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TOMBEAU nn PHILIPPE DF, C.UELDRIÎS 21 5
mois environ après la cérémonie des funérailles et la descente du corps dans le caveau récemment construit. Il est probable que la somme alors versée était destinée à couvrir les frais de ce travail et ceux nécessités pour l'édiiïcation de la chapelle élevée sur le tombeau. Le second versement est du 26 novembre 15480 et il y a, semble-t-il, quelque raison de penser, vu l'intervalle de temps qui le sépare du premier, qu'il était destiné à payer la statue funéraire. L'exécution de ce morceau dut bien demander ces quelques mois et sa mise en place devait alors être toute récente. Il y a donc, croyons-nous, de grandes chances pour que la somme de « quatre vingts frans monnoye de Lorraine », versée à cette date par le trésorier général de Lorraine à l'abbé de Sainte-Marie-aux-Bois, représente les honoraires attribués à Ligier Richier pour le travail du gisant de la duchesse défunte (').
Le monastère des Clarisses de Pont-à-Mousson, supprimé en 1792, fut vendu par la suite et en grande partie démoli ("'). La tombe de Philippe de Gueldres fut violée, ses ossements dispersés et de cette sépulture, auprès de laquelle vint prier Anne d'Autriche, rien ne subsiste plus aujourd'hui.
Quelques objets ayant appartenu à la duchesse, pieusement
1. « Faict icy dcspcnce, ledict trésorier, de la somme de Quatre vingts frans monnoye de Lorraine, que Madame et Monseigneur de Vaudémont ont faict délivrez à l'abbé de Saincte Marie aux bois, pour icelle employer à faire construyre la sépulture de feue de bonne mémoire la Royne de Sicille, que Dieu absolve, en son vivant religieuse de Saincte Clére du Pont à Mousson. Et icelle sépulture estre faicte au costé de sa chapelle en ladictc église. Comme appert par mandement de madicte Dame et mondict Seigneur de Vaudémont, donné à Nancy le xxvj'^ novembre mil v^ xlviij. Icy rendu et quictance dudict abbé de la réception d'icelle somme donné icy iiii'^" fr. » (Arch. de Meurthe-et-Moselle, B, 1084, f° 89, recto.)
2. Cette somme ferait environ i 600 fr. de notre monnaie actuelle.
3. La chapelle subsiste encore presque tout entière; c'est aujourd'hui le magasin d'un marchand de bois.
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conservés par les religieuses ('), les suivirent dans leur exil et sont aujourd'hui dispersés un peu partout. Des tableaux et un christ furent transportés à Nancy et un certain nombre d'autres vestiges, recueillis par différentes personnes, furent réunis plus tard dans l'église paroissiale de Saint-Laurent.
La statue gisante de Philippe de Gueldres, enlevée au moment de la tourmente et enfouie, dit-on, dans un coin du jardin, y demeura jusqu'au jour où les hasards d'une fouille la firent découvrir. Le propriétaire, ignorant sa valeur, la transporta dans un village voisin et la relégua au fond d'une remise où il l'oublia à son tour. C'est là qu'elle fut découverte, en 1822, par le docteur Lamoureux, qui en fit l'acquisition. Amenée à Nancy, elle a été placée depuis dans l'ancienne église du monastère des Cordeliers et réunie aux autres monuments funéraires des membres de la famille de Lorraine. Elle subit alors quelques légères restaurations, particulièrement aux mains, mais le caractère général de l'œuvre n'en est aucunement ahéré {'). Bien que, comme nous l'avons vu plus haut, aucun des documents rencontrés ne puisse nous attester la main de Ligier Richier, personne n'a jamais songé à récuser la longue tradition qui l'en fait regarder comme l'auteur. Le travail, assez éloquent et caractéristique par lui-même, peut, ici comme ailleurs, tenir lieu de signature.
Presque à l'entrée de l'édifice appelé aujourd'hui Église des Cordeliers, dans la troisième chapelle en montant, côté de l'Évangile, le regard se porte étonné sur une effigie funéraire. La « pourtraicture » de sœur Philippe, « accoustréc et peinte
1. Au nombre de ces objets se trouvaient quelques Livres d'heures et manuscrits enluminés, dont certains ont figuré, en 1904, à l'Exposition des Primitifs français. Cf. Catalogue, Manuscrits à peintures, n°^ 182 et 183.
2. Voir abbé Guillaume, Les Cordeliers..., lil>. cit., p. 324.