‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 196 sur 269 · LE SÉPULCRE — SA DESTINATION PREMIÈRE 5II · texte numérisé non relu

LE SÉPULCRE — SA DESTINATION PREMIÈRE 5II

son fils, Gérard, arrivé alors à l'âge d'homme, mais dont il est, dans l'ensemble de l'œuvre, bien difficile de discerner la main, guidée évidemment par les principes et les traditions paternels. Le groupe, tel que nous le voyons aujourd'hui, ne dut être mis en place que quelques années après la mort de son auteur, probablement lorsque Gérard, de retour de Genève où il se rendit pour le règlement des affaires et de la succession paternelles, et où il paraît avoir fait un séjour d'une certaine durée, eut repris la direction de l'ateliçrC).

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, et comme le prouve surabondamment la place illogique donnée à quelques-uns des personnages, le Sépulcre n'avait pas été originairement fait pour le caveau obscur et bas où il fut plus tard agencé. Une chapelle assez vaste, peut-être même un monument spécial, devait lui être primitivement destiné. L'église où il se trouve n'ayant jamais été achevée ('), et les travaux en étant précisément en

1. La durée de ce séjour est difficile à préciser. En 1573, Gérard était à Saint- Mihiel, car il paye à l'abbaye le cens dû pour sa maison. En 1578, il est chargé, par la municipalité, de dresser les plans pour la rectification des rues et places de la ville; la même année, il travaille à Nancy pour le Palais ducal. En 1586, il loue sa maison de la rue des Drapiers aux professeurs de la Faculté de droit de Pont-à-Mousson, qui y font leurs cours durant plusieurs mois. En 1581, le 21 octobre, un de ses fils, Joseph, est baptisé à l'église Saint-Étienne. Le 2 avril 1598, il passe un marché pouria décoration des nouveaux bastions de Nancy. Il mourut en 1600, à l'âge de soixante-six ans. Ce dernier détail est révélé par un médaillon sculpté par son fils, Jacob, découvert au musée de Berlin par M. Natalis Rondot. 11 porte l'inscription: Gérard Richikr, 1600, TE 66, puis, sur la tranche, JR (en monogramme), F. 1617. VoirL. Germain, La Famille des Richier, lib. cit., pp. 14-1 5 ; Natalis Rondot, « Jacob Richier, sculpteur et médailleur » (Revue Numismatique, Paris, 1885, pp. 183 à 185, I pi. photogr.).

2. Le vaisseau actuel de l'église Saint-Étienne fut commencé en 1500, en remplacement d'un autre plus ancien devenu insuffisant et que les quelques vestiges qui subsistent encore permettent de dater de la fin du douzième siècle. Il fut accolé à la partie antérieure de l'ancien édifice, conservée à titre provisoire, mais que

cours vers l'époque où le groupe put être commencé, il est permis de croire qu'une des chapelles de la partie demeurée à l'état de projet devait lui^étre réservée.

Nous avons, quelquefois, entendu émettre la pensée que l'œuvre de Richier avait pu être exécutée pour une chapelle, dite du « Saint-Sépulcre », fondée et dotée par dom Loupvent, prieur claustral de l'abbaye de Saint-Mihiel. Nous ne le pensons pas. Les comptes très détaillés de la construction de cette chapelle, conservés à la bibliothèque municipale de Saint-Mihiel ('), où nous avons pu les parcourir, n'en renferment tout d'abord aucune trace. L'édifice ensuite, bâti sur le modèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem, dont le fondateur avait, au cours d'un pèlerinage accompli en 153 1, « regardé et considéré au juste la mesure en longueur, largeur et haulteur et en retenu une si certaine mesure et proportions pour en faire dresser ung pareil audict Sainct Mihiel quand Dieu lui feroit tant de grâces que d'y estre de retour » ('), ne pouvait absolument pas, en raison même de ses dimensions ('), recevoir un morceau de cette

la non-réalisation des projets laissa subsister jusqu'en 1824, époque à laquelle, sous prétexte d'alignement, elle fut démolie. L'édifice se construisit lentement, et la partie terminée, la seule qui subsiste aujourd'hui, fut consacrée en 1543.

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