‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 145 sur 269 · LES TOMBEAUX AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX AU MOYEN AGE

nous croyons n'avoir pas été unique, ainsi que nous le dirons par la suite, est en tous cas la seule qui nous soit parvenue. L'artiste, en cfFet, paraît avoir suivi de préférence le style traditionnel français et les ouvrages que nous allons désormais rencontrer dérivent de ces types qu'il est facile de voir se perpétuer à travers toute la période gothique. L'essentiel en est la grave et simple représentation des défunts, couchés, les mains jointes, sur une dalle de pierre ou de marbre, portée sur un soubassement plus ou moins orné, généralement creusé de niches ou décoré d'arcatures qui, vers la fin du quatorzième siècle, commencent à se garnir de petits personnages en costume de deuil, désignés sous le nom de pleurants.

Les tombeaux de Ligier Richier, il est vrai, ne comportent plus de pleurants. Les effigies funéraires ou gisants sont seules parvenues jusqu'à nous et celle de Philippe de Gueldres vient la première en date après la composition exécutée pour la sépulture de René de Chalon.

Cette duchesse de Lorraine, fille d'Adolphe de Gueldres et de Catherine de Bourbon, fut la seconde épouse du duc René IL Devenue veuve en 1508, elle refusa la régence instituée en sa faveur par le testament de .son mari, laissant le pouvoir aux mains du prince Antoine, l'aîné de ses fils. Retirée durant quelques années au château de Bar, qui lui avait été assigné en douaire, elle entra, vers la fin de 15 19, au monastère des Clarisses de la ville de Pont-à-Mousson ('). Sa prise d'habit eut lieu le jeudi 8 dé-

I. Ce monastère fut fondé par .sainte Colette, cédant aux sollicitations du duc Charles II de Lorraine et de sa femme Marguerite de Bavière. Les travaux, commencés en 1431, furent terminés en 1447, sous le règne du duc René I". Les religieuses, au nombre de treize, prirent possession des bâtiments le 21 septembre de cette même année.

cembre de la même année et sa profession solennelle l'année suivante, le jour de la fête de la Conception, 8 décembre 1520. Elle mourut vingt-sept années plus tard, le 26 février 1547, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.

Durant tout ce temps, elle ne cessa d'édifier sacommunauté par la pratique des plus hautes vertus, se livrant aux exercices de la plus austère pénitence et remplissant avec une humble joie les emplois les plus infimes de la maison. Jamais elle ne voulut accepter la charge priorale, répondant, aux instances qu'on lui faisait, qu'elle était entrée en religion pour obéir et non pour commander.

Retirée au fond du cloître, son goût pour les arts, dont elle avait été dans le monde la grande protectrice, ne l'abandonna pas. Le monastère où elle avait élu résidence, et surtout son éghse, reçurent par ses soins de nombreux embellissements. Elle fit construire entre autres, de 1529 à 1532, une chapelle dédiée sous le vocable de la Conception de la Vierge. Ouverte sur le côté septentrional de la chapelle principale, enrichie d'œuvres d'art et de précieuses reliques, elle constituait, au dire des historiens, un véritable joyau.

Deux autres chapelles, ou plutôt de simples oratoires champêtres, avaient également été élevés, nous l'avons vu, par les .soins de l'ancienne duchesse, dans le jardin intérieur de son couvent. Dans l'une se trouvait le Christ portant sa croix, placé aujourd'hui à Saint-Laurent de Pont-à-Mousson ; dans l'autre, un Christ en croix que nous pensons être celui de la cathédrale de Nancy. Mansuy Gauvain et son fils, un peintre du nom de Georgin et diflférents autres artistes, exécutèrent aussi sur son ordre certains travaux destinés au monastère et dont il ne nous est presque rien parvenu (').

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