dans le cas que nous rapportons nous avons de plus observé une hémorragie méningée. |
Troubles nerveux.—Les symptômes'nerveux sont, eux aussi, extrèmement fréquents. La malade présente tantôt une prostration complète, tantôt une agitation extrême allant jusqu’au délire, entrecoupée de phases de lucidité et de grande anxiété.Tous ces signés aboutissent au coma terminal rattaché vraisemblablement à l’azotémie. Nous avons en outre noté chez notre malade des symptômes de méningite par hémorragie méningée déjà signalée.
Insuffisance rénale et azotémie. — L'insuffisance rénale ne manque jamais. L'examen de la fonction rénale montre de l’albuminurie, des urines très diminuées en quantité et même de l’anurie. Ces urines renferment des cylindres et on y peut noter la pré-
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sence de xanthine et hypoxanthine. Enfin on trouve une azotémie abondante, considérable :
La rétention uréique dans le sérum atteignait 2 gr. 30 chez la malade de M. Widal et 1 gr. 95 chez la nôtre ; il fut possible de la retrouver dans le liquide céphalo-rachidien. Nous savons que l’azotémie est fréquente dans les ictères infectieux et qu'elle peut se présenter à des degrés variables dans l'ictère hémolytique.
Etat général. — Le début de l'affection est la plupart du temps brutal, la fièvre apparaît et s'élève rapidement jusqu'à 400 et au-delà. L'Etat général
ns est profondément atteint et la malade est plongée . 6 dans un véritable état typhique. La polypnée et la He cyanose dues en grande partie à l'énorme destruc- Er tion des hématies se retrouvent dans tous les cas. ù Bientôt apparaît un état asphyxique vraisemblable ment de même origine puisqu’à l’auscultation comme à l’autopsie on ne note aucune lésion pulmonaire ou cardiaque susceptible de lexpliquer entièrement. . En effet le cœur et les poumons ne présentent qu’un degré plus ou moins prononcé de congestion. Evolution. — L'évolution est suraiguë, mortelle : la malade de M. Widal meurt 48 heures après le début des accidents, celle de M. Teissier le lendemain et chez la nôtre l'affection évolue en 24 heures. Chez les blessés de MM. Fiessinger et Lévy le drame est aussi rapide puisque le premier meurt en 72 heures et le second dans les 48 heures.