I.I- SÉPULCRE — SF.S RESTAURATIONS
les ne;^ que le temps ou la malveillance avait mutilés et refit également la main droite d'un des joueurs.
Diverses réparations de détail sont également ducs au même artiste : l'index de la main droite du Christ, celui de la main gauche de Joseph d'Arimathie, deux doigts au pied de la Madeleine, le socle de son vase d'aromates. La partie supérieure de la croix ayant disparu. Brun la remplaça par deux traverses de bois peint en ton pierre. Il refit au.ssi un certain nombre des épines de la couronne portée par Véronique.
Ces travaux, dont quelques-uns sont évidemment critiquables, surtout les modifications apportées à la statue de Véronique, ont été diversement jugés. L'ensemble, malgré tout, en est assez heureux et s'harmonise, sans trop choquer, avec la partie ancienne. 11 faut savoir gré à l'artiste de s'être, le plus souvent, borné à refaire les parties détruites, sans trop chercher à y ajouter du sien.
Mais le monument ainsi rétabli avait encore à souffrir de bien des causes nuisibles à sa conservation. La principale était l'humidité du local dans lequel il est placé, humidité augmentée encore par l'exhaussement du sol à l'extérieur et à l'intérieur de l'église.
De sérieux travaux furent exécutés à diverses reprises pour écarter, autant qu'il était possible, toutes les causes de détérioration ou de destruction. De 1863 à 1865 ('), on essaya d'a.s.sainir les abords de la grotte en enlevant les terres amoncelées contre les murailles extérieures, dont les bases furent en partie refaites, et en rejetant au loin les eaux pluviales. On nettoya les statues
I . C'est à ce moment et ù cette occasion que se produisit la.fameuse polémique appelée la Question du Sépulcre dont nous avons parlé dans notre Introduction.
qui furent débarrassées des moisissures verdâtres dont elles étaient souillées; les bancs qui obstruaient l'ouverture de l'enfeu furent supprimés.
En 1879, sur l'initiative de l'abbé Souhaut, un calorifère fut établi dans l'église ; sa prise d'air, ouverte sur un caveau construit en avant du groupe, assure, dans une mesure malheureusement trop imparfliite, la dessiccation de l'atmosphère avoisinant. On abaissa en même temps, sur u-nc assez large étendue, le niveau du sol du collatéral, ce qui permet d'étudier les statues sous un angle visuel plus favorable; la grille de fermeture, appliquée primitivement tout contre la baie, fut reportée à près de deux mètres en avant. La voûte du petit édicule construit pour recevoir le Sépulcre fut con.solidée; sa toiture d'ardoises remplacée par une couverture en cuivre laminé.
Au cours de l'année 1904, lorsque le chanoine Remy ('), dernier desservant concordataire de la paroisse Saint-Étienne, fit refaire en mosaïque le dallage de l'édifice et enlever définitivement tous les anciens bancs, le groupe de l'Ensevelissement fut à nouveau soigneusement nettoyé, les travaux que nous venons d'énumérer, repris et améliorés autant que de besoin. Nous avons été heureux de l'en féliciter en leur temps. Nous ne voulons pas, néanmoins, clore ce chapitre, sans rendre un dernier tribut d'hommage à la mémoire de ce prêtre vénérable, trop rapidement disparu, dont la figure austère, illuminée toujours d'un si bienveillant sourire, demeure dans notre souvenir inséparable
I. Nicolas-Jules Remy, docteur en théologie et en droit canonique, chanoine honoraire de Verdun, chevalier de la Légion d'honneur, né à Montmédy (Meuse), le 30 novembre 1833, décédé à Saint-Mihiel le 24 juillet 1908. Ancien chapelain de Saint-Louis des Français, à Rome, il fut appelé à la cure de Saint-Étienne en 1883, à la suite de la nomination de l'abbé Souhaut à la cure décanale de Ligny-en-Barrois, et occupa ce poste jusqu'à sa mort.