Chap. VI, pp. 118 ;i
2. Les lettres d'érection de I;i Collégiale Saint-Pierre de Bar turent approuvées et confirmées par l'évèque de Toul, Jean d'Arzillières, le i" juillet 1318. Elles furent ratifiées d Avignon par le pape Jean XXII, le 7 du même mois.
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ancienne ('), dédiée à saint Maxe, s'élevait à peu de distance et servait d'église à la vieille forteresse féodale, résidence ordinaire des comtes de Bar. Agrandie et transformée à diverses reprises, elle devait a l'initiative d'un de ses doyens, Gilles de Trêves C), une chapelle latérale appelée Chapelle des Princes, dont la somptuosité fut longtemps un objet d'admiration. Michel de Montaigne, qui la vit peu après son achèvement, en 1580, l'a citée comme étant « la plus somptueuse chapelle de marbre, de peintures et d'ornements qui soit en France; de la plus belle structure, la mieux composée, étoffée, et la plus labourée d'ouvrages et d'enrichissements et la plus logeable » (').
Plusieurs auteurs locaux, Brouilly, Maillet, Gaget, nous en ont laissé d'enthousiastes descriptions. Nous citerons celle de Durival, qui, de toutes ces relations anciennes, nous paraît la plus complète et la plus exacte :
« La Chapelle collatérale des Princes ou de Gilles, de Trêves doyen de Saint-Maxe, est très ornée de sculpture et d'architecture. Le plafond en voûte est enrichi de compartiments, de couronnes et de roses en culs-de-lampe dorés; les fonds peints d'azur. Le dessous des arcades que forment les deux entrées de la cha-
1. Fondée en 959, par Frédéric, duc de Haute-Lorraine et comte de Bar et Béatrix de France, son épouse, en accomplissement d'un vœu. Elle fut érigée en collégiale en 992. Le duc Léopold I" y créa, par un édit du 30 septembre 1698, un chapitre noble et conféra à la collégiale le titre d'insigne. La fusion des deux collégiales, Saint-Pierre et Saint-Maxe, eut lieu sur le désir de la population et sur la demande formellement exprimée de MM. de l'Hôtel de ville et de la Cour des comptes. Les lettres patentes royales furent rendues au mois de mars 1782. La châsse de saint Maxe fut solennellement transférée le 28 juin 1782 et, au mois d'août suivant, le nouveau chapitre commença à célébrer les offices à Saint-Pierre.
2. Prêtre, licencié en droit et chanoine de Saint-Georges de Nancy. Élu doyen de Saint-Maxe le 28 août 1537, il mourut le !"■ février 1582.
3. Michel de Montaigne, Voyage en France. Paris, Le Jay, 1774, cité par Cour- NAULT, p. 30.
LA CHAPELLE DES PRINCES — DESCRIPTION DE DURIVAL l6l
pelle, est aussi décore de roses et de mascarons. Le retable d'autel est d'ordre dorique : ce qui en fliit la beauté est une Annonciation en relief attachée à un fond d'architecture de bas-relief: sur le piédestal, l'année et le nom de l'artiste: Ligier Richihr 1554. Sur la corniche du retable deux figures debout représentant des prophètes, et sur le frontispice ///; Christ, la Vierge et saint Jean aux côtés. Huit figures, représentant les huit Pères de l'Église, grecque et latine, sont sur la première corniche qui règne autour de cette chapelle. L'artiste a représenté la Naissance de Jésus-Christ sur la croisée près de l'auteL Sur l'autre croisée est la figure de Gilles de Trêves, à genoux devant un prie-dieu. Toutes ces figures paraissent de même main et dignes de Ligier Richier. Elles sont de pierre, polie et luisante comme le marbre : on en avoit perdu le secret : il y a beaucoup d'apparence que M. de la Paye l'a retrouvé. Sur la corniche qui règne sous le plafond, sont assis les douze Apôtres, dans des attitudes différentes : ces figures sont
de terre cuitte, et peintes au naturel Il y a encore deux
mausolées dans cette chapelle. Les figures y sont représentées à
genoux. Plies sont d'assez bon goût; l'artiste est inconnu (') »
Dom Calmet, de son côté, n'omet pas de nous parler de la collégiale de Saint-Maxe et de sa fameuse chapelle 0. « En 15 550, dit-il, Gilles de Trêves, doyen de Saint-Maxe, fit bâtir une chapelle où l'on trouve des morceaux de sculpture, qui ne le cèdent en rien à ceux de la plus vénérable antiquité. On y voit entr'autres les quatre Évangélistes, et les quatre Pères de l'Église latine (^),
1. DoRiVAL, Descnplioii de la Lomiiiic cl du Barrais, lib. cit., t. Il, p. 345.