LIGIER RICHIER TO
14e LIGIER RICHIER
rapporte, après avoir signalé l'admiration que ce crucifix provoquait chez tous les connaisseurs, « qu'il se trouvait, au pied de la croix, un petit chien si parfaitement imité que les autres chiens, le voyant, aboyaient après (') ».
Suivant une tradition sammielloise ('), ce crucifix, enlevé de l'abbaye en 1792, fiit livré aux flammes sur la place publique, en compagnie sans doute de beaucoup d'autres objets précieux au point de vue artistique. Le lendemain de ce forfait sacrilège, une femme du peuple vint, de grand matin, recueillir pour son pauvre foyer les braises du bûcher éteint. Trouvant, au milieu de débris à demi consumés, la tête à peu près intacte du Christ, elle l'emporta chez elle, où, bien des années après, elle fut trouvée au fond d'un grenier et vendue deux francs. Devenue propriété particulière et emportée loin de Saint-Mihiel ('), elle put heureusement être moulée par M. Pierson, statuaire à Vaucouleurs, et les répliques en sont assez nombreuses. Un très bel exemplaire se trouve au Musée municipal de Nancy (') et c'est ce dernier que nous avons étudié.
nouvelle église. Le grand Crucifix et les figures qui l'accontpaguoient, étoient très estimées ; mais comme elles n'étoient qu'en bois, il n'en reste guère que la Vierge de pitié, qui se voit à l'entrée du chœur du côté du midi, et le Crucifix qui est au fond du réfectoire. » (^Notice de la Lorraine, t. 11, col. 883.)
1. Dom J. de I'Isle, Histoire de la célèbre et ancienne Abbaye de Samt-Mibiel. Nancy, 1757, p. 215.