‹ Ligier Richier, l'artiste et son uvre; avec 51 planches hors texte et 44 illustrations dans le texteChapitre 199 sur 269 · Histoire de Saint-Mihiel, lib. cit., t. IV, p · texte numérisé non relu

Histoire de Saint-Mihiel, lib. cit., t. IV, p

4. L'édification de chapelles placées sous ce vocable était chose assez commune à l'époque de dom Loupvent et cet usage avait probablement pris naissance à l'époque des croisades. Elles étaient généralement fondées par des confréries ou des pèlerins ayant fait ou se proposant de faire le grand voyage de Jérusalem. Dès le quatorzième siècle, Paris possédait deux chapelles du « Saint-Sépulcre ». L'une, située dans la petite église de la rue Saint-Martin, datait de 1326; l'autre se trouvait dans la chapelle des Cordeliers. On y voyait presque sijrement quelque représentation du saint tombeau, mais aucun groupe de la « Mise au tombeau » (Voir, sur ce sujet, Ém. Mâle, lib. cit., p. 130 et sq.). Une chapelle de ce genre existe encore aujourd'hui à Troyes, dans l'église Saint-Nicolas. Elle a été construite en 1565, aux frais d'un paroissien, Michel Oudin, qui avait fait, tout comme dom Loupvent, le pèlerinage de Terre-Sainte. On remarque, dans le second compartiment, une image du Christ mort, étendu dans un sarcophage. Deux anges tiennent les extrémités du linceul.

5. L'Enclos de l'abbaye. L'emplacement de la chapelle du « Saint-Sépulcre »,

vant de l'église d'icelle ». Elle était dédiée « en l'honneur de la Résurrection de Nostre Seigneur J.-C, de la Vierge Marie et des neuf ordres des Anges et des unze mil Vierges » ('). Commencée en 1539, la construction se poursuivait encore en 13 41; la consécration ne fut faite que beaucoup plus tard, en 1548. Elle était, on le voit, bien antérieure au groupe de la Mise au tombeau et il nous paraît, pour cette raison et celles que nous venons d'exposer, absolument impossible qu'il lui ait été destiné.

Nous sommes donc réduit à l'ignorance au sujet de la destination primitive de la plus grande composition de Ligier Richier. Cependant, et pour donner toute notre pensée sur ce sujet, nous croyons qu'elle avait bien été exécutée pour l'église paroissiale de Saint-Étienne, où elle aurait occupé, dans la partie restée à l'état de projet, un emplacement en rapport avec son importance. Quand on vit qu'il était impossible, en raison des difficultés de tout genre suscitées par les religieux de l'abbaye, de prolonger plus loin l'édifice dont on n'avait encore élevé que le chœur et quelques travées, on se décida à construire, pour abriter l'œuvre dont la commande, en raison même de son importance, était sans doute faite depuis longtemps, l'étroit édicule où on la plaça vaille que vaille, tâchant de suivre, au moins dans ses lignes essentielles, l'ordre arrêté par l'artiste.

Cette construction, comme il est du reste facile de s'en rendre compte, n'avait pas été prévue dans le plan primitif et fut

située pr(js de la porte ouverte dans la première travée du collatéral nord de l'église abbatiale, est occupé aujourd'hui en partie par la rue longeant ce côté de l'édifice et les jardins qui la bordent. C'était autrefois un cimetière réservé aux serviteurs du monastère.

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